Chapitre 16
La jalousie est comme un acide qui attaque d'abord le coeur du jaloux lui-même pour atteindre ensuite celui qu'il jalouse.
Point de vue de Bella
Je me réveillai lentement avec un atroce mal de crâne…
Je dus attendre quelques minutes pour sortir complètement de ma léthargie et recouvrer la plénitude de mes facultés mentales, c'est alors que je me rendis compte de certains détails. Un, j'étais nue. Deux, des bras chauds m'enlaçaient. Trois, j'avais la nette impression d'avoir commis une, voire plusieurs erreurs dans la soirée d'hier…
Ce n'étaient pas les bras d'Edward qui m'entouraient, et encore moins l'une de ses mains qui descendait vers mon intimité et l'autre qui me caressait les seins. Ce n'était plus l'odeur que j'appréciais tant, mais une odeur de bois de santal…
Putain. De. Merde !
Je me détachai de son contact et pris les premières affaires que je trouvais dans ma chambre. Sous un regard insistant, je me refugiai dans la salle de bain. Je me mis directement sous la douche, mettant l'eau la plus chaude qu'il y avait. Je me brûlai au départ mais rapidement, je m'y habituai. J'essayai alors de me remémorer la soirée d'hier…
Quelques heures auparavant, dans la soirée…
Point de vue de Bella
Vingt heures moins vingt, et des voitures commençaient déjà à arriver. Je sortis de ma chambre et vérifiai qu'Alice n'était pas sur mon chemin. J'avais tenté de rejoindre la chambre d'Edward à dix mètres à peine de la mienne, mais comme si le destin était contre moi, il avait fallu qu'elle sorte de sa chambre à ce moment-là.
Soit le destin est contre toi, soit c'est Alice qui est devin !
Ne pouvant plus attendre encore une minute de plus, je descendis les escaliers (après vérification de mon apparence dans le miroir) afin de rejoindre les autres dans le salon. La première que je vis fut Alice. Elle était somptueuse, et semblait avoir joué de sa petite taille et de son apparence pour le choix de son costume. Elle avait opté pour un costume d'elfe. Elle s'était posée des rajouts à ses cheveux et les avait fait boucler sur les bouts en de douces anglaises, à l'instar de mes cheveux au naturel. Elle les avait habillés par un diadème celtique certainement en or blanc, magnifiquement décoré de diamants de tailles différentes. Sa robe était tout simplement splendide ! D'un blanc éclatant, elle était également ornée de pierres précieuses sur le décolleté assez évasé, mais tout en restant acceptable. Elle descendait jusqu'au sol. Les manches étaient propres au style des robes celtiques, amples et majestueuses. Et comme sur la plupart des vêtements de ce style destinés aux femmes, elle possédait un capuchon.
Alice vint vers moi et m'enlaça.
« Comment me trouves-tu ? » me demanda-t-elle en tournant sur elle-même.
« Il n'y a pas de mot pour décrire toute ta beauté et ta grâce… »
« Je te remercie, mais ce soir c'est toi la plus belle ! Enfin… si on oublie Rosalie. »
Comme pour accompagner ses paroles, Emmett descendit avec Rosalie, sa petite-amie. Je n'avais jamais vraiment passé du temps avec elle, ou échangé quelques mots si ce n'est lors de notre première rencontre. Cela me transperça le cœur de voir une telle splendeur. Même si Alice était vraiment magnifique, Rosalie, elle, était vraiment spectaculaire. Ses cheveux semblaient être destinés pour une publicité de shampoing, son teint et son maquillage (surtout les yeux) pour des cosmétiques, et son corps pour les bienfaits d'une crème amincissante ou d'un appareil sportif. Selon mon point de vue, cette fille n'était pas une humaine, c'était une déesse, voire un ange sorti du paradis ! Certes, elle avait l'air un peu froide en apparence, mais sa beauté était tellement admirable…
Elle était habillée comme une princesse, à la différence que sa robe était d'un rouge sang très soutenu, lui donnant un air de femme fatale. Ses cheveux étaient parfaitement bouclés et un ruban de la même couleur que sa robe (sans oublier les petits diamants) décorait joliment sa chevelure d'or. Son compagnon quant à lui, était un prince des temps modernes. Le costume sobre avec une veste en queue de pie, et une rose -assortie à la robe de Rosalie- dépassait de sa poche. D'ailleurs, Rose n'était pas son surnom ? Il portait également une cravate rouge. Les deux étaient très élégants, c'était incontestable !
Ils s'approchèrent de nous.
« Bonjour Bella. » me salua Rosalie avec un sourire digne des publicités pour dentifrice.
« Salut ! » lui répondis-je avec un léger sourire.
« Quand ton frère devrait-il arriver ? » demanda-t-elle à son amoureux.
« Alice ? » demanda celui-ci.
« Dès que j'aurais déverrouillé la porte de sa chambre ! »
Je la regardai choquée. Elle avait fait quoi ?
« Pourquoi l'as-tu enfermé ? » m'exclamai-je. Ça retardait encore l'échéance d'une vraie discussion (ou mise au point) entre nous ! Le sort était vraiment contre moi ? Ou Alice peut-être ?
« Pour ne pas que tu le vois avant l'heure ! »
« Mais c'est l'heure là, non ? Il est bien vingt heures à ce que je sache ! »
« Oui, mais j'attends que tout le monde soit là. »
Je soufflai et commençai à faire les cents pas comme un lion en cage. J'allais devenir dingue, ce n'était pas possible autrement !
« Bella arrête ça tout de suite ! » m'avertit-elle.
Je me stoppai et soufflai derechef. Pas mal d'invités étaient déjà arrivés. En même temps, qui voudraient rater l'une des fêtes organisées par la fille la plus riche du lycée ? Je ne savais pas trop si Alice était beaucoup appréciée ou populaire mais il semblait que oui vu le nombre de personnes arrivées avant l'heure.
Jasper, le petit ami d'Alice arriva, et celle-ci se jeta dans ses bras. Je fus légèrement jalouse de tout l'amour (réciproque) qu'ils se portaient. Leurs regards nous livraient tout ce qu'il y avait à savoir sur leurs sentiments qu'ils éprouvaient l'un envers l'autre… Mais pendant qu'elle embrassait goulument son elfe des bois, Edward était toujours enfermé dans sa chambre ! Je me demandais si je pouvais aller le libérer…
Je montai rapidement les escaliers et vins me poster devant la porte de sa chambre. J'essayais d'ouvrir la porte, mais elle était verrouillée.
Logique en même temps ! Alice l'a dit, et Edward n'est pas aussi stupide au point de rester dans sa chambre pendant que tout le monde s'amuse en bas…
« Alice si c'est toi je te jure que je te tue en sortant ! Explique-moi pourquoi je suis enfermé ici ? Quoique ce n'est peut-être pas plus mal étant donné l'accoutrement dans lequel tu m'as mis ! » cria Edward très énervé.
« C'est Bella… »
« Oh… » fit-il d'une voix beaucoup plus douce. « Pourrais-tu aller chercher ma sœur s'il te plaît ? »
Étrangement, toute trace d'énervement avait disparue. Je ne savais pas vraiment si sa colère était uniquement dirigée vers Alice, ou si c'était seulement avec moi qu'il retrouvait son sang froid.
« Elle semble occupée dans les bras de Jasper. Il n'y a pas un moyen d'ouvrir la porte qui ne nécessite pas sa présence ? »
« Si, la clé… mais je suppose que c'est elle qui l'a… Peut-être dans sa chambre ? »
« Je vais voir ça… »
Je commençai à partir lorsqu'il me héla d'un ton hésitant.
« Oui ? »
« Merci… » dit-il d'une voix emprunte de douceur.
« Heu… de rien… » fut la seule chose que je puisse sortir. J'étais assez décontenancée par son attitude.
Je rentrai dans la chambre d'Alice, parfaitement rangée et nettoyée comme la dernière fois. Je regardai d'abord sur et dans son bureau mais rien. Puis dans sa table de chevet où je trouvais également des… jouets sexuels. Sacrée Alice !
Ne te plains pas tu en as aussi ! Un plus performant que ça d'ailleurs !
Sauf qu'il est toujours dans sa boîte d'origine et que je n'y ai jamais touché !
Qui te dit que ce n'est pas le cas pour Alice ? Excepté pour la boîte.
Hum… laisse-moi réfléchir… Gel lubrifiant pour sex-toy et gel anti-germe juste à côté du godemichet c'est plus parlant ?
Ok, je n'ai rien dit ! Mais si tu veux un conseil, les sex-toys ne sont pas censés rester dans leur boîte mais pour aller se fourrer dans un endroit chaud et humide… Je dis ça, mais en fait, je ne dis rien…
J'arrêtai de fouiller les affaires d'Alice. Je savais que c'était mal, et que si l'on me surprenait on m'aurait prise pour une profiteuse et une voleuse. Mais franchement, je crois que j'étais si désespérée que j'étais prête à tout pour avoir des explications avec Edward. Ça me torturait l'esprit depuis qu'il m'avait dit vouloir me parler sérieusement.
Je revins devant la porte d'Edward.
« Désolée, je n'ai rien trouvé. Elle doit garder la clé sur elle… Tu n'en as pas une ? »
« Si, mais elle me l'a prise. Je n'aurais pas dû la laisser sur la serrure… »
« J'avoue que c'était plutôt idiot. Elle fait souvent ça ? »
« Non, c'est la première fois. J'aurais dû plus me méfier ! J'ai beaucoup trop confiance en elle… »
Un silence s'installa, et une question me brûla les lèvres. Enfin… plusieurs, mais la première était vraiment indispensable de la poser.
« Où étais-tu ce matin et cette après-midi ? »
Je l'entendis derrière la porte faire les cents pas. J'attendis peut-être une minute lorsqu'il décida enfin d'ouvrir la bouche. Sauf que je ne m'attendais pas à cette réponse…
« Et toi, où étais-tu hier soir ? »
Je respirai un grand coup, essayant de refreiner la colère qui m'envahit automatiquement.
« En quoi ça te concerne ? » répondis-je à la limite de l'agression.
« Je te retourne la question… »
Et voilà comment un moment détendu passait à une tension…
« Je te laisse te débrouiller tout seul, je retourne en bas. »
« Bella ! Attends ! » se radoucit-il en entendant mes talons claquer sur les premières marches de l'escalier. « Je suis désolé. Je suis parti pour voir mon père. »
« Pourquoi si précipitamment ? Et pourquoi étais-tu si étrange au petit-déjeuner ? »
« Je ne répondrais pas tant que tu n'auras pas répondu à ma question. »
« J'espère qu'on se reverra dans la soirée dans ce cas. À ce que je sache, tu n'as pas encore abordé la conversation si sérieuse que ça. »
Je descendis les escaliers et rejoignis les autres. Une musique comme dans les discothèques était mise en fond, et un immense buffet était dressé. Je ne m'y attardai pas trop et cherchai Alice du regard. Mais je ne la vis nulle part. Dehors, la piscine chauffée fumait dans la nuit froide. Elle était éclairée et des lampions avaient été disposés un peu partout donnant une atmosphère de quiétude. L'endroit était désert contrairement au salon où la plupart des personnes étaient arrivées. C'est dingue comme en si peu de temps, tout pouvait changer !
Contrairement à ce qu'avait dit Emmett ce matin, tout le monde était déguisé. Mais il était clair que personne n'arrivait à la cheville des costumes préparés par Alice, et personne n'était assez bien maquillé que ses cobayes. Peut-être y avait-il une exception pour cette blonde qui avait allumé Edward au déjeuner il y a quelques jours, et de son amie. Elles étaient déguisées en policières avec toute la panoplie des accessoires. Bien sûr, les menottes n'avaient rien de celles des vrais agents de police, et avaient un but uniquement sexuel. Le pistolet également… Allez savoir pour quoi faire… Bref, c'était assez provocateur. Tous les mecs regardaient en leur direction.
Je suis certaine que si tu ne restais pas dans ton coin tu serais également très observée et appréciée…
Je repérai Alice –toujours en train d'embrasser Jasper- et décidai de traverser toute la pièce afin de lui demander de laisser libre Edward. Tous les regards (essentiellement masculins) se posèrent sur moi. Un certain silence régna lorsque je sortis de l'ombre, puis des murmures -venant de la part des personnes ayant récupérer leurs facultés à pouvoir aligner une phrase complète sans trop d'incohérence- naquirent un peu de toutes parts. Je voyais bien comme les yeux des mecs s'étaient écarquillés, et comme ceux des filles étaient envieux. Je n'avais pas trop l'habitude de ce genre de regards, m'étant toujours faite très discrète et la moins attirante possible.
« Alice, libère Edward s'il te plaît ! » lui fis-je une fois devant elle. Mais c'était plus un ordre qu'un souhait en fait… J'exigeais qu'elle le libère !
« Ok, ok… j'y vais. Mais tu serais priée de ne plus fouiller dans ma chambre. »
« Comment le sais-tu ? » fis-je choquée. Avait-elle des caméras de surveillances dans sa chambre ?
« Oh ! Je ne le savais pas. C'est juste que connaissant mon frère, il a dû te dire de chercher cette petite chose (elle désigna une clé en argent qu'elle avait sortie de sa poche) dans ma pièce. »
« Et tu ne m'en veux pas ? » demandai-je réticente à obtenir une réponse…
« Tout dépend. Tu as fouillé dans mes tables de nuit ? »
Je rougis en guise de réponse.
« Alors oui je t'en veux. Mais encore à plus à Edward pour ne pas t'avoir prévenue de chercher partout sauf à cet endroit. Mais bon… Je suppose que c'est le premier endroit où je l'aurais cachée… »
Sur ce, elle partit à l'étage. Je me retrouvai seule en face de Jasper. Enfin… seule… façon de parler car bien sûr, le salon était maintenant presque bondé.
« Alice m'a parlé de ce que ressent Edward pour toi… » commença-t-il.
« Ce qu'il pourrait ressentir pour moi. »soulignai-je. « Il n'a officiellement rien avoué. »
« Je le trouve… différent depuis la rentrée. Je ne sais pas si ça t'est dû mais l'année dernière il n'aurait jamais repoussé Lauren à table. Je suppose que tu vois de quoi je veux parler ? »
J'hochai la tête. S'il faisait référence au déjeuner que j'avais eu avec Jacob, et où Edward était en train de se faire toucher les parties génitales par cette espèce de blonde superficielle déguisée ce soir en policière, oui je voyais tout à fait !
« Il change. C'est certain. »
Alice revint vers nous et je cherchai du regard Edward.
« Où est-il ? » demandai-je à Alice parfaitement consciente de la personne à qui je faisais référence, ne l'ayant pas trouvé dans la pièce.
« Monsieur fait sa petite crise dans sa chambre parce qu'il a honte de se montrer avec mon costume ! Ce mec est d'une logique ! Il hurle pour sortir, et lorsqu'il en a la possibilité, il ne veut plus… »
« Ne t'en fais pas, il va bien finir par montrer le bout de son nez. »
« Espérons-le ! »
Une musique que je ne connaissais pas résonna dans la pièce et Alice emmena de force son grand elfe à danser sur la piste.
« Bella Swan ? » entendis-je derrière mon dos une voix masculine m'appeler. Je me retournai pour faire face à un grand, assez baraqué à la peau métissée.
« Oui ? »
« Je m'appelle Tyler Crowley. J'étais responsable des sélections des joueurs de l'équipe de football. J'avoue avoir été étonné que tu participes à celles des pompon-girls. Tu es très douée ! Et comme la plupart des personnes ici présentes, je me suis fait une mauvaise idée de toi et ton… physique. » dit-il en me balayant le corps d'un regard gourmand.
« Merci, mais je pense que tu es en train de te faire une mauvaise opinion de moi. Je ne m'habille pas comme ça tous les jours, et je préfère de loin mon style habituel. »
« Pourtant en tant que pompon-girl, je pense que les filles vont te demander de le changer… »
« Et pourquoi donc ? Ce n'est pas parce que je pratique une activité reconnue au lycée que je suis obligée d'adopter leur style.. » désignai-je le groupe des blondes superficielles.
« Comme tu veux… J'aime ton côté rebelle Bella. » dit-il en me faisant un clin d'œil avant de s'éloigner. Il rejoignit le buffet où Edward s'approcha de lui d'un air mécontent. En voyant en quoi celui-ci était déguisé, j'avais des envies de meurtre envers Alice !
En même temps, c'était plutôt évident qu'elle choisisse un costume dans l'esprit du mien… Elle voulait tout faire pour nous mettre ensemble, non ? Emmett était assorti à Rosalie (ou inversement), Alice avec Jasper… Et moi avec Edward… Il semblerait qu'elle nous considérait déjà comme un couple…
Mais en toute sincérité, tu ne dirais pas non si c'était le cas ?
Sa comparaison avec un dieu n'était plus possible puisqu'Edward était revêtu avec un costume d'ange. Sa peau scintillait de mille feux sous les lumières comme si de minuscules diamants avaient étaient incrustés juste en dessous de sa peau… Ses cheveux à la couleur si particulière, étaient bien plus disciplinés qu'à l'ordinaire, mais Alice avait toujours fait ce petit côté si sexy de lui en les désordonnant volontairement. Il portait une chemise blanche totalement déboutonnée laissant apparaître ses pectoraux si bien formés, ses abdominaux si bien dessinés et sculptés, et bien sûr il y avait ce 'V' à tomber par terre… étant très visible grâce au pantalon blanc taille basse qu'il portait…
Bella arrête de te mordre cette lèvre en fantasmant sur lui ! C'est mal !
Absolument ! Mais qu'est-ce qu'il est beau !
Et arrête de baver également ! Ce n'est jamais classe !
Il parlait avec Tyler, mais avec une attitude assez hypocrite. Il semblait relativement calme mais son regard était dur. Je ne l'avais jamais vu ainsi… Et puis il était aussi distant vis-à-vis de son interlocuteur. Puis il jeta un œil en ma direction et laissa Tyler en plan. Celui-ci me regarda en fronçant les sourcils, mais plus d'un air intrigué que contrarié, lorsqu'Edward s'approcha de moi.
« Tu vois pourquoi je n'osais pas sortir ? » me dit-il une fois arrivé devant moi en tirant sur les deux pans de sa chemise.
« Moi j'aime beaucoup. Mon ange… » le taquinai-je en caressant ses ailes de plumes. Sauf qu'il ne le perçut pas du même œil que moi… Il prit une expression très sérieuse.
« On doit parler, tu es au courant ? Je ne pouvais pas le faire à travers la porte de ma chambre… Enfin si, je pouvais, mais je ne le voulais pas. Pas pour ce que j'ai à te dire. »
« Tu me fais peur Edward. À la façon dont tu parles on dirait que tu vas m'annoncer que tu vas mourir d'ici peu de temps ! »
Il eut un léger sourire avant de m'indiquer la porte coulissante qui menait à la piscine, dehors. Il y alla, et moi sur ses pas. Il referma la baie vitrée et commença à marcher jusqu'à l'extrémité de la piscine la plus éloignée de la villa. Je le suivis, mais il restait dos à moi, une main certainement sur son menton. Peut-être réfléchissait-il à la manière d'aborder le sujet sur lequel il voulait mettre les points sur les 'i'…
Quelques secondes passèrent, mais il ne se retourna toujours pas. Je commençai à avoir froid et à frissonner. La nuit était tombée, et était très noire, étant donné qu'il n'y avait pas de lune.
Une nouvelle lune n'est jamais un bon présage !
Pessimiste !
Je préfère le terme de réaliste.
Nos respirations laissaient une espèce de fumée dans l'air… Lorsque mes dents commencèrent à s'entrechoquer entre elles, Edward daigna enfin me faire face. Il sembla attendri lorsqu'il remarqua que je tremblais. Il retira sa chemise -en ayant retiré avant ses ailes- et m'aida à l'enfiler.
« Merci… » murmurai-je. « Mais tu n'auras pas froid torse nu ? »
« Je suis assez résistant, ne t'en fais pas pour ça. »
Il finit de remettre ses ailes.
Si le paradis est rempli d'être semblable à Edward que Dieu m'achève maintenant !
Impossible que tu ailles au paradis, tu es une très mauvaise conscience !
« Bien… Si tu commençais à dire ce que tu as à dire. Ça nous éviterait à tous les deux de ressemblait à l'acteur de Hibernatus. »
« Le comique français ? »
« Oui, mais ce n'est pas le sujet ! »
« Bien… alors je commence… Heu… Où étais-tu hier soir ? »
« Si c'était pour me demander ça, ce n'était pas la peine de me faire venir ici ! » commençai-je à crier en retirant sa chemise.
« Oh je t'en prie ! Pourquoi ne veux-tu pas me le dire ? »
Il me rattrapa par le poignet lorsque je tentai de retourner à l'intérieur.
« Tu es honteuse ? » me demanda-t-il d'une voix calme. Était-il… au courant ?
« Et de quoi aurais-je honte ? Je travaille le soir parce que je n'en ai pas la possibilité le jour. »
« Que fais-tu ? »
J'essayais de me retirer de son emprise mais en vain… Il était trop fort.
« Je travaille ! Je n'ai pas la chance d'avoir des parents pleins aux as qui me payent tout ce que je désire ! »
« D'ailleurs où sont tes parents ? » me demanda-t-il exprès sûrement vexé.
« Est-ce que je te demande où sont les tiens moi ! Parce qu'à ce que je sache, ils sont toujours en vie mais ne vive pas chez toi ! »
Je sentis sa prise sur mon poignet se relâcher légèrement, et je profitais de cette faiblesse pour me libérer.
« Tu as le chic pour trouver les sujets qui font mal… Tu le sais ça ? » me demanda-t-il peiné.
« Tu as le chic pour trouver les sujets dont je ne veux pas parler. Tu le sais ça ? Tu ne peux pas te dire que si je ne veux pas révéler où j'étais la nuit dernière comme beaucoup de nuit qui vont suivre c'est parce qu'il y a une raison ? »
« Bella, réponds-moi ! Où étais-tu hier soir ? » insista-t-il déterminé.
« Peut-être que tes parents ne t'aiment pas et que c'est pour ça qu'ils n'habitent pas avec vous. Et ce depuis la naissance ! Parce qu'apparemment ton père n'a jamais vécu avec toi, et ta mère jusqu'à tes cinq ans. » changeai-je de sujet. J'avais appris que lorsque l'on touchait un point sensible les gens nous laissaient tranquille.
Je regrettai amèrement d'avoir dit ça et de voir toute cette souffrance sur son visage. Il serra les poings.
« Mes parents m'aiment ok ? Et ce n'est pas une petite pute qui devrait avancer des propos sur des sujets où elle ignore absolument tout ! » cria-t-il de rage.
Je restai interdite devant ses paroles. De quoi m'avait-il traitée ? De pute ? Ma main droite s'écrasa violemment sur sa joue gauche, si bien qu'il perdit l'équilibre et manqua de peu de tomber la piscine. Je le regardais avec un regard noir et extrêmement soutenu comme je n'avais jamais destiné à personne !
« Tu as intérêt à avoir une bonne raison de m'avoir traitée ainsi… » le menaçai-je d'une voix très basse mais qui fit son effet, j'en étais certaine.
« Ce n'est pas ton travail ? » me provoqua-t-il sur un ton innocent.
« Et tu la sors d'où ton idée ? »
« Je t'ai vue rentrer dans un établissement spécialisé… Avec Tanya. » rajouta-t-il. « Et elle est bien une fille que l'on paye pour avoir dans son lit non ? »
« Tu m'as suivie… » conclus-je immédiatement.
Motivée par la rage, je le poussai dans la piscine. Ses ailes ne supportèrent pas l'eau et toutes les plumes se détachèrent du corps métallique.
« Pourquoi tu as fait ça ? » criai-je.
« Parce que je savais que tu ne me répondrais pas ! Et tu vis sous le toit de ma maison ! J'estime avoir le droit de savoir où tu es le soir et la nuit ! » cria-t-il lui aussi.
Je regardai vers les portes vitrées qui menaient au salon, les personnes nous observaient mais n'avaient pas ouvert la porte coulissante. Ils se contentaient d'observer le spectacle très divertissant de notre discussion plutôt tournée vers la dispute ou l'agression…
« Oui, je suis une prostituée et alors ? Tu ne préfères pas ça à un banquier ou à un huissier ! Moi au moins lorsque je viens taper aux portes on ne me refoule pas ou on n'essaye pas de s'enfuir par la porte de derrière ! Je gagne ma vie comme je peux ! Et sincèrement dans toute ma carrière j'ai du voir passer dans un lit moins d'hommes que toi de femmes ! Ce n'est parce que tu as couché avec je ne sais combien de femmes que je te traite de gigolo ! »
Bravo Bella ! Plus conne que toi on ne trouve pas ! Tu as honte d'être une strip-teaseuse mais tu lui dis que tu es une prostituée ! Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ? Tu cherches quoi là à part des insultes blessantes et erronées ?
Je ne veux pas qu'il sache que je suis Coquette Pomme, quitte à me rabaisser.
Idiote ! C'est quoi le problème avec ton identité ?
…
Il se rapprocha de moi et je m'éloignai du bord de la piscine par peur qu'il m'entraîne dans celle-ci.
« Au fait Isabella, je te dois combien pour la fois dans les vestiaires ? Un dollar ? » demanda-t-il sur un ton victorieux.
Même si je l'avais cherché, c'en étais trop ! Je pris sa chemise blanche par terre –qui était son seul vêtement sec, et commençai à partir en direction de la fête, là où tout le monde nous regardait avec le plus grand intérêt.
« Oh ! Et Bella ? Tu fais aussi strip-teaseuse dans la boîte à côté en tant que Coquette Pomme ? Je dis ça parce que la ressemblance est troublante ! »
Je m'arrêtai de marcher et me figeai. Sans me retourner je lui répondis que ce devait être de famille, et je repris mon chemin. Je suis une prostituée et j'ai en plus une sœur strip-teaseuse ! Magnifique ! Je refermai la porte et passai à travers la foule de personne. Alice accourut vers moi.
« Bella ! T'as ruiné le déguisement de mon frère ! »
« Pas du tout ! Je l'ai juste arrangé à ma manière. Maintenant c'est un ange déchu ! » tentai-je de refouler ma colère et ma tristesse à travers une minable tentative d'humour.
Je ne pris la peine d'écouter ce qu'elle répliqua et montai à l'étage directement dans 'ma' chambre. Je pris ma valise et rangeai mes affaires à l'intérieur. Comment avais-je pu être aussi stupide ! Il voulait savoir où j'étais tant que je vivais sous son toit ! Bien ! Dans ce cas, je partais d'ici afin de retrouver ma liberté !
Point de vue d'Edward
Je n'arrivais pas à le croire… Bella était une… prostituée. Elle avait une sœur, qui était strip-teaseuse, mais pas n'importe laquelle ! Celle que j'avais dévirginisée, et avec qui j'avais couché deux fois !
Tu m'étonnes que le courant soit bien passé entre vous ! Ça doit être de famille ! Avec l'une tu t'entends directement, avec l'autre ça se cherche constamment !
Je n'étais qu'un idiot. Et je regrettais tout ce que je venais de dire à Bella. Même si ça m'avait permis d'obtenir des réponses, je lui avais fait mal… Et ça, je ne le supportais pas !
Parce qu'à toi elle ne t'en as pas fait peut-être ?
Si, mais je l'ai cherché… Je devrais aller m'excuser.
Tu as vraiment changé !
Est-ce mal ?
Non pas forcément… Mais tu comptes rester comme ça ? Je demande histoire que je me fasse à l'idée.
Je ne sais pas trop, sûrement que oui…
Je sortis de la piscine, enlevai ce qui restait de mes ailes et les balançai sur un transat… Un coup d'œil vers la direction où était partie Bella m'apprit que tout le monde me regardait. Alice vint vers moi en courant.
« Bon Dieu Edward ! Qu'est-ce que tu as encore fait ? Pourquoi Bella est dans cet état-là ? »
« Où est-elle ? » demandai-je sans avoir écouté ce qu'elle venait de me dire.
« Dans sa chambre je suppose… Mais… Edward ? » tenta-t-elle de me retenir alors que je me dirigeais vers l'intérieur, en vain malheureusement. Tout d'abord parce que j'avais froid. Ensuite parce que je n'avais pas envie d'écouter ma sœur. Et pour finir, j'avais besoin de me changer.
Je passai sans difficulté entre la foule de personne afin de rejoindre l'étage. Peu importe si les gens parlaient sur moi, s'ils faisaient des commentaires sur ce qu'il venait de se passer… Je les ignorais ! Arrivé en haut des escaliers, je me fis le plus discret possible. Jacob se tenait devant la porte de Bella, et visiblement il hésitait à frapper. Il s'apprêtait à faire demi-tour lorsque Bella ouvrit la porte. Je me cachai au maximum afin de pouvoir assister à leur discussion sans me faire remarquer.
« Jacob, tu tombes bien, je devais te parler. »
« Je t'écoute… »
« Je… J'accepte la proposition que tu m'as faite. Mais… Je suis désolée d'insister sur ce point, et tu vas sûrement croire que je ne m'intéresse qu'à ça, mais ça paierait combien en moyenne ? »
« Au début, tu n'es pas très connue donc tu n'auras que mes propositions qui sont payées environ deux mille dollars par séance. Mais comme tu ne manques pas de charme, si je puis me permettre… Tu auras certainement beaucoup d'autres propositions rapidement. Cependant… c'est un peu égoïste de ma part de dire ça, mais je tiens à ce que tu sois seulement ma propriété. C'est possessif certes, mais… tu es une perle rare. Tu serais certainement comparable à Kate Moss… »
« Je n'irais pas jusque-là… C'est très gentil à toi de me dire ça. »
« Mais ce n'est que la vérité. Tu as vraiment quelque chose en plus. »
J'entendis quelques pas, puis une faible inspiration de Bella. Je jetai un coup d'œil pour tomber sur Jacob qui tenait Bella par les hanches. Je me retins de vomir, lorsqu'il avança lentement ses lèvres vers celle de la fille à qui mon cœur appartenait…
Rappelles-toi qu'ils se sont embrassés et ont eu un rendez-vous en tête-à-tête. Si ça se trouve ils sortent ensemble.
Impossible, pourquoi aurait-elle couché avec moi dans ce cas ?
Parce que c'est une prostituée, elle a l'habitude de faire ce genre de chose sans scrupule.
Pourtant, il a quelque chose qui ne colle pas… La première fois que je suis allé chez elle, en compagnie d'Alice, Tanya a dit qu'elle avait perdu sa virginité il y a très peu de temps… Elle serait… prostituée depuis peu ?
Là effectivement, y'a comme une légère incohérence…
Et puis je ne sais plus quel jour exactement, le psy a dit que ça avait commencé vers ses quinze ans… Comment être une prostituée sans coucher avec les clients ? Pendant deux ans elle n'avait pas pu… vendre son corps…
Ou alors Tanya a menti…
Ou alors, Bella a menti…
Pourquoi ferait-elle une telle chose ? Pourquoi se rabaisser ?
Je n'en sais rien… C'est justement ça le problème.
J'entendis une porte claquer. Je jetai un nouveau un coup d'œil pour m'apercevoir que c'était la porte de sa chambre…
Quelque chose me dit qu'ils ne se sont pas enfermés pour parler…
Je crus que mon cœur allait se briser en mille morceaux avant d'entendre cette même porte s'ouvrir.
Edward est jaloux ! chantonna victorieuse ma conscience. Edward est jaloux ! Edward est jaloux !
La jalousie n'est-elle pas une preuve d'amour ?
Edward est jaloux et amoureux ! Edward est jaloux et amoureux ! Edward est jaloux et amoureux !
Je montai les dernières marches et rejoignis ma chambre sous les regards de Jacob et Bella. Je bouillonnais intérieurement en voyant leurs mains entrelacées, et ce fut à ce moment-là que mon cœur se brisa. Bella avait regardé ailleurs, évitant mon regard tandis qu'au contraire, Jacob l'avait soutenu.
Je me dirigeai directement vers mon placard et y pris de nouveaux vêtements toujours blancs. Je filai sous la douche avant afin d'enlever tout le chlore de mon corps et les étranges paillettes d'Alice, puis une fois m'être changé, je retournai à la fête au rez-de-chaussée qui battait son plein.
« Hey ! Eddy ! Viens par-là ! On allait commencer un action ou vérité. Tu veux jouer ? » me demanda ma sœur en utilisant mon surnom que je détestais tant.
« Pourquoi pas… » dis-je en voyant que Jacob et Bella y participaient.
Tout le monde était autour du groupe, et il me semblait que seule 'l'élite' de la soirée participait au jeu. Je m'assis entre ma sœur, qui était à ma gauche, et Bella, qui était à ma droite. À ses côtés, Jacob, puis Lauren et son acolyte Jessica, Mike, Tyler, Rosalie, Emmett, Jasper et pour finalement revenir à Alice.
« Bon… Je commence ! » déclara-t-elle toute excitée.
Je vis les bouteilles d'alcool posées devant nous ainsi que des verres. Je sens qu'on va bien se marrer !
« Bella… »
« Action ! » s'empressa-t-elle de répondre.
« Embrasse Edward avec la langue ! »
Elle aurait pu y aller progressivement quand même !
Tu ne vas pas te plaindre tout de même ! Son cabot est juste à ses côtés !
« Et si je refuse ? » demanda Bella.
« Tu acceptes ou c'est un verre de vodka ! »
Bella souffla, et me regarda d'un air blasé. Il était plus que clair qu'elle n'avait pas envie de ce roulage de pelle. Et moi qui envisageais l'idée qu'elle puisse m'aimer ne serait-ce qu'un petit peu ! J'approchai mes lèvres des siennes et à peine s'eurent-elles touchées que Bella rompit notre contact. Une fraction de seconde où le temps s'était interrompu. Une magnifique putain de fraction de seconde !
« Bella ! Mets-y du tien ! » lui reprocha ma sœurette. J'étais reconnaissant qu'elle fasse la remarque. Je voulais vraiment de ce baiser, qui serait peut-être le dernier que je pourrais avoir avec elle.
Elle souffla derechef, et approcha son visage vers le mien. Nos lèvres n'étaient même pas encore en contact, que tout le reste du monde disparut ne laissant place qu'à Bella. Nos visages n'étaient qu'à quelques centimètres. Je sentis son souffle chaud contre mon visage. Je souris légèrement et ce fut à ce moment-là, que nous nous embrassâmes. Il n'y avait rien de brutal et si Bella n'avait pas montré sa réticence à faire ce baiser avant que nous le fassions, j'aurais pu croire qu'elle avait autant envie que moi de cet échange. Nos lèvres se mouvaient en une totale synchronie, seulement, je n'oubliais pas quel type de baiser je devais lui donner. Je n'eus pas besoin de lui quémander l'accès à sa bouche car elle l'ouvrit d'elle-même visiblement impatiente… Je ne me fis pas prier et nos langues entrèrent en contact dans un échange lent mais passionné. Au bout de ce qui me semblait être de longues minutes, nous nous séparâmes à bout de souffle.
Je repris rapidement conscience du monde autour de moi. Musique, personnes, regards… Tout réapparut subitement. Jamais auparavant un baiser n'avait produit cet effet-là sur moi… Bella avait vraiment le don de me rendre différent. Mais ce changement provenait-il de moi, ou était-ce simplement elle qui n'était pas comme toutes les autres filles et femmes ?
Le simple fait qu'elle ait conquis ton cœur la rend exceptionnelle et différente.
« Ça c'était quelque chose ! » commenta hilare Emmett.
« Bon… À qui le tour ? » demanda blasée Bella, comme si elle n'avait rien ressenti pendant que nous nous embrassions. Elle semblait s'être déjà remise des émotions, alors que ma respiration était toujours saccadée. Sa poitrine parfaitement mise en valeur dans son costume de diablesse, se mouvait d'une façon extrêmement rapide mais elle paraissait calme au niveau de l'expression de son visage.
« Moi c'est quand tu veux ! » répondit Tyler avec engouement. Il devait certainement penser que la question de Bella concernait un baiser avec la langue et non pour le jeu. Ou alors, il se rendait plus stupide qu'il ne l'était…
« C'est à Emmett ! » répondit Jacob avec agacement.
Je parie 10 dollars qu'il est jaloux !
Tu es ma conscience, comment veux-tu parier ?
Façon de parler mon pote !
« Alice ! »
« Vérité ! » répondit-elle immédiatement.
« Quel a été ton meilleur coup ? »
« Heu… » fit-elle confuse. « Je crois que je vais prendre l'alcool… »
« Ça veut tout dire ça ! » éclata de rire Emmett. « Moi qui aurais cru que tu allais répondre automatiquement Jasper ! Faut croire que tu n'es pas si bon que ça Jazz ! » dit-il en mettant sa main sur l'épaule de l'intéressé, tout en se tordant de rire.
« Tyler, c'est à toi ! » se contenta de répliquer ma sœur après avoir bu cul-sec le petit verre d'alcool.
« Emmett. Action ou vérité ? »
« Action quelle question ! »
« Fais-nous un strip-tease ! »
« Tyler, je sais à quel point tu aimes mon corps absolument sublime et aux muscles sans égal, mais faut pas pousser ! Enfin ça dépend… » se ravisa-t-il. « Intégral ou pas ? »
« Jusqu'en calbute ! » s'esclaffa Tyler.
« Désolé Rosalie, c'est pour l'œil des jolies demoiselles que je fais ça. Faut bien qu'elles voient une fois dans leur vie quelque chose d'admirable. Et puis elles te jalouseront encore plus après ! »
« Ou pas… » sifflota Alice l'air de rien.
La musique retentit. You can leave your hat on de Joe Cocker… Si Emmett n'avait pas vraiment l'air d'un type très fidèle, ni amoureux à cause de son physique c'était loin d'être le cas. Sous son aspect de brute assez intimidant, il était un grand gamin totalement et irrévocablement amoureux de Rosalie. Quant à sa sensibilité, elle était cachée mais pas forcément petite, c'était même tout le contraire !
Il commença à se déhancher devant Rose, puisqu'elle le regardait de travers. Rosalie était du genre possessif et n'appréciait pas que les autres filles tournent autour de son chéri. C'est sûrement pour ça qu'Emmett lui faisait cadeau de la dance en dansant devant elle, plutôt que d'en faire profiter tout le monde en se mettant au milieu. Ceci dit, pas mal de filles (en chaleur) criaient déjà alors que mon frère n'avait pas encore retiré sa veste ! Celle-ci retirée, il la lança derrière lui et Bella se la reçut sur sa tête. La plupart explosèrent de rire tandis qu'elle la retirait et qu'elle se recoiffait. Je la vis afficher une mine assez… étrange… Je crois que c'était le moins que l'on puisse dire. Elle paraissait honteuse, mais ses yeux étaient incontestablement tristes… Pouvais-je avoir raison ?
Emmett retira sensuellement son nœud papillon, et commença à déboutonner sa chemise, autant dire que l'excitation des demoiselles monta d'un cran ! Elles n'avaient d'yeux que pour lui, alors qu'il n'en avait que pour sa petite-amie…
C'est beau l'amour !
Une fois tous les boutons défaits, Emmett en écarta les pans et se caressa le torse tout en regardant Rosalie. Elle le regardait avec une grande gourmandise. Je pariai fortement qu'elle avait mouillé sa petite culotte et qu'ils partiraient à l'étage une fois le spectacle (ou l'horreur de mon point de vue) achevé. Il retira lentement la boucle de la ceinture de son pantalon. J'étais assez étonné de la coordination et de la grâce de mon frère.
C'est vrai quoi ! Qui aurait cru qu'il était capable d'une telle chose sans se rendre ridicule ?
Attends de voir le reste ! Le haut était la partie la plus facile !
Mon frère se baissa d'une manière totalement… pas classe, et le reste fut encore pire ! Il n'était plus du tout dans le truc… Il se débattait avec ses lacets de chaussures ! Et même avec ce grand obstacle franchi, il retira ses chaussettes d'une façon si peu… sexy ! C'était à mourir de rire ! Bien sûr, Emmett faisait parti de ces petits (façon de parler) rigolos qui pouvaient tout se permettre car personne ne les prenait vraiment au sérieux. L'avantage c'est qu'il ne se prenait jamais la honte même dans les situations les plus embarrassantes et d'autant plus qu'il avait l'esprit assez insouciant, mais justement à cause de ça, on le prenait jamais au sérieux lorsque c'était important… On avait peut-être moins confiance en lui… Bref, malgré son petit numéro, toutes les filles le trouvaient craquant pour son côté espiègle et gaffeur intentionnel. L'humour était un trait de caractère particulièrement apprécié par la gente féminine, sans qu'il ne devienne trop lourd non plus…
Emmett se redressa et reprit là où il en était : à savoir son pantalon. Il descendit très lentement sa braguette sous les cris hystériques des femelles en chaleur.
Hey ! Ça va le commentateur de chaîne animalière ! Un peu de respect ! Et puis regarde un peu ta gazelle à côté ! Elle n'a pas l'air vraiment d'apprécier le show !
Bella n'avait pas l'air vraiment intéressée, préférant rester dans ses pensées, le regard dans le vide. Elle semblait triste, encore une fois.
La musique s'arrêta. Emmett était en boxer noir le plus moulant que je n'ai jamais vu ! Alice devait lui avoir pris une taille voire même deux en moins, ce n'était pas possible autrement ! Il rassembla ses affaires et se rassit à sa place, sur le canapé. Rosalie se jeta sur lui, et les autres durent se lever pour leur laisser toute la place. C'est fou comme ils étaient entreprenants, même en public !
« Hey les amoureux ! Y'a des chambres pour faire ça ! En plus si vous vous y mettez devant nous, la fête va finir en orgie générale ! » leur dis-je.
Rosalie se remit rapidement sur pieds, et Emmett se collait à son dos. On se demandait bien pourquoi d'ailleurs ! Il ne voulait pas montrer son érection aux autres ? Pourtant elle était loin d'être petite… même à treize ans lorsqu'il se masturbait sous la douche ! J'en frissonne encore en repensant à tous les cauchemars que j'avais pu faire dans le passé ! Mais j'avais la satisfaction d'en avoir une plus grosse !
Arrête on dirait Siffredi Rocco !
En plus beau !
En plus petit !
Même pas vrai !
Si tu le dis…
Les deux s'en allèrent et bien sûr, les commentaires fusèrent. Alice interdit à quiconque de monter à l'étage prétextant que c'était un endroit totalement défendu sauf en ayant l'autorisation de l'un des membres de la famille. Elle avait dit le tout d'un air assez menaçant, et je devais bien avouer qu'elle était très convaincante et qu'elle effrayait réellement ! S'attirer ses foudres revenait à s'attirer les foudres du diable !
Le jeu continua et ce fut au tour de Jessica de poser la question à Tyler, puis Jacob à Jessica, et enfin Jacob à moi !
« Je choisis vérité. » répondis-je.
« Ressens-tu des sentiments envers Bella ? »
J'étais certain qu'Alice devait sauter de joie à l'idée qu'il ait pu poser la question, et qu'elle allait l'adorer pour l'avoir fait. Quant à moi, je me contentai de faire mon sourire en coin que les filles raffolaient, mais j'ajoutai une touche de malice dedans. Aucun doute, il savait qu'il se passait quelque chose de fort entre Bella et moi, et il en était jaloux. Je pris le verre devant moi et le levai vers lui.
« À la tienne ! »
Je bus cul-sec l'alcool qui me monta directement à la tête. L'ivresse… qu'est-ce que j'avais pu aimer ça à une époque ! Me bourrer la gueule jusqu'à être à la limite du coma éthylique ou du lavage d'estomac. Je me sentis tout de même beaucoup mieux après mon premier verre ! Je devrais refuser des paris plus souvent… c'était à mon tour de poser la question à Jazz, qui choisit action…
Et c'est parti pour une partie d'enfer !
Je ne sais combien de tours plus tard, Jasper et Alice avait quitté le jeu pour faire divers cochonneries en haut ensemble…
S'ils ont pu atteindre la chambre de celle-ci avant ! Les deux étaient tellement excités !
Tyler et Mike étaient hors compétition ayant trop bu d'alcool… Il faut dire que Jessica et Lauren leur avaient donné les pires questions à répondre et actions à faire. Ne voulant pas être trop humiliés avec ça, ils choisissaient toujours la boisson. J'avais refusé de jouer trois fois, les deux paires de seins siliconés quatre fois, Jacob une fois, et Bella aucune fois. C'était désormais au tour de Jessica de poser la question à Lauren.
« Action ! » répondit-elle avec excitation. Elles préparaient un coup ensemble, je le sentais venir à des kilomètres !
« Embrasse Bella avec la langue ! Et durant trois minutes minimum ! »
Après Tyler et Mike, leur souffre douleur était Bella… Je n'aimais pas trop cette idée, mais un baiser entre deux filles canons… je ne disais pas non à la scène ! Je me demandais si Bella allait accepter… et rentrer dans leur jeu…
« Bella, tu es d'accord ? À moins que tu ne préfères un petit verre ? » demanda Lauren avec une pointe de provocation.
« Je suis partante ! » répondit-elle sur le même ton.
Chaud… Très chaud !
Lauren se leva, de même que Bella. Elles se rapprochèrent, et inclinèrent leur tête, puis leurs lèvres se touchèrent.
« Top, c'est parti ! » rit Jessica en ayant un chrono dans la main !
C'est parti pour le baiser, mais également pour mon enfer ! Je sens déjà l'excitation m'envahir.
Je sortis mon portable pour ne rien rater de l'événement comme pas mal de mecs l'avaient fait… Bella et Lauren commencèrent à s'embrasser mais pas de manière calme… Les mains de Lauren allèrent se balader sur le corps de Bella… L'une sur le creux de ses reins et l'autre sur sa fesse gauche qui ne s'en privait pas pour tripoter ! Dire que le spectacle n'était pas excitant serait un horrible mensonge ! Une diablesse avec une policière ! Une brune avec une blonde ! Deux canons… dont l'un véritablement bandant ! En parlant de ça… Certains ne se cachaient pas leur désir et se caressaient même leur sexe lorsque ça leur était possible. Personnellement, je mis ma cheville sur mon genou et mis un cousin sur ma virilité. J'avais l'air parfaitement détendu, mais foutrement excité !
Bella se faisait moins entreprenante que sa partenaire. Elle se contentait de mettre ses mains sur le visage de Lauren. Ce qui n'était pas plus mal en fin de compte. La blonde passait plus pour une allumeuse à mon goût. Une fille facile en d'autres termes… Ce qui avait l'air de ne pas lui déplaire…
Au bout de ce qui me dura quelques secondes, les deux filles se séparèrent.
« Hey bien Swan ! Je ne suis pas déçue ! » lança Lauren après le baiser. « Tu embrasses véritablement bien ! Et ta salive a très bon goût… Je me demande s'il en est de même avec ton nectar… » Comme pour accompagner ses dires, elle passa sa main sur la cuisse dénudée de Bella, qui se raidit instinctivement… Lauren continua son petit manège et déplaça sa main vers le haut, remontant au passage la jupe en cuir de celle que je chérissais tant… J'aurais dû être jaloux de ce contact, mais au contraire j'étais terriblement excité et content de voir ce qui se déroulait sous mes yeux. Lauren retira subitement sa main et se rassit sur son siège, laissant Bella immobile, probablement en train de se remettre de ses émotions.
« Si jamais tu as envie d'expérimenter de nouvelles choses ou de les renouveler… » reprit-elle d'une voix pleine de sous-entendus, « tu sais où me trouver. Tu veux peut-être mon numéro de téléphone portable pour me joindre ? » Elle avait posé la question de manière provocatrice encore une fois, espérant toucher un point sensible dû à sa condition sociale. Je m'attendais plutôt à ce que Bella lui réponde d'une manière à la remettre à sa place ou un simple non, mais elle sortit un téléphone de sa poche, chose que je n'avais absolument pas remarqué auparavant. Je me demandais quand elle l'avait acheté, ou qui lui avait offert. Jacob peut-être ? Il était riche et il l'aimait bien… Une certaine rage se fit sentir en moi, mais je me contrôlai…
« Volontiers. Quel est-il ? »
Tout comme moi, les deux blondes furent surprises. Jacob lui, semblait avoir été mis au courant… C'en était presque normal pour lui.
Ce qui signifie qu'il a été habitué ou prévenu avant… Ce qui implique qu'il y a plus de chances que ce soit lui qui lui ait offert !
Lauren demanda le portable de Bella, et lui rentra son numéro. Elle le donna également à Jessica qui en fit de même. Puis elle vint se rasseoir à côté de moi. Jacob choisit vérité dont la question était 'As-tu déjà eu des pannes érectiles ?' qui répondit négativement. Comme si un homme allait avouer ses faiblesses sexuelles devant tout le monde ! Ça revenait à croire au Père-Noël !
« Bella… » l'interpella-t-il.
« Vérité ! » se précipita-t-elle de répondre.
« Si tu avais le choix entre passer une nuit avec moi ou passer une nuit avec Edward, que choisirais-tu ? »
Voilà une question intelligente ! Au moins, on sera tous les deux fixés, sauf si Bella buvait le verre devant elle… Mais comme elle n'a pas l'air d'en vouloir…
Elle me regarda dans les yeux durant quelques secondes, prit une inspiration et se retourna vers Jacob. Elle allait dire sa réponse. Je retins ma respiration jusqu'à ce qu'elle parle. Mon rythme cardiaque s'emballa. C'était pire qu'après un intense effort !
« Toi… » souffla-t-elle à l'intention de Jacob.
Mon cœur eut un raté, avant de se briser pour la énième fois de la soirée. Comme si c'était possible ! Bella avait décidé de me faire souffrir un maximum cette nuit, il n'y avait pas d'autres possibilités. À moins qu'elle ne fasse partie d'une secte où la souffrance d'un homme était l'ultime récompense au bourreau qui détenait son cœur éperdument amoureux…
Éperdument ? Tu ne t'emballes pas un peu trop ?
Peut-être bien… Mais pourquoi ça fait si mal ?
L'amour mon pauvre… L'amour…
« Edward ? Action ou vérité ? » me demanda-t-elle d'une voix douce. Elle ne me regardait pas droit dans les yeux, et fuyait mon regard intentionnellement.
« Vérité. »
« Pourquoi n'as-tu pas répondu à la question de Jacob en début de partie de jeu ? »
« La réponse me paraissait plutôt évidente. Ce matin au petit-déjeuner, tu aurais dû comprendre les choses de toi-même avec tous les indices qu'a relevés Alice. Et tu ajoutes à cela ce que nous avons vécu ou ce que je t'ai dit, ça devrait être une évidence. »
« Pourquoi ne me dis-tu pas les mots dans ce cas ? » me demanda-t-elle dans le blanc des yeux cette fois-ci. Je fus heureux de pouvoir admirer à nouveau pleinement ce regard si gourmand et chocolaté. Lorsque nous nous regardions de cette manière-là, c'est comme si nous pouvions lire en l'autre jusqu'au plus profond de son âme. Et en ce moment, je décelai en elle de l'espoir. Un espoir qui rendait ses yeux plus brillants qu'à l'ordinaire.
« Vérité ne m'oblige à répondre qu'à une seule question. » lui répondis-je en brisant ce lien. Mais j'espérais secrètement qu'elle avait réussit à lire en moi comme dans un livre ouvert, de la même façon que je l'avais fait pour elle. Je voulais qu'elle découvre d'elle-même la peur que j'avais de la perdre, cette jalousie lorsqu'elle s'approchait trop de Jacob, cette tristesse lorsqu'elle était loin de moi, cette amour que mon cœur lui vouait. J'espérais qu'elle ait vu tout ça dans mes yeux.
« Je choisis action Edward ! » me coupa Jessica de mes pensées.
« Heu… Oui, bien sûr… » fis-je en recouvrant mes esprits et en me connectant au monde qui m'entourait.
« Heu… Pourquoi ne pas faire une danse sexy pour Jacob ? »
« Excellente idée ! »
Elle me fit un clin d'œil et demanda à ce que l'on mette Gimme Gimme More de Britney Spears et -je cite- qu'on lui apporte une chaise comme dans le clip Buttons des Pussycat Dolls…
« Désolée poupée, mais les chaises noires couvertes de diamants on n'a pas ça sous la main ! » se moqua Tyler.
Jessica se renfrogna.
« On ne pose pas la question de savoir si j'accepte ou je refuse ? » intervint Jacob.
La blonde leva un sourcil.
« Tu ne veux pas voir un peu comment je danse ? »
« Désolé, mais j'ai un peu soif… Je suis vraiment déshydraté ! »
« Dis plutôt que tu as eu trop chaud lorsque j'ai embrassé Bella… Et tout le monde sait qu'en cas de grosse chaleur, il est important de se désaltérer. Ne sois pas fâchée contre lui Jess'… Il préfère les brunes. » toisa-t-elle Bella. « Je crois que nous allons arrêter le jeu ici. Je commençais à me lasser un peu. Edward ? » s'adressa-t-elle à moi d'un ton aguicheur.
« Oui ? »
« Tu m'accordes une petite danse ? »
Je regardais Bella qui serrait légèrement les poings, mais fortement sa mâchoire. Ce pourrait-il qu'elle soit jalouse que Lauren veuille se rapprocher de moi ? Serait-elle jalouse comme moi je le suis lorsqu'elle est avec Jacob ?
Là, tu tiens un excellent moyen de lui rendre la monnaie de sa pièce ! Œil pour œil, dent pour dent ! Rends-la jalouse ! Fais-la souffrir !
C'est mal !
C'est un mal pour un bien ! Si elle t'aime, ou du moins si elle tient à toi, elle quittera Jacob et te demandera de lâcher l'autre blondasse !
Poussé par mon subconscient, je m'empressais de répondre :
« Parce que tu as besoin de poser la question ? »
Le tout accompagné par un sourire en coin et un haussement de sourcil que je voulais rempli de sous-entendus. Je me levai et m'avançai vers la piste de danse que formait désormais le salon de la villa. Je me mis contre le dos de Lauren, tandis que Jessica venait se collait contre le mien.
Super ! Manquait plus que je me fasse prendre en sandwich par deux blondes !
Ça ne t'aurait pas dérangé il y a une semaine. Tu perds vite tes anciennes habitudes ! Tu aurais déjà bandé comme un taureau et les deux filles seraient déjà dans ton lit en train de crier ton prénom !
Vieilles habitudes certes, mais les nouvelles ne sont-elles pas plus mal ?
Les anciennes te rendaient insouciant, vivant au jour le jour et prenant un maximum de plaisir. Les nouvelles te donnent la migraine à force de trop réfléchir, t'empêchant de traîner dans des bars ou des clubs de strip-teases, et te font souffrir. Dois-je répondre à ta question ou l'exposition de la réalité te fait directement visualiser la réponse ?
Le rythme de la musique était comme il fallait : ni trop lent, ni trop rapide ! Heureusement qu'Alice avait prévu de la bonne musique et pas le genre de musique que l'on peut écouter en boîte où les mouvements de danse nous épuise rapidement. Du moins, pour les moins endurants… Sexe et sport m'ont toujours été bénéfiques.
Nous entrâmes dans une danse sensuelle sur la chanson de Miles Away de Madonna. (N/A : Merci à Popolove et Edwardienne100 de m'avoir fait découvrir la vidéo sur Robert où j'ai trouvé la musique ! ^^) D'accord, aux yeux de tout le monde ce n'est pas forcément de la bonne musique, mais il a pire ! Je vis un peu plus loin Bella dans les bras de Jacob… Elle avait passé ses bras derrière sa nuque, quant à ses mains à lui, elles étaient posées sur ses hanches. S'il s'avisait de les descendre un peu plus, je le… !
Tu le… ?
Ne m'oblige pas à penser des choses que je pourrais regretter !
Dégonflé ! Déjà l'autre fois lorsqu'ils s'étaient embrassés dans les couloirs tu voulais leur faire leur fête, mais tu n'as absolument rien fait ! Donc, tu es un gros dégonflé !
Je ne vais tout de même pas prendre une arme à feu et lui tirer dessus parce qu'il touche ou tripote celle que j'aime ! Je n'ai aucun droit sur elle, et nous ne sommes pas ensemble ! J'ai le droit d'être jaloux, mais pas d'intervenir dans leur relation.
Dommage pour l'arme à feu...
Voyant qu'elle m'observait, je plaçai mes mains sur les hanches de Lauren, quant à son acolyte, elle plaça les siennes sur mon corps.
Bella se tendit immédiatement et se rapprocha de Jacob. Je crois que le but du jeu était clair : rendre jaloux l'autre, ou du moins le provoquer en flirtant avec un autre ou des autres partenaires dans mon cas. Je ne me préoccupais même pas des deux blondes se frottant vulgairement contre moi excitées comme des puces, mais uniquement de Bella dans les bras de Jacob. J'avais toujours ce même pincement au cœur, et cette douleur dans la poitrine en les voyant ensemble… Je voulais être celui avec qui elle dansait, celui sur qui ses mais étaient passées derrière sa nuque ou encore celui qui lui tiendrait les hanche et mènerait la danse…
Nous ne nous quittâmes des yeux à aucun instant. Lauren le vit et se mit face à moi m'obligeant à me regarder dans les yeux. Mais malgré ça je ne pouvais détacher mon regard de celle qui me détruisait intérieurement… Je me demandais si les dommages sentimentaux pouvaient guérir totalement ? Une fois. Une seule et unique fois auparavant j'étais tombé amoureux… J'avais cru que tous les dégâts causés par celle que j'avais chérie autrefois avaient été réparés, mais ça ne faisait que s'empirer avec Bella… Étais-je maudit ? Pourquoi n'avais-je pas le droit à un amour simple et réciproque ? Parce que là, il était clair qu'elle ne m'aimait pas… Rien qu'avec sa réponse à la question de Jacob 'Si tu avais le choix entre passer une nuit avec moi ou passer une nuit avec Edward, que choisirais-tu ?' cela renseignait bien sur sa préférence ! Qu'avais-je fait de si horrible pour mériter ça ? Jacob avait l'air d'un mec fidèle alors que moi je passais pour un coureur de jupons… Peut-être me croyait-elle du genre infidèle et préférait prendre la carte du type sûr et digne de confiance…
Je suis tout de même là pour te rappeler que tu es digne de confiance et que tu sauras être fidèle pour elle !
Je me fiche pas mal de ce que ma conscience peut croire ! La seule chose qui m'importe, c'est de savoir ce que elle, elle pense !
Du calme ! Ce n'est pas la peine de te défouler sur moi ! Pour la peine, je m'en vais !
Ça me fera des vacances !
Je peux toujours revenir si tu dis ça…
Je vis au loin Bella parler à l'oreille de Jacob. Elle me regardait toujours, et sans savoir pourquoi, je sentais que ce qu'elle venait de lui dire allait mener à son coup de grâce. Jacob s'écarta d'elle et ils se regardèrent droit dans les yeux. Ils échangèrent quelques paroles avant que Bella ne le prenne par la main et le conduise à l'étage.
Le coup de grâce : elle va coucher avec lui !
Pas forcément…
Sachant qu'elle est une prostituée, je ne suis pas sûr que coucher avec un homme la dérange tant que ça ! Surtout si elle est attirée par l'homme en question…
Mais sa révélation a été trop facile… Ça cache quelque chose…
Pourquoi mentirait-elle sur son métier ? Et pourquoi avoir choisi la prostitution ? Je ne vois pas pourquoi elle se dénigrerait comme ça… Qu'y a-t-il de pire que ce métier ?
Je n'en sais rien mais elle doit avoir de bonnes raisons…
« Edward ? » me ramena sur terre Lauren. « Pourquoi tu t'arrêtes de danser ? »
Je pris une inspiration pour dire quelque chose, mais aucun son ne sortit de ma bouche. Je me recomposai mon masque du parfait homme à femmes.
« Et si on allait dans ma chambre ? »
Bah toute suite ça va mieux…
« J'en serais ravie, mais que fais-tu de Jess ? »
Je me retournais vers elle.
« Elle nous accompagne. On trouvera bien une chose amusante à faire tous ensemble… » fis-je en sous-entendant des choses. Si Bella tirait son coup, moi aussi ! Je voulais me venger. Faire ce que j'avais envie d'affliger à Bella mais à d'autres filles… Je voulais tellement qu'elle souffre comme moi je le faisais… Faire le plus de bruit possible pour qu'elle prenne conscience qu'elle rate quelque chose !
Lauren et Jessica ronronnèrent à cette idée et s'empressèrent de monter à l'étage en me traînant avec elle. Je surpris Alice et Emmett à me regarder gravement. Les deux fronçaient les sourcils. Alice me regardait avec peine reflet de ce que mon propre regard devait lui renvoyer, tandis qu'Emmett me lançait des éclairs. Il avait raison de faire ça… J'allais faire une énorme bêtise, je le savais. Mais je donnerais tout et n'importe quoi pour ne plus ressentir les battements de mon cœur comme des coups de poignard dans ma poitrine. Et s'il fallait que je fasse ce que j'allais faire pour y parvenir, ne serait-ce que quelques minutes alors j'étais prêt à le faire.
Nous étions maintenant devant la porte de ma chambre. Elles me firent pénétrer dans ma pièce et refermèrent la porte en la faisant claquer. Elles commencèrent à me déshabiller… L'une le haut et l'autre le bas, mais je les arrêtai avant qu'elles n'aillent plus loin.
« Les filles, commencez sans moi je reviens dans quelques minutes… Je n'en ai pas pour longtemps… » les prévins-je avant de sortir rapidement. J'avais le col de ma chemise complètement défait, ainsi que la boucle de ma ceinture. Je marchais en direction de la porte adjacente à celle de ma chambre. Je penchai ma tête vers celle-ci afin d'entendre les échanges qu'ils pouvaient y avoir à l'intérieur. Je n'entendis rien jusqu'à un gémissement… Je reconnus immédiatement à qui il appartenait…
Dans ma jalousie, je ne réfléchis pas vraiment à mon acte et ouvris la porte discrètement de sorte à ce qu'ils ne me repèrent pas. Heureusement et malheureusement, la porte n'était pas verrouillée. Ce que j'y vis au travers me glaça le sang.
Ce qu'on ignore ne peut nous faire souffrir et la curiosité est un très vilain défaut. Tâches de t'en souvenir la prochaine fois !
Jacob était au-dessus de Bella, tous deux allongés sur son lit… Il l'embrassait dans le cou tandis qu'elle le déshabillait. Jusque-là, je n'avais pas prêté attention à son costume. C'était la panoplie complète du vampire…
Avec un peu d'humour, tu pourrais les interrompre en faisait croire que c'est un véritable vampire et qu'il s'apprête à planter ses crocs dans sa jugulaire…
Idiot !
Je refermai la porte discrètement et rentrai dans ma chambre bien déterminé à oublier Bella par les deux blondes à ma disposition !
Point de vue de Bella
Ok… Je suis en train de faire une énorme bêtise, mais j'en suis consciente, c'est le principal, non ? Je ne pourrais même pas me dire que je faisais cette énorme erreur les yeux fermés, parce que mes yeux sont grands ouverts ! Je n'ai même pas d'alcool dans le sang sur qui rejeter la faute… Je fais une énorme bêtise et je ne fais rien pour la stopper… Je suis définitivement masochiste !
« Dis Bella… » hésita Jacob sur moi, me ramenant sur la terre ferme… « Je ne te sens pas trop dans le truc… »
« Toi non plus… À moins que tu ne sois long à démarrer… » fis-je allusion au fait qu'il n'ait pas d'érection.
Il souffla et s'allongea sur le côté.
« Ça fait très cliché comme situation… »
« Pourquoi tu dis ça ? »
Il s'appuya sur son coude. Je sentis son regard insistant sur moi, et tournai la tête.
« Et bien… Je n'ai pas vraiment été honnête avec toi… Je… J'ai… » sanglotai-je. Il me prit dans ses bras ma caressant les cheveux afin de m'apaiser, mais ça ne fit que produire l'effet inverse ! Ce n'était pas cette odeur, ces mains ou même ce corps que je voulais. Je voulais Edward… celui que j'aimais !
« Chuut Bella… Tu n'as pas à t'en faire. Quoi que tu aies pu faire… »
« J'ai… J'aime Edward… Je… J'ai voulu le rendre jaloux en me servant de toi… Je t'aime bien aussi… mais… ce n'est pas pareil… Je… ressens aussi de l'attirance pour toi… mais ce n'est… pas pareil… » pleurai-je sans retenue.
« Tu as déjà dit ça Bella… Et tu n'as pas à te sentir coupable car… moi aussi je n'ai pas vraiment été honnête. »
J'essayai mes larmes du revers de la main et le regardai droit dans les yeux, remplie d'incompréhension. Il souffla et commença à m'avouer la vérité sur un ton gêné et honteux.
« Je crois que je suis gay. » me dit-il d'un ton incertain. « Tu es la seule fille qui ait su attirer mon attention et… un peu de désir… Je voulais vérifier si ça… pouvait fonctionner avec toi. Si j'arrivais à avoir des érections en imaginant ton corps… » fit-il avec une certaine crainte.
Je lui souris afin de le rassurer. À vrai dire, j'étais assez soulagée d'apprendre la nouvelle. Je ne voulais pas le faire souffrir… mais apparemment, j'étais vraiment bien tombée.
« Je suppose que si tu m'avoues ça c'est que tu n'as rien ressenti… »
« Si… mais vraiment rien comparé à ce que j'espérais… Tu m'en veux ? »
« Non, ne t'en fais pas. Je n'osais pas te dire que je ne ressentais pas non plus grand-chose lorsque nous nous sommes embrassés. Que faisons-nous maintenant ? »
« Je n'en sais rien… Tu veux toujours rendre jaloux Cullen ? »
« Je suis horrible n'est-ce pas ? »
Je le vis hésiter à me poser une question au lieu de me répondre… Sauf que je la compris sans même qu'il ne me la pose.
« J'espérai que s'il me voyait avec quelqu'un d'autre, il réaliserait ses sentiments pour moi. J'étais certaine qu'il ressentait la même chose que moi, sauf qu'il préfère deux paires de faux seins à moi… »
Jacob me prit dans ses bras tandis que je me remettais à pleurer. Puis, nous entendîmes des cris provenant de la chambre d'à côté. Sa chambre. Sauf que ce n'étaient pas des cris masculins que j'entendais, mais des cris féminins… Je craignais le pire…
Quand tu penses à 'pire', tu penses au fait qu'il couche avec les deux blondes ?
Je me dégageai de son emprise et me rendis dans ma salle de bain, pour mieux distinguer les cris…
« Oh ouiiiii ! Edward ! Continue ! » résonna la voix de Jessica.
Masochiste que je suis, j'avançai encore dans la pièce jusqu'à coller mon oreille au mur commun entre ma salle de bain et sa chambre. J'entendais très clairement trois personnes… Deux gémissements, l'un masculin et l'autre féminin, et des cris de plaisir poussés par Jessica.
Je me laissai glisser jusqu'au sol et pleurai sans retenue. Je ne sentis pas Jacob venir me prendre dans ses bras et me porter jusqu'au lit… Je sombrai peu à peu dans le noir…
Lentement, je sortais de mon sommeil improvisé. Ma tête reposait sur quelque chose de chaud, assez dur, mais surtout mouillé… J'ouvris les yeux et me redressai. Jacob me regardait avec un air désolé. Je baissai le regard sur sa chemise noire de vampire…
« Ta chemise… elle est… » versai-je de nouveau quelques larmes avant d'éclater en sanglots.
Jacob me reprit dans ses bras et me berça tout en me chuchotant des paroles réconfortantes. Je redevins calme au bout de plusieurs longues minutes, peut-être même une heure… Pourtant, je sentais que mes larmes pouvaient refaire surface à n'importe quel moment.
« Jacob ? »
« Oui, Bella ? »
« Pourquoi tu as dit 'je crois que je suis gay' tout à l'heure ? Tu n'en es pas sûr ? » fis-je en relevant la tête vers lui. Il avait l'air mal à l'aise…
« Je travaille constamment avec des femmes portant des sous-vêtements plus que sexys… et… » Il marqua une pause dans sa déclaration en me regardant droit dans les yeux d'un air songeur. Je voyais bien dans son regard qu'il se demandait s'il pouvait tout m'avouer sans que je ne révèle rien à autrui.
« Tu peux me faire confiance, ne t'en fais pas. »
Il me sourit faiblement après avoir soufflé un petit coup. Sûrement devait-il être soulagé…
« Je n'ai jamais ressenti le moindre désir pour toutes ses femmes à moitié dénudées. Je remarquais bien que j'avais un problème. Tous les autres hommes avaient des érections qu'ils tentaient tant bien que mal de dissimuler. En me rendant aux toilettes, je les voyais souvent se masturber. Tout le monde avait l'habitude, sauf les petits nouveaux… Sauf que quand je m'y rendais, c'était les érections et pénis des hommes présents qui déclenchait mon propre désir quand je les regardais. Toutes les mannequins avec qui je travaille me qualifient de professionnel parce que contrairement aux autres, je ne leur fait aucune avance et que je ne les regarde pas perversement… »
« Mais en vérité, c'est parce qu'elles ne t'attirent pas du tout… » terminai-je à sa place.
« C'est exactement ça… » confirma-t-il mes paroles.
Il resta silencieux, voire méditatif, tandis que j'essayais d'assimiler tous ses aveux.
« Je ne vois pas où est le problème… » finis-je par déclarer. « Chacun sa préférence de partenaire… »
« Bella… » fit-il en se pinçant entre les deux yeux, ce qui eut le don de me rappeler le geste habituel d'Edward. Je ravalai une fois de plus, mes sanglots qui menaçaient plus que jamais de se libérer. « Je joue dans une équipe de football. Je me change dans les mêmes vestiaires de plus qu'une quinzaine de mecs tous plus désirables les uns que les autres. Je prends ma douche, nu, en même temps que ces mecs qui le sont autant que moi. Crois-tu qu'il n'en aurait rien à faire qu'un des joueurs soit homosexuel et qu'il fantasme sur eux lorsqu'il les voit à poil ? Si jamais ça venait à se faire savoir, je serais exclu automatiquement. »
Évidemment… Vu sous cet angle-là…
« Tu n'as qu'à jouer en club ? »
« Ça reviendrait au même… Je ne pourrais pas m'afficher avec celui que j'aime au lycée par exemple, parce que nous sommes dans une petite ville, et que les nouvelles vont extrêmement vite pour se répandre. »
« Je suis désolée… Tu pourrais peut-être éliminer les soupçons en faisant croire que tu as une petite-amie. »
Il me regarda avec une intensité déconcertante, avant de se frotter l'arrière du crâne.
« Toi, t'hésites à me demander quelque chose… » devinai-je.
« Mais j'aurais l'impression de me servir de toi… »
Je compris que Jacob n'était pas quelqu'un qui demandait des services sans jamais en rendre en retour, et qu'il détestait en demander lorsque ça lui était nécessaire. Je ne pense pas que ça avait à voir avec sa fierté, son égo, ou même une gêne vis-à-vis d'une certaine dépendance, mais juste parce que Jacob avait l'air quelqu'un de bien qui ne voulait déranger personne.
« Allez ! Dis-moi ce que tu voulais me demander. » le poussai-je à se confier, sachant pertinemment ce qu'il allait dire.
« Quand tu as parlé de faire croire que j'avais une petite-amie et bien… J'ai pensé à toi. » Il étudia mes traits durant quelques secondes afin d'observer ma réaction, mais je lui fis signe de continuer. « Tu pourrais me protéger, m'aider à cacher mon homosexualité… En contre partie, je t'aide à rendre jaloux un maximum Edward afin qu'il vienne vers toi. Ça ne sera que provisoire, dès que tu voudras arrêter notre compromis, tu le pourras, et inversement. Je te promets également que si tu as le moindre service à me demander, je serais là pour toi, et quelque soit ce service. Tu pourras même m'en demander plusieurs. Alors… tu… Tu acceptes ? » fit-il plein d'espoirs.
« Ça me semble un très bon compromis. J'accepte. Il y a une durée minimum imposée ? Je demande au cas où, parce qu'imaginons que je décide de me mettre en couple avec Edward demain matin… Ça ne servirait pas à grand-chose pour toi, et là, ce serait moi qui t'aurais le plus utilisé… »
« Ne t'en fais pas pour ça Bella. »
Nous nous allongeâmes sur le lit. Je passai mes bras autour de sa nuque et lovai ma tête dans le creux de son cou. Il plaça ses mains sur le creux des mes reins et me caressa le dos. Je me laissai complètement aller dans ses bras. J'avais énormément besoin d'affection… Je me sentais extrêmement triste.
Je ne pus m'empêcher de retenir mes larmes lorsque de nouveaux cris de jouissance se firent entendre depuis la chambre d'à côté. Jacob m'apaisa du mieux qu'il pouvait mais ça ne changea pas grand-chose…
« Bella ? Tu sais simuler un orgasme ? » me dit-il malicieusement. Je le regardai attendant qu'il développe, l'idée qu'il avait certainement derrière la tête…
Point de vue d'Edward
Je suis con. Je suis con. Je suis con. Je suis con. Je suis con…
Tais-toi ! On sait tous à quel point tu es con mais arrête de répéter cette putain de phrase depuis que tu es rentré dans cette putain de chambre ! s'énerva ma conscience. Ça faisait même un sacré boucan !
Nous avions cette fois-ci inversé les places, ou plutôt devrais-je dire : Lauren et Jessica avaient permuté leur place… Je faisais un cunnilingus à Lauren, sans réelle envie, tandis que Jessica me faisait une fellation.
Je donnerai n'importe quoi pour revenir rien qu'une petite semaine en arrière ! Ou même quelques heures ! Pourquoi avais-je proposé aux filles de venir dans ma chambre ? Ou de commencer sans moi ? Tant qu'à faire qu'elles continuent et finissent sans moi !
Je suis définitivement con !
J'ignorai totalement les cris ou gémissements de mes partenaires. Je me demandais d'ailleurs, comment avais-je fait pour avoir une érection sans en avoir envie… Peut-être en repensant à Bella ? À ce que nous avions fait dans les vestiaires du lycée… ?
Je sortis de mes pensées lorsque j'entendis la douche couler dans sa salle de bains…
Pas d'inquiétude… Elle doit seulement prendre une douche. Elle n'est pas forcément accompagnée.
Sauf s'il s'agit d'une douche post-orgasmique… ? Et si c'est le cas, il y a de fortes chances qu'elle ne soit pas seule…
Je suis persuadé qu'elle n'a rien fait.
Tu ne te rappelles pas de ce que tu as vu tout à l'heure en regardant dans sa chambre ? C'est ce qui est en parti dû à ce que tu es en train de commettre… Et puis, tu n'entends pas ?
Quoi ?
Écoute !
J'entendis Bella -sans le moindre doute possible- gémir dans la pièce d'à côté. Sauf que le genre de gémissement qu'elle produisait, était identique à ceux d'hier dans les vestiaires en ma compagnie…
On dirait bien que la douche post-orgasmique s'est transformée en douche coquine… Le veinard ce Jacob ! Deux fois dans la même soirée… alors que toi, t'es coincé avec deux blondes et que tu n'as pu coucher avec elle qu'une seule fois vite fait dans les vestiaires !
On ne peut même pas t'appeler 'conscience' ! Tu ne sers à rien à part à m'enfoncer un peu plus !
Tu sais quoi ? Je m'en fous un peu… Si tu revenais à la réalité ? Il y a des choses qui risquent de te déplaire…
Revenant à moi-même, je m'aperçus que le sexe de Lauren n'était plus au-dessus de mon visage, et que Jessica n'avait plus sa bouche autour de ma queue étant donné que mon érection s'était volatilisée…
Tout le monde sait qu'une érection ne se volatilise pas comme ça… Mon pauvre Eddy ! T'as du souci à te faire à propos de ta virilité… Les troubles érectiles commencent par une toute petite panne puis ça se finit… mal…en général…
Les filles me regardaient avec un air bizarre. Foutu pour foutu, je me rallongeai en les ignorant et mis mes mains sur mon visage. J'espérai mieux me concentrer pour réfléchir, mais les cris de Bella m'en empêchaient… sans parler des coups de butoir qu'il devait lui mettre entraînant des coups dans le mur…
« Oh ouiiii… Ouiiii… Continue… » cria-t-elle.
Je me réfugiai dans ma salle d'eau et claquai la porte. Je me mis sous la douche, sous l'eau chaude. J'avais besoin de sommeil… D'ici je ne pouvais plus entendre Bella, mais Lauren et Jessica me demander ce que j'avais. Bien sûr, je ne répondis rien. Et leur dire la vérité était inenvisageable. J'ai eu une panne parce que celle que j'aime prend du plaisir avec un autre, et que sa jouissance me fait perdre tous mes moyens… Idiot !
Je les ignorai et continuai mes pensées. Je m'appuyai contre la paroi de la douche tout en laissant l'eau couler sur mon corps. Cette douche était notre douche. Nous n'avions certes pas fait grand-chose dessous à part se provoquer en nous masturbant, d'abord seuls puis par l'autre, mais nous avions quelque chose de commun avec… Celle de sa chambre me rappellerait toujours cette soirée et cette nuit…
Je devins dur en me remémorant tous les moments plutôt intimes que nous avions partagés. Ma main se déplaça d'elle-même jusque sur mon sexe turgescent, et commença à le masturber doucement en l'imaginant. Les deux blondes vinrent gâcher mon moment de plaisir en pénétrant dans ma salle d'eau. Quand elles virent que j'avais retrouvé la forme, elles voulurent venir vers moi mais je les repoussai.
« Vous n'avez pas compris que je me fais plus plaisir lorsque je suis seul, que lorsque je suis en votre compagnie ? Et toi Lauren, tu as déjà oublié ce que je t'ai dit l'autre fois au lycée ? »
Elle eut les larmes aux yeux et s'enfuit dans ma chambre. Sa meilleure amie me regarda méchamment avant de proférer des menaces à mon encontre.
« Tu regretteras de t'être servi de nous. Et maintenant on sait que tu n'es pas vraiment le dieu du sexe. Que diraient toutes ces filles si elles savaient que tu avais des problèmes d'érection. »
« Excuses-moi Jessica, mais lorsqu'on voit ta face, c'est difficile de bander… » rétorquai-je. « Et au moins tu me rendrais une fière chandelle en leur racontant mes problèmes comme tu aimes le dire. Je n'aurais plus à les rembarrer comme je le fais avec toi. »
Elle fulmina dans son coin et rejoignit Lauren dans ma chambre. J'espérai qu'elle avait saisi le message, qu'elle le transmettrait à sa copine, et que les deux s'en iraient me foutant ainsi la paix. Bien sûr, j'espérai également que Jessica ne dirait rien quant à ma petite défaillance de cette nuit…
Je mis fin à ma douche environ une demi-heure plus tard, frustré. Elles m'avaient encore une fois, coupé mon envie… Je me séchai avec la plus grande lenteur dont je disposais. D'abord parce que je n'avais pas envie d'assister de nouveau aux ébats de Bella et Jacob et ensuite parce que je craignais que les deux pimbêches ne soient restées dans ma chambre. J'accrochai ma serviette autour de ma taille, et entrouvris la porte. Un petit coup d'œil dans ma pièce m'apprit que je serais seul. Ni de cri, ni de Lauren, ni de Jessica. Parfait !
Après vérification que les deux filles ne s'étaient pas cachées dans mes placards, je fermai la porte à clé. La fête devait avoir pris fin puisqu'aucune musique ne me parvenait d'en bas. Je me glissai sous les draps de mon lit, et m'endormis presque aussitôt…
Point de vue de Bella
Je me retenais d'exploser de rire pour ce que je venais de faire. Presque qu'aussitôt que j'avais commencé à gémir plutôt… fortement… les choses se calmèrent dans la pièce d'à côté. Et moi qui pensais ne pas être capable de faire une telle chose ! J'avais finalement pris du plaisir à faire une telle chose. Pas à faire souffrir Edward, mais à simuler tout en imaginant ce qu'il pouvait être en train de me faire. Était-il possible d'avoir un orgasme rien que par la pensée ? C'était vraiment ce que j'avais ressenti sur le moment, mais ça me paraissait un peu stupide et anormal. Oui, voilà… ce devait être ça. Je suis anormale !
Les deux blondasses avaient fini par sortir de la chambre d'Edward après qu'il se soit retiré dans sa salle de bain d'après ce que j'avais entendu. J'avais même cru avoir entendu les deux filles parler de 'divulgation de son problème d'érection', cependant je n'en étais pas vraiment certaine. Edward, avoir des problèmes d'érection ! Laissez-moi rire ! C'était plutôt l'inverse ! Ce mec était tout ce qu'il a de plus puissant et viril !
Je finis par proposer à Jacob de passer la nuit ici, avec moi. Nous nous mîmes au lit tous les deux nus, après nous être lavé mutuellement sans le moindre incident. Je m'endormis en totale confiance. Après tout, Jacob était gay non ? Il ne tenterait rien avec moi…
Retour au présent
Point de vue de Bella
Après de longues minutes, très longues minutes, je sortis de la douche assez sereine. J'avais toujours mal au crâne comme si je m'étais cognée violemment, mais maintenant que les évènements m'étaient en tête je me sentais moins perdue. Ok, j'avais fait des choses vraiment stupides durant la soirée, mais c'était 'mieux' que ce que j'avais imaginé. Je n'avais pas couchée avec Jacob -du moins au sens sexuel- mais pas non plus avec Edward –et là, dans les deux sens ! En revanche lui, avait pris son pied avec Lauren et Jessica. Même si je ne les avais pas vus ensemble dans la chambre, j'étais convaincue que c'était elles. Qui d'autre pour accepter un plan à trois que ces deux là… Surtout lorsque je repensais à ce que Lauren m'avait proposé après notre baiser ! Quelle horreur ! Quant à Edward, j'étais assez déçue de son attitude. Je pensais qu'il avait des sentiments pour moi, mais là, il me prouvait tout le contraire.
Remise à jour : tu es amoureuse de lui, tu dors nue avec Jacob et tu simules avec lui sous la douche… Cherche l'erreur !
Je ne vois aucune erreur !
Tu as voulu le rendre jaloux en flirtant avec Jacob. Tu as dû simuler parce que tu n'avais pas le cran de coucher avec un autre type, et que cet autre type est gay. Edward a voulu faire la même chose, sauf qu'il a eut les partenaires adaptées et qu'il est assez audacieux (ou con) pour vraiment coucher avec elles !
Donc, ton hypothèse c'est que lui aussi est amoureux, mais nous nous rendons jaloux pour rien car on a trop peur d'avouer ses sentiments à l'autre ?
Exactement !
Alors pourquoi il aurait couché avec ces filles ?
Pour les mêmes raisons que toi, tu as voulu coucher avec Jacob ! C'est ce que j'essaye de te faire comprendre depuis le début !
Alors lui aussi aurait mal de me voir avec un autre ?
Exactement !
Je méditais sur mes réflexions…
Plutôt les miennes ! répliqua ma conscience.
Peu importe, ça revient au même !
Donc… Je méditais sur mes réflexions… Toute cette soirée n'était que du gâchis… Si Edward m'aimait et que je l'aimais en retour, pourquoi à l'heure qu'il est, nous ne sommes pas ensemble ?
Peut-être parce qu'une certaine Isabella Marie Swan a menti sur toute la ligne alors qu'il m'était les choses au clair avec elle…
Ok, je le reconnais, c'était sûrement la pire bêtise de la soirée.
Ça et les insultes à son encontre. Je suis certaine qu'il n'était pas tant énervé que ça contre toi.
Ce n'est pas le sujet !
Je vais te donner un conseil : dis-lui la vérité. Dis-lui qui tu es, ce que tu fais, que ce que tu as dit la nuit dernière n'était que des mensonges et que tu ne pensais pas réellement ce que tu disais.
Tout lui dire en gros…
Exactement !
Arrête avec cette expression, tu commences à me taper sur les nerfs !
Dans ce cas arrête de te parler à toi-même en te fixant dans le miroir !
Ce n'est peut-être pas une si mauvaise idée que ça…
Je me séchais vite et me coiffai du mieux que je pouvais, me faisant une tresse avec mes cheveux mouillés. Je sortis de la pièce. Jacob se trouvait assis au pied de mon lit, le visage inquiet. Il vint rapidement vers moi.
« Je suis désolé si j'ai pu faire quelque chose de mal. Je voulais te remonter un peu le moral en te faisant lever d'une manière agréable, mais ça n'a pas vraiment fait l'effet escompté… »
« Ne t'en fais pas. En me réveillant, je n'avais pas les idées très claires et avec ce que tu as fait… Et bien j'ai cru que… toi et moi… on avait… enfin… tu vois ce que je veux dire ? »
Je le sentis de détendre et nous rîmes quelque peu. J'étudiai ses habits. Il avait remis son costume de la vieille, mais sans la cape. Il ne portait plus qu'une chemise noire –à présent parfaitement sèche- et un pantalon assorti. Je me rendis soudainement compte qu'il était habillé de façon opposée à celle d'Edward hier. Nous étions plus assortis ensemble que je ne l'étais avec Edward, mais comme on dit 'Les opposés s'attirent !'
On dit aussi que ceux qui se ressemblent, s'assemblent…
Je me rendis vers mon sac que j'avais commencé à faire la nuit dernière et y pris des affaires. Je laissai tomber ma serviette au sol et m'habillai de dos à Jacob, mais tout de même sous son regard. Il était gay, donc pas de risque qu'il tente quelque chose.
Tu te l'es déjà dit plusieurs fois, mais je te rappelle que tu es tout de même la seule fille qui l'attire. Le risque zéro n'existe donc pas avec toi !
Peu importe ! Et fais-moi plaisir, arrête les expressions médicales comme ton risque zéro ! C'est déprimant !
Je me retournai vers mon invité, et lui proposai de descendre prendre le petit-déjeuner ici. Il refusa prétextant qu'il devait finir de travailler sur sa prochaine collection de sa boîte, mais aussi qu'il ne voulait pas être présent dans la même pièce qu'Edward sachant ce que nous avions fait hier.
« Je me sens gêné vis-à-vis de ça… Tu peux le comprendre ? »
« Bien sûr ! Je ne te retiens pas plus longtemps dans ce cas. Mais tu étais moins timide hier ! » remarquai-je sur le ton de plaisanterie. Il se gratta l'arrière de son crâne avant de me faire la bise.
« N'oublies pas le contrat ! » lui fis-je rappeler en désignant l'enveloppe sur ma commode.
« Je vais régler toutes la paperasse supplémentaire et tu pourras participer dès le prochain shooting. »
« Je te remercie. Je t'accompagne jusqu'à la porte. »
« Cette fois-ci, c'est moi qui te remercie. » sourit-il.
Nous descendîmes les escaliers et allâmes jusqu'à la porte sans croiser personne.
« Je te raccompagne jusqu'à ta voiture. » lui dis-je en sortant à mon tour de la villa. Je le raccompagnai jusqu'à sa voiture, qui était garée jusque devant le porche. Nous nous enlaçâmes étroitement.
« Je te remercie pour cette nuit Jacob. » lui murmurai-je à l'oreille. « Et en fait, pas seulement que pour cette nuit. Je te remercie pour tout ce que tu fais pour moi alors que nous nous connaissons à peine. »
Il s'écarta légèrement de moi, mais toujours en train de m'enlacer.
« Nous devons remédier à ça alors. Que dirais-tu d'un dîner ? »
« Pourquoi pas. C'est inclus dans le plan 'Cullen' ? J'entends par-là, la partie de notre accord. »
« Si tu veux. D'ailleurs, si tu veux tout savoir… » dit-il en observant brièvement par-dessus mon épaule, « il nous observe. »
J'étais tentée de regarder, mais me contraignis à m'en empêcher. Je préférai changer de sujet.
« Ne t'en fais pas Jacob, pour ce que tu m'as dit. Ton secret sera bien gardé. D'ailleurs, j'aurais à mon tour besoin de te confier quelque chose. »
« Pas de problème. Mais je n'attends pas de toi que tu me dévoiles toutes tes facettes. Ce n'est pas parce que je le fais, que j'attends la même chose en retour. Pour le rendez-vous, tu es libre lundi soir ? »
« À priori oui. Au pire tu as mon numéro. »
Il hocha la tête avant de m'embrasser sur la joue et de monter dans sa voiture, sans avoir omis de me dire à demain. Je regardai la voiture, jusqu'à ce qu'elle ait disparue de mon champ de vision. Je voulus prendre mes jambes à mon cou sachant parfaitement ce qui m'attendrait derrière la porte d'entrée.
Je parvins néanmoins à faire demi-tour, monter les quelques marches pour arriver devant la porte, poser ma main sur la poignée et pousser la porte.
Triste mais énervé, il se tenait devant moi les bras croisés sur son torse.
Je sens qu'une nouvelle discussion s'impose…
