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Une pluie fine le réveilla en s'écrasant sur son visage. Il ouvrit les yeux : Le ciel étoilé qu'il avait admiré la veille avait laissé place à d'épais nuages qui se déchargeaient de toute l'eau qu'ils contenaient.

Le ciel pleurait la perte de sa plus brillante étoile, tout comme lui.

Le sol était chaud sous lui, preuve qu'il avait dormi sur sa terrasse tout la nuit. Il se leva

difficilement, engourdi par la position inconfortable qu'il avait adopté, « fœtale », cette méthode de réconfort que tout humain adoptait.

Jack eut une petite pensée émue pour les Asgards qui ne connaissaient pas cette posture, pour la simple raison qu'ils ne naissaient pas du ventre de leur mère, mais d'une machine qui les clonaient.

Il manqua de tomber en ratant une marche pour descendre prendre son petit déjeuner, et se rendit compte qu'il avait froid, qu'il avait mal un peu partout (le pire étant encore le mal de tête qui l'assourdissait), et qu'il n'avait goût à rien. Même la perspective d'une partie de pêche ne lui était d'aucune saveur, ne réveillait plus rien en lui.

Soupirant, il se fit quand même réchauffer le peu de café qu'il restait dans sa cafetière, et datait à vue d'œil d'au moins deux jours, puis alla se changer, trempé du crachin qui était tombé durant son sommeil.

Depuis sept ans qu'il avait pris sa retraite, son existence ne lui avait jamais semblé plus pesante, ennuyeuse, et sans but. Il errait sans savoir où il allait...

Il se regarda dans son miroir alors qu'il se changeait :

L'homme qu'il voyait était complètement différent de celui qu'il avait été. Il ne s'était pas rasé depuis plus de deux semaines, ses rides ne le différenciaient plus des vieux aigris qui pourrissaient en maisons de retraite. Il avait pitié de lui même, pauvre homme qui n'avait jamais eu de but personnel que de se retrouver à la retraite, tout en mettant fin à sa vie.

Son oreille capta des pas dans son allée. Jetant un coup d'œil rapide à sa pendule, il jugea que c'était l'heure à laquelle passait son facteur. Il alla donc ouvrir au petit homme dégarni, disparaissant complètement derrière un paquet sur lequel seul la mention « Jack O'Neill » figurait, écrit par une main fine que l'ex général n'eut aucun mal à reconnaître : C'était sans aucun doute Carter qui avait expédié ce paquet.

« Salut Jack, j'ai trouvé ça au bureau, alors comme j'étais le seul à savoir où il devait atterrir, je te l'ai apporté.

Jack approuva d'un signe de tête :

-Merci Peter, qu'est-ce que je te dois ? Demanda-t-il en le débarrassant de son fardeau.

-Oh rien tu pense ! Ça me fait plaisir de bien faire mon job. Par contre, toi t'as une mine effroyable ! T'es sûr que ça va mon vieux ?

-Oui, juste une mauvaise nuit, tu sais les insomnies dues à la pleine lune.

Le postier éclata de rire et leva le bras pour lui taper l'épaule :

-Tu m'feras toujours rire toi ! La pleine lune, et pis quoi encore ? T'y a jamais cru ! »

Jack plissa les yeux en souriant, puis remerciant encore une fois son vieil ami, il referma la porte, intrigué par le paquet qu'il venait de recevoir.

Il posa l'imposant carton sur sa table de cuisine, attrapa un cutter, et entreprit d'ouvrir son

« cadeau ».

Cette histoire était plus qu'étrange. Il apprenait la mort de Sam et le lendemain il recevait un paquet expédié de sa main...

Balayant ses questions, il ouvrit le colis : Du polystyrène semblait protéger un objet assez imposant et en fouillant parmi les blocs qui crissaient sous ses doigts, il finit par toucher une surface froide. Il vida le contenu du paquet, et finit par voir complètement l'objet : C'était un miroir. Un miroir de salle de bain tout ce qu'il y a de plus commun. Décidément, Carter avait des idées pour le moins étranges !

O'Neill eut beau chercher, le carton ne contenait aucun message, aucune trace qui puisse le mettre sur la voie de la compréhension.

Oh évidemment, il ne pouvait pas nier que l'objet était très décoratif, et irait très bien dans son entrée, mais il n'en restait pas moins qu'il se sentait encore moins intelligent que d'habitude pour ne pas comprendre pourquoi la jeune femme lui avait envoyé un miroir.

« elle se fiche de moi ! » Grogna-t-il.

Après tout, c'était peut-être un canular ! Son anniversaire était passé depuis près d'une semaine, et elle avait peut-être voulu lui faire une farce en lui rappelant que même retraité, il pouvait prendre soin de son apparence... Mais dans ce cas là, pourquoi ne pas avoir mis l'adresse complète sur l'entête du colis ? Et était-il possible qu'il n'y est

absolument aucun rapport avec la mort du général ? Il ne pouvait pas y croire, il y avait forcément quelque chose qui clochait dans cette histoire.

Il porta le miroir à bout de bras, histoire d'avoir une meilleure vue de l'ensemble, et fronça les sourcils. Non, il ne voyait pas du tout quel intérêt elle avait eu a lui envoyer un objet aussi...Banal, et aussi peu adapté à sa personne. Il le retourna, le secoua dans tous les sens, sans pour autant comprendre plus qu'avant.

« Bizarre » Chuchota-t-il.

Il se mit dans l'idée de l'accrocher quelque part, en espérant trouver un jour la signification cachée de l'expédition.

En attendant, il se dit qu'un peu d'ordre dans son domaine ne lui ferait pas de mal pour prendre un nouveau départ.

Il se lança donc corps et âme dans le rangement et le nettoyage, qu'il n'avait pas fait depuis la mort de Charlie ni le départ de sa femme.