Chapitre 6

Comme on dit "faire l'amour", il faudrait pouvoir dire "faire la haine". C'est bon de faire la haine, ça repose, ça détend.

Point de vue d'Edward


Démétri Volturi. C'était ainsi que se nommait le psy. Généralement, ce genre de métier était pratiqué par des vieux, mais apparemment, les exceptions confirmaient la règle. J'étais à peu près sûr qu'il devait être un surdoué à l'école pour avoir son doctorat si jeune. Je dirais qu'il n'avait que entre vingt-deux et vingt-cinq ans, et je suis également certain qu'il devait avoir du succès auprès de la gente féminine.

Nous entrâmes dans la pièce où se trouvait ma sœur et la nouvelle, qui allait visiblement mieux.

«Re-bonjour Mademoiselle Swan.»

«Puisque je vais passer au moins deux heures en votre compagnie dans un bureau, que diriez-vous de m'appeler Bella ?»

Au moins, ça avait le mérite d'être très direct...

«Très bien Bella... Pourrions-nous discuter seul à seule ?»

«Ce n'est pas à moi qu'il faut demander ça !» répondit-elle en nous observant, ma sœur et moi.

Je crois qu'on avait bien saisi le message ! Elle nous disait de dégager de la pièce, poliment. Je ne me fis pas prier et sortis le premier.

Nous attendions depuis dix bonnes minutes lorsque la conversation à l'intérieur prit une toute autre tournure.

«Vous n'avez pas le droit de faire ça !» cria la nouvelle.

«Écoutez, il était de mon devoir d'agir.» se justifia le psy.

«Parce que vous avez déjà agit ?!» hurla-t-elle.

La porte s'ouvrit rapidement et violemment, et c'est une Miss Swan en pleurs qui nous apparut.

«Mademoiselle Swan...»

Plus de Bella pour le psy apparemment…

«Non ! Ne comptez même plus sur moi pour venir à vos stupides séances !»

«Vous ne pouviez pas rester dans votre situation bien longtemps de toutes manières ! Regardez l'état dans lequel vous êtes !»

«Il y a eu des moments bien pires que cela ! Ne vous en faîtes pas pour ça !»

«Justement ! Il ne faudrait pas que cela empire comme autrefois !»

«Comme autrefois ?»

«Comme à l'âge de quinze ans. C'est à partir de là que ça a commencé, n'est-ce pas ?»

«Comment l'avez-vous su ?»

«Parce qu'à l'époque, moi non plus je n'étais pas très fréquentable.»

«Moi non plus ? Vous êtes en train de dire que je ne suis pas quelqu'un de fréquentable ?»

«À l'époque... Et je ne veux pas que cela arrive à nouveau.»

«Pourquoi vous vous souciez tant de mon cas ? C'est juste parce que vous pensez tout savoir de ma vie ?»

«Non, c'est parce que je vous aime bien.»

«En fait, vous n'êtes pas différent du con de derrière (moi en l'occurrence) ! Vous avez découvert que j'avais un superbe corps juste en dessous de mes horribles vêtements, et maintenant, je suis sûre que vous voulez me faire chanter avec ça ! Votre silence contre mon corps ! Mais je vous préviens, c'est mort d'avance !»

La nouvelle s'en alla rapidement suivie par Alice. Je restai quelques secondes sous le choc. C'était vraiment un sacré spectacle ! Miss Swan en avait dans le ventre ! Avec les élèves, les différends étaient fréquents, avec un professeur, un peu moins, mais avec un psy ! C'était du jamais vu ! D'ailleurs, il avait l'air sous le choc lui aussi.

«Tout va bien ?» lui demandai-je.

«Non... Ça ne va pas du tout. Venez me voir pour prendre un rendez-vous. Je dois également vous parler.» dit-il avant de s'en aller.
Je comprenais parfaitement le fait qu'il ait mal pris la dernière réplique de Miss Swan... Mon ego aussi en avait pris un petit coup. Mais ceci dit, elle semblait très remontée contre lui. Et bien que j'avais assisté en partie à leur « conversation », je n'avais absolument pas compris de quoi ils faisaient références, si ce n'était à la vie de la nouvelle.

Je sortis des bâtiments pour accéder au parking. En principe, nous avions fini les cours depuis plus de vingt minutes, j'imagine que je pourrais trouver les filles là-bas. Je jetai un rapide coup d'œil sur le veste lieu pratiquement désert d'animation et de vie à cette heure-ci, et les vis près d'une Chevrolet antique d'un rouge fané et délavé.

Un fois près d'elles, je pus déduire qu'Alice essayait de persuader Bella de quelque chose...

«S'il te plaît ! S'il te plaît ! S'il te plaît !» supplia ma frangine avec un regard de chien battu.

La nouvelle souffla puis me regarda. On aurait dit qu'elle avait quelque chose en tête !

«De toutes façons, Edward n'acceptera jamais ! Ou au pire, s'il accepte, il y aura certainement un meurtre !»

«Mais ne t'en fais pas pour cet idiot !» dit-elle en mettant sa main sur mon visage.

«Hey !» fis-je en me dégageant.

La nouvelle se mit à rire, puis accepta la proposition d'Alice, qui apparemment ne me plairait pas.

«Wouhou !!!» s'extasia-t-elle.

«À une seule condition ! Avant, laisse-moi récupérer quelques affaires chez moi.»

«D'acco d'ac ! On te suit avec la voiture d'Eddy !»

«Par pitié Alice ! Évite de m'appeler ainsi ! Je déteste ce surnom !»

«Rooo... Pauvre Eddy !»

«Ça suffit petit lutin des bois !»

«Désolée de vous interrompre dans votre...»

«Chamaillerie ?» proposa Alice.

«Oui plus ou moins... Mais, ce n'est pas la peine de m'accompagner. Je me débrouillerai parfaitement toute seule.»

«Non, non, non ! On t'accompagne !»

«Alice, j'insiste pour que vous ne veniez pas !»

«Pourquoi ?!»

La nouvelle avait les larmes aux yeux et se dépêcha de monter dans son épave.

«Edward, monte avec elle, je prends ta voiture.»

Je ne bronchai pas, puisque si je l'avais fait, j'aurais sûrement gagné le fait de rentrer à pied jusque chez moi. Alice et Miss Swan auraient démarré les voitures précipitamment, et moi, je serais resté là, comme un con...

À l'intérieur de la voiture, l'habitacle embaumait l'odeur délicieuse de Miss Swan... Une odeur florale... que j'identifiai comme celle du freesia...

«Elle pue ta voiture !» dis-je automatiquement.

«C'est pour ça que tu respires l'air à pleines narines ?» rétorqua-t-elle.

«J'essaye de deviner la source de cette odeur nauséabonde» lui dis-je en lui reniflant l'épaule, et plus j'inspirai, plus cette magnifique fragrance me subjuguait... «Mais ce n'est pas bien difficile, puisque c'est toi !»

«Tu ne t'es pas senti Cullen !»

«Pff... Démarre au lieu de critiquer les belles choses de la vie !»

«Tu es tout ce qu'il y a de plus moches ! Et puant !» renchérit-elle.

Je soufflai et me pinçai l'arête du nez. Je devais bien me le reconnaître, elle m'avait eu pour cette fois ! Mais ce n'était qu'une bataille, pas la guerre ! Je la vis arborer un sourire victorieux sur ses lèvres si désirables... À cette pensée, je me pinçai encore plus fort. Très vite, je perçus une goutte de sang dans ma main.

«Et merde !» jurai-je.

«Quel con... » marmonna-t-elle. «Il y a des mouchoirs dans la boîte à gants si tu veux.»

«Merci, mais j'ai très bien entendu le début !»

Elle éclata de rire cette-là !

«Excuse-moi» dit-elle toujours en riant. «Mais c'est vraiment trop hilarant comme situation ! T'as le physique absolument parfait, mais t'as la voix qui gâche tout !»

Elle continua à rire ainsi... J'aimais son rire... Il était si... Non, STOP ! Cette fille allait me rendre fou ! Je pris un mouchoir dans la boîte à gants comme elle me l'avait indiqué. J'en explorai également le contenu. Je savais d'ores et déjà que ça l'agacerait ! C'était très mauvais pour réussir mon défi de coucher avec elle, mais c'était si divertissant !

«Voyons voir ce qu'il y a là-dedans... Des chewing-gums goût pomme...»

Humm... Coquette Pomme ! pensai-je.

«Arrête de trifouiller dans mes affaires Cullen !»

«Des pansements...»

«Cullen !»

«Oh ! Mais que vois-je ? Une boîte de tampons ! Mais attends ! On n'est pas censé trouver ça dans une salle de bain plutôt qu'une boîte à gants ?»

«La ferme !»

«Oh ! Mais que vois-je donc encore ? Des préservatifs masculins ! Mais c'est qu'il en manque dans la p'tite boîte ! Mais où qu'ils sont passés ?» me moquai-je en prenant une voix de gamin.

«Ça me semblait plutôt évident non ? J'en ai fait des ballons et des bombes à eau !»

«Je me disais bien aussi ! Tu ne pouvais pas les utiliser sur la banquette arrière de ta voiture, vu que tu n'en as pas !»

«Han... Waouh Cullen ! T'en es arrivé à cette déduction tout seul ? Parce que si jamais c'est le cas, j'en suis vraiment étonnée ! Je n'étais même pas au courant que les chiens savaient réfléchir à autres choses qu'à 'Humm... Mais c'est un vagin ça ? Si j'allais y enfoncer quelque chose !'»

«Vas-y, tu pourrais me refaire le 'Humm...' que tu viens de faire ? C'était vraiment bandant !»

«Tu me dégoûtes Cullen !»

«Pourtant tu as dit que j'avais un physique absolument parfait !»

«Quoi ?! Nan, je n'ai absolument pas dit ça !»

«Bien sûr que si tu l'as dit !»

«Non !»

«Si...»

«NON !»

«Si...»

«Râââ... Tu m'énerves Cullen !»

«Et toi, tu m'excites !»

Je vis qu'elle s'empourprait à ma réflexion. J'aimais bien ce côté-là de Miss Swan. Et d'une certaine manière, ce je lui avais dit n'était pas faux, si seulement elle s'habillait un peu plus comme hier soir, si seulement elle avait meilleure allure qu'aujourd'hui, et enfin, si seulement elle était un peu moins chiante !

«On est arrivé…» déclara-t-elle.

«La Push ?!» ne puis-je m'empêcher de m'étonner.

D'accord, la nouvelle n'était pas riche, mais de là à habiter à La Push...

«Passe-toi de commentaire, veux-tu !»

Elle se gara devant le premier bâtiment puis sortit. Je fis de même. Alice arrivera plus tard. La nouvelle n'avait toujours pas prononcé un mot depuis, et paraissait honteuse. Elle ne jeta aucun regard en ma direction, se contentant d'observer une fenêtre précise du bâtiment.

«La Push ?!» s'exclama Alice arrivée à notre niveau.

«Ouais... La Push…» répéta faiblement la nouvelle. Tu comprends pourquoi je ne voulais pas que vous veniez...»

Alice prit Miss Swan dans ses bras, mais cette dernière rompit leur étreinte bien rapidement !

«Bon, je vous fais visiter ?» demanda-t-elle faussement joyeuse.

«Et comment !» s'excita Alice.

La nouvelle nous conduisit jusque l'entrée de l'immeuble, et essaya d'ouvrir la porte de celle-ci, sans grande réussite cependant.

«Un peu d'aide ?» proposai-je.


Point de vue de Bella


«Le problème ne vient pas de là.»

Je regardai à l'intérieur, et mes craintes furent vite confirmées... Le bout de bois était bel et bien présent pour bloquer volontairement l'accès aux appartements.

Je me dirigeai vers la route et y pris une pierre, pas trop important, mais pas trop petit non plus. Je la lançai à une fenêtre bien précise. Alice et brother Cullen me regardèrent d'un drôle d'air.

Quelques secondes plus tard, une blonde complètement nue pointa son nez par la fenêtre. Je lui indiquai l'entrée du pouce. Elle me fit un grand sourire avant de disparaître.

«Qui était cette jeune femme ?» me demanda Edward avec un ton très explicite, une fois que je l'eus rejoint.

«Ma voisine.»

«Mais encore ?»

«Une fille que tu payes pour avoir dans ton lit !»

«Humm... Intéressant...»

Je la vis arriver revêtue d'un simple peignoir fin, très fin... Elle enleva l'obstacle et nous ouvrit la porte.

«Je peux me joindre à vous ?» me demanda-t-elle d'un large sourire pervers.

«Tanya !»

«Bah quoi ?» fit-elle innocemment.

«Tu sais très bien ce que je te reproche !»

«Tu as raison. Tu ne me présentes pas ?» dit-elle en regardant par-dessus mon épaule.

«Si... Tanya, voici Alice. Alice, Tanya. Et voici Edward. Tanya, Edward. Edward, Tanya.»

«Enchantée…» déclara-t-elle en faisant la bise à Edward, se moquant pertinemment d'Alice.

«Tanya, c'était très gentil de ta part de nous ouvrir, mais tu n'as pas quelqu'un qui t'attend par hasard ?»

D'accord, je me vengeai toute seule d'elle. Pourquoi ? J'avais eu un pincement au cœur lorsqu'elle lui avait fait la bise, mais je dois également dire que j'étais jalouse de la façon dont il la regardait.

«Si... Au fait, tu pourrais me passer PJ « number three » s'il te plaît ? Le client que je reçois tout à l'heure l'adore. Moi aussi d'ailleurs ! Au fait, tu les trouves où ? Et surtout à quel prix ?»

«Je les trouve dans un magasin de lingerie à Port Angeles à des prix très raisonnables. Ça te va comme réponse ?»

«Nan, mais ce n'est pas grave ! On monte en haut ?»

«Nan, on monte en bas !» la charriai-je.

«Bella, t'avais très bien compris ce que je voulais dire !»

«Évidemment ! (Je me retournai vers mes deux invités.) Vous nous suivez ?»

«Absolument !»

Une fois arrivés devant la porte de mon minuscule appartement une pièce, je me retournais derechef vers Alice et Edward.

«Vous nous attendez là deux minutes s'il vous plaît ?»

«Pas de problème !» répondit Alice.

«Quelle hospitalité de ta part de nous laisser dehors ! Même moi j'ai été plus poli !»

«Pauvre Eddy !»

Sur ce, je lui claquai la porte au nez en ravalant un fou rire en repensant à mon acte et surtout à son expression ! Je me rendis directement sous mon lit, cherchant PJ « number three » dans un carton bien spécial. J'avais tellement de lingerie à cause de mon boulot, que j'avais classifié mes sous-vêtements par des petites catégories. PJ signifiait porte-jarretelles, et PJ « number three » était en fait, l'un des plus beaux que je possédais. Il était entièrement fait de dentelle noire. Je le trouvais enfin !

«Voilà ma belle ! Oh ! Attends ! Tiens, un sac pour mettre ça dedans. Je ne voudrais pas qu'ils soient au courant…» fis-je en désignant la porte.
«Bien sûr, je comprends. Au fait, tu sais si le mec est libre ? À moins que le petite ne soit sa copine ?»

J'éclatai de rire.

«Non, c'est sa sœur !»

«Oh... Alors tu penses que lui et moi, on pourrait... ?»

Je ne riais plus à présent, et m'empêchai de tirer une salle tête... Je m'imaginai très clairement Edward et Tanya, ensemble, nus l'un sur l'autre, dans divers endroits autre qu'un simple lit... Ça me rendait verte de jalousie ! Ok pour une bise, mais coucher ensemble... Se caresser...

«Aucune idée !»

«Oh... Je reconnais cette expression !» s'excita-t-elle sur place. «Je sais aussi très bien ce qu'elle veut dire ! Je veux des détails ! Tu l'aimes ? Vous avez fait quelque chose ensemble ?»

À cette dernière question, je rougis... Oui, nous avions bel et bien fait quelque chose... Deux jours de suite, et mes deux premières fois ! Le pire dans l'histoire, c'était que je m'étais offerte à un total inconnu ! Inconnu qui avait été mon client, et vu comment il se comportait avec Coquette Pomme, il me semblerait bien que je le rencontre de nouveau au club... Moi qui étais si calme et... coincée d'habitude, il avait fallu que ce gars vienne perturber ma vie !!! Je le haïssais pour ça ! D'avoir voler mes pensées innocentes et mon innocence ! Je crois qu'au fond, je regrettai de mettre donner à lui...

«Ahhh !» cria de joie Tanya. «Raconte ! Je veux tous les détails ! Il en avait une grosse ? (J'ouvrais la porte en grand, lui désignant de s'en aller.) Vous avez fait quoi ? C'était bien au moins ? Est-ce que t'as jouit ? Et lui, il a jouit ?»
«Tanya, il y a quelqu'un qui t'attend !»

«Ahhh !» cria-t-elle une seconde fois. «Je suis si fière de toi Bell's ! Tu fais enfin partie des nôtres ! Maintenant, tu es une vraie de chez vraie femme ! Bon, j'y vais, mais promets-moi de tout me raconter dans les détails ! En particulier hier soir ! Je sais que tu es rentrée vers trois heures et demi du mat' ! En plus, tu traînais des pieds comme une fille qui a passé sa journée à faire du shopping ! Or, c'est bien connu, une journée de shopping, ça fatigue ! Donc... Tu étais fatiguée ! Mais pour être fatiguée, il a bien fallu que tu fasses certaines choses... Et quelque chose me dit que tu n'as pas fait de shopping, ni fait que étudier... À moins que tu n'aies approfondi ton cours d'anatomie pour la biologie... ?»
«T'as fini là maintenant ? Tu vas rejoindre ton client oui ou non ?»

«Pfff... Si tu savais comme c'est un mauvais coup ! Mais oui, je vais le rejoindre. Bisous ma belle ! Et merci pour PJ 'number three'» me remercia-t-elle en s'éloignant.

«Il s'appelle revient !»

«S'il est encore en entier !»

«Il y a plutôt intérêt ! J'y tiens à celui-là !»

«Bisous, bisous !»

Je levais les yeux au ciel ! Encore une fois, elle ne changera jamais ! Je me retournai vers Edward et Alice, qui visiblement devait se poser toutes sortes de questions. Je décidai d'ignorer ou de ne pas chercher les quelles elles pouvaient être. De toutes manières, ils pouvaient toujours me les poser.

Je les fis entrer dans mon appartement, si on pouvait vraiment appeler ça ainsi. Les yeux d'Alice furent immédiatement interpellés par l'absence de dressing, tandis que ceux d'Edward se promenait un peu dans toute la pièce. Je refermai la porte.

«Voilà... Vous savez enfin où j'habite.»

Ils ne firent aucune réflexion, se contentant d'observer et de fouiller pour certains !

«Cullen, touche pas à ça !»

«Promis, je n'ai rien fait !»

«Pas toi Alice ! Cullen numéro deux !»

«Au fait, en parlant de numéro deux, c'est quoi cette histoire de PJ « number three » ?» demanda brother Cullen.

Aïe... Début de l'interrogatoire. Je savais bien que je n'aurais pas pu y échapper.

«Un sex-toy. PJ pour « petit joujou ». Ça te va comme explication ?»

«Les sex-toys ne sont pas censés se prêter pour certaines raisons... Tu étais au courant j'espère ?»

«Bien sûr, mais tout dépend de quelle sorte il s'agit.»

«De quelle sorte s'agissait-il ?» demanda-t-il curieux, avec un craquant sourire en coin qui me faisait littéralement fondre.

«T'aimerais le savoir hein ?»

Sans nous en rendre compte, nous nous étions rapprochés dangereusement l'un de l'autre, et je pouvais presque dire qu'avec le ton que nous employions, nous flirtions ensemble... Je m'éloignais de lui afin de préparer ma valise. Alice m'avait invitée chez elle afin qu'elle puisse me « surveiller » comme elle disait. Après l'incident de tout à l'heure, elle estimait devoir faire quelque chose pour moi si cela venait à se reproduire. Et dieu sait qu'il y avait de fortes chances ! Un, j'étais toujours malade et je devais sûrement avoir de la fièvre. Deux, je n'avais toujours rien mangé, et ce depuis hier midi (et encore ! ce n'était que le peu que j'avais mangé avec Edward !) Si on excluait ce repas-là, je n'avais pas mangé depuis avant-hier soir. Le pire, c'est que je ne ressentais aucunement le besoin de me nourrir. Seuls les vertiges m'indiquaient ce besoin. Et de trois, j'étais toujours aussi fatiguée !

«C'est quoi ce carton ?» fouina Edward trop curieux.

LE carton à NE pas toucher ! Le seul lien direct avec Coquette Pomme, le carton à lingerie et aux masques...

«Cullen, je t'autorise à me tripoter si tu restes au minimum à un mètre de ce carton !»

«Humm... Intéressant !»

Je regrettai amèrement ce que je venais de dire lorsqu'il s'approcha de moi avec un drôle de regard... La prochaine fois, je laisse ma caisse à lingerie au travail ! Ça évitera toutes situations de ce genre où je me risque avec des compromis douteux...

«Comme ça, j'ai le droit de te tripoter...»

«Cullen...»

Il mit ses mains sur mes seins et commença à me les malaxer. Je me dégageais de son contact, mais ses mains se placèrent sur mes fesses, et de nouveau, il me les tripota. Bon dieu que j'aimais ça ! Tous ces frissons dans mon corps... Toutes ces fourmis qui remontaient le long de ma colonne vertébrale... Tous ces papillons dans mon ventre et... bas-ventre...

Je ne me libérai pas, mais me contentai de la plus douloureuse gifle que j'étais en mesure de lui donner. Et elle dut lui faire l'effet que j'avais escompté puisqu'il arrêta net son action, pour placer l'une de ses mains sur sa joue rougie.

Je ne sais pas exactement ce que reflétait son regard. Haine ? Excitation ? Surprise ? Ou autre chose ? Mais une chose était sûre, ce n'était certainement pas de l'amour !

Il ne prononça pas un mot et sortit de mon appartement. Il ne referma pas la porte avec douceur, mais pas non plus avec une grande violence. En même temps, je doute fort qu'elle aurait résister au choc...

Alice me regarda avec un immense sourire.

«Quoi ?»

«Rien...»

Pourtant, son petit air angélique et le ton qu'elle avait employé me disait tout le contraire... Je ne relevai pas et continuai de faire mes bagages. Si c'était pour l'entendre dire que les gens qui se disputaient comme nous, étaient en réalité fous amoureux l'un de l'autre, ce n'était pas la peine ! Bien que je ne doute pas qu'elle puisse avoir raison...

Le silence qui s'était installé se rompit par la sonnerie du téléphone d'Alice. Un message je suppose, puisqu'elle en écrivit un.
«Je peux regarder tes vêtements ?»

«Si tu veux, mais tu auras tout le temps de les critiquer lorsque nous serons chez toi !»

«À ce propos, tu rencontreras mes parents. Ils viennent dîner avec nous ce soir.»

«Ils viennent ?» m'étonnai-je. «Tes parents ne sont pas toujours présents ?»

«Rarement…» répondit-elle tristement. «Mon père est très occupé par son travail de neurochirurgien et ma mère a commencé à travailler de plus en plus lorsque nous avons eu cinq ans.»

«Qui vous a élevés alors ?»

«Principalement Edgar, et il y a eu une nourrice au départ, mais elle est partie à notre septième anniversaire.»
«Désolée... Mais vous êtes proches avec vos parents ?»

«Étrangement, oui et non. Nous l'étions bien plus autrefois, mais les temps changent, malheureusement... Et toi ? Tes parents ne vivent pas avec toi ?»

«Je suis orpheline.»

«Oups... La boulette...»

«Ce n'est rien. Je ne sais même pas si on m'a abandonnée ou si mes parents sont morts. Le plus perturbant n'est pas de ne pas connaître véritablement mes parents, mais simplement de ne pas savoir réellement d'où je viens. C'est comme s'il me manquait une partie de moi-même. Toi au moins, tu sais qui tu es et d'où tu viens, et ce, malgré que tes parents soient absents. Bref, la seule chose que je sais, c'est que j'ai passé environ quatorze ans dans des familles et des centres.»

«Quatorze ans ? Cela signifie que tu vis seule depuis plus de deux ans ?»

«Je n'ai pas compté, mais je crois que c'est à peu près ça. Ou peut-être trois ans...»

«Que s'est-il passé pour que tu en sois arrivée-là ?»

«J'ai fait une fugue lorsque j'avais quatorze ans. J'en avais plus qu'assez des différents changements, de ne pas pouvoir rester au même endroit durant plus de six mois. Je me suis installée à Port Angeles, où j'ai commencé à travailler, tout en restant scolarisée. À mes seize ans lorsque j'ai eu le permis, je me suis achetée ma voiture et j'ai emménagé ici, à la Push. J'allais au lycée du quartier le jour, et je travaillais toujours la nuit à Port Angeles. En fin d'année dernière, on m'a proposé d'aller au lycée de Forks. J'avais un très bon niveau, trop même pour le lycée des défavorisés alors ils ont prit mon dossier en charge, et me voici...»

Alice me prit dans ses bras, comme un geste réconfortant. C'est étrange, mais cela faisait à peine deux jours que nous nous connaissions, et j'avais l'impression que je l'avais toujours connue ! Sans parler du fait qu'elle m'avait prêté une robe, des chaussures et un tas d'accessoire, qu'elle m'invitait chez elle et qu'elle allait me présenter à ses parents. Certes, c'était assez étrange sur le dernier point. Cela ressemblait plus à une scène où une personne tombée amoureuse présenterait officiellement l'élu(e) de son cœur à ses parents... Mais bon... Je suppose qu'avec Alice, rien ne devrait m'étonner par la suite !

Derechef, son portable se mit à sonner. Nous libérant mutuellement, nous fîmes ce que nous avions à faire. Elle, son message. Moi, mes affaires.
Mes affaires ne prirent pas plus de la moitié de la valise mais Alice commença à mettre touts mes vêtements dedans.

«Que fais-tu ?»

«Je t'aide pour ton déménagement !» dit-elle à la limite de l'extase.

«Déménagement ?! Il était question que je vienne juste pour une nuit, non ?»

«Tu rigoles ou quoi ?! Je ne peux pas te laisser vivre dans... ça...»

«Donc, c'est de la pitié.»

«Bien sûr que non ! Je sais simplement que l'on va être de grandes amies, alors autant partir dès maintenant sur de bonnes bases en faisant de toi ma colocataire.»

«Et comment peux-tu en être aussi sûre ?»

«Prémonition, instinct féminin, logique, bon sens... Appelle ça comme tu veux, on sera de grandes amies ! Je ne le mets pas au présent, car on est déjà des amies, mais de là à dire grandes ! Il faut tout de même du temps. Disons... Une semaine ou peut-être cinq jours !»

«Tant que ça ?» ironisai-je.

Nous rîmes ensemble, mais nous nous stoppâmes à l'arrivée d'Edward.

«Heu... Donc je prends un maximum d'affaires... C'est bien cela ?» m'adressai-je à Alice.

«Exactement !»

«Alice ? Qu'est-ce que tu lui as proposé au juste ?» questionna Edward à Alice.

«De venir habiter chez nous…» répondit-elle calmement, sur une certaine légèreté.

«De venir HABITER chez nous ?!» s'emporta-t-il.

Il prit une grande inspiration et reprit.

«Et où comptes-tu la faire dormir ?»

«Dans la chambre que les parents prennent exceptionnellement quand ils viennent dormir à la maison.»

«Justement, ils viennent ce soir, et pour dormir également.»

«Ah... Ils ne m'avaient pas précisé ce point... Dans ce cas, Bella dormira avec toi ! Je vous laisse vous arranger entre vous, d'accord ?»

«Non, Alice ! Reviens ici !»

Trop tard... Elle avait déjà pris la porte. Edward me regarda, mais je reportai immédiatement mon attention sur mes affaires.

«Je peux très bien retourner chez moi lorsque Alice dormira, et revenir tôt le matin pour son réveil. Elle ne verra pas la supercherie.»

Il souffla.

«Non, c'est bon. Tu fais pitié avec ta pièce de dix mètres carré. Même celui de Tanya est plus grand !»

«Attends une minute ! T'as vu l'appart de Tanya ?»

«Bah oui ! Pourquoi crois-tu que je suis sorti d'ici ?»

Voir ses tarifs, j'aurais dû m'en douter ! Il n'était pas parti, vexé à cause d'une gifle.

«Rien… Je n'ai absolument rien cru.»

«Tant mieux. Tu ferais mieux de préparer tes minables affaires vite fait ! Je n'ai pas envie de rester là longtemps. Ton appart me rend claustrophobe ! C'est tellement petit.»

«Ouais, t'as raison...»

Je fis ce qu'il m'avait dit sans jeter le moindre regard à cet abruti plus que blessant ! Des larmes commencèrent à couler. En plus d'avoir honte de mon milieu, il fallait qu'il en rajoute une couche, comme je l'avais craint au moment où nous nous apprêtions à partir lorsque nous étions au lycée. Lui, était né avec une cuiller en argent dans la bouche. Lui, avait une superbe baraque, du personnel constamment à ses petits soins, et une famille. Lui, avait toujours tout eu ! Alors que moi, c'était tout le contraire !

Face à ma colère, mes gestes se faisaient plus violents. Je balançais littéralement mes habits dans ma valise.

«Oh ! Calme ta joie !»

«Ta gueule Edward !»lui balançai-je droit dans les yeux.

Ma vision brouillée par l'eau salée, ne me permirent pas de voir son expression. De toutes manières, cela ne pouvait m'éviter que du mal ! J'aurais certainement vu un sourire narquois et un regard victorieux remplit de mépris.

Je finis par prendre quelques affaires de toilette, et bouclai définitivement ma valise. Je pris la poignée en main, et mon fameux carton sous le bras. Je sortis de ma pièce, Edward était toujours à l'intérieur, le regard dans le vide il me semble.

«Oh Cullen ! Tu sors ou il faut que je t'enferme à l'intérieur ?»

Il ne prit pas la peine de répondre, se contentant seulement de sortir. Je fermai la porte à clé, et commençai à descendre les escaliers. Je dus bien trébucher une bonne demi-douzaine de fois avant d'avoir une véritable chute. Bien évidemment, Cullen éclata de rire.

«La ferme Cullen !»

Mais il ria encore plus, qu'il ne riait déjà avant ma réflexion.

Je me redressai tant bien que mal et allai directement lui mettre une autre gifle. Il parut surpris au départ, mais très vite un sourire étrange se dessina sur ses lèvres. J'avais une furieuse envie de les embrasser tout d'un coup, puis après un baiser passionné (ou même pendant d'ailleurs !), je le déshabillerais, irais explorer chaque parcelle de son corps et le...

«Oh ! Bella ! Ça va ?» demanda-t-il inquiet ?!

«Hein ? De quoi ?»

«Tu étais complètement dans les vapes, le regard dans le vide. Ça m'a...»

Il ne termina pas sa phrase, et prit mon bagage. Il voulut également prendre mon carton, mais je fus plus rapide. Par je ne sais quel miracle, son contenu ne s'était pas déversé sur le sol après avoir dévalé quelques marches.

«Tu n'as pas terminé ta phrase» lui fis-je remarquer. «Ça t'a... ?»

«Rien, oublie toute cette histoire. Je retiendrai seulement que tu m'as déjà donné un coup dans mes bijoux de famille, et deux gifles ! Tu sais quoi ? On va faire un truc bien sympa ! Toi, tu me donnes de la haine, et moi, de l'amour !»

«C'est-à-dire monsieur 'je n'ai que des bonnes idées' ?»

«Je t'expliquerai une fois dans la voiture.»

«Non, maintenant !»

Il essaya de me contourner, mais je lui bloquai volontairement le passage. Il fit un pas à gauche, moi également, puis un pas à droite, et de nouveau moi également ! Lui, allait me donner de l'amour ! Je craignais le pire, tout en espérant le meilleur.

On recommença notre petit jeu une bonne dizaine de fois...