Le message codé du chapitre précédent était : « Demain à sept heures précisément : j'exige un dossier complet sur une strip-teaseuse nommée Coquette Pomme. Elle vit à Forks et est lycéenne. Je vous joins sa photo dans ce message. » Le message était crypté selon un principe de symétrie de l'alphabet divisé en deux parties (13 lettres chacune). Ainsi A était N, et inversement, N était A. B était O, et O était B, etc… Bravo à toutes celles qui ont su trouver le message ! Et je dois bien avouer, que vous avez été bien plus nombreuses cette fois-ci ! =D Finit les tortures, je vous laisse lire ! Enjoy, même si ce n'est pas terrible…


Chapitre 14

En vérité, la vérité c'est qu'il n'y a pas de vérité ! Il n'y a que des mensonges !

Point de vue d'Edward

Tout doucement, je me commençai à me réveiller. J'étais allongé sur le ventre (ou plutôt affalé), le bras droit pendant dans le vide. C'était certain que Bella devait avoir de la place dans le lit !

Bella ! réalisai-je.

J'ouvris les yeux soudainement et regardai à ma gauche. Le lit était vide et le lit parfaitement fait. Un coup d'œil sur le réveil m'apprit qu'il était dix heures et demi passé. Était-il possible que je puisse avoir inventé toute cette histoire ?

Non…

Peut-être ?

Je devais en avoir le cœur net !

Je pris les premières affaires qui me venaient dans mon placard, et pris une douche en moins de trois minutes montre en main. Il me semblait que je n'avais jamais fait aussi rapide. L'essorage ne dura pas plus longtemps que la douche en elle-même, pratiquement la moitié du temps de cette dernière. Je passai ma main dans mes cheveux mouillés et rebelles pour leur donner un minimum de structure. Une fois habillé, je descendis les marches quatre à quatre, manquant de tomber tête la première, mais je m'en fichais totalement ! Je devais savoir si Bella allait bien et où elle se trouvait actuellement.

Je courus jusqu'à la cuisine, où tout le monde s'était réuni… La pression et l'inquiétude disparurent d'un coup, me laissant presque une mauvaise impression. Edgar était derrière les fourneaux, Bella et Alice me regardaient avec étonnement, tandis qu'Emmett était en train de ramasser quelque chose à terre.

« Salut ! » me lança ma soeurette. « T'en fais une tête ! Ça ne va pas ? »

« Je… »

J'étais beaucoup trop confus pour prononcer une phrase complète et intelligible… En face de moi, se tenait Bella parfaitement souriante, et visiblement en pleine forme… Certes, elle avait des cernes et un tient plutôt blafard, mais son sourire effaçait tous ces défauts… Je ne pouvais pas avoir tout inventé tout de même ! C'était impossible, à moins que je ne sois totalement masochiste au point d'imaginer que la fille que j'aimais puisse se faire droguer et violer !

Mais il y avait des indices que je pouvais vérifier sans pour autant révéler ce qu'il se passait de mon côté…

« J'ai seulement très faim. » déclarai-je en prenant des mains la tartine avec de la confiture qu'Emmett s'apprêtait à manger.

« Hey ! » se plaignit celui-ci lorsque je mordis dedans. Edgar en refit une immédiatement et la le lui donna.

« Que voulez-vous manger monsieur Cullen ? » me demanda le majordome.

« Des tartines avec du Nutella. La confiture ce n'est pas mon truc… » dis-je en jetant la tartine à la poubelle.

« Bien monsieur. »

« Et j'ai une super blague ! » lança Emmett. « Une tartine de confiture retombe toujours sur la face avec la confiture, et un chat, toujours sur ses pattes. Si on met une tartine accrochée sur le dos du chat, la face sans rien contre le chat, de quel côté il retombe ? »

Je m'assis à côté de mon frère, juste en face de Bella. Celle-ci rit légèrement à la nullissime blague de mon frangin, tandis qu'Alice soufflait exaspérée. Bella était déjà préparée et ses cheveux relevés en chignon lâche -comme à son habitude- laissaient apercevoir un point rouge dans son cou. Je n'avais pas rêvé ! Elle s'était bel et bien faite droguer. Ce qui me rassura et me tortura à la fois. Je n'étais pas fou, mais Bella avait une drôle de façon de réagir aux évènements. N'était-elle pas censée être effondrée ? Complètement perdue ? Perturbée ? Je l'avais peut-être sous-estimée… Elle était peut-être bien plus forte que je ne le pensais.

Réfléchis bien Cullen ! Cette fille travaille la nuit depuis je ne sais combien de temps en tant que je ne sais quoi. Elle vivait dans le quartier le plus craignos de la ville, dans une pièce uniquement, qu'on ne pourrait même pas appeler 'appartement'. La peinture était toute écaillée et salie par le temps, quant à la couleur, elle était fanée. On pourrait même envisager que des produits toxiques la composaient… Sa voisine est une prostituée. Elle est rentrée dans un établissement spécialisé pour ce genre de profession. Tu la retrouves ensuite dans un sale état dans la loge d'une strip-teaseuse qui lui ressemble étrangement comme deux gouttes d'eau. Tu ne sais même pas comment elle s'est retrouvée là étant donné que tu surveillais les entrées… Tu n'as jamais vu ses parents, et rien n'indique qu'ils vivent avec elle… Elle n'a pas dû vivre des choses faciles tous les jours ! Et encore ! A-t-elle au moins eu une époque facile ? Sans la préoccupation de devoir payer un loyer et des factures, de savoir s'il y aura ou non à manger dans son assiette en rentrant, si elle aurait encore de l'eau chaude ou de l'électricité le lendemain matin… A-t-elle déjà eu un adulte près d'elle qui la bordait le soir, et lui disait qu'il l'aimait et que tout irait bien. Qu'a-t-elle eu à ton avis ?

Je mis fin à mes pensées. Qui était Bella en réalité ? J'aimais une fille sans réellement la connaître. Et elle ? Que savait-elle de moi ? M'aimait-elle ?

Edgar vint m'apporter mon petit-déjeuner, et Bella lui demanda poliment s'il pouvait lui faire la même chose.

« Tiens, prends les miennes. J'ai perdu l'appétit. »

« C'est pas toi qui, il y a deux minutes, viens de déclarer avoir très faim ? » remarqua Alice.

« Si, mais finalement non. »

Elle se leva et s'appuya sur la table. Elle me regarda droit dans les yeux, plissant les paupières.

« Quand as-tu eu tes règles pour la dernière fois cher frère ? Tu as eu un rapport non protégé récemment ? (Cette dernière fiction me fit réagir.) Parce qu'on dirait que tes hormones travaillent comme ceux des femmes enceintes. Tu changes d'avis tout le temps, ton comportement de cette dernière semaine est étrange… Sérieux, je devrais peut-être appeler un médecin… Tu commences à m'inquiéter. »

« Je suis un homme, et les hommes ne tombent pas enceintes ! »

« Ouais, et à ce propos je te conseille de ne pas faire de bébé à une fille ! Surtout si ce n'est pas une fille fréquentable… Je n'ai pas envie d'être tata d'un bébé 'accident' ! »

« Pourquoi tu dis ça ? »

Elle se rassit correctement sur sa chaise, et continua à manger.

« Depuis mardi tu rentres à des heures pas possibles ! La seule fois où tu es resté à la maison, c'était jeudi parce que Bella était là. Et pourtant ! Mercredi midi, ce n'est pas parce qu'elle était présente que tu n'es pas parti rejoindre je ne sais qui… »

Voyant qu'elle me fixait avec insistance, je me doutais bien qu'elle attendait des aveux de ma part. Mais des aveux de quoi… ?

« Et alors ? Où veux-tu en venir ? »

« Tu refuses de voir l'évidence… Tu refuses de me révéler ta vie privée alors qu'avant tu voulais tout me raconter… Tu as rencontré une fille à laquelle tu tiens ? Tu es amoureux ? Ou alors… »

« Ou alors quoi ?! » m'exclamai-je légèrement énervé que cette conversation ne se déroule pas en privé, seulement entre elle et moi, mais bien au beau milieu du petit-déjeuner auquel assistait Bella, Emmett et Edgar !

« Tu as une relation que tu ne peux pas dévoiler… »

Si seulement je pouvais avoir une relation avec elle… Ça ne serait déjà pas mal !

« Comme ? »

« Une femme mariée ! »

« Une femme mariée ? » répétai-je surpris. Moi qui pensais qu'elle avait compris pour Bella et moi…

« Tu répètes ce que je viens de dire ! »

« Et alors ? »

« Tu couches avec une femme mariée ! » s'exclama-t-elle furieuse en se levant.

« Je n'ai jamais dit ça ! » m'énervai-je à mon tour par ses conclusions trop rapides et ses mauvaises déductions. Elle avait toujours eu un bon instinct, mais ce n'était pas le cas aujourd'hui apparemment… Et puis quand bien même je coucherais avec une femme mariée, si j'éprouvais des sentiments, ne devait-elle pas être heureuse pour moi ? Moi qui n'avais jamais su m'attacher à une femme ou une fille…

Rectification…

Ce n'est pas le moment !

Ok, une fois par le passé, mais c'était de l'histoire très ancienne !

« Mais c'est pourtant évident ! Pourquoi ne l'ai-je pas remarqué plus tôt ! » dit-elle pour elle-même.

« Parce que je ne couche pas avec une femme mariée ! Voilà pourquoi ! »

Elle ignora ce que je venais de dire et continua son raisonnement.

« Tu n'as jamais couché avec une fille habitant près de chez nous. Tu n'aimes pas qu'une fille dorme ton lit, et ce n'est pas arrivé beaucoup de fois. Tu n'as jamais voulu faire l'amour à une fille dans ton lit, pour toi, c'est trop personnel… Tu pars toujours deux mois en vacances à l'étranger sans jamais nous dire où exactement. Tous les week-ends tu pars et on ne te revoie que le lundi matin au lycée le sourire aux lèvres alors que la semaine tu es tout maussade ! D'ailleurs, je suis fortement étonnée de te trouver là aujourd'hui ! C'est une nouvelle habitude pour cette année ? »

« Je te répète que je ne couche pas avec une femme mariée ! C'est si difficile que ça de me croire ?! »

« Alors t'es homo ? »

« Mais t'es complètement cinglée ma parole ! Je suis hétéro et j'aime une fille ! »

Ça, c'était la parole de trop !

Avec le ton que nous employions Alice et moi, un silence régnait dans la cuisine. Emmett et Alice me regardaient avec ahurissement, tandis que Bella semblait réfléchir.

« Que viens-tu de dire ? » me demanda calmement Alice.

« Je suis hétérosexuel et j'aime les filles. »

« Ce n'est pas ce que tu viens de dire ! » m'accusa ma sœur.

« De toutes manières peu importe ! Je ne suis pas le mec qu'il lui faut, et elle a trouvé mieux ailleurs. »

Je jetai un regard à Bella. Elle avait Jacob… Le mec fidèle, riche, beau, intelligent, gentil et qui ne couche pas avec tout le monde. Il était parfait pour elle… Je ne méritais pas d'être heureux en amour, vu le nombre de femmes que j'avais fait souffrir par le passé… C'était le karma qui me retombait dessus ! Et j'étais prêt à la laisser entre les bras de Jacob si c'était ce qu'elle voulait. Si c'était ce qu'il lui fallait pour être heureuse… N'était-ce pas ainsi que les choses devaient fonctionner ?

« Je sors. » déclarai-je.

Alice voulut prendre la parole, mais je ne lui en laissai pas le temps.

« Et non ! Je ne vais pas rejoindre une femme mariée ! Ni un homme ! » rajoutai-je par prudence.

Enfin si, d'une certaine manière…

« Je suis désolée. Mais tu seras rentré ce soir pour la fête, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle inquiète.

« Quelle heure ? »

« Dix-neuf heures. C'est déguisé et il me faut le temps de t'habiller. »

« Je verrai… »

Je sortis de la cuisine, puis fis demi tour. J'avais une dernière affaire à régler avant de partir.

« Au fait Bella ! Il faut qu'on parle sérieusement tous les deux. »

« Je pense aussi. » me dit-elle gravement.

Je pris donc mes clés et pris ma voiture dans le garage. Je pris l'Aston Martin pour aller plus vite. Seattle n'était pas franchement la porte à côté !

Rapidement, je démarrai ma voiture, et conduis tel un malade mental complètement suicidaire. Mais de toutes manières, ma vie ne valait pas d'être vécue ! Alors peu importe s'il m'arrivait quelque chose ! Je ne manquerais pas à grand monde. Qui pouvait bien aimer Edward Cullen, celui qui s'était toujours conduit comme un parfait imbécile ?

Stop ! La vie c'est cool, comme les filles ! Tu te concentres et tu conduis ! Une réponse est au bout du chemin !

Je me garai devant l'un des hôpitaux de la ville, dans le quartier de First Hill. Je descendis rapidement et me dirigeai vers l'immense réception.

« Où puis-je trouver le Docteur Cullen s'il vous plaît ? »

« Vous êtes… ? » me demanda la réceptionniste blasée.

« Edward Cullen. »

« Il doit être en train de se reposer dans la salle de garde. »

« Je sais qu'il y en a plusieurs. Laquelle ? »

Je savais ça, car les infirmières étaient comme dans la série médicale de ma sœur. Toujours partante !

« Aucune idée. Désolée. »

« Merci quand même. »

Je pris les escaliers. Pas la peine de perdre du temps inutilement en attendant ces foutus ascenseurs qui mettaient deux plombs à arriver !

Je me dirigeai vers les salles de garde, et coup de chance ! Je tombai directement sur mon père dans la première.

« Edward ?! » s'étonna-t-il de me voir ici.

« Bonjour Carlisle… »

« Comment vas-tu ? » dit-il en m'enlaçant.

« C'est quoi cette histoire d'adoption ? »

Je voulais directement mes réponses, les formules de politesse ne m'intéressaient guère. Mais visiblement il ne voulait pas parler.

« Pourquoi m'avoir annoncé ça par message ? »

Pas de réponse non plus.

« Quel est mon vrai nom ? »

Et toujours pas de réponse !

« Je vois… Dois-je aller voir Esmé pour obtenir ce que je veux ? »

« En fait, elle n'est pas au courant du message. Je t'ai menti. »

« Alors quoi ? Je suis bien votre fils ? »

« Tu es le mien. »

« Je suis le tien ? En bon Anglais ça signifie ? »

« J'ai eu une aventure avec une femme il y a dix-huit ans environ. Et ma relation extraconjugale t'a donné naissance… »

Je m'assis sur le lit et pris mon visage entre mes mains.

Super !

Je comprenais maintenant pourquoi il avait préféré me mentir… Que valait-il le mieux ? Être adopté mais peut-être rejeté de ses parents biologiques, ou être un enfant illégitime ?

« Qui me dit que tu ne mens pas encore une fois ? »

« Demandes à Esmé. Elle confirmera cette histoire. »

« Ça peut très bien être un coup monté à deux… »

« Ça ne l'est pas.» m'assura mon père.

« Alors… racontes-moi toute cette histoire… »

« J'aimais Esmé, et je l'aime toujours d'ailleurs, simplement… j'avais également fait la connaissance d'une certaine Elisabeth Masen. » sourit-il avec une lueur d'amour dans le regard que je ne lui connaissais pas. « Elle avait les même yeux que toi : d'un émeraude spectaculaire. (Là, je dois dire que ça m'effrayait un peu… Il me regardait droit dans les yeux avec une intensité déconcertante.) Quand je regarde les tiens j'ai l'impression de voir les siens » Une pointe de nostalgie s'accompagna à la lueur d'amour très largement palpable… « Esmé est ma femme, et l'adultère était à mon époque beaucoup moins bien vu. Les gens étaient jugés plus sévèrement… Je n'ai donc rien dit à Esmé. En revanche, Elisabeth était parfaitement au courant que je les aimais toutes les deux aussi fortement l'une que l'autre. Malheureusement et heureusement, la polygamie ne fait pas partie des mœurs. »

Il fit une pause dans son récit. Je le regardais durement cette fois-ci. Je ne lui pardonnais pas pour son mensonge et tous ces secrets… Il aurait dû tout avouer dès le début. J'étais un enfant illégitime. Un bâtard dans notre jargon ! Une soudaine envie d'exprimer toute ma violence ce fit ressentir dans mes poings que je gardais serrés. Mais je me calmais quelque peu. Ce n'était pas le moment…

« Environ deux ans après le commencement de ma relation extraconjugale, Esmé m'apprit qu'elle était enceinte et qu'elle savait que j'avais une liaison, et ce, depuis le début. Elle ne m'en tenait pas rigueur, mais elle voulait comprendre pourquoi. Je lui ai répondu que j'étais également amoureux d'une autre femme et elle a immédiatement demandé à la rencontrer. Je ne savais pas trop quoi en penser… » m'avoua-t-il en fronçant les sourcils. « Esmé a toujours été une femme compréhensive qui voulait le bonheur d'autrui, mais je me disais que ça pouvait être différent… qu'elle pourrait lui vouloir du mal, étant donné la situation…

» Je suis tout de même allé voir Elisabeth et je lui ai exposé la situation. Elle m'a dit qu'elle voulait également rencontrer Esmé et lui dire ce qu'elle ressentait à mon égard… Nous sommes rentrés ensemble au domicile conjugal. Les deux femmes que j'aimais le plus au monde n'ont jamais fait d'histoire entre elles, et elles ont même su s'apprécier au point de devenir meilleures amies. Toutes les deux étaient tellement à mon écoute, altruistes et à mes soins… Elles m'aimaient assez pour ne pas me faire souffrir en me demandant de choisir pour l'une d'entre-elles, à moins qu'elles n'avaient tout simplement peur que je ne la choisisse pas… Je sais que ça peut te paraître étrange mais je vivais dans un conte de fée et mon bonheur était complet ! Deux semaines plus tard, » fit-il après une légère pause « Elisabeth nous annonça qu'elle était également enceinte. Esmé l'a très bien pris et était ravie que sa grossesse se déroule en même temps qu'une autre femme qu'elle connaissait bien. Ça la rassurait d'une certaine manière, et elle aurait quelqu'un en mon absence, lorsque je travaillerais. Elisabeth a emménagé chez nous.

» Quelques semaines plus tard, nous sommes allés en même temps faire les premières échographies de chacune. »

Les souvenirs de Carlisle lui donnèrent un sourire radieux et ses yeux pétillaient d'une énergie sans pareille. Je ne l'avais jamais vu aussi heureux… Je ne m'autorisais pas à penser que je puisse être la source de ce bonheur. C'était la grossesse de chacune de ses deux 'femmes' qui le rendait fou de joie et non réellement le fruit de ces grossesses…

« Esmé attendait des jumeaux et il s'est avéré que tu n'avais qu'une semaine de moins qu'eux. Les mois passèrent et je m'occupais parfaitement de mes deux femmes… » Son sourire s'effaça soudainement et son visage devint très grave, pareil à l'annonce d'un décès d'une personne proche. « Mais Elisabeth a eu de sévères complications et bien qu'elle soit très résistante et forte, son état s'est fortement dégradé vers les dernières semaines avant la date prévue de son accouchement… Esmé a commencé à avoir des contractions et à perdre les eaux. Nous l'avons accompagnée à l'hôpital. L'attente et l'inquiétude affectèrent beaucoup Elisabeth, qui se sentit de plus en plus mal au fils des heures, le temps du travail d'Esmé… Tandis qu'on amenait Esmé en salle d'accouchement, elle a été menée d'urgence en salle d'opération pour une césarienne. Du sang s'écoulait de son vagin en grande quantité, mélangé au liquide amniotique… Je suis resté avec Esmé à l'aider dans l'accouchement, comme il m'était interdit de rester avec Elisabeth… »

Encore une fois, il fit une pause. Il regarda rapidement en ma direction, et je vis qu'il pleurait. C'était la première fois que je le voyais ainsi… Je plaçai ma main sur son épaule pour le réconforter et il mit la sienne par dessus. Un sourire, cependant plus léger mais tout aussi sincère que les précédents se dessina sur son visage.

« Tu es né le même jour qu'Alice et Emmett, à peine quelques minutes avant eux. En revanche, tu es né plus prématurément qu'eux. Tu faisais la même taille et le même poids que ta sœur, qui était toute menue. Emmett, lui, était énorme ! » s'esclaffa-t-il. « Ta mère a hurlé quand il a fallu l'expulser ! Elle n'en pouvait plus et me maudissait d'avoir participé à créer un bébé aussi costaud que lui. »

Je ne le rectifiait pas sur le 'ta mère', puisque j'avais toujours considéré Esmé comme telle. En revanche, si je devais parler d'Elisabeth, je rajouterais l'adjectif 'biologique' derrière, afin de créer une différence…

Il souffla puis après quelques secondes il finit par rajouter quelque chose.

« Maintenant, tu connais ton histoire… Ainsi que la mienne… »

Il se releva du lit où il s'était assis pour me narrer son passé, et se regardant dans le miroir mural, il essuya les quelques larmes qui s'étaient mises à couler le long de ses joues.

« Tu n'as pas terminé. » remarquai-je. « Qu'est-il arrivé à ma mère ? Et comment a réagit Esmé ? »

« Elisabeth est morte durant son opération. » dit-il d'une voix monotone et éteinte. Cet évident contraste avec le ton qu'il avait employé le long de son récit, m'envoya la chair de poule. Même si je n'aimais pas l'idée que mon père puisse aimer deux femmes à la fois sans le moindre scrupule, je ne pus m'empêcher de me sentir touché et désolé pour lui. Je ne connaissais pas ma mère biologique, mais d'après ce que Carlisle m'en avait dit, ce devait être tout de même une femme bien.

« De quoi est-elle décédée ? »

« Arrêt cardiaque mais aucun médecin n'a su décelé la cause exacte. Et nous n'avons pas voulu d'autopsie. Tu sais, Esmé t'a considéré comme son propre fils depuis le début. Et j'espère que ce que je viens de te dire ne changera rien à la vision dont tu te faisais d'elle. Tu dois sûrement te dire qu'elle a été stupide d'accepter aussi facilement une autre femme dans notre vie… »

« Non. Si je dois reprocher quelque chose à quelqu'un, c'est bien à toi… Tu aurais dû faire un choix entre les deux. La polygamie n'est pas une bonne chose. »

« L'amour ne se contrôle pas. Mais ta réaction ne m'étonne pas vraiment. » dit-il déçu, et certainement de moi. « Tu n'es jamais tombé amoureux comme je le suis. Tu ne peux donc pas comprendre. »

« Peut-être pas autant que toi effectivement… »

« Ce qui signifie… ? Aurais-tu rencontré une fille à ton goût ? »

Je me contentai de lui faire un sourire timide et à la fois rêveur, en songeant à Bella.

« Comment s'appelle-t-elle ? » me demanda mon paternel, d'un ton intéressé.

Mais ce fut également à ce moment-là, que je repensais à sa dernière mésaventure… Mon sourire se fana comme il était venu.

« Y a-t-il un moyen de voir si une fille s'est faite violer ? »

Mon père fronça automatiquement les sourcils.

« Pourquoi cette question ? » demanda-t-il sur la défensive.

« Je suis un mec qui aime passer du temps dans les bars même si je n'en ai pas le droit. J'aime aller dans des lieux peu fréquentables pour les jeunes de mon âge, comme par exemple les clubs de strip-teases. »

« Ce qui est étrange, c'est que tu as changé du jour au lendemain. Est-ce ta rupture avec… » commença Carlisle sans que je ne lui laisse le temps d'achever sa phrase. Je ne voulais plus entendre son prénom, ni avoir affaire à ce souvenir.

« Oui, mais je me suis calmé désormais. Dernièrement, Alice a invité l'une de ses nouvelles amies à emménager à la maison. Tu aurais du voir dans quoi elle vivait. Je… Mercredi, je ne la supportais pas, et elle non plus d'ailleurs. Elle m'a donné un coup dans une partie, plutôt sensible… »

Je vis mon père affichait une mine compatissante. Il souffrait pour moi tandis que je ressentais mentalement une douleur à ce vif souvenir.

« Jeudi, nous avons commencé à nous chercher et je pense à nous approcher… Je ne sais pas comment on en est arrivé là, mais une certaine complicité s'est installée et… hier, je crois que ça été la révélation de mon côté. Je l'aime et j'en certain maintenant. Hier soir, elle a dit qu'elle devait partir. Elle ne voulait pas me dévoiler où ni avec qui. Je savais uniquement qu'elle serait accompagnée une fois le trajet effectué… Je l'ai suivie. »

« C'est mal Edward. » me reprocha mon père.

« Je sais, mais ma jalousie a pris le dessus ! » me justifiai-je. « Je l'ai suivie et ça m'a mené tout droit à Port Angeles. » Je pris une profonde inspiration et tâchai d'être le plus contrôlé possible avant de reprendre. « Je l'ai vue rentrer dans une institution pour prostituées… J'ai eu ensuite une période de léthargie. Quand j'en suis sorti, je suis rentré dans un club de strip-tease dans le but de me changer les idées. D'un certain côté Bella me plaît, mais il y cette danseuse Coquette Pomme qui lui ressemble étrangement et je me dis que peut-être j'aime l'une parce que j'aime l'autre. Ou je suis fascinée par l'autre parce que j'aime l'une, et qu'elle se ressemble… »

Mon père me regardait comme ci je venais de lui sortir une équation de mathématiques des plus compliquées prononcée en Chinois. Je soufflais un bon coup.

« Enfin oublies, ce n'est pas important. J'ai retrouvé Bella, la fille que j'aime, droguée et à la limite de l'inconscience dans la loge de cette strip-teaseuse. Je faisais le guet devant les issues, et je l'aurais vue si jamais elle était passée d'un bâtiment à l'autre… Or rien. J'ai trouvé un emballage de préservatif vide à côté de son corps dénudé. Il n'y avait personne dans la loge : juste elle… Alors je me pose des questions ! Est-ce que oui ou non elle s'est faite violer ? Et ça me torture l'esprit ! »

J'étais à présent fou de rage ! J'en voulais à la personne qui lui avait fait subir ces choses, peu importe ce qu'elles fussent !

Le bippeur de mon père émit une sonnerie indiquant qu'on avait besoin de lui ailleurs dans l'hôpital.

« Désolé fiston. Comment était-elle ce matin ? »

« Contre toutes attentes, joyeuse. »

« Parles-en avec elle. La parole est souvent un bon moyen d'éclaircissement. Ça m'a fait plaisir de te revoir. Passes le bonjour à Emmett et Alice de ma part. »

« Je n'y manquerai pas. » lui promis-je alors qu'il sortait précipitamment de la pièce.

Une infirmière que je reconnus, passa sa tête dans l'ouverture de la porte.

« Besoin d'un remontant jeune homme ? » me demanda-t-elle, enjôleuse.

Si j'étais dans le même état d'esprit que durant les derniers mois, elle n'aurait pas eu à poser la question, elle aurait déjà été nue sur le lit, mon sexe en elle, à prendre énormément de plaisir ensemble. Or là, je n'étais pas moralement en l'état de faire ça avec une femme, autre qu'une petite lycéenne brune…

« Navré pour toi, mais je suis passé au jeune maintenant. »

Sur ce, je sortis de la pièce, passant à ses côtés comme si de rien n'était alors qu'elle s'était statufiée sur place. Elle allait sûrement complexer sur son âge maintenant, se trouvant trop vieille à son goût, et à surveiller l'arrivée des premières rides.

Biographie d'Edward Cullen : lycéen de dix-sept ans, et salaud qui brise le cœur des femmes et leur estime.

C'est du joli !

Je repris ma voiture sur le parking et partis à la recherche d'un restaurant. Après celui-ci, je retournerais à la maison le plus lentement possible. Il fallait que je formule correctement toutes mes questions afin de les poser avec tact à Bella… Chose plutôt délicate, qui demandait toute mon attention…


Je sais, ce chapitre est nul et pas franchement intéressant, mais il faut bien passer par-là… Pour celles qui se demanderaient pourquoi réagit ainsi Bella, vous saurez tout dans le prochain chapitre, qui sera exceptionnellement la reprise de la scène du début ! D'habitude, je ne reprends jamais la même scène des deux points de vue, mais je me sentais obligée de le faire, pour bien montrer leurs sentiments face aux derniers évènements.

Edward n'a toujours pas compris que Bella est Coquette Pomme, mais le rapprochement est déjà fait ! Une explication entre les deux ne devrait pas tarder à arriver !

Je le répète, Aro Volturi et son fils Alec, ne risquent pas de revenir de si tôt ! Donc, si vous vous attendiez à du suspense tout le long de mon histoire comme dans le douzième et treizième chapitre, c'est un peu raté je pense… Retour aux choses 'normales'…

J'insiste également sur le fait que la lettre du chapitre précédent n'est qu'un bonus, et qu'elle ne fait absolument pas partie de ma fiction ! Elle est juste inspirée et écrite à partir de ma fiction.

Encore un énorme merci à vous pour vos reviews et encouragements ! Vous êtes adorables ! =D Comme chaque auteur, je pense, c'est vraiment une source de motivation !

X.O.X.O. Pomme Coquine