Chapitre 9

Au foot, comme en amour, il y a toujours des idiots pour compliquer le jeu !

Point de vue de Bella

Je courus pour ne pas arriver en retard en cours. Un aller-retour lycée-studio, n'était pas si long que ça, mais avec Tanya dans les parages, ça avait été dur de m'en débarrasser. Elle parlait de son nouveau petit-ami : Sam. Sam, l'homme doux et attentionné. Sam, l'homme viril et sauvage. Sam… Si elle venait à me parler encore une fois de lui, je finirais par l'étrangler !

La sonnerie retentit dans les couloirs, et je fis un sprint jusqu'à la salle. Tout juste arrivée devant celle-ci, le professeur fit rentrer les élèves. Je m'installais au fond, et contrairement à d'habitude, Monsieur Cullen n'était pas présent. Tant mieux ! Ça me ferait de belles et magnifiques vacances !


Point de vue d'Edward

J'hallucinais ! J'étais dans le bureau du psychologue du lycée ! Moi, qui n'avais pas besoin d'une quelconque thérapie. J'allais parfaitement bien dans ma tête, et mes problèmes, je préférais me les garder pour moi.

« Ne comptais pas sur moi pour vous raconter ma vie. D'abord, à quoi ça sert de faire ce genre de chose ? C'est pour les femmes, qui n'ont pas de maris assez sympas pour écouter leur vie ennuyeuse où leur collège de travail aurait porté la même robe qu'elles ! »

« C'est déjà un bon début. Tu as parlé pendant plus de dix secondes, un véritable exploit ! »

« Ce n'est parce que Swan vous a parlé méchamment hier que vous êtes obligés d'être méprisant ! »

« C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! Tu as une attitude pire que la mienne avec 'Swan' comme tu aimes l'appeler. »

« Votre mère ne vous a jamais dit de ne pas tutoyer les gens au premier contact ? La politesse, ça existe ! »

Il soupira, et prit des notes dans une pochette. Il devait noter tout ce que je disais, ou bien faire mon analyse psychologique. Je m'imaginais très bien quel pouvait en être la résultat : 'adolescent' de dix-huit ans, immature et puéril, coureur de jupons, sportif, qui a du potentiel niveau scolaire, mais qui ne fait aucun effort pour l'exploiter, refusant de s'avouer ses sentiments (tous confondus) et qui traite les femmes comme des objets sexuels. Rajouté à cela, énorme con que l'on adore haïr !

« Qu'est-ce que vous écrivez ? »

Il releva la tête vers moi, et sourit avant de se retourner à son écriture. D'accord… Je ne voulais pas parler, et apparemment, lui non plus !

« Ok. Qu'est-ce que vous voulez savoir ? »

Il afficha une mine victorieuse, comme s'il s'attendait à ce que je cède le premier.

« Je suppose que tu ne veux pas parler de ton enfance, alors que dirais-tu de me parler de tes relations sentimentales ? Ou ta relation si singulière avec Bella… ? »

« Vous voulez savoir car dans votre vie sexuelle, c'est le plat désert. Et vous voulez savoir ce qu'il se passe entre Bella et moi, car vous l'aimez bien ! »

« C'est exactement ça ! » rit-il. « Non, plus sérieusement, je suis professionnel, et je m'intéresse à cela uniquement pour ton dossier. »

« Donc, vous voulez savoir quelle a été ma dernière proie que j'ai fait jouir ? » Il hocha la tête. « Une strip-teaseuse masquée qui travaille sous le pseudo de Coquette Pomme. Je ne saurais pas exactement décrire ce que je ressens pour elle, mais c'est beaucoup plus fort qu'avec toutes mes autres partenaires. C'est la première fille avec qui je couche plus d'une fois. »

« Est-ce tu ressens la même chose pour Bella ? »

« Certainement pas ! Avec cette fille, je me sens connecté positivement, comme si… on avait été en quelques sortes programmés pour se rencontrer. Mais avec Bella, certes, j'ai aussi une connexion très forte, mais je ne peux m'empêcher de la chercher… Et pourtant, il y a certain moment où une complicité s'installe. Et là, c'est magique… »

Je me stoppais, me rendant compte que je commençais à délirer complètement ! Je n'avais carrément qu'à dire que j'aimais Swan, ça aurait été le summum de ma connerie !

« Oubliez, vous voulez bien ? Je suis un peu fatigué… »

« Tu sais ce que je pense ? Un, tu es lâche et te défile devant tes propres sentiments. Si tu allais plus profondément dans ton raisonnement, tu t'apercevrais de ce que tu ressens réellement. Tu as peur. Devant toi ce trouve un arbre couché, et tu as plusieurs possibilités. La première, enjamber le tronc. La deuxième, attendre que le tronc se déplace. Et la troisième, faire chemin arrière et trouver un autre chemin sans arbre. Et tu prends la troisième option face à cette situation. Je ne pense pas que tu sois un mauvais garçon, loin de là. Je pense seulement que tu essayes de l'être pour ne pas dévoiler qui tu es vraiment, ni ce que tu ressens. Et ceci est peut-être dû à une blessure… »

« Et… ? Vous attendez peut-être que je vous raconte cette blessure comme vous aimez à le dire… »

« Pourquoi pas ? L'espoir fait vivre. »

« Il fait vivre, mais il ne faut pas en abuser, autrement, on en meurt. »

« J'espère que ce sera pour une autre fois dans ce cas. Ton prochain dernier cours de la matinée va commencer. Et soit sympa, envoie-moi Bella. Merci. »

« Au revoir. » lui dis-je une fois à la porte. « Et je ferais tout mon possible concernant Swan. Hum… Je… Quand dois-je repasser ? »

« Lundi même heure, de dix à onze heures ? »

« Ça me convient parfaitement ! Je rate le cours de mathématiques ! » m'enthousiasmai-je.

« Alors c'est d'accord , à lundi. »

Il referma la porte, et je me dirigeai vers mon cours. Personne n'était encore présent devant la salle, et à la sonnerie, tout le monde arriva. Je me précipitai vers Swan.

« Le psy, Démétri Volturi, est un mec bien. Tu devrais t'excuser auprès de lui, et lui parler. Ça fait du bien, crois-moi. »

« Tu ne vas pas me dire que tu n'étais pas là au cours précédent parce que tu discutais de ta vie avec ce type ?! »

« Si, et c'était très agréable. Allez, ne fais ta mauvaise foie, et vas-y ! »

« Tu ne sais pas ce qu'il m'a fait ! Il a appelé les services soc… » Elle se mordit la lèvre, et partit rapidement. Je supposais qu'elle avait suivi mon conseil, et était allée voir le psy.

« Monsieur Cullen ! » cria la prof. « Rentrez immédiatement, ou vous allez me chercher un billet de retard ! »

Je soufflais et rentrai en classe. M'installant au fond, comme à chaque fois. Swan n'était toujours pas là du coup… Je devais bien me l'avouer, elle me manquait terriblement, et ce malgré le fait que je venais de la voir. Nous ne nous étions pas trop cherchés en plus ! Un véritable exploit !

« Monsieur Cullen ! Vous serez priés de sortir vos affaires et de vous mettre au travail. Ou faites au moins semblant d'écouter mon cours pour que j'évite de vous virer ! À ce que je sache, vous vous êtes déjà fait remarquer ce matin même. Je vous conseille donc de vous tenir à carreaux. »

« Bien Madame. » parvins-je à dire sans être trop insolent.

J'ouvris mon livre aux pages d'exercices, et replongeai dans mes pensées. Bella… Pourquoi ces derniers temps, mon attention était entièrement tournée vers elle ? Comme si elle était devenue un centre de gravité, ou mon équilibre serait compromis si elle disparaissait.

« Si tu allais plus profondément dans ton raisonnement, tu t'apercevrais de ce que tu ressens réellement. » m'avait dit le psychologue… Mais si j'allais plus loin, ma raison me disait 'Tu es amoureux de cette fille. Ce n'est peut-être pas le grand Amour avec un grand A, mais c'est loin d'être un simple flirt ou une simple fille avec laquelle tu pourrais mettre ta queue dans son vagin !'

Voyant la prof à la limite de l'explosion de nerfs, je décidais de me mettre au travail. De toutes façons, penser à Miss Swan ne me causait que des réflexions inutiles, et parfois même de la souffrance. Inconsciemment, lorsque je songeai à l'amour, je repensais à ma première expérience sentimentale…

Edward ! Ce morceau de passé est rangé au fond de tes souvenirs, et efforce-toi de le laisser là où il se trouve !

Encore une fois, Démétri Volturi avait raison. J'avais effectivement bien une, voire plusieurs, blessure au fond de moi. Mais cela faisait parti de l'être humain, non ? Personne ne pouvait être entier, sans la moindre souffrance qui nous avait cassés d'une quelconque manière. L'amour, la famille… Ces deux sujets n'était pas la partie la plus agréable de ma vie, mais certains pourrait me dire que j'avais eu l'argent à la place. Je comprenais parfaitement le proverbe 'l'argent ne fait pas le bonheur'. Peut-être même que la règle de la vie était ainsi : celui qui naît riche vit malheureux, et celui qui naît pauvre vit heureux. J'enviais ces familles défavorisées et nombreuses où l'amour familial affluait de partout, où de réels liens entre les membres existaient…

Je pris toutes mes affaires et sortis du cours sans rien dire. Une vague de dépression s'emparait de mon foutu corps ! J'étais un gros con, et l'argent ne m'avait pas rendu service. Il m'avait donné mon sale caractère, et m'avait fait croire que tout s'obtenait aussi facilement qu'un claquement de doigt

Je n'avais qu'une envie à présent, m'enfuir loin de ma vie actuelle et tout recommencer. Être séparé des personnes les plus chères à mon cœur me ferait souffrir, mais j'en rencontrerais d'autres, que j'aimerais tout autant, éventuellement plus…

Je ne pensais même pas à la nouvelle annoncée par mes parents… adoptifs désormais. Elle aurait dû me préoccuper davantage, mais rien ! J'étais peut-être anormal : un cœur de pierre…

« Aïe ! » entendis-je lorsque je percutais quelqu'un.

« Désolée Bella, je ne t'avais pas vue. Tu n'es finalement pas allée chez le psychologue ? » demandai-je avec douceur. Elle secoua la tête, le regard vrillé sur ses pieds. Elle releva la tête vers moi, une petite ride sur le front.

« Pourquoi tu n'es pas en cours ? »

« Je suis parti… »

« Parti ? Pourquoi ? Quelque chose ne va pas ? » demanda-t-elle inquiète. Elle était réellement inquiète par un gars comme moi ? Un gars qui l'avait traitée et humiliée dès le premier jour… Qui l'énervait à chaque fois qu'il la voyait…

« Laisse tomber, je n'en vaux pas la peine… » lui balançai-je en partant.


Point de vue de Bella

Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Je ne l'avais encore jamais vu aussi mal. Une seule fois, je l'avais vu pleurer, mais à part ça… Je l'avais toujours connu… comme je l'aimais. Un gars qui me tapait sur le système, mais que j'aimais justement pour ça, comme entre chien et chat…

Je le rattrapais dans les couloirs, et le vis partir dans les toilettes pour hommes. J'entrais sans le moindre scrupule, de toutes manières, ils n'étaient pas très fréquentés à cette heure-ci.

« Swan, ce sont les toilettes pour homme ici. Tu es au courant ? Je suis sûr que tu n'es pas un homme, j'ai eu l'occasion de le voir hier soir, donc tu n'as rien à faire là. »

« Réconforter un ami n'est pas une raison valable ? » Il se retourna vers moi comme si j'avais dit quelque chose de surprenant. « Quoi ? » lui demandai-je constatant qu'il me regardait avec un regard… tendre ? Merde ! J'avais dit 'ami'… Encore une inattention de ma part qui lui dévoilait une partie de mes sentiments…

« Edward, je ne… »

Sans comprendre ce qu'il avait l'intention de faire, il me coupa pour m'embrasser. Et quel baiser ! Rien à voir avec ceux échangés jusqu'ici qui n'avaient été que des pseudo-préliminaires… Ici, rien de sexuel dans cet échange, juste… un baiser passionné digne des films hollywoodiens.

Une fois nos lèvres séparés, nous pûmes enfin reprendre notre souffle.

« Waouh… » soufflai-je sous l'effet… « Je n'avais jamais ressenti ça auparavant… » Comprenant mon erreur, je rouvris les yeux et mis une main sur ma bouche. Je ne dis rien par peur de dire encore une bêtise. « Tu as raison, je n'ai rien à faire ici. » déclarai-je en partant.

Passée la porte, je me mis à courir jusqu'au bureau du psy, et tapais à la porte. Après avoir eu la permission, je rentrais en trombe dans la pièce. Je le vis assis à son bureau, le visage surpris de me voir.

« Je suis sincèrement navrée pour ce que je vous ai dit hier. J'ai beau penser certaines choses, je n'ai pas à les dire… Et… Je ne viens pas seulement pour vous faire des excuses, mais pour trouver un bon refuge pour éviter Cullen. » Je m'assis sur l'un des siège en face de lui sans qu'il m'y invite. « On s'est embrassé, dans les toilettes des hommes. Ne me demandez pas ce que nous y faisions, s'il vous plaît. Je l'ai vu mal dans les couloirs, et il est parti dans les toilettes. Enfin… Je m'éloigne ! On s'est embrassé, et… je ne sais pas… Il n'était pas le même. Que vous a-t-il dit ? »

« Secret médical. » dit-il froidement.

« Oh… Je comprends… Je vous ai blessé hier et… vous êtes fâchés. Je… Je vais m'en aller… »

« Non, attends Bella ! Je suis également désolé. Je n'aurais pas dû prévenir les services sociaux. Je pensais qu'il serait une aide pour toi, et non une contrainte. Je suis allé au club hier, et tu n'y étais pas. Je me suis renseigné… Un certain Mike Newton m'a dit que tu lui avais envoyé un message sur son portable, comme quoi tu ne pourrais pas travailler hier soir. Tu travailleras cette nuit ? »

« Pourquoi ? Vous voulez tant que ça me voir me déshabiller ? » Il sembla mécontent et vexé. « Désolée, ce sont les habitudes avec Cullen qui reviennent au grand galop. Donc, oui, je travaillerai cette nuit. Il faut bien gagner sa vie, n'est-ce pas ? »

« Edward a dit que la dernière fille qu'il avait fait jouir était une strip-teaseuse masquée sous le pseudonyme de Coquette Pomme… Vous avez couché ensemble ? »

« Oui, mais il n'est au courant de rien… Et ne lui en parlez pas s'il vous plaît. Je… Je ne veux pas le perdre. En temps que Coquette Pomme, il me trouve belle et me désire. Il est tout sauf comme il est quand je suis moi-même. Et d'un certain côté, j'aime ça… Je peux le voir soit 'gentil', soit 'moins gentil' pour ne pas dire méchant… »

« Bella, ne te fatigue pas. Je ne lui dirais rien. Quand est-ce que vous avez… Enfin, tu vois ? »

« Mardi. C'était la première fois que je couchais avec un client. N'allez pas croire que je fais tout le temps ça ! Je suis loin d'être une prostituée ! Pour tout vous avouer, c'était même ma première fois… »

« Et tu le regrettes ? »

Le regrettai-je ? Il était clair que j'aurais plutôt rêvé de faire ma première fois avec l'homme que j'aime, et non avec un parfait inconnu bien que dangereusement attirant et excitant. Avec du romantisme à en mourir, mais à la place j'avais seulement eu droit à Edward qui m'avais prise sur une coiffeuse. Alors le regrettai-je ? Oui, sincèrement… Pas de l'avoir fait avec Edward, ça non ! Bien au contraire, comme je l'avais pensé sur le moment, j'étais plutôt heureuse d'avoir bien prise en charge. Je regrettai juste le fait de ne pas avoir attendu, et de ne pas avoir assez réfléchi avant à mon acte.

Mais il était trop tard pour avoir des regrets. Ce qui était fait était fait ! On ne pouvait pas changer le passé !

« Oui… » soufflai-je, mais ma voix fut masquée par la sonnerie indiquant que les cours de la matinée touchaient à leur fin. Le temps passait bien vite à mon goût ce matin…

« Reviens lundi de dix à onze, on pourra continuer à parler. »

« Cool, je raterai le cours de mathématiques ! » Face à mon enthousiasme, le psy se mit à rire. « Bon, à lundi dans ce cas. »

« Ou à ce soir… » dit-il en refermant la porte. Il n'avait tout de même pas l'intention de venir m'observer durant mon travail peu catholique… ?

Je rejoignis les autres à table, ayant choisi de manger du poulet et des pâtes. Pour une fois, ça avait l'air à peu près comestible… À table, je me rendis compte que j'avais pratiquement oublié Jacob.

« Bonjour tout le monde ! » Chacun me saluèrent à leur façon, mais Alice me regardait avec un air 'je sais tout et j'attends les détails' sûrement à propos de la nuit dernière, et Jacob me regardait avec un air 'j'ai une chose à te demander, mais je n'ose pas me lancer…' Concernant Alice, j'étais certaine qu'elle avait dû parler avec Edgar… « Edward n'est pas là ? » demandai-je nonchalamment voulant paraître totalement indifférente à son absence.

« Je pensais que tu aurais été plus au courant que moi… » sous-entendit Alice.

« Et bien il faut croire que non. » répondis-je. « Jacob ? Ça te dirait de venir à une autre table ? Je veux me rattraper par rapport à l'autre fois. »

« Heu… Bien sûr ! » fit-il souriant et plein d'espoir.

Nous prîmes nos plateaux et nous installâmes plus loin. Du coin de l'œil, je vis Edward arrivait et nous regarder avec un regard mauvais mais à la fois attristé.

Arrête de te faire des films Bella ! Pourquoi Edward serait triste de te voir en compagnie de Jacob ?

Hum… Parce qu'il ne pourra pas te chercher…

Concentre-toi plutôt sur Jacob !

« Tu participes au sélection cette après-midi ? »

« Oui. Il paraîtrait que tu participes à celles des pom-pom-girls… C'est une rumeur qui circule. »

« Et bien, elle est fondée. Je souhaite encourager du mieux que je peux les joueurs de notre lycée, pour qu'ils aient toutes les chances de leur côté pour gagner un match. »

« Si tu es prise, cela me donnera une raison supplémentaire de me donner à cent pourcents aux entraînements et aux matchs… »

Je rougis à sa déclaration, et baissai les yeux. Ce que je faisais était malsain. Je… Je n'avais pas vraiment envie d'être plus qu'amie avec plus, ou peut-être meilleurs amis, mais pas plus… Du moins, peut-être pas maintenant. Et si… ?

Bella, c'est machiavélique comme plan ! Et ton petit jeu se retournera contre toi un jour ou l'autre !

Peut-être, mais ce serait un bon moyen de le mettre hors de lui, non ?

Mais bien sûr ! C'est voué à l'échec !

« Bella, je suis content qu'on soit séparé des autres. Je voudrais te proposer quelque chose… Heu… Tiens, tout est expliqué là dedans. » dit-il en me tendant une grosse enveloppe en papier kraft. Je l'ouvris et fis glisser un minimum les papiers afin d'en voir le titre.

Contrat de mannequinât pour la collection 'black winter'

« Qu'est-ce ça signifie ? »

« Ne vas pas croire que je fais ça par pitié, et ne le prends pas non plus mal si j'ai remarqué que tu avais un corps magnifique. J'ai également proposé un contrat à Alice, à la seule différence que je souhaiterais que tu sois la clé de la nouvelle collection. Qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu en dis ? »

« J'en dis que c'est très flatteur… Mais je n'ai jamais posé de ma vie… »

« C'est pour ça qu'il y aura Alice. Elle pourra te donner des conseils. »

« J'y réfléchirai, je te le promets. Je regarderai le contrat, mais il faut que je voie la date et les horaires, j'ai déjà un autre boulot à côté. »

« Ah bon ? Que fais-tu ? »

« Heu… Un travail comme un autre. »

Il fit un sourire forcé, ne voulant pas montrer sa déception. Il devait prendre mon refus de parler comme un manque de confiance en lui, ou pour quelque chose d'autre…

Je rangeai précieusement le contrat dans mon sac, et nous nous mîmes à manger. Jetant un coup d'œil en direction de la table du reste de la bande, je vis une blonde très artificielle assise à droite de Cullen. Je n'avais rien contre les blondes, la preuve : j'enviais Rosalie, qui avait aussi une grosse poitrine, mais tout chez elle était naturel contrairement à celle-ci !

La salope !

Elle draguait ouvertement Cullen, et le chauffait ! Elle mit sa main sur son genou, puis remonta vers son sexe en érection. Je me demandais si d'autres personnes voyait le spectacle mis-à-part moi… Elle ouvrit carrément la braguette de l'autre obsédé ! Je me tournais vers Jacob, et apparemment lui aussi avait remarqué ce qu'il se passait à la table que je fixais. Il faisait des gros yeux…

« Waouh… T'as vu ça ? Il ne manque pas d'air ! »

« Je trouve aussi ! »

Pourquoi étais-je en colère contre cette fille, et contre lui ? Mon cœur se resserra étrangement. Comme si c'était possible !

Je regardais derechef en leur direction, mais Edward n'était plus là, tandis que la fille se faisait incendier par les regards noirs d'Alice et de Rosalie. Elle partit peu de temps après voyant qu'elle n'était pas la bienvenue parmi eux.

Si jamais cette garce s'avisait d'aller rejoindre Edward, je lui ferais bouffer ses extensions !

« On va en cours ? » demanda Jacob remarquant qu'on avait tous deux terminé notre repas.

« Oui, allons-y ! »

Nous débarrassâmes et je le pris par la main. Finalement, j'allais mettre en œuvre mon plan, bien que stupide et extrêmement blessant pour Jacob. Ce n'était pas bien de se servir de lui ainsi, mais… peut-être que j'allais vraiment l'apprécier au final.


Point de vue d'Edward

« Lauren, vas-t-en ! Tu croyais sérieusement que j'allais me laisser faire ou quoi ?! En plein milieu de la cantine ? T'es complètement inconsciente ! »

« Edward, arrête ! Je pensais que t'aimais ça ! Que tu étais comme moi… »

« J'aime le sexe, mais pas avec n'importe qui, ni n'importe où ! Je ne suis pas comme toi ! Contrairement à toi, je n'ai pas envie de baiser à chaque fois ! Contrairement à toi, je ne suis pas vulgaire ! Et je porte des sous-vêtements, moi ! Maintenant dégage ! Je n'ai pas envie de faire quoi que ce soit avec toi, et ce depuis la dernière fois ! Je n'ai pas envie que l'on devienne ami ou autre chose ! »

Elle partit en pleurant, mais je m'en fichais complètement ! Bella avait eu un putain de petit tête-à-tête avec Jacob Black ! Pourquoi étais-je jaloux ?

Et ta gueule putain de conscience ! Arrête de me crier que je suis amoureux de cette fille ! Elle n'est même pas sexy !

Pas lorsqu'elle est habillée, mais nue…

J'avais envie de me cogner la tête contre un mur pour faire taire cette voix dans ma tête.

Non, mais je rêve ! C'est… ! En train de… !!!

Je n'arrivais même plus à penser correctement devant ce spectacle ! Je n'allais pas le rater aux sélections. Quant à elle…


Point de vue de Bella

Tous les cours de l'après midi, c'étaient bien déroulés à quelques choses près… Par contre, Edward me fuyait, ou lorsque je l'avais enfin à côté de moi, il m'ignorait. Je ne savais absolument pas ce que je lui avais fait…

Les mecs partirent se changer dans les vestiaires, tandis que j'allais vers leur coach.

« Isabella Swan ? »

« C'est bien moi. »

« Très bien, donc vous resterez dans les gradins durant toutes les séances. Vous pourrez partir dix minutes avant la fin des sélections pour les vôtres. Bonne chance. »

« Heu… Merci… » lui dis-je malgré tout, même s'il partait voir un autre lycéen.

Je soufflai et rejoignis les gradins, sans grande énergie. Il faisait froid, les bancs en bois n'étaient pas confortables, et ma journée avait été pourrie ! Si je continuais ainsi, j'allais être virée du lycée avant la fin de la semaine prochaine… Depuis le début de l'année (même si ce n'étaient que trois jours), je n'avais pas assisté à une journée entière !

Je promis de me ressaisir, et observai les joueurs.

Waouh…

Sans m'en rendre compte immédiatement, je détaillai Edward, m'arrêtant sur une de ses parties anatomiques particulièrement bien moulées dans sa tenue sportive… Si j'avais su que les joueurs de foot étaient si canons, je me serais intéressée plus tôt à ce sport ! Certes, il était violent, mais… la vue en valait vraiment la peine !

Mon bas-ventre s'enflamma, et ça ne s'arrangeait pas avec le temps… Plus les joueurs se dépensaient, plus cela m'excitait… Les voir ainsi… émoustillait tous mes sens… Je ne saurais dire qu'est-ce qu'il me plaisait exactement, ni ce m'excitait ainsi, mais c'était tellement fort… Cela me motivait davantage pour les pom-pom-girls ! En parlant de ça, il était temps pour moi de me préparer. Dommage, je ne saurais pas qui seront les futurs footballeurs de notre lycée. Mais je pariais fortement sur Edward, son frère Emmett et sur Jacob. D'autres bien sûr étaient également très forts, mais ces trois-là, avaient un réel don, voire une vocation !

Non ! Ne commente pas ce que je viens de penser, s'il te plaît ! m'adressai-je à ma conscience. Vocation… Franchement !

Tout en me dirigeant vers le gymnase, je repensais à ce que je venais d'observer. Un Edward déterminé et concentré dans ce qu'il faisait. Extrêmement agile ! Il avait raison hier soir, courir était sa spécialité… Après un ballon, plus qu'après une fille ! Je me représentais bien mentalement, Edward en train de faire la cours après une fille qu'il ne pouvait pas voir ! Ce serait vraiment comique !

Durant l'entraînement, pas une seule fois il ne m'avait regardé alors que je le dévorais des yeux. Jacob, lui, me lançait des regards constamment. Pas étonnant… Vu ce que nous avions fait dans le couloir… Ou plutôt vu ce que je n'avais pas fait… Derechef, ce qui était fait était fait !

J'entrai dans le gymnase, fréquenté que par deux filles bien formées physiologiquement ainsi qu'une femme hyper-botoxée avec trop d'autobronzant sur le visage. Le pire, c'est qu'elle devait sûrement essayer de ressembler aux femmes riches que l'on pouvait trouver à Manhattan par exemple… Bien sûr, cette femme-là, avait l'air très stupide…

Je me dirigeai directement dans les vestiaires. Quelques filles étaient présentes et se changeaient déjà. Comme je l'avais prévu, elles se mettaient en mini short ou en jupe, avec un petit débardeur. 'Provocante et excitante' seraient les qualificatifs que leur donneraient sûrement les mecs présents. Je me mis moi aussi en tenue appropriée : un mini short et un débardeur avantageux… J'espérais secrètement que Cullen soit là, histoire de le chauffer un peu… Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre pour les sélections… Peut-être que l'on devait retenir une chorégraphie et la refaire ensuite, montrer notre souplesse… Je verrai bien en temps voulu…

Les filles parlaient de garçons, de leur vie sexuelle, des ragots du lycée, des peoples, de la pluie et du beau temps… Elles semblaient très restreintes sur leurs choix de sujet de conversation, et elles semblaient également me lancer des regards de temps à autre… Je devais sûrement être au centre de certains de leurs conversations, et elles m'observaient pour pouvoir raconter des choses sur moi… Quel ragot ! 'Bella Swan s'est changée !' 'Bella Swan se présente en tant que cheerleader !' 'Bella Swan a fait ceci…' 'Bella Swan a fait cela…' Que c'est palpitant !

Les filles me jetèrent un dernier coup d'œil, puis chuchotèrent. D'autres rentrèrent et me lancèrent les mêmes regards.

Ne fais pas attention à elles ! Ces filles ne valent pas la peine que tu sois mal à l'aise. Et tu as connu pire n'est-ce pas ? Les clients ont des regards beaucoup plus insistants ! Alors lève-toi et casse la baraque !

Je rangeais mes affaires, et partis dans la salle du gymnase. Des personnes s'étaient installées dans les gradins. J'arrivais près des autres filles rassemblées près de la femme.

« Impressionnant, n'est-ce pas ? » me dit une fille avec un appareil photo à la main et à lunettes, qui avait remarqué sur quoi se portait mon attention.

« Ouais… Comment ça se fait qu'il y ait autant de monde ? »

« Ce sont les pom-pom-girls ma chérie ! Tous les sportifs viennent observer vos jolis petits popotins se trémousser sur des musiques qui font bouger ! Les équipes de football, de basquet, et même de hocket sont présentes. Je te souhaite une bonne chance ! Au fait, je m'appelle Angela Werber, je m'occupe du journal du lycée. »

« Moi Bella Swan. »

« Je sais. » fit-elle avec un sourire, avant d'aller rejoindre tous les autres spectateurs.

Une table avec des juges, composés de trois hommes et de deux femmes, était installée. D'un rapide coup d'œil, je vis Jacob et Edward (comme la plupart des autres lycéens) presque avec de la bave au coin de la bouche. Je levai les yeux au ciel devant leur attitude si prévisible.

« Mes demoiselles, nous allons commencer. Tout d'abord merci à vous d'être venues, ainsi qu'aux nouvelles qui se présentent cette année… » Pourquoi me sentais-je particulièrement visée par son regard et sa phrase ? « La première épreuve, la souplesse ! Carmen, ici présente, va vous montrer les positions à reproduire. Bonne chance à toutes ! »

La femme en question, Carmen, était naturelle et m'avait l'air plutôt sympathique. J'allais en toucher deux mots à Edgar, même si la possibilité était faible, peut-être qu'il s'agissait de la même Carmen que celle de son rendez-vous. Je tâchai de bien mémoriser ses caractéristiques pour lui en faire sa description plus tard.