Chapitre 11
Être jeune, c'est dire oui à tout. Être vieux, c'est apprendre à dire non.
Point de vue d'Edward
« Putain Edward ! Ralenti ! »
« T'aimes pas les sensations fortes ? »
« J'ai mal au cœur avec ta conduite de sauvage ! »
« Chochotte ! »
« Edward, je vais vraiment vomir là ! »
« Vomis par la fenêtre s'il te plaît ! De un, ça évitera de salir ma voiture. De deux, on n'aura pas les mauvaises odeurs. Et de trois ! T'as déjà vu ce que fait du vomi lorsqu'il s'écrase sur un pare-brise ? C'est un truc à voir ça ! »
Tout en restant concentré sur ma conduite, je vis Bella fermer les yeux. Elle était toute pâle, avec une légère teinte verdâtre. Il fallait croire qu'elle était sérieuse…
Je freinais brutalement. Et oui… Je n'avais pas su résister à la tentation de la rendre encore plus mal qu'elle ne l'était déjà, et ce, malgré qu'elle pouvait dégobiller dans ma voiture. Comme Emmett aimait à le répéter 'la voiture, c'est sacrée !'
Je me dépêchai d'aller ouvrir la portière de Bella. Le timing était tellement parfait, qu'au moment où j'ouvris la portière, elle rejeta le contenu de son estomac sur mes chaussures.
« Tu n'as que ce que tu mérites ! » me dit satisfaite, une voix intérieure.
Miss Swan releva la tête vers moi avec le sourire.
« Ça va beaucoup mieux tout d'un coup ! »
J'aurais dû être furieux après elle, mais étrangement je ne l'étais pas. Je me disais que je l'avais bien cherché, et que je n'avais récolté que ce que j'avais semé… Et puis… il ne s'agissait pas de n'importe qui ! C'était Bella ! Comment pouvais-je lui en vouloir ? Et oui… L'amour me transformait…
Dois-je te rappeler que tu as pensé à Coquette Pomme lorsque tu avais ta queue dans son vagin ?
Je ne me comprenais plus !
Lorsque je pensais ne pas être amoureux de Bella, mon esprit me disait que je l'étais. Et maintenant que j'en étais convaincu, mon esprit me disait le contraire !
« Tu crois que tu vas encore me gerber dessus ou je peux refermer la portière ? »
« Laisse ouvert, je fermerais moi-même. J'ai besoin de prendre un petit peu l'air… »déclara-t-elle d'un ton un peu moins guilleret que précédemment.
Je fis comme elle me l'avait indiqué, et me dirigeai vers le coffre. Je devais bien avoir un sachet plastique dans tout ce désordre… Ah ! Le voilà ! Je mis mes chaussures dedans ainsi que mon jean qui en avait prit un coup… Je soupirai… Bella… Qu'allais-je faire de toi ?
Sans aucune gêne, je retournai en boxer et chaussettes jusqu'au volant, me moquant éperdument de ce que les conducteurs des voitures passant sur la nationale, pouvaient penser de moi ! On était dans une petite ville, et les rumeurs circulaient vite, mais c'était toujours mieux qu'un pantalon et des chaussures parsemés de vomi…
Je refermai ma portière et Bella en fit de même. Elle me regarda partagée entre le rire et… je n'en savais trop rien…. peut-être la gourmandise ! Du moins, on aurait dit qu'à ses yeux je n'étais qu'un morceau de chocolat suisse à déguster…
« Il fait froid, hein ? » dis-je afin d'engager la conversation.
« Oui… Et il paraît que ça fait rétrécir certaines parties de l'anatomie masculine… »
« Je le saurais si j'étais un homme, or, moi, je suis un dieu ! » plaisantai-je de mauvaise qualité, mais il me sembla cependant, qu'elle appréciait. Elle joignit ses rires aux miens, et me demanda si je n'avais pas de l'eau.
« C'est sûr, je ne t'embrasserai pas maintenant à cause de ton haleine… Mais non, désolé, je n'ai pas d'eau. »
« Alors qu'est-ce que tu attends pour rouler comme un malade jusqu'à la villa ? »
« Alors maintenant tu aimes que je conduise ainsi ? »
Suivant sa demande, je m'introduis dans la circulation et repris ma conduite sauvage, dangereuse, mais efficace et rapide !
« Non, mais si tu le fais peut-être qu'alors je pourrais vomir sur ton boxer… » fit-elle avec une moue malicieuse.
« En fait, tu veux que je retire mes vêtements ? »
« Humm… J'avoue… Tu es très bien sculpté et d'une rare beauté… Donc oui, j'aimerais bien que tu retires tes vêtements afin que j'obtienne une meilleure vue… »
« Ne t'inquiète pas ! Tu vas avoir un magnifique strip-tease de ma part ce soir… » lui susurrai-je à l'oreille. Je la sentis se raidir légèrement, et me reculai afin de voir son expression, mais lorsque je fus à une distance respectable, elle semblait parfaitement normale. À quelques détails près du moins… Ses mains tremblaient, et je supposais que ses jambes ne la supporteraient pas si elle se mettait debout…
« Ça va aller ? »
« T'en fais pas ! J'ai connu bien pire ! Au fait, remets ton strip-tease pour une autre soirée, ce soir je sors. »
« Où ça ? » dis-je un peu trop rapidement… Ça faisait très 'mec possessif et jaloux'. Elle fronça les sourcils… Mauvais signe ! Je pari que j'allais me faire rembarrer !
« Ça ne te concerne en rien Cullen ! » lâcha-t-elle froidement avant de se fixer la forêt par la fenêtre.
Qu'est ce que je disais ? Rembarrer !
« Tu seras seule ? » Avec un peu de recul, ce n'était une bonne question… Par préoccupation de sa sécurité, ça faisait de nouveau 'mec possessif et jaloux'… Quel con !
« Oui et non. »
« Oui ou non ? »
« Oui ET non ! La masturbation rend sourd ou quoi ? »
« De quoi ? »
« Laisse tomber ! » souffla-t-elle.
« Pourquoi oui et non alors ? Ça signifie quoi ? »
« Je serais seule sur le chemin en voiture, mais une fois arrivée à destination, je serais en bonne compagnie. »
« En bonne compagnie ? »
« Arrête de répéter ce que je dis ! »
« Arrête de répéter ce que je dis ! » l'imitai-je.
« Cullen t'es chiant ! »
« Cullen t'es chiant ! »
« Contente que tu le reconnaisses ! »
« Contente que tu le reconnaisses ! »
« Idiot… » marmonna-t-elle si bas que je faillis ne pas entendre.
« Merci ! » dis-je en mettant le frein à main. « Mam'zelle est arrivée à bon port ! »
Je sortis de la voiture et Edgar débarqua. Lorsque je m'avançai vers lui pour lui tendre les clés, il me dévisagea de haut en bas (mais surtout le centre…) et jeta un regard sur Bella avant de revenir à moi. Il eut un étrange sourire… Un sourire laissant penser qu'il avait des hypothèses salaces sur le fait que je me retrouve en boxer devant lui en sortant de ma voiture, dans laquelle se trouvait également une personne de mon sexe opposé. Sacré Edgar ! Je ne le pensais vraiment pas comme ça. Depuis l'arrivée de Bella, j'avais l'impression de le redécouvrir. De le découvrir tout court, même ! C'était comme s'il s'était rendu moins transparent avec Bella…
« Il y a un cadeau pour vous dans mon coffre, dans un sac plastique. Je vous laisse l'apprécier ! » dis-je en rentrant dans la villa.
En refermant la porte, je ne vis pas Bella. Elle devait sûrement partie avec le majordome ranger ma voiture.
Dans le salon, je vis Alice décorer la pièce de guirlandes…
« C'est quoi tout ce cirque ? »
« Fêêêêêêêête !!! »
« Aujourd'hui ? »
« Non, demain soir ! »
« C'est sérieux, ça ? »
« Bah oui ! Autrement je t'aurais répondu 'Non, dans un mois !' »
Je levais les yeux au ciel.
« Qui est invité ? »
« Pom-pom-girls, footballeurs et notre bande. »
« Ça marche ! Je vais prendre ma douche. »
« Non, c'est moi ! » cria Bella en courant vers l'escalier.
« Dans tes rêves Swan ! Je te le rappelle courir est ma spécialité ! » criai en même temps que je la suivais. Elle s'arrêta brusquement à l'entrée de ma chambre, et fit un volte-face. Pris par ma vitesse, je lui fonçai droit dedans… Dans notre chute, je pris le soin de ne pas l'écraser une fois au sol…
« Aïe… » s'exclama-t-elle les yeux fermés, après un choc entre le sol et sa tête, qui maintenant reposait sur celui-ci.
« Désolé Bella. Ça va ? »
Pas de réponse…
« Bella ? Bella ! » paniquai-je. « Bella ce n'est vraiment pas drôle si c'est une blague ! Réponds-moi ! »
Rien à faire, elle ne prononça absolument rien ! Je lui donnais quelques petites gifles sur son visage, mais elle ne réagissait pas, gardant toujours les yeux clos !
Merde !
Elle s'était cogné la tête, plutôt violemment par ma faute… Et si elle ne jouait pas la comédie et qu'elle avait un problème crânien… ? Je ne me le pardonnerai jamais ! Je réalisais à quel point la voir ainsi me faisait souffrir…
« Bouh !!! » fit-elle d'un seul coup !
J'étouffais un cri de frayeur et de surprise, et lui lançai un coup d'œil mauvais. Me remettant vivement sur mes pieds, je pris quelques affaires et partis m'enfermer dans la salle de bain.
« Oh… Allez Cullen ! Ouvre la porte ! C'était drôle, non ? » plaisanta-t-elle de mauvais goût à travers la porte.
Je me déshabillai, ayant la ferme intention de ne pas lui céder et de prendre ma douche sans elle. Cependant, mes résolutions risquaient de flancher rapidement et à n'importe quel moment ! Dire non à une femme alors qu'elle était juste à votre porte en train de vous supplier… C'était une belle occasion de ratée !
« Une fois, rien qu'une fois. »
D'accord, il ne se passerait sûrement rien de sexuel entre nous, mais c'était juste le plaisir d'être en sa compagnie. Je l'avais toujours d'une certaine manière. Il me semblait que ça me rendait heureux en quelques sortes… Pas pleinement, car l'avoir de cette manière, n'était pas celle que j'espérais… Mais c'était toujours mieux, que son absence ou son éloignement !
Je me détendis sous l'eau chaude de la douche. Entendant les supplices de Miss Swan venant de la pièce adjacente, je songeai fortement à mettre la radio à fond…
« Désolée Edward ! Pour me faire pardonner, j'accepte de prendre ma douche avec toi ! »
Je fis comme elle il y a quelques minutes, et me tus.
« Edward ? Allez quoi ! Je me suis excusée je ne sais combien de fois ! Il faut que je fasse quoi pour me faire pardonner ? »
Voilà qui devenait intéressant !
Arrêtant l'eau, je mis une serviette sur mes hanches, lui ouvris la porte et m'adossai, de ce que je voulais sensuellement, à l'encadrement de la porte. Moi, sortant de la douche, l'eau dévalant mon corps musclé et bien formé… Une magnifique occasion de lui faire de l'effet ! Et son regard ne fit que confirmer mes idées. Elle me détailla de haut en bas, s'attardant sur le haut du linge, légèrement plus bas que nécessaire…
« Sais-tu ce que je désire pour que j'accepte de te pardonner ? »
Elle secoua la tête, sans prononcer de paroles. Peut-être était-ce une preuve qu'elle n'arriva pas à réfléchir convenablement en ma présence…
On y croit tous !
« Faisons l'amour dans mon lit. Une fois. Juste une dernière fois… »
Je la vis me regarder dans les yeux, pesant le pour et le contre. Je n'osais même pas imaginer la tête que je devais faire… L'espoir devait sûrement être le sentiment qui ressortait le plus… Elle fixa ensuite le sol, se mordillant la lèvre inférieure.
« À moi de te supplier. Tu me dois bien ça après tout… à cause de ta mauvaise blague... »
« Qu'as-tu ressenti à ce moment-là ? Lorsque je me faisais passer pour… enfin… tu vois ce que je veux dire… »
« Culpabilité, inquiétude et… regrets… »
« Regrets ? Pourquoi donc ? De la manière dont tu allais me tuer ? Tu aurais sûrement préféré me faire l'amour dans diverses position du Kâma-Sûtra avant de m'empoisonner avec je ne sais quel produit mortel.»
Elle ne pouvait pas imaginer à quel point ce qu'elle pensait de moi me blessait !
Deux jours…
Deux jours où je m'étais peu à peu transformer…
Pas transformer ! Libérer ! Tu es comme ça, l'homme charmant, aimant, touchant, généreux et affectueux ! Tu le cachais simplement pour les personnes ne s'appelant pas Emmett et Alice Cullen… Bella est juste une personne à qui tu commences à le montrer. Prends Lauren par exemple, tu ne réagirais pas du tout de la même manière avec elle ! Ainsi tu ne t'es pas réellement transformé… Tu changes seulement par rapport à Bella.
Cela n'empêche pas qu'en deux jours, autant de choses aient changées… Comment peut-on passer d'un extrême à l'autre en si peu de temps ?
Tu connais déjà la réponse…
« Je suis désolée, je n'aurais pas dû… Tu dois encore plus m'en vouloir maintenant… »
« Je ne pourrais jamais… » marmonnai-je.
« Qu'est-ce que tu as dit ? »
« Je n'ai rien dit. »
Elle me regarda avec un air de 'tu me prends vraiment pour une idiote ?' peut-être légèrement plus vulgaire sur le dernier mot…
« Ok, j'ai dit quelque chose, mais tu ne pourrais pas faire comme si je n'avais rien dit ? »
« Si… après tout, ça ne devait pas vraiment tourner en ma faveur… » dit-elle en allant chercher un petit tas de linge sur mon bureau.
« Pas exactement… » marmonnai-je derechef.
Elle se retourna vivement et me fixa.
« Tu viens de dire quelque chose là ! »
« Non. »
« Si, j'en suis sûre ! »
« Alors pourquoi tu poses la question ? »
« Ce n'était pas une question, c'était une affirmation ! »
Je me tus. Je n'avais plus rien à lui répondre… malheureusement… Je devais avoir perdu le 'truc'…
Elle me sourit, me poussa légèrement afin que je me décalasse. Elle posa un petit tas de vêtements près du lavabo, avant de déboutonner son jean, et tout en me regardant, le fit descendre jusqu'à ses chevilles. Comme j'avais arraché sa culotte juste avant nos petites galipettes dans les vestiaires, je me retrouvai face à elle, son sexe parfaitement exposé à mes yeux gourmands de ce spectacle. Elle défit ensuite son horreur de pull marron et son débardeur noir, me laissant admirer son adorable poitrine sans défaut.
« Tu avais mis de plus beaux sous-vêtements la fois dernière… »
« Ils sont toujours ainsi (elle désigna de sa main, son soutien-gorge) en temps normal. La dernière fois était une exception. »
« Alors si j'ai bien compris, tu ne fais aucun effort vestimentaire en surface, mais pas non plus en profondeur… »
« Edward, as-tu déjà porté de la lingerie fine pour femme ? »
« Bella, as-tu déjà remarqué que j'étais un homme ? »
« Et bien alors, tu saurais qu'il n'est pas toujours agréable de porter ce genre de chose. Je préfère de loin le confortable à l'esthétique. »
« Ça, j'avais remarqué à quel point tu raffoles du confortable ! Tu ne dois pas vraiment te sentir à l'étroit dans ton pull ! »
Elle leva les yeux au ciel, avant de libérer sa poitrine. Entièrement nue, elle partit sous la douche. J'observai chacune de ses courbes -tâchant de les mémoriser du mieux que je pouvais- et m'en délectai sans aucune honte. Bella se retourna face à moi au bruit de la serviette tombée à terre. Je m'approchai d'elle jusqu'à me coller contre son corps d'une douceur infinie… Elle se fit plus haletante lorsque j'approchais lentement mon visage de mon oreille. La gardant plaquée contre moi grâce à ma main droite posée sur le creux de ses reins, je passai ma main libre sur ses plis intimes incandescents… Je lui arrachai un gémissement de plaisir, et profitant qu'elle avait plaqué sa tête contre le carrelage des parois de la douche, j'embrassai son cou tendrement…
« Juste une fois. Une toute dernière fois… » soufflai-je à son oreille. « Dans les règles cette fois-ci. Pas stupidement et bestialement contre un mur. Dans mon lit… »
Elle me repoussa doucement et me fixant d'un regard désolé déclara :
« Je suis navrée. 'Une fois, rien qu'une fois' était le contrat. Et tu le sais, je dois partir pour ce soir. »
« En as-tu envie au moins ? » demandai-je doucement.
« Là n'est pas la question ! » s'emporta-t-elle soudainement. « Je dois partir, à point c'est tout ! Maintenant, j'aimerais prendre ma douche tranquillement si ce n'est pas trop te demander ! »
« Bien sûr… » fis-je tristement.
Je récupérai ma serviette ainsi que mes vêtements et partis dans ma chambre, refermant la porte derrière moi. Je me séchai négligemment, balançai la serviette mouillée sur l'un des radiateurs, et enfilai mes vêtements propres. Descendant les marches de l'escalier deux à deux, j'attrapais rapidement mon manteau et mes clés de voiture. Je ne pris pas celles de la Volvo, mais d'une voiture encore moins luxueuse. Je ne voulais pas qu'elle me reconnaisse…
« Ne m'attendez pas ce soir ! » criai-je dans la villa avant de m'enfuir dans le garage.
Rapidement, je sortis ma voiture noire –qui ne démarra pas tout de suite dû à son usage peu fréquent- et roulais jusqu'à la sortie du sentier de notre villa, qui rejoignait la nationale. Je me garai à un angle stratégique de manière à ce qu'elle ne me remarquerait pas lorsqu'elle partirait de chez nous…
Environ dix minutes plus tard, j'aperçus et entendis enfin sa camionnette pétaradante d'un rouge fané. Elle prit la direction qui, visiblement, menait à Port Angeles… Je mis le contact et lorsqu'elle fut à une distance respectable, je me décidai enfin à la suivre…
