Chapitre 5

On ne devient un homme et on ne peut percevoir le vrai sens de notre existence que lorsque l'on a pris conscience que l'on n'était pas le centre de l'univers.

Point de vue de Bella
Bip ! Bip ! Bip !

Je balançai mon réveil contre le mur fragile...

Connard de truc qui réveille !!!

Non, je n'étais pas du tout de mauvaise humeur ! J'avais chopé un putain de rhume, je n'avais pas dormi de toute la nuit et juste au moment où j'allais m'endormir, le réveil s'était enclenché ! J'avais perdu ma culotte en couchant avec Edward Cullen, on m'avait défoncé le côté droit de ma voiture avec je ne sais quoi, et pour finir, il y avait une coupure de courant et d'eau chaude dans tout le quartier ! Tout pour mettre de super 'bonne' humeur !

Je descendis de mon lit, et tirai la couette pour qu'elle m'accompagne partout dans la pièce glaciale... La seule chose que je voulais, là maintenant, c'était une bonne douche chaude... Ou à la rigueur, un mec pour me tenir chaud... Bien sûr, hier avec Edward, c'était super, même plus que super ! Mais une fois au lycée, il ne me regarderait plus de la même façon qu'au club... Savoir qu'il couchait avec moi, et qu'il n'en avait aucune idée, en quelque sorte me torturait... Je voulais que cela cesse. Je ne supportais plus ma double identité. J'étais peut-être en train de tomber amoureuse de lui... Durant toute ma période d'insomnie, je n'avais fait que penser à lui, et à nous... en train de faire toutes choses diverses... s'afficher au lycée main dans la main jusqu'à faire l'amour ensemble dans sa piscine, sur laquelle je fantasmais tant...
Mais je devais me faire une raison ! Edward Cullen était un coureur de jupons qui ne s'attachait jamais aux filles comme moi, ni à aucune autre d'ailleurs... Soit j'étais complètement stupide, soit j'étais masochiste, ou même les deux si ça se trouvait ! Il me fallait absolument sortir cet idiot de la tête ! Ce n'était pas possible autrement !

Je commençai à vouloir me faire du café, ou du moins une boisson chaude lorsque je me rappelai qu'il me fallait l'électricité... J'étais maudite !
Je me laissai glisser le long des éléments de cuisine, et blottie dans ma couette, je me laissai prendre par la vague de fatigue qui était soudainement survenue...


Point de vue d'Edward
Je soupirai... Quatre heure du matin, et toujours pas endormi... Je sentais que j'allais être d'une efficacité en cours... Quoique... faire l'école buissonnière ne me semblait pas une si mauvaise idée...

Je me retournai pour la énième fois de la nuit. Dès que j'avais quitté le club, tous mes problèmes m'étaient revenus violemment en pleine face ! Et ce moment difficile que j'avais passé dans le salon... Alice et moi avions annoncé la mauvaise nouvelle à Emmett...

Flash back

Alice regardait le sol de ses yeux rougis par les larmes. Quant à moi, je faisais les cents pas... Emmett rentra enfin ! Je n'entendais aucun autre pas que les siens. Tant mieux ! Je ne voulais pas que Rosalie soit au courant de nos problèmes familiaux... Du moins, je ne voulais pas qu'elle apprenne la nouvelle en même temps que mon frè... que Emmett...

« Hey ! Qu'est-ce que vous faites encore dans le salon à cette heure pareille ? »

Il n'avait pas tord, il était plus d'une heure du matin. Mais en même temps, Alice non plus n'arrivait pas à trouver le sommeil...

« Emmett, j'ai une chose grave à t'annoncer. Assis-toi sur le canapé s'il te plaît. »

Il fronça les sourcils, puis s'installa à côté d'Alice. Tout en lui caressant l'épaule, il me fixa attentivement. Je pris une grande inspiration avant de me lancer...

« Tout à l'heure j'ai reçu un message de Carlisle. »

« Tu ne dis plus papa maintenant ? » plaisanta Emmett.

Il n'avait aucune idée de la souffrance qui me traversa lorsqu'il me dit cela... Il n'avait aucune idée de cette nouvelle en question...

« Je ne suis pas ton frère Emmett ! Ni celui d'Alice. »

« Ha ! Ha ! Ha ! Elle n'est vraiment pas terrible comme blague ! Même moi j'en fais des meilleures ! »

« Emmett, je suis sérieux. Esmée et Carlisle m'ont adopté. Vous êtes jumeaux, mais moi, je suis... à part... » fis-je tristement.

« T'es en train de me faire croire que papa et maman ont adopté un enfant qui serait né exactement le même jour qu'Alice et moi, et que cet enfant se serait toi ? »

Je savais que ma voix serait brisée si jamais j'ouvrais la bouche, alors pour confirmer à sa question, je me contentai de hocher la tête. Il regarda Alice, qui s'était de nouveau remise à fondre en larmes, puis la prit dans ses bras.

Je ne voulais surtout pas les déranger, après tout, je n'étais pas vraiment des leurs... Je m'enfuis donc dans ma chambre...

Fin du Flash Back

Je soupirai. Je me mis sur le dos. Je me mis sur le ventre. Sur le côté droit. Je soupirai. Sur le côté gauche. Je soupirai.

J'avais envie de crier par frustration ! Car oui, j'étais frustré de ne pas parvenir à m'endormir ! J'avais l'impression que j'allais être de très, très mauvaise humeur et irritable pour la moindre chose, comme les filles en période de règle. Exactement comme les filles en période de règle !
Je décidai de me lever puisque rester allongé ne me servait à rien, mis à part à m'énerver ! Je filai directement sous la douche, sans prendre la peine de me déshabiller puisque j'avais pour habitude de dormir toujours nu.

L'eau coulant sur ma peau, je ne pus m'empêcher de penser à Coquette Pomme... À ce que nous avions fait sur le sol de la salle des privés. Baisser son masque pour découvrir qui elle était réellement m'obsédait, cependant pas de la même manière qu'autrefois. La seule et unique que j'avais pris plus d'une fois. Jamais auparavant ça ne m'était arrivé... Était-ce un signe ? Signe que mon pauvre cœur tombait amoureux ? Non ! Tomber amoureux rendait malheureux comme dans les films de filles qu'Alice visionnait, hors moi, je voulais être heureux ! Et ce qui me rendait heureux était cette fille...

Je fermai les yeux et l'imaginai là, avec moi sous la douche. L'eau coulant sur sa peau délicate et douce... Elle, les cheveux trempés, à l'instar de ses lèvres intimes que j'effleurai du bout des doigts... Elle, collant son dos à mon torse... Moi, en elle... Nous, nous embrassant... Nous, nous caressant.... Nous, nous aimant...

Stop ! Il faut arrêter les délires là maintenant !

Pourtant, mon fantasme restait bien ancré dans ma tête, dans une version certes différente, mais Coquette Pomme restait toujours présente. Elle était sous la douche, moi en dehors. J'allais la rejoindre. Elle m'apparaissait de dos, et sa longue chevelure brune ondulée et mouillée tombait parfaitement et sensuellement jusqu'au niveau de ses reins... Elle se retourna... Sauf que ce n'était plus Coquette Pomme que je voyais, mais la nouvelle... et elle était vraiment superbe et resplendissante toute nue... Ainsi, je la voulais elle... plus que tout...

Gardant cette image en tête, je mis ma main sur mon sexe en érection. Je commençai un mouvement de va-et-vient, remplaçant mentalement ma main par ses parois vaginales... Je m'imaginais son corps incandescent sur le mien qui l'était également... J'accélérai les mouvements tout en les rendant plus brusques. Au bout de quelques minutes, l'éjaculation et la jouissance vinrent. Mon rythme cardiaque ainsi que ma respiration se calmèrent, et une vague de fatigue m'envahit...

Je finis rapidement de prendre ma douche, rejoignis mon lit et m'endormis...

* * *

Bip ! Bip ! Bip !


J'appuyai violemment sur mon réveil, pour qu'il me fiche la paix... Mais cet appareil était récidiviste ! Trois minutes plus tard, il re-sonnait avec plus d'ampleur.

Connard de cadeau offert par ma sœur !

Je me décidai à me lever... mais uniquement à la prochaine infernale sonnerie... En attendant, dodo...

Bip ! Bip ! Bip ! Bip ! Bip ! Bip ! Bip ! Bip ! Bip !

Quoi ?! Déjà ?! Non ! Je venais à peine d'appuyer dessus ! Ce n'était pas possible qu'il soit déjà trois minutes plus tard ! Pourquoi le temps passait beaucoup plus vite le matin ?

J'appuyai derechef sur le bouton de cet objet chaotique, et me levai. Je pris quelques affaires et partis dans la salle de bain. J'eus bien failli avoir une attaque en voyant ma tête ! Cernes énormes sous les yeux en plus des poches, cheveux plus qu'en bataille, et pour finir, teint de malade ! Une véritable horreur !

Je fis abstraction de mon état, et me préparer pour aller au lycée. Je descendis avec mon sac comme à mon habitude et rejoignis Alice et Emmett dans la cuisine.

« Coucou tout le monde. » les saluai-je d'une voix encore endormi.

Ça me rappelait un peu l'expression 'Avoir la tête dans le cul' et si Emmett était télépathe, il rajouterait sûrement 'Mais ce n'était pas le tien !'
« Ahhh ! » cria soudainement Alice. « Tu ne peux pas aller au lycée dans cet état ! Tu vas passer pour quoi là ?! Non, non, non ! Tu remontes dans la salle de bain, et Alice Cullen en personne va te prendre en charge ! Et puis quoi encore ! Emmett, ramène la bouffe ! »

Tandis qu'Alice me poussait jusqu'à sa salle de bain, Emmett me souhaitait bon courage... Et du courage il allait m'en falloir ! Qui avait-il de pire que d'être dans le même état qu'une gueule de bois, et d'avoir un réveil que l'on ne peut pas désamorcer ? Simple : Alice Cullen !

Elle s'attaqua directement à mes yeux. Je ne préférais même pas voir ce qu'elle me faisait ou utilisait, je préférais voir le résultat final. Et s'il ne me convenait pas, je sécherais les cours.

Emmett apporta un verre de jus d'orange et de la brioche, qu'Alice me fourra directement dans la bouche. Elle en avait mis une telle quantité, que j'avais bien cru m'étouffer ! Vraiment inconsciente cette fille ! Je lui fis une remarque à ce propos.

« Comment un être aussi chétif peut-il être aussi agaçant ? »

« Le talent mon cher ! Le talent... »

Nous rîmes de bon cœur. Je ne pus m'empêcher de me rappeler certains souvenirs heureux de notre enfance, insouciante des secrets de famille... Mais fort heureusement, Alice et Emmett semblaient bien s'en remettre. La preuve : Alice n'avait pas succombé à me faire un sermon sur mon apparence, et s'était empressée de me l'arranger ! Emmett, quant à lui, avait sûrement dû faire des blagues au petit-déjeuner.

« Voilà ! Tu es officiellement parfait ! » commenta Alice, visiblement très fière d'elle.

Je redoutai de me regarder dans un miroir. Je redoutai simplement de me voir, moi tartiné de maquillage féminin sur le visage, ou encore moi, coiffé version Ken ou encore version 'docteur mamours' de Grey's Anatomy...

« Je suis vexée ! » bouda-t-elle. « Tu pourrais au moins admirer mon travail ! »

Je soupirai, puis me tournai vers mon reflet. Je criai en me voyant.

« Quoi ?! Qu'est-ce qu'il y a ?! Qu'est-ce qu'il se passe ?! » paniqua Alice.

« C'est parfait ! » lui dis-je en retrouvant mon sérieux, quoique légèrement souriant.

« Ha ! Ha ! Ha ! Très drôle frangin ! » dit-elle en me donnant une bourrade dans l'épaule.

Je m'esclaffai de ses réactions, qui étaient exactement celles que j'attendais. Je m'observai avec plus d'attention. J'avais meilleure mine que d'habitude, bien que ce soit complètement l'inverse au fond de moi-même.

« Allez Narcisse ! Faut aller au lycée maintenant ! »

Nous commençâmes à descendre dans les escaliers, mais lorsqu'elle commença son monologue (qui d'après moi allait tout de même durer pas mal de temps), j'eus une furieuse envie de faire demi-tour.

« J'ai vraiment hâte de voir Bella ! (En plus, s'il fallait que le monologue soit centré sur cette personne précisément...) Il a dû se passé pleins de choses cette nuit pour qu'elle ne soit pas rentrée ici... J'avais clairement dit à Jacob de la ramener chez nous après le rendez-vous ! Mais c'est tout le temps comme ça avec lui ! Il n'écoute jamais ce qu'on lui dit ! Du moins, il n'écoute jamais ce que je lui dis ! Enfin non... Ce n'est pas tout à fait vrai mais bon... Ce n'est pas loin de la vérité... Enfin non... C'est extrêmement loin de la vérité puisque Jacob, la plupart du temps, suit mes conseils. C'est d'ailleurs pour ça qu'il a un super style vestimentaire ! C'est grâce à moi qu'il fait tomber toutes les filles à ses pieds ! Et tu sais comment il me remercie ? En me donnant des sous-vêtements ! Oui,parfaitement mon cher ! Tu as bien entendu ! Ceci dit, ses sous-vêtements... Enfin... Pas ses sous-vêtement à lui, mais les dessous que fabrique son entreprise, sont vraiment magnifiques ! Alors il a de la chance ! Tu devrais voir comme les formes et les textures mettent en valeurs les atouts féminins ! C'est un truc de malade ! Sinon, pour en revenir à Bella. Elle est vraiment magnifique elle aussi, hein ? Je suis sûre et certaine qu'avec elle comme mannequin, n'importe quel vêtement se vendrait ! Il faudrait aussi que j'en parle à Jacob. Il pourrait en faire l'égérie de sa marque. Après tout, je pense que Bella aurait bien plus à tirer de la situation que moi ! Un, elle aurait du travail. Deux, elle afficherait au grand jour sa sublime silhouette. Trois, elle ferait fantasmer tous les mecs. D'ailleurs, je t'interdirais formellement d'utiliser sa photo publicitaire pour t'aider à te masturber dans la douche ! Et oui mon cher ! Tu crois que dans la nuit de ce matin, je n'ai pas entendu tes petits cris de plaisir en solitaire ? Et bien détrompe-toi ! Les murs entre ta salle de bain et ma chambre sont extrêmement fins ! Et puis, je n'aurais peut-être pas prêté attention à ce que tu faisais sous la douche si tu n'y étais pas resté trois bon quarts d'heure ! Ok, il était très tôt et tes fonctions cérébrales n'étaient pas encore toutes enclenchées pour prendre conscience de tous ces éléments, mais franchement ! Quelle idée de se branler à une heure pareil ! Tu m'étonnes après que tu aies une tête à en effrayer les morts ! »

Je ne prêtais plus attention à Alice. Elle continua à bavasser ainsi durant tout le trajet. La prochaine fois, je ne la laisserai pas monter dans ma voiture et elle prendrait la sienne comme à son habitude ! D'ailleurs, je ne savais même pas ce qu'il lui avait pris de monter dans la mienne... Sûrement le fait qu'elle était complètement absorbée par ce qu'elle disait, et qu'elle faisait des gestes automatiques et sans réfléchir.

Je me garai sur le parking et remarquai qu'Alice parlait de la nouvelle.

« Mais peut-être qu'elle est passée directement à l'acte avec Jacob, et qu'elle a dormi chez lui. Ce qui expliquerait pourquoi il ne l'a pas ramenée à la maison, ils étaient trop occupés à faire autre chose... Ils se sont bien fait plaisir et ensuite tellement qu'ils s'étaient dépensés, ils ont dû finir par s'endormir. Comme je te l'ai dit tout à l'heure, j'ai vraiment hâte de voir Bella ! Elle pourra tout me raconter dans les moindres détails ! »

La suite, je me la passai. Alice sautillait sur place, maintenant que nous étions sortis de la voiture. Elle s'extasiait des choses qu'il avait pu se produire entre les deux nouveaux. Pour ma part, Bella était une vierge qui était bien trop coincée pour faire quoi que ce soit de sexuel avec un homme. Je me demandais même si elle avait déjà embrassé un mec de sa vie ! Ou bien encore si elle avait déjà vu en face d'elle un pénis ! Bien sûr, je ne doutais plus de savoir si elle savait au moins où cela se situait puisqu'elle m'en avait donner la certitude hier, en me donnant un coup de genou...

Quant à Jacob... difficile à dire... Peut-être bien que c'était un gars qui me ressemblait, ou peut-être pas... Du genre tombeur, coureur de jupons, mec d'une nuit, joueur expérimenté de football, avec toutes les qualités du monde sauf la modestie ! Exactement moi quoi !
N'empêche, moi aussi j'avais hâte de savoir ce qu'il s'était passé entre les deux... D'un côté, j'avais envie qu'il se soit passé quelque chose pour le plaisir de voir que je m'étais trompé à propos de Swan, et d'un autre côté, j'aimais que cette fille soit différente des autres. Même si ça me coûtait de le penser, j'étais sûr que la nouvelle était quelqu'un de bien...

Je me dirigeai vers ma salle de cours, laissant Alice parlait toute seule dans le vent. Je supposais qu'elle n'allait même pas se rendre compte que je n'étais plus là jusqu'à ce qu'elle soit devant sa salle de cours !

Une fois devant la mienne, je vis la plupart de mes camarades. Je cherchai rapidement et discrètement la nouvelle, mais je ne la vis pas... Je ressentis une drôle d'émotion à ce fait... Tristesse ? Non... Déception ? Sûrement... J'avais déjà pris goût à l'embêter quelque peu.
Tyler, le responsable des sélections de l'équipe de football du lycée, s'approcha de moi, visiblement l'air d'être excité.

« Hey Cullen ! Les sélections auront lieu demain à seize heures ! Ne sois pas en retard ! »

« Compte sur moi ! » lui dis-je, moi aussi excité à l'idée de ces sélections, tandis qu'il s'éloignait.

Dans la vie, il y avait plusieurs choses essentielles. D'abord, la famille et les amis. Ça, c'était primordial ! Ensuite, venaient le sexe et le plaisir... Je pense que tout être normalement constitué ne devrait pas dire le contraire ! Et enfin, il y avait le football ! Je ne parlais pas du « soccer » comme l'on pouvait le trouver en Europe, mais du football purement et typiquement américain ! Ça, c'était du vrai sport !

Je vis arriver Jacob depuis le fond du couloir. Tyler lui parla quelques instants et s'en alla vers d'autres lycéens. Évidemment... Mes informateurs m'avaient bien dit que ce Jacob allait me faire de l'ombre, à moi ainsi qu'à mon frère... Quitte à ce qu'il me fasse de l'ombre, autant que je sois juste à côté de lui ! Ce Jacob, m'avait l'air plutôt sympathique en plus. Je décidai d'aller lui parler.

« Salut ! » lui dis-je en lui tendant ma main. « Je suis Edward Cullen. »

« Ah oui ! Le mec qui s'est fait castrer par Bella hier midi. Je suis Jacob Black. » se présenta-t-il à son tour tout en acceptant ma poignée de main.
D'ailleurs, cette dernière ne me sembla en rien suspecte. Ni trop forte, ni trop faible. S'il avait voulu me détester dès le début, le première chose qu'un gars faisait était (d'essayer pour la plupart du temps) 'd'écrabouiller' la main de son adversaire. Je disais aussi ni trop faiblement, car je sentais bien que Jacob avait une certaine force et non négligeable ! Il avait aussi beaucoup de muscle, certes pas autant qu'Emmett mais sûrement un peu plus que moi ! Il sera par la suite, un bon atout pour l'équipe, pensai-je.

« Tu viens sûrement d'être informé que les sélections pour l'équipe de foot du lycée auront lieu demain. Tu penses venir ? Je crois réellement que tu ne serais pas de trop ! »

« Effectivement, on vient de me le dire. Et ne t'en fais pas, je ne manquerai l'événement pour rien au monde ! »

« Ça te dirait de manger à ma table ce midi ? Ma sœur a bien fait incruster une nouvelle hier. Bien sûr, si tu manges déjà avec quelqu'un d'autre, je ne verrais pas d'inconvénient à ce que tu déclines mon invitation. »

« Non, au contraire. J'accepte avec joie. »

« Ok. Très bien. Dans ce cas, on se rejoint à la cafet'. Je te laisse, sinon je vais me faire incendier par le professeur ! »

Je rejoignis rapidement les rangs des élèves que le professeur avait déjà commencé à faire rentrer en classe. Je m'installai rapidement à une paillasse du fond de la classe. Non, ce n'était pas parce que j'étais un cancre, mais parce que d'ici, j'avais une meilleure vue d'ensemble sur toute la classe. En parlant de vue, pas la moindre Swan dans mon champ de vision ! Au moins un cours où je n'aurais pas à la supporter ! En revanche, j'eus l'horreur de découvrir que l'autre chaudasse de nouvelle était présente. Comment s'appelait-elle déjà ? Peu importe, les filles vulgaires et trop provocantes ne m'intéressaient pas. Bien sûr, d'une certaine manière et lorsqu'elle était utilisée à bon escient, la provocation était une puissance arme de désir que je savais parfaitement apprécier à sa juste valeur...

Le professeur fit l'appel. L'allumeuse s'appelait Lauren finalement... Quant à Miss Swan, elle était bel et bien dans ma classe, mais tout simplement absente. Godiche qu'elle était, et surtout nouvelle qu'elle était, elle avait certainement dû se perdre dans la 'multitude' de couloirs qu'avait ce lycée.

Le cours se déroula rapidement, ainsi que les suivants. Mon ventre criait famine et savoir que c'était enfin le déjeuner me soulagea. Jacob attendait juste à côté des doubles portes de la cafétéria. Je le rejoignis et nous commençâmes à parler sport et jeux vidéos (concernant le foot, bien évidemment !) Les autres de la bande ne tardèrent pas à arriver. Mais au moment où nous nous apprêtions à aller nous restaurer, le proviseur m'interpella. Je me congédiai des autres leur disant de commencer de manger sans moi, pour aller lui parler.

« Monsieur Cullen, j'ai à vous parler à propos des faits d'hier midi. Voulez-vous que nous restions ici, ou préférez-vous que nous allions dans mon bureau ? »

Étant donné que pratiquement tous les élèves regardaient en notre direction, si le proviseur venait à me parler de choses fortes peu agréables, je préférerai que ce soit à l'abri des regards indiscrets !

« Va pour le bureau ! »

Arrivés dans celui-ci, il me proposa un siège juste en face du sien, que j'acceptai.

« Comme vous le savez, hier Mademoiselle Swan a fait un geste plutôt douloureux à votre encontre. (C'était peu dire !) J'ai eu vent de son parcours scolaire qui jusqu'à présent n'était d'aucun souci. Avez-vous une explication vis-à-vis de son geste ? »

« Oui... » admis-je. « J'ai effectivement peut-être poussé les choses un peu loin... »

« C'est bien ce qu'il me semblait. »

Soudain, une hypothèse concernant l'absence de la nouvelle se mit en place dans mon esprit. Et si, à l'instar d'hier après-midi, le proviseur l'avait exclue ? Cela expliquerait parfaitement la situation...

« Quant à la sanction de Mademoiselle Swan, j'estime qu'il n'est pas nécessaire de la renvoyer définitivement de l'établissement. Certes, ce qu'elle a fait est incorrect, mais je crois que n'importe quelle autre personne aurait pu réagir de la même manière. Je vous laisse donc réfléchir à sa sanction, tant qu'elle reste dans la mesure du raisonnable. Si vous avez déjà une idée précise en tête, vous pouvez me la donner maintenant mais autrement, je la veux au plus tard avant la fin de la semaine. »

Voilà qui récompensait parfaitement ma souffrance ! Et choisir ce que la nouvelle aurait comme conséquences à ce qu'elle m'avait affligé, était largement mieux que le renvoi ou les heures de retenues ! J'allais pouvoir trouver son point faible et l'exploiter pour trouver la pire chose au monde à ses yeux ! Je sentais que j'allais bien m'amuser !

« Merci. Je vous ferais part de ma décision plus tard. »

« Au revoir. »

« De même. » le saluai-je en quittant son bureau.

Je rejoignis rapidement ma table. La nourriture d'aujourd'hui était absolument immonde ! Il n'y avait que des épinards ou des brocolis, le tout accompagné d'une viande infecte et trop cuite ! C'était dingue, j'avais beaucoup d'argent et j'étais obligé de supporter cette bouffe merdique ! Mais voyons le bon côté de la journée, je pouvais choisir la sanction de la petite nouvelle.

« Re les gens ! » les saluai-je heureux.

« Pour quelqu'un qui avait une tête de déterré ce matin, je te trouve bien gai à présent. Tu nous expliques ce qui te met dans cet état ? » me demanda Alice.

« Tu le sauras en temps voulu. En attendant, vous n'auriez pas une idée de ce que Swan pourrait détester ? »

« Les épinards et les brocolis ! » fit immédiatement Emmett. « Ce n'est pas possible d'aimer un truc pareil ! »

« Là, je ne suis pas d'accord ! » protesta Rosalie. « Moi, j'adore ! De plus, c'est excellent pour la santé ! Bien meilleur que toutes ces choses que tu ingurgites dans les fast-foods, sans parler des pizzas ! »

Je soupirai mentalement. La conversation était partie sur un débat concernant les goûts alimentaires de chacun. Très utile pour me venger de Swan ça ! Seuls Jacob et Alice me regardèrent d'un air de dire 'Qu'est-ce qu'il prévoit de faire, encore ?'

Nous étions tous fort absorbés par une conversation concernant le sexe (sujet lancé par notre bon vieux Emmett) lorsque deux choses se produirent presque simultanément. Un, Alice avait demandé des informations sur la soirée de Jacob. Deux, comme le disait si bien l'expression 'Quand on parle du loup !', la nouvelle passa les portes de la cantine.

Elle n'avait pas l'air bien, et encore une fois elle ne s'était pas mise du tout en valeur. Son corps de déesse disparaissait sous des vêtements trop larges, ses magnifiques cheveux formaient une sorte de chignon déstructuré et lâche, quant à son sublime visage, il paraissait éteint, bien qu'il eut encore un teint superbe.

Elle n'acheta pas grand-chose à manger. En fait, elle n'acheta même rien à manger puisqu'elle prit une simple bouteille de thé glacé à la pêche. Je me demandais bien la cause de son petit achat. Je voulais dire par-là, que je me demandais si elle n'avait pris que ça par manque de moyens, ou simplement par manque d'appétit. Peut-être aussi qu'elle n'aimait rien de ce qui était proposé...

Alice invita Miss Swan au repas, qui s'assit à notre table. Elle regarda tout le monde d'un air gêné et en particulier Jacob. Alice sautillait sur sa chaise... La 'question qui tuait' n'allait pas tarder à arriver...

« Alors... Ce rendez-vous Bella ? » demanda ma sœurette la voix pleine de sous-entendus.

Qu'est-ce que je disais ! La 'question qui tuait' !

La nouvelle la regarda de ses yeux maladifs, puis fixa Jacob avant de retourner à ma frangine.

« Je suppose que Jacob ne t'a rien révélé. Alors tu essayes d'avoir des infos avec moi. Je me trompe ? »

« Absolument ! Jacob m'a tout raconté dans les moindres détails ! »

« Dans ce cas, tu n'as pas besoin que je te re-raconte les évènements. »

Je m'esclaffai. Alice s'était faite avoir sur ce coup-là ! D'ailleurs, elle prit une petite moue boudeuse. Le chantage affectif n'allait pas tarder !
« Tu ne m'aimes donc pas ? Ou alors tu ne me considères pas comme une amie car entre amies, on se raconte tout ! Absolument tout ! »

« Bien sûr que si Alice, je t'apprécie ! Le problème ne vient pas de là ! C'est juste qu'il n'y a rien à raconter à ce sujet. »

Alors ils n'avaient pas couché ensemble ! C'était bien ce qu'il me semblait. Ensuite, restait à savoir si le refus ou l'absence de proposition, venait de Jacob, de la nouvelle, ou des deux !

« Alors vous n'avez rien fait hier soir ? » insista Alice.

« Bien sûr que si on a fait des choses ! »

Innocente qu'elle était, elle n'avait pas saisi le sens réel de la question !

« Je te parle de certaines choses... »

« Oh... »

Miss Swan rougit puis regarda timidement Jacob. Lui aussi devait être gêné, mais c'était à peine perceptible. Sans vouloir me vanter, je crois que j'avais un don pour repérer ce genre de chose ! La nouvelle regarda au loin, par-dessus mon épaule, et lâcha un petit juron. Je me retournai pour voir ce qui l'avait mise dans cet état et vis le psychologue du lycée. Lorsque que je me tournais vers le groupe à notre table, elle était déjà partie, emportant avec elle son 'déjeuner'. Je la cherchai du regard dans le self. Elle fila par la sortie de secours tandis que l'adulte lui courait après tout en la priant de s'arrêter. Je ne donnais pas long feux à Swan, le psy était jeune, blond et à mon avis également très sportif vu la carrure qu'il avait ! Certes, pas autant musclé qu'Emmett, mais il pouvait très bien être comme moi sous ses vêtements.

Les deux disparurent dehors, mais leur petite intervention avait captivé tous les regards. D'ailleurs, certains se permettaient des réflexions ! Ce que je ne supportais pas !

« Elle n'en rate jamais une pour se faire remarquer celle-là ! » dit un gars minable à la table adjacente de la mienne.

« Ta gueule le morveux ! » répliquai-je automatiquement.

Il ne chercha pas bien longtemps les noises avec moi. Il ne valait mieux pas en même temps... Quand je repris ma position initiale, tout le monde me dévisageait, surpris. Alice fut la première à se ressaisir, et un certain sourire se dessina sur ses lèvres. Je n'aimait vraiment pas ça ! Elle s'imaginait encore des choses !

« C'était gentil ça ! »

Je suppose qu'elle parlait du geste vis-à-vis de Bella, car autrement, le geste en lui-même n'était pas très sympathique pour le morveux.

« Ce n'était pas gentil, c'était légitime. » la rectifiai-je d'un ton désinvolte.

« Légitimement gentil alors ! » joua-t-elle sur les mots.

« Si tu veux... »

En même temps, je n'avais pas réellement réfléchi à mon acte. C'était venu instinctivement, un peu comme lorsque l'on se prend un coup et que l'on dit 'Aïe !' sans réellement avoir souffert... Chose que je ne faisais jamais bien évidemment ! Cependant, c'était tombé sur le boulet de derrière, mais ça aurait très bien pu tomber sur n'importe qui, du moment qu'il aurait commenté la scène péjorativement !

La porte qu'avaient empruntée les deux 'animateurs' du déjeuner, s'ouvrit, mais laissa place au psychologue qui portait Bella dans ses bras. Elle était inconsciente... Alice poussa un petit cri puis courut en sa direction. Je fis presque de même. Je ne poussai pas de cri, et ne me dirigeai pas vers elle précipitamment, bien que je l'aurais voulu pour être à ses côtés plus rapidement. Mais tout de même ! Un peu de retenu ! Cette fille m'avait tout de même donné un coup dans mes parties les plus précieuses de mon anatomie ! Je n'allais quand même m'inquiéter pour elle ! Mais c'était bien plus fort que moi ! Et je devais bien le reconnaître, j'étais bien trop fier pour le monter à autrui, sans parler du fait que ça ajoutait une faiblesse au personnage d'Edward Cullen !

« Que s'est-il passé ? » s'affola ma frangine.

« Elle courait puis elle a ralentit le rythme, je l'ai ainsi rejointe très rapidement mais elle s'est littéralement évanouie dans mes bras. Vous savez peut-être quelque chose à ce propos ? »

« Elle n'a pas mangé. » déclarai-je automatiquement. « Mais juste avant votre arrivée, elle n'avait déjà pas l'air très bien. »

« Merci. Je suppose que vous voulez m'accompagner à l'infirmerie ? »

Alice et moi, hochâmes la tête simultanément et parfaitement coordonnés. La situation aurait pu être assez comique dans d'autres circonstances.
Nous suivirent le psychologue jusqu'à l'infirmerie, où il nous laissa, prétextant qu'il avait beaucoup de travail... Mais bien sûr ! Il était évident qu'il y avait beaucoup de futurs psychopathes dans le lycée à qui il devait parler pour éviter toute catastrophe irréversible...

L'avantage de la situation c'était que je ratais les cours les plus ennuyeux du lycée. Les désavantages, quant à eux, était plus nombreux ! Pour commencer, il faudrait que je rattrape tous ces fameux cours... Ensuite, passer trois heures dans la même pièce qu'une Alice faisant les cent pas, imaginant et énumérant les pires possibilités de scénario, n'avait absolument rien d'agréable ! Et enfin, plus le temps passait, moins l'état de Bella semblait s'améliorer, et plus je m'inquiétais !

J'étais au paroxysme de l'inquiétude lorsque Bella daigna enfin ouvrir les yeux ! Alice sembla immédiatement rassurée et se jeta dans ses bras. Bella un peu sonnée, se laissa faire mais ne cessa de me regarder.

Malgré qu'elle ne soit pas maquillée et qu'elle ait des yeux de zombie, son regard m'hypnotisait et elle m'envoûtait complètement...
Nous nous regardâmes ainsi jusqu'à ce qu'Alice rompt leur étreinte.

Je l'entendis soupirer avant que je ne sorte de la pièce...