Chapitre 8
Les hommes ont peut-être découvert le feu, mais les femmes ont découvert qu'on pouvait jouer avec.
Point de vue d'Edward
Après l'avoir fait jouir comme il se devait, je la laissai seule sous la douche de droite. Sadique ? Peut-être bien… Mais j'avais une terrible envie de la rejoindre, et faire autre chose qu'enfoncer mes doigts en elle.
Je regardai en sa direction !
Oh. Mon. Dieu !
Je devais le reconnaître, Bella était vraiment très séduisante… Nue, elle dépassait toutes mes espérances… Elle appliquait du gel douche sur sa peau si douce et… Bon sang ! J'étais plus dur que jamais ! Et ce n'était pas seulement dû à ses gestes hautement provocateurs, non, c'était à son corps tout entier, toute sa personne… Son regard aguicheur…
J'avalai difficilement…
Elle passa sa main dans son cou, la descendant lentement au niveau de sa poitrine… Elle se massa les seins, enfin… masser… se laver plutôt… Dieu sait que j'avais envie de lui affliger le même sort… Elle se frotta sensuellement les bras, avant de le faire avec ses jambes… Et quelle paire de jambes ! Elle reprit du gel douche au creux de sa main, se penchant en avant, me laissant ainsi une vue plus qu'agréable sur son postérieur… Elle passa sa main sur son centre… Pour se laver… ? Je n'en étais pas si certain que ça… Elle se colla contre la paroi de la douche sur laquelle je l'avais plaquée précédemment… Elle ferma les yeux, mit sa tête en arrière et commença à gémir… Non… Elle n'allait pas me copier dessus en se masturbant… ? Elle avait déjà eu sa dose avec moi, non ? Ça ne la suffisait pas ? Je ne la suffisais pas ?
J'arrêtai l'eau et sortis de la douche. Je ne vérifiai pas ses gestes, si je la regardais encore plus, j'allais céder à la tentation charnelle de son corps…
Je mis une serviette sur ma taille, et partis dans ma chambre, me glisser dans les draps accueillant de mon lit. Je tâchai de me calmer afin de redescendre tout le matos ! Mais ce n'était pas gagné d'avance !
J'entendis Bella couper l'eau. Quelques minutes après, elle sortit de la salle d'eau vêtue uniquement d'une micro serviette… Et voilà ! Tous mes efforts pour parvenir à rester détendu, réduis à néant ! J'étais de nouveau dur ! Elle chercha quelque chose dans sa valise -qu'Edgar avait montée tout à l'heure. Un string des plus sexy ! Ce n'était pas possible ! Elle voulait que je meurs ou quoi ? Elle l'enfila devant mes yeux, après avoir fait tomber sa serviette à terre. Elle se retourna et remarquant que je l'observais, elle me fit un sourire de provocation. Elle savait que je la désirais et elle s'en servait !
Tu vas voir ce que je t'ai réservé comme sanction pour demain ! Tu riras beaucoup moins !
Elle s'installa à mes côtés… Je jurai toutes les insultes possibles dans ma tête ! Bella, plus qu'à moitié nue, portant un putain de string, dégageant une de ses putains de bonnes odeurs ! Miss Swan se retourna vers moi et vit la bosse sous la couverture. Elle afficha un sourire victorieux avant de se retourner ne me laissant que la vue de son dos et de ses cheveux mouillés.
«Je te souhaite une bonne nuit Edward…»
Je n'allais pas la laisser cette fois-ci ! Sans plus attendre, je l'allongeai habilement et efficacement sur le dos, et me positionnai sur elle. Elle se mordit la lèvre, sentant la marque de mon excitation sur sa féminité.
«Isabella, si tu veux vraiment que je passe une bonne nuit, passe-la avec moi !» lui dis-je au creux de l'oreille. Elle avala difficilement avant de m'embrasser dans le cou, puis elle remonta légèrement, allant mordiller mon oreille…
«Dis-moi clairement ce que tu attends…» souffla-t-elle sensuellement. Cette fois-ci, ce fut à mon tour d'avaler difficilement. Mais si jamais elle croyait que j'allais lui dire 'clairement' (pour reprendre son terme) que j'avais plus qu'envie d'elle, elle se mettait le doigt jusqu'au nerf optique !
«Tu peux toujours courir Swan !»
«Très bien… Dans ce cas, attrape-moi si tu peux et on avisera après…» dit-elle joueuse.
«Fais attention, courir est ma spécialité ! Aurais-tu oublié que je fais parti de l'équipe de foot du lycée ?» rentrai-je dans son jeu.
«Tu as raison… Fais-le moi rappeler !»
Elle se faufila sur le côté, se libérant de mon emprise et se mit à courir pour sortir de ma chambre. Elle voulait vraiment jouer à ça ? Et bien Mademoiselle Swan allait être servie ! Laissez place s'il vous plaît, à Edward Cullen, le sportif de haute performance !
[…]
J'avais beau courir vite, la nouvelle avait le don de très bien se déplacer en catimini ! Cela faisait une demi-heure que je la cherchais de partout dans la villa. J'avais perdu sa trace au niveau du salon. Il était une heure du matin passée, et je n'avais qu'une envie, c'était d'aller me coucher. De plus, j'aurais dû être en forme pour les sélections de demain, mais avec la nouvelle dans les parages, comment réussir à dormir ? Elle me faisait de plus en plus d'effet ! Et pas seulement que physiquement ! Je crois que je commençais réellement à l'apprécier. Enfin… Du moins, je ne pouvais plus le nier à moi-même. Je m'amusais bien en sa compagnie, et si elle venait à disparaître de ma vie, je crois que je serais quelque peu attristé.
Ok Edward… La fatigue te fait dire de grosses conneries !
Peut-être bien que oui, peut-être bien que non…
Je montai les escaliers et ouvris la porte de ma chambre.
«J'ai bien cru que tu ne me trouverais jamais cette fois-ci !» fit-elle victorieuse.
Et voilà que je me durcissais à nouveau ! Elle voulait que je meurs d'épuisement à force de m'exciter ainsi ? Elle regarda mon entrejambe et sourit malicieusement. Quant à moi, j'avais eu l'extrême bonne idée de faire une partie de cache-cache nu comme un ver, lui exposant tout l'effet qu'elle produisait sur mon corps ! C'était comme lui montrer clairement qu'elle gagnait haut la main à notre jeu de provocation ! Parfois être une gonzesse avait du bon ! Elles, au moins, avaient l'avantage d'être excitées sans l'exposer très explicitement !
Je la rejoignis dans le lit, et m'empêchai de lui sauter dessus. J'allais me conduire comme un parfait coincé, qui n'oserait JAMAIS toucher à la femme qui se trouvait dans son lit ! Je passais mes mains sous mon oreiller pour renforcer ma volonté d'abstinence d'attouchements envers elle, et rencontrai un bout de tissu. Je le sortis et…
Putain !
C'était son string !!!
Cela signifiait qu'elle était entièrement nue à présent ??? Je n'allais jamais tenir !
«Un problème Cullen ? On dirait que tu as vu quelque chose de choquant…»
Cette fille n'était pas humaine : c'était succube en personne ma parole ! Un véritable démon de provocation, de tentation, de désir et surtout, d'apparence féminine ! Mais je n'allais pas céder si facilement…
Mais tôt ou tard, tu céderas !
La technique la plus efficace, c'était de penser à la chose que je détestais le plus et de ne plus penser à cette diablesse ! Je lui balançai son sous-vêtement sans la regarder et réfléchis à une chose que je détestais par-dessus tout !
C'est simple, ça se tient en deux mots : Isabella Swan !
Non, mais ce n'est pas possible ! Je dis de ne pas penser à elle, et qu'est-ce que je fais ? Je pense à elle !
Je crus entendre mon fort intérieur rire diaboliquement, mais ce n'était que le rire de la fille à côté de moi ! Je me retournai pour la regarder droit dans les yeux.
«Un problème ?» demanda-t-elle derechef innocemment, toujours avec ce sourire joueur et provocateur sur ses lèvres si désirables… Je ne pus m'empêcher de les embrasser avec empressement et désir… J'avais comme un besoin urgent d'elle, que je ne saurais pas expliquer ni décrire. C'était si étrange ! Elle répondit à mon baiser avec autant de passion que j'en mettais. Elle me caressa ma jambe avec son pied, et mon dos avec ses mains froides qui avaient le don de me faire frissonner… Elle mouvait son bassin afin de créer un contact entre nos deux sexes. Elle mit sa tête en arrière, m'offrant l'accès à son cou que j'embrassai avec un désir ardent et impatient. Je caressai sa poitrine en même temps, et puis appelons un chat un chat, je lui tripotais carrément les seins ! Cependant, elle semblait particulièrement apprécier ! Elle gémissait déjà, bien qu'un petit peu, mais c'était sur le principe !
Je la délaissai quelques secondes afin de prendre un préservatif dans ma table de nuit. J'ouvris le paquet et mis le bout de latex sur mon sexe, mais Bella resserra ses jambes me bloquant l'accès à son jardin intime. Quoi ? Elle n'allait tout de même pas refaire le coup du 'non, je n'ai pas envie d'aller plus loin' comme lorsque nous étions à table ? Enfin… Sur la table…
«Dis-moi Edward, que crois-tu que nous allions faire ensemble cette nuit ?»
Qu'elle ne me dise pas qu'elle n'avait pas envie que je la prenne là, maintenant, car c'était totalement faux ! Pas besoin de mettre ma main sur son intimité pour constater à quel point elle était trempée de désir…
«Cela dépend, que veux-tu que l'on fasse ?»
«Dormir. Je suis extrêmement fatiguée par tes petits jeux.»
«Quoi ?! Mes petits jeux ?! Si je me souviens bien c'est toi qui a commencé avec ta fondue de chocolat et c'est toi qui a terminé avec ton cache-cache !» haussai-je la voix.
«Mais bien sûr Cullen !» continua-t-elle avec le même ton que j'avais précédemment employé. «Si je me souviens bien, c'est toi qui a commencé la provocation en te masturbant à côté de moi dans la douche !»
«Et tu as fait exactement la même chose juste après ! Non !» mis-je mon doigt sur ses lèvres, voyant qu'elle voulait ajouter quelque chose. Je sais, c'était très facile de faire taire ainsi les gens mais que voulez-vous ? «Ok, j'ai peut-être lancé le jeu, mais tu es rentrée dedans, alors tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même ! Donc, par conséquent, ce jeu était le tien ! Et concernant la nuit, moi aussi je voulais dormir !»
Je me retirais dans la salle de bain et défis le préservatif. Je repris ma douche, enfin… 'douche' disons que j'étais plus occupé à faire autre chose qu'à me laver. Tout sentiment d'un quelconque amour possible envers Swan avait disparu, laissant juste de la place à de la frustration, de la déception et peut-être encore un peu d'excitation, à moins que ce sentiment n'est faibli à cause de ma séance de masturbation ? Si je ne m'étais pas masturbé, peut-être que je serais davantage excité par elle ? Peu importe ! De toutes manières, c'était extrêmement humiliant de se faire rejeter ainsi avant un moment fatidique ! Jamais personne ne m'avait remballé auparavant ! Bella était la première. Mais restait à savoir si c'était la dernière… Peut-être que je n'étais pas aussi beau et irrésistible que je le pensais…
Non, mais ce n'était pas possible ! Comment une simple fille pouvait me faire douter de moi ? Miss Swan était une première en tout genre ! Elle renversait totalement mes habitudes et peut-être même mon comportement…
[…]
Après plusieurs minutes de grandes questions existentielles sur ma grande personne, je décidai de la rejoindre dans mon lit. Elle s'était déjà assoupie, et je ne tardais pas à la suivre dans le sommeil.
[…]
Point de vue de Bella
Plus que rapidement, nous nous retrouvâmes nus, l'un sur l'autre, lui au-dessus, bien sûr…
Il me pénétra directement, sans prendre la peine de me préparer avant. Quoique… Les préliminaires étaient déjà en quelques sortes faits. À moins que cela ne s'appliquait qu'à lui ? Non… J'étais trempée rien qu'à l'idée qu'il soit sur moi… Et mieux encore, en moi !
Bella ! Edward est littéralement en train de te baiser, à même le sol, et toi, tu penses de trop !
Exact ! Et il était plutôt doué pour le faire !
Il s'accéléra les coups de reins, tout en les rendant plus puissants.
Ne crie pas Bella !
Encore exact ! Pas le droit de crier, j'étais censée être muette, et le fait de ne pas pouvoir crier me donnait encore plus l'envie de le faire !
Il fallait que je mette un terme à cette relation bien que sexuelle. Ce n'était pas éthique ! Avant l'arrivé de Cullen, tout se passait à merveille ! Coquette Pomme et Bella Swan, étaient deux parts de moi-même très distinctes sans aucun lien pour les relier. Edward était loin d'être con ! Il ferait tôt ou tard, le rapprochement !
J'aurais pu encore penser ainsi longtemps si Edward n'avait pas touché mon point G. Et je le remerciai intérieurement. Penser aux conséquences et aux répercussions sur ma vie de ce que de ce que, en ce moment même, un homme me faisait, n'était pas la meilleure façon de profiter de l'action !
Je ne tardais plus à venir, et lui non plus. Il se libéra dans le préservatif. Ça changeait de la dernière fois ! Cette fois-ci, il avait eu l'intelligence et la responsabilité d'en mettre un. Il se retira de moi, et jeta la capote usagée dans une poubelle non loin de là. J'avais déjà remis mes sous-vêtements et replaçai mon masque. Je n'avais qu'une envie : le retirer ! Ce n'avait jamais été pratique. Ce fut, c'était et serait continuellement et perpétuellement une gêne pour mes mouvements et ma vision, sans parler de ces stupides lentilles ! Lorsque vous étiez éveillés depuis plus de douze heures et que vous étiez fatigués, les paupières extrêmement lourdes, porter des lentilles relevait du supplice ! Sans parler de ma nouvelle activité avec Cullen qui me puisait le peu d'énergie qu'il me restait.
Il se rhabilla, et m'embrassa.
«Je dois partir» me dit-il entre deux baisers. «J'ai cours demain.»
Je hochai la tête d'approbation. Moi aussi j'avais cours demain, et en sa compagnie en plus ! Il partit, mais j'avais d'autres choses à penser qu'à lui ! Quoique… La première chose dont je devais me soucier était : pouvais-je lui faire confiance ? Normalement, niveau grossesse, je n'avais rien à craindre, enfin… en principe, puisque je prenais la pilule. Mais parfois, il se produisait des accidents… En revanche, les maladies sexuellement transmissibles me préoccupaient plus. Cullen ne devait pas faire partie des gens qui s'abstenait sexuellement le plus, et s'il avait oublié une fois de se protéger, qui me disait qu'il ne l'avait pas déjà fait auparavant ? SIDA, hépatite B, herpès, syphilis, chlamydia, et bien d'autres encore !
«Bella… Rêve érotique… ?» dit une voix lointaine… «Bella !» répéta la voix, mais cette fois-ci plus claire et nette, comme si elle se rapprochait…
J'ouvris les yeux. Je sentais que j'étais nue dans des draps… Mais qu'est-ce que… ?
Putain !
Dans le même lit qu'Edward Cullen !
«T'as l'air surprise de me voir Swan…»
Soudain, tout me revint en mémoire. 'Emménagement'. Fondue au chocolat. Jeu de gage. Caresses. Douche. Masturbations. Provocations. Cache-cache. Sommeil. Et… rêve érotique !
«Non pas du tout !»
«Allez, debout ! Dans trente minutes on part pour le lycée.» dit-il en se levant du lit. J'admirai la vue de son corps et aussi… de son sexe… Je me mordis la lèvre à sa vue. Mais il n'y avait pas de mal à observer un très joli appareil reproducteur masculin, n'est-ce pas ? «Au fait !» reprit-il. «Très intéressant ce que tu dis dans ton sommeil. Très… instructif…» sourit-il malicieusement.
Dites-moi que je rêvais ! Qu'est-ce que j'avais encore pu dire ? Oh mon dieu ! Et si j'avais révélé mon identité ! Si jamais, j'avais parlé de Coquette Pomme… Oh mon dieu !
Respire calmement Bella ! Ce n'est pas le moment de faire une crise de panique et de faire de l'hyperventilation !
Tout à fait vrai ! Rester calme ! De toutes manières, il allait bien le découvrir un jour, non ? Alors autant que ça soit le plus tôt possible. Je sentais que la situation allait être de plus en plus insupportable pour moi ! Une double identité était déjà assez dure à gérer comme ça, sans Cullen dans les deux affaires !
«Debout la fille qui rêve de moi dans des rêves érotiques ! Tu vas nous mettre en retard !» cria Edward depuis la salle de bain.
«Je reste au lit si je veux ! Et je suis aussi capable d'aller au lycée avec ma voiture si j'en ai envie !»
Sans que je m'y attende, je reçus un verre d'eau glacée en pleine figure ! Sale con de Cullen ! Il allait me le payer cher !
«C'est pour te faire bouger un peu Swan !» rit l'autre attardé mental !
«Je vais te faire passer l'envie de rire Cullen !»
Sans plus attendre je me levai et poussai dans la salle de bain la personne due à ma mauvaise humeur. Il ne comprit pas mes attentions assez rapidement, et finit rapidement sous le jet de la douche réglé au maximum sur la droite afin d'avoir l'eau la plus froide possible ! Il poussa un cri, et je jubilai intérieurement. Œil pour œil, dent pour dent mon pote !
Je m'enfuis en courant dans la chambre, et pris le soin de fermer du mieux que je pouvais la porte de la salle d'eau empêchant le monstre déchaîné de me faire du mal… Et oui ! Edward Cullen était méconnaissable en ce moment ! Certes, je l'avais déjà vu en colère, mais là… C'était vraiment abominable ! Un lion enragé enfermé dans une cage ! Il tapait de toutes ses forces comme un malade contre la porte, et me menaçait. Je m'habillais rapidement avec des habits que je trouvais dans ma valise, déverrouillai la serrure, et partis le plus vite possible de la chambre. Je manquai une marche dans les escaliers et faillis chuter à cause de ça, mais je continuai tout de même ma route ! J'étais partagée entre le rire pour le mauvais tour que j'avais affligé à Cullen, et la peur due à sa colère noire !
Je vins dans la cuisine, et tombai sur le majordome, Edgar. Edgar, Edward… C'était proche tout de même !
«Bonjour !» lui lançai-je. «Vous avez passé une bonne soirée hier ?»
Il sembla déconcerté par ma question. Bien sûr… En voulant être polie, j'avais dû faire une boulette.
«Oh ! Désolée de mon indiscrétion, je n'aurais pas dû. Oubliez tout, vous voulez bien ?»
«Non, ne vous excusez pas Bella ! C'est juste que je n'ai pas l'habitude que l'on s'intéresse à moi. En général, la famille Cullen ne se formalise pas par ce genre de renseignement. Ils ne se soucient de moi que par ordre professionnel.»
«Sérieusement ?! Cela fait bientôt quinze ans que vous travaillez chez eux, et ils ne vous demandent jamais si vous allez bien, si vous avez bien dormi ou… enfin… ce genre de chose quoi…»
Il secoua la tête. Et bien ç'alors ! Ils ne devaient pas être très sympathiques envers lui…
«Vous n'avez pas de femme ou de famille ?»
Il baissa la tête, le regard chagriné. Et merde ! J'avais dû toucher le point douloureux…
«J'ai eu une femme, mais elle est décédée en couche, ainsi que mon fils, en même temps qu'elle. Ils étaient ma seule famille, je n'ai personne d'autre.»
T'as vraiment touché le point qui ne fallait pas Swan ! Idiote !
«Vraiment désolée… Toutes mes condoléances, même si c'est un peu tard…»
Un peu beaucoup…
«Oh… Vous savez, le temps passe… Et j'essaye de faire avec. Mais vous êtes la première personne à qui j'en parle. Cela fait extrêmement du bien d'en évoquer avec quelqu'un… Je vous remercie Bella.»
«Oh… Heu… De rien… Sinon, qu'avez-vous fait hier ?»
Il sembla hésitant, et j'en profitai pour aller chercher un bol, ainsi que des céréales. J'avais un peu près mémoriser où se trouvait quoi, hier, à ma recherche du dîner parfait… Je m'empêchai de repenser à la fondue et tout ce qui allait avec. En me retournant, je vis Edgar avec une expression quelque peu contrariée. Quoi ? J'avais encore fait quelque chose de mal ?
«Vous me promettez de ne pas rire ?»
«Je vous le promets !»
«Je suis allé à une soirée de speed-dating. J'y ai rencontré une très belle femme du nom de Carmen. C'est vraiment une femme formidable. J'attends avec impatience de me faire contacter par l'organisation» déclara-t-il avec le sourire, presque rêveur.
«J'espère pour vous que cela va fonctionner.»
Je me levai et allai chercher le lait dans le réfrigérateur. Une fois de plus, Edgar afficha une mine contrariée.
«Quelque chose vous perturbe ?» demandai-je inquiète.
«Ne le prenez pas mal Bella, mais il est de mon travail de vous servir. Si vous vous servez vous-même, je ne suis d'aucune utilité.»
«Oups ! Désolée ! J'y penserez la prochaine fois !»
«Merci. Et vous… Comment s'est passée la soirée d'hier ? J'ai dû débarrasser la table de la salle à manger, de ce qui me semblait être une fondue au chocolat…»
Il était clair qu'il sous-entendait des choses…
«La soirée très bien, la nuit un peu moins, et le matin… horrible !»
Comme pour souligner ce que je venais de dire, Edward vint dans la cuisine. Je me forçai à ravaler mon fou rire en le voyant me jeter un regard noir. Il n'y avait rien de drôle en l'action en elle-même, mais ça me rappelait ce que je lui avais fait, ainsi que sa réaction !
«Vous avez pris votre douche ensemble ?» dit Edgar d'un air professionnel et détaché, cependant, je pouvais remarquer qu'il était très curieux sur le sujet…
Je m'esclaffai ouvertement ! Edward le regardait comme s'il avait dit la chose la plus surprenante au monde !
«Pourquoi dites-vous cela ?» demanda-t-il agressivement à son majordome.
«Vous avez tous deux les cheveux mouillés.»
«On a pris notre douche ensemble, mais c'était hier soir. Pas ce matin !» dit-il.
«Bon, je vous laisse. Je monte me préparer. Et… je ne débarrasse pas !» levai-je les mains en l'air, prouvant que je n'allais rien faire. Edgar voulait vraiment se sentir utile ! Trop même !
[…]
«Tu n'étais pas obligé de me prendre avec ta voiture ! Je suis sûre que tu vas me faire un coup foireux ! Tu vas partir sans moi ce soir, après les cours !»
«Arrête de te faire des films Swan ! Je peux aussi être un homme tout à fait charmant et accompagner une jolie demoiselle à son lycée !»
«Accompagner, peut-être ! Mais reprendre, ça ce n'est pas sûr !»
«T'es vraiment chiante parfois !»
«Sûrement, mais je suis une jolie demoiselle ! Ça compense, non ?» souris-je de toutes mes dents. Je ne faisais que lui refaire le coup qu'il m'avait fait dans ma voiture, le jour précédent. Parfois, sans réfléchir, on disait des choses flatteuses à l'autre, et lui s'en servait contre vous !
«Jolie seulement quand tu es nue ou en string ! Autrement, tu es chiante et moche !» Ce fut à son tour de sourire !
«En fait, t'es vraiment trop con ! Tu ne vois pas que je suis chiante même lorsque je suis nue, car tu es trop occupé à me mater plutôt qu'à étudier et analyser mes faits et gestes !»
«Faux ! Hier, j'ai bien eu le temps d'observer ce que tu faisais nue, sous la douche…»
«Faux ! Tu es parti sans même regarder ! Autrement, tu m'aurais prise sous la douche ! Avoue, les femmes qui se donnent à des parties de plaisir en solitaire sous les douches t'excitent !»
«D'abord, tu n'es pas une vraie femme ! Et ensuite… Je t'ai regardée !»
«Je ne retiendrai pas ta remarque sur ma féminité, mais je peux te certifier que je t'excitais ! Avant que je ne me touche, tu étais au repos ! Lorsque tu es parti de la douche, tu étais dur ! Ne dis pas le contraire ! En plus, j'ai remarqué ton érection sous la couette, en plus de sous la douche !»
«On va être en retard en cours !»
Nous sortîmes de la voiture, et nous nous dirigeâmes vers notre salle.
«Tu dis ça, parce que tu ne sais plus quoi répondre !»
«Faux !»
«Prouve-le moi alors !»
J'attendis, mais rien !
«Tu vois, j'avais raison ! Tu ne sais plus quoi répondre !»
«Sois moche et tais-toi Swan !»
Je soufflai, et abandonnai l'idée à ce que ce crétin macho pouvait capituler et avouer ses fautes face à moi.
Nous rejoignîmes notre cours de biologie avec Monsieur Banner. Comme dans chaque cours, j'avais Cullen à côté de moi !
Je sentais un regard pesant sur moi…
«Cullen arrête !» dis-je sans même vérifier si c'était bien lui qui me fixait ainsi.
«Qu'est-ce que j'ai fait cette fois-ci ?»
«Tu me toises !»
«Et toi, tu as un défaut de fabrication ! Des yeux sont placés de chaque côté de ta tête ou quoi ? Comme les caméléons ! Et tout comme eux, on te confond avec le décor. Tu pourrais au moins faire un effort vestimentaire ! Le maquillage aussi ça existe en plus des beaux habits. Tu es au courant au moins ?»
«Monsieur Cullen et Mademoiselle Swan ! Je vous prierais de vous taire. C'est la dernière remarque que je vous fais.»
Je lançai un regard noir à mon voisin. Moi je n'avais fait que dire deux phrases, de deux et trois mots, pas plus ! C'était lui que le prof devait réprimander, pas moi !
«Et si j'avais envie que l'on se retrouve un samedi matin ensemble ?» fit Edward avec un regard malicieux… Ça ne prévoyait rien de bon !
«Qu'est-ce que tu veux dire par-là ?»
«Que Monsieur Banner a tendance à coller facilement les élèves, et ce pour de simples bavardages… Et quitte à être coller, autant t'entraîner avec moi. D'autant plus, que j'adore te mettre hors de toi ! Tu le seras, n'est-ce pas, si jamais nous nous faisions coller par ma faute ?»
«Contente de constater que tu te rendras comme unique responsable si jamais ça arrive !»
«Tu viens de parler trop vite…» fit-il avec un large sourire. Une fraction de seconde plus tard, le professeur se retourna vers nous avec un regard mauvais.
«Je vous avais prévenus tous les deux ! Vous viendrez demain matin en heure de colle, et vous êtes virés de mon cours !»
Super ! Il ne manquait plus que le renvoi d'un cours ! Je commençais très bien mon année ! D'abord, je castre un élève, ensuite, je fais une scène dans une cafétéria, puis je me dispute violemment avec le psy du lycée et maintenant, je me fais renvoyée de cours ! Et étrangement, il y a toujours Cullen dans les environs ! Foutu aimant à malheurs !
Nous sortîmes de la classe, et nous nous dirigeâmes vers le bureau du proviseur. Je tendis le mot que le professeur avait fait à la secrétaire. Elle nous regarda tous les deux tour à tour. J'aurais penchée sur le regard charmeur pour Edward, et haineux pour moi !
Ça, c'était le pompon !
La secrétaire faisait de l'œil à Cullen, et il répondait à ses avances !!!
Non, mais je rêve !
Je lançai un regard mauvais, d'abord envers ce coureur de jupon, puis à cette pouffiasse de secrétaire ! C'était un élève ! Elle n'avait pas le droit d'avoir la moindre relation avec lui !!! C'était contre le règlement !
«Pourquoi ça ne m'étonne pas de vous voir tous les deux ici ?» demanda le proviseur, dans l'encadrement de son bureau.
«Vous devriez plutôt vous dire 'déjà là ?! Je ne vous attendais pas de sitôt !'» le rectifiai-je sous le signe de la plaisanterie. Il eut un rire bref et amusé, et nous invita dans son bureau. Franchement, il y avait bien pire comme proviseur ! J'en connais peu qui aurait pris ma réflexion avec humour.
«Alors, alors… Qu'avez-vous encore fait les jeunes ?» nous demanda-t-il une fois qu'il eut fermé la porte du bureau.
«Vous connaissez le professeur de biologie, il a souvent tendance à exclure les élèves pour de petits bavardages» intervint Edward.
«Pas de problème cette fois-ci, mais évitez que cela ne vous arrive trop souvent.» Il se tourna un peu plus vers Edward. «Avez-vous réfléchi à ce que je vous ai dit ?»
«Absolument Monsieur. D'ailleurs, j'ai tout expliqué sur ce mot.»
Cullen tendit une feuille pliée en deux, au proviseur. Ce dernier mit ses lunettes et commença à la lire. Il haussa un sourcil avant de sourire avec une expression amusée. Il replia la feuille, et posa ses lunettes sur le bout de papier. Il s'assit bien au fond de son fauteuil, croisa les bras sur sa poitrine, et nous observa toujours avec ce regard espiègle. Je commençais légèrement à paniquer. Qu'est-ce qu'il avait encore pu manigancer ?
«Mademoiselle Swan, comme je vous l'avais dit. J'ai remis votre sort dans les mains de votre camarade ici présent. Il vient de me proposer une sanction acceptable. Aimez-vous le sport ?»
«Si j'aime le sport ??? Tout dépend de quoi il s'agit…» restai-je méfiante. C'était une idée d'Edward Cullen dont nous avions à faire ! Je regardais en direction de l'intéressé et le vit arborer un large sourire satisfait.
«Le foot par exemple ?»
«Je déteste ! C'est un sport trop violent !»
«Dommage, parce que vous allez devoir assister à chaque entraînement et match de l'équipe de notre cher lycée. Et votre sanction commence dès cette après-midi avec les sélections des joueurs.»
«C'est pas vrai !» exclamai-je sans joie. Pire que le renvoi : me taper ces entraînements débiles !
«Si t'avais besoin d'un fan club, il y avait les pom-pom-girls !» crachai-je à la figure du sportif !
«Justement, ce n'est pas tout !» continua l'adulte. «Vous participerez aux sélections des cheerleaders cette après-midi, juste après les sélections de l'équipe de football. Comme vous serez sûrement peu motivée, je souhaite que vous fassiez de votre mieux. J'exige par-là que vous fassiez comme si vous vouliez réellement être prise dans l'équipe. Autrement, je vous renverrais.»
Je me mis à rire nerveusement, avant de reprendre mon sérieux.
«C'est une blague ?»
Je ne pouvais pas en croire mes oreilles ! Supporter le supplice des entraînements, d'accord ! Mais supporter les pom-pom-girls trop superficielles, et faire semblant de vouloir les rejoindre, ça, il en était hors de question !
«J'ai du travail, si vous vous voulez bien m'excuser…» dit-il en ouvrant la porte de son bureau.
Je m'empressais de sortir, saluant brièvement le proviseur. Sans réfléchir, mes pas me portèrent directement dehors, et j'avais bel et bien besoin de prendre l'air ! Pom-pom-girls ! Dites-moi que j'étais en train de faire un cauchemar !
«J'espère que ça te plaît comme sanction ? J'y ai mis tout mon amour pour toi pour la rendre parfaite. Tu pourrais me dire merci.»
Je savais exactement ce qu'il lui ferait plaisir : que je m'énerve après lui ! Or, je savais ce qu'il le mettrait en colère : le contraire !
«Merci Edward ! Je vais pouvoir ainsi regarder vos performances athlétiques, et observer vos corps d'athlètes parfaitement musclés, en plein effort… Je vais pouvoir me faire une opinion de 'qui a de l'endurance' et ainsi en déduire qui sera bon au lit… Surtout que les joueurs de foot en ont sous leur ceinture ! Vraiment, merci Edward ! Sans parler des pom-pom-girls ! C'est absolument génial ! Je n'aurais pas pu mieux rêver ! Avec ça, lorsque je serais prise dans l'équipe, je deviendrais bien plus populaire !»
«Ne prends pas tes désirs pour des réalités Swan ! Pour faire partie de ce genre de groupe, il faut être belle, mince, souple et très différente de toi !»
«C'est ce que nous verrons ce soir Cullen !»
Je me rapprochai de lui d'un air langoureux, et promenai mes mains sur son torse pour finir un plus bas… Je le caressais puis je mis l'une de mes mains dans sa poche et récupérai ses clés de voiture, ce qui était mon intention première ! Le tripotage de paquet était un petit plus. Il s'excitait déjà ! Il en fallait vraiment peu !
Je m'éloignai de lui de quelques mètres, et remuai le trousseau. Il comprit enfin ce que j'avais réellement dans la tête. Il afficha une mine furieuse tandis que je lui lançai un baiser de la main, avec un sourire espiègle.
«Ne t'en fais pas Cullen, je te la rendrai intacte !»
«Il y a plutôt intérêt ! Et pourrait-on savoir ce que tu vas faire ?»
«Quelle question ! Je vais chercher une tenue digne de ce nom, afin de passer les auditions de l'équipe de pom-pom-girls !»
Il fronça les sourcils, septique à ma réponse. Je lui fis un clin d'œil en voyant la bosse de son pantalon. Il regarda l'endroit précis, et se réfugia à l'intérieur du bâtiment, l'air quelque peu gêné. Quant à moi, je pris sa voiture pour faire un petit tour chez moi…
