- Merde ! Playboy fait un shooting et j'ai pas reçu l'invit' ! S'exclama une voix rauque et clairement excitée derrière mon dos.

Alice fut la plus prompte à se retourner, bien qu'elle ait apparemment reconnue la voix de suite.

Je fus assaillie par la vision flou d'une montagne de muscle, toute transpirante sous les rayons du soleil, un regard vif et goguenard , ainsi qu'un sourire à la fois mutin et vicieux. Mélange somme toute déroutant.

- Emmett tient toi bien ! Lui objecta Alice en le réprimandant avec de très gros yeux et un doigt fixé vers lui de façon péremptoire.

Il fit semblant de paraître peiné pendant...je ne sais pas... trente, très courte secondes, puis il lui sauta dessus. Elle passa sur son épaule gauche en un éclair, comme si elle ne pesait pas plus lourd qu'une plume dans ses bras.

- Emmett bordel ! Lâche-moi tout de suite !

D'un mouvement d'épaule gracile elle bascula jusqu'à ce que le bout de son nez touche à peine le sol. Elle hurla à s'en décrocher la plèvre.

- Aussitôt dit, aussitôt fait, fanfaronna fièrement le grand brun inconscient.

Elle tambourina férocement ses tibias, il la déposa délicatement à terre. Dans ma conception des choses, j'aurais probablement prit n'importe quoi pour en faire un gourdin et lui taper sur le crâne pour me venger. On est comme ça chez les Swan, faut pas nous faire ce genre de coup tordu.

Cependant, Alice se mit à rire à gorge déployée, suivi par le fameux Emmett, qui lui tendit sa grosse paluche pour l'aider à se relever.

- T'es vraiment un as toi, le réprimanda-t-elle sans une seule once de colère.

Les présentations s'imposèrent bien vite, il me lança un regard de braise, détaillant mon corps moulé dans si peu de tissu. Ce qui dû fortement lui plaire, car il associa ses yeux flamboyants à un air séducteur. Sauf qu'il ne m'intéressait absolument pas !

- J'suis Emmett.

Sa paume me fit face, j'y déposais la mienne, admirant avec perplexité qu'elle paraissait minuscule dans la sienne.

Il me réalisa un baise-main désuet agrémenté d'un clin d'oeil. Je frissonnais. Non pas d'une anticipation purement sexuelle plutôt de frayeur. Je n'aimais pas ce type de mec, baraqué, sûr de lui et surtout sûr de son charme. En gros : un coureur !

- Bella ai-je dit à mon tour, avec un très mince sourire à peine poli.

Il pivota vers Alice, qui ramassait la couverture et la pliait soigneusement, les coins avec les coins, des plis bien marqués. Pour sûr, le dada d'Alice était le ménage et le rangement avec soin et méticulosité.

- Bella vient s'installer ici, annonça-t-elle, très enjouée.

Ce que j'interprétais par : Hé ouais mec ! Vous espériez probablement un nouveau crasseux pour votre bande mais j'ai été plus rapide que vous pour dégoter un nouveau coloc !

- bien bien bien fit-il théâtrale en me jaugeant une nouvelle fois.

Je me sentis rougir, il me fallait des fringues et vite, de cette façon, je récupérerai un peu de cette fougue qui me manquait cruellement en cet instant. Je croisais les bras sous la poitrine par dépit. Même si ça faisait légèrement remonter mes seins (il en était d'ailleurs hypnotisé) ça cachait un peu de mon ventre.

- Bon ! Nous on va se changer ! Lança Alice pour mettre fin à cette embarrassante contemplation.

Je lui emboîtais le pas avec hâte, elle ouvrit la porte fenêtre en bois, je m'y engouffrais, ressentant enfin une certaine sécurité.

- Hé Emmett ! L'interpella-t-elle avec malice, tu as un peu de bave là pointa-t-elle en frottant son menton.

Je retrouvais ma chambre avec délice, avant de descendre, j'avais ouvert les fenêtres pour aérer et l'air embaumait les fleurs écloses du jardin en contre-bas. Une sorte de mélange entre les rosiers et les magnolias, un parfum divin.

Finalement, je trouvais l'altercation de ces deux colocataires risible. C'était un amusement entre deux personnes qui se côtoyaient depuis pas mal de temps, un jeu innocent. J'ouvris ma valise qui trônait impatiente sur mon lit toujours pas fait. Méthodiquement, j'enfilais rapidement un jean et un t-shirt basique. Blanc, encolure en V, manche courte, le truc qui va avec tout et n'importe quoi, en plus confortable que demander de plus ?!

Je sortis le reste, les hauts, les bas, les sous-vêtements, les vestes, les livres, il y avait un joyeux désordre comme une monticule dépareillée.

La commode sculptée finement comptait 3 grands tiroirs et deux plus petits. Les poignées étaient deux sortent d'arabesques luisantes en fer recouvertes de peintures dorées (aucune chance pour que ce soit de l'or, faut pas pousser non plus!).

Les premiers tiroirs accueillirent mes sous-vêtements, les autres les t-shirt, jean et pyjama qui auraient fait fuir n'importe quel homme peu regardant c'est dire !

Alice vint toquer à ma porte quelques minutes après que je sois tombée sur un vestige de ma relation avec Luke. Une broche en forme de camélia qui m'avait tapé dans l'oeil lors du grand vide-grenier annuel de Forks il y a de ça 3 ans.

Une larme fugace avait déjoué mes barrière de sécurité, je ravalais mes sanglots et l'invitait à entrer.

- tout se passe bien ? S'enquit-elle avec un large sourire qui me mit un peu de baume au cœur.

- Oui... je suis en train de m'installer comme tu vois...

Elle observa ce qui restait sur mon lit, une vingtaine d'ouvrages hétéroclites. J'en pris quelque uns, histoire de m'occuper pour évacuer le trop-plein de souffrance qui menaçait de se déverser sur moi d'une minute à l'autre. Une bibliothèque accompagnait la commode et le bureau, j'époussetais sommairement du plat de ma main et y déposais les premiers livres. J'entendis Alice retenir son souffle, probablement que ma manière d'ôter la poussière ne convenait pas à son protocole personnel, mais je n'étais pas en état de faire mieux, ni de supporter un compagnie qui ronchonne pour des détails aussi futile.

Elle ne fit aucune remarque à ce sujet, elle enchaîna sur l'arrivée d'Emmett.

- Je suis contente que tu sois tombée sur lui en premier.

Ma curiosité piquée, je pus lui offrir un air plus interrogateur que déprimé.

- Emmett c'est le comique de la bande, souvent contre son gré... Tu vas bien rire avec lui, même s'il fait des allusions au sexe toutes les dix secondes, c'est un mec bien qui prend soin de ses amis.

Je lui souris péniblement, ce qu'elle ne remarqua pas, elle feuilletait un livre sans m'accorder toute son attention.

- comment sont les autres ? Ai-je poursuivit en prenant d'autre bouquin.

- Jasper a un groupe, il est bassiste. Tu le trouveras très silencieux mais ne t'inquiètes pas, ce n'est pas le dernier pour la déconne non plus ! Il est juste calme et réservé. Il vit dans un monde à part où les notes de musiques doivent accompagner les discussions chiantes qu'il peut avoir au boulot.

- Il fait quoi dans la vie ? L'ai-je questionné aussitôt.

- Il est conseiller en vente pour un grossiste d'imprimante.

Je la vis faire la moue, Jasper devait faire ce job de façon alimentaire parce qu'il ne pouvait pas vivre de sa passion, ce qui devait le peser tout en pesant sur les autres.

- Et pour le dernier ?

Son regard s'arrêta de nouveau sur moi, il était, auparavant, perdu dans le vague.

- Edward... lui aussi c'est un musicien, il a une sorte de piano dans sa chambre. C'est juste un loisir pour lui, il travaille dans le cabinet de son comptable de papa. C'est le plus friqué ici, il est bien sympa, disons qu'il a des conceptions parfois différentes. La maison appartient à un de ces oncles, il nous la loue pour une somme exorbitante sauf pour Edward.

Je haussais un sourcil d'incompréhension.

- En fait, normalement, il la lui prêtait. Quand Emmett s'est retrouvé dans la merde, sans travail et sans maison, il lui a dit d'emménager. Son oncle n'a pas accepté qu'un « sans-le-sou » squatte sa maison gratuitement. Il a commencé à réclamer un loyer à Emmett, Edward le lui payait mais il était trop élevé alors il a cherché des colocs.

- Edward ne paye donc pas de loyer ? Ai-je déduis avec stupéfaction mais aussi beaucoup de lucidité.

Edward était son neveu mais pas nous, c'était normal que nous rétribuions notre hébergement.

Je récapitulais mentalement : Emmett était le comique, Jasper l'artiste et Edward le bourgeois.

Il me manquait quelque chose...

- Et toi Alice ?

- Hé bien... elle fit mine d'y réfléchir, en gros je suis leur bonne... une bonne respectée et crainte, mais j'ai en charge la logistique. Si je n'étais pas là, ils s'empiffreraient de pizza en sifflant des bières...

- Tu en rajoutes un peu non ? La taquinais-je.

Elle fronça les sourcils, l'air de dire « Ah oui tu crois ça ! ».

- On pourrait faire un test d'une semaine, mais j'ai peur de choper le diabète ou une cirrhose voir les deux !

J'éclatais de rire, ce qui me libéra d'un poids phénoménal dans la poitrine.

Elle regarda sa montre, puis l'état de ma chambre.

- Jaz' et Ed ne vont plus tarder. A moins qu'Edward décide de rester chez Rosalie. Si on allait manger un truc vite-fait ?

Je n'eus pas le temps de lui répondre que mon estomac se manifesta plus que bruyamment. Mon dernier repas datait de la veille et je ne restais jamais longtemps sans manger. Ce qui est incroyablement injuste pour mes autres congénères, puisque je garde la ligne tout en ingurgitant des cochonneries sans limite.

- Oh ! J'oubliais ! Me dit-elle en me coinçant dans l'embrasure de ma porte. Il n'y a pas beaucoup de règle ici, sauf celles-ci : ce que tu déranges, tu le ranges (venant d'elle, ce point ne m'étonnait pas du tout), on pense à tout le monde lors des courses, il faut que chacun fasse une liste de besoin que l'on remet à la personne de corvée, même si ce sont les préservatifs d'Emmett et mes tampons, ce qui ne te dérangera pas, je suppose...

Et elle supposait bien.

- Et la plus importante de toute, celle qui a été établie à mon arrivée : aucune activité sexuelle de quelque sorte avec qui que ce soit vivant sous ce toit. C'est une règle d'une importance cruciale pour le bien de tous ici.

- Ok ! Pas de coucheries assimilais-je avec emphase.

- Bien !

Nous regagnâmes le rez-de-chaussée, Emmett jouait à la console dans le salon, les avant-bras sur ses cuisses et une concentration infinie.

- Em' tu veux manger quoi ? L'interrogea Alice depuis le couloir de l'entrée, prête à se rendre en cuisine.

- Une pizza, beugla-t-il pour couvrir les bruits de fusillades de son plasma.

Elle se tourna vers moi, consternée.

- Tu vois ! Qu'est ce que je t'avais dis ?

Je la suivais face au plan de travail, elle ouvrit le frigidaire, en sortit des steak et une salade à effeuiller.

Je m'attelais à cette dernière tâche, alors qu'elle roulait les steak dans une marinade en boîte, quand la porte d'entrée s'ouvrit.

Mon cœur accéléra soudainement. Je priais pour que ça ne soit pas Edward, le presque légale propriétaire des lieux, qui pourrait me virer à coup de pied aux fesses s'il apprenait que je ne payais pas une partie du loyer fixé.

Une tête blonde émergea dans mon champs de vision, ses belles boucles retenues dans une queue de cheval serrée accentuaient son visage de la plus belle façon qu'il soit. Ses fossettes ressortaient en creusant ses joues, sa bouche pulpeuse avait naturellement un air boudeur mais plaisant. Ses yeux en amande d'un brun-vert captaient le moindre reflet du soleil pour qu'il s'y loge et les fasse étinceler. Il était sacrément canon l'artiste !

- Jasper, il me tendit sa main, tu es une collègue d'Alice ?

Je la serrai appréciant son agréable chaleur.

- Bella... non... disons que...

Merde ! Et re-merde ! Il me faisait bafouiller comme une gamine !

- C'est notre nouvelle coloc, termina pour moi Alice, qui venait de passer du rôle de « Amie potentielle » à « super pote qui m'a sauvé de la noyade ».

- C'est Ed qui t'a fait visiter ?

Il avait l'air suspicieux, ce qui craignait fortement pour moi. Soit, il ne me jugeait pas assez bien pour que le fameux Edward me choisisse comme coloc, soit il voulait savoir si ça venait de lui pour fuir dans le cas contraire en hurlant « JE N'ETAIS AU COURANT DE RIEN JE TE LE JURE ! ».

Je lançais un regard plein de détresse à Alice, qui n'en n'avait que pour le magnifique ange blond devant moi.

Bien !

Elle ne me serait d'aucune aide. « Prend ton courage à deux mains Bella et affirme toi ! ».

- Non j'ai répondu à l'annonce et c'est Alice qui m'a fait visiter.

Il eut un pas de recul, ça sentait vraiment le roussi.

- Et tu fais quoi dans la vie ?

- Je suis étudiante à Southeast, en...

Je n'eus pas le temps de terminer ma phrase qu'il avait déjà décampé.

- tu n'es qu'un lâche Jasper Witlhock ! Hurla Alice à son encontre en jetant avec rage son torchon sur le plan de travail entre nous.

- Pas du tout, je vais manger en ville, je veux pas être en retard, lui répondit-il avant de claquer la porte d'entrée.

Médusée, j'observais Alice ouvertement.

- Tu peux m'expliquer à quelle sauce je vais être mangée par Edward et si je risque de finir à la rue à son arrivée ?

Je tremblais comme une feuille, la réaction de Jasper était bien trop éloquente et violente à mon goût.

- Edward ne dira rien, tu vas rester ici. C'est une promesse, affirma-t-elle en hochant la tête de façon solennelle.

Si elle en était aussi sûre, j'étais loin d'éprouver la même chose en retour. Elle sortit une grande poêle d'un tiroir coulissant et la déposa sur la plaque à induction. Autant la maison transpirait l'ancien, autant la cuisine était très contemporaine. Je n'avais plus le cœur à m'occuper du déjeuner avec elle, je rongeais dangereusement mon frein en attendant qu'il se pointe.

- Il revient manger chaque midi ?

Sans dire son prénom, elle a su à qui je faisais référence.

- Ca dépend, parfois il déjeune avec Rosalie.

Elle m'offrit un sourire plein d'empathie, je tressaillis plus encore. Il n'y avait rien de pire qu'une personne qui te lance un regard qui se veut encourageant, ce qui signifie pour moi, que la situation est quasiment désespérée.

Alors qu'elle déposait les assiettes sur la table de la salle à manger, une table en chêne qui en avait sûrement vue d'autre au cours de sa longue vie, mon cœur se décrocha de ma poitrine. La porte venait de s'ouvrir et de se fermer. Des pas retentissaient depuis le couloir, j'entendis une veste glisser sur une chemise, un raclement de gorge et enfin une voix aux accents délicats retentit derrière mon dos.

J'eus les plus grandes difficultés du monde à remettre mon cerveau en marche et à faire repartir mon cœur à un rythme décent.

- ça sent bon ici, s'extasia le fameux Edward.

Il n'avait pas l'air en colère ou même surprit de ma présence. Je me basais que sur l'intonation de sa voix, mais qu'importe, je n'osais pas encore lui faire face. Ce qu'Alice m'obligea à faire lors des présentations d'usage.

- Edward, il faut que je te présente Isabella, notre nouvelle colocataire !

Elle y était allée à fond sur la bonne humeur, je la vis sourire de toutes ses dents, à la limite de se faire exploser les zygomatiques.

Je pivotais sur mes talons et accrochais un beau sourire à mes lèvres. Sourire qui se perdit dans le néant quand je plongeais dans la profondeur de ses yeux émeraudes. Outre le fait qu'il était mille fois plus suspicieux que Jasper. Il avait une carrure svelte et énergique. Il portait une chemise blanche seyante et ajustée. Elle moulait un torse développé, les manches étaient retroussées aux trois-quart sur des avant-bras finement musclés. Il était presque aussi grand qu'Emmett, nettement plus menu cependant. Son visage possédait tellement de caractéristique plaisantes que je ne savais où regarder. Son front était dégagée par une coiffure sagement disciplinée en pic couvert de gel. Son nez rappelait celui des sculptures de la Grèce antique, long, parfait. Sa bouche, bien que fine, était admirablement dessiné avec des pourtours définis et cette mâchoire carrée !

Il cassa en direct mon fantasme de Dieu Grecque en ouvrant la bouche :

- Il ne me semble pas que tu m'en ais parlé Alice ? Lui demanda-t-il à brûle-pourpoint.

Il m'avait observé et jugé en une poignée de seconde. J'étais cuite.

- Et bien je le fais maintenant ! Enchaîna-t-elle affrontant vaillamment le gardien des lieux.

Son sourcils gauche forma un arc sévère, il la scruta en la mettant au défi de reprendre ce ton avec lui.

Elle se tassa un peu.

- Bella est une de mes collègues, son connard de mec la trompe, elle cherche un endroit où se loger et on cherche quelqu'un pour payer le loyer, ça me paraît une bonne équation monsieur le comptable.

Un ange passa, puis un deuxième. L'ambiance devenait pesante, au point qu'Emmett se sentit obligé de détendre l'atmosphère.

- Pour avoir vu la belle en bikini, j'dirai qu'elle et lui peuvent s'installer sans problème ici !

- Et jasper est d'accord aussi, s'enflamma-t-elle à tort.

Si l'intéressé était présent, il m'aurait probablement aidé à faire ma valise pour décamper le plus vite possible.

- Nous sommes 3 sur 4 à être d'accord conclut Emmett en s'installant à table.

Il grogna quelque chose d'incompréhensible et se mordit la lèvre.

- Bon ! Quand est ce qu'on mange ? Râla-t-il en se mettant à table.

Alice me fit un clin d'oeil et m'invita à la suivre dans la cuisine.


Voici la suite, je vous remercie pour vos messages encourageant!

j'espère que cette suite vous aura plu :)