Titre : La Rose au Crépuscule.

Auteur : Kyutora.

Couples : Kiba Inuzuka × Neji Hyûga, Naruto Uzumaki × Sasuke Uchiha, et peut-être d'autres.

Commentaires : Chose promise, chose dûe. Un chapitre de transition, qui devrait vite aboutir à des choses plus intéressantes. J'ai profité de la journée de hier pour restructurer le scénario et dresser un fil conducteur solide à la fic. L'intrigue devrait se dessiner dans quelques chapitres. Bonne lecture !


Avec précaution, j'applique un autre bandage sur la patte antérieure gauche d'Akamaru. Après avoir désinfecté la plaie, et fait une bonne dizaine de tours avec le bandage, je fais un nœud bien serré. Akamaru est allongé dans ma chambre, par terre, sur le flanc, les yeux fermés et la respiration régulière. On peut dire, je pense, qu'il va bien. Il en a vu d'autres, et il est robuste. Même si j'avoue que je me suis bien inquiété sur le coup...

Je me lève, et vais chercher des compresses dans ma salle de bain. En passant, je me regarde de la glace. La vache, c'est encore pire que quand je me suis levé ce matin... Ce faisant, j'enlève mon haut pour que le sang de mes blessures ne sèche pas sur le tissu. J'enlève aussi mes chaussures, puis mon bandeau frontal en ébouriffant les cheveux. Mouais, c'est bien ce que je pensais... Des égratignures un peu partout, deux ou trois bleus par-ci par-là... Rien de bien méchant. Je suis surtout complètement exténué ! J'ai mis une bonne demie-heure pour revenir ici en portant Akamaru, et le temps que je le lave et panse ses plaies, ça fait bien une heure et demie que j'ai quitté le terrain.

Je m'accroupis une nouvelle fois devant mon compagnon, nettoie une dernière fois son flanc gauche après avoir mis de l'alcool sur une compresse, et le soulève pour le porter sur son grand coussin, juste au pied de mon lit. Puis j'embrasse sa nuque et retourne dans la salle de bain pour prendre une douche.

Après avoir fait voltiger mon boxer à travers ma chambre, je rentre dans la douche et fais couler l'eau chaude sur mon visage. Maintenant que mes poussées d'adrénaline sont retombées, je repasse la scène du combat dans mon esprit. En particulier la fin de l'affrontement, celle où Neji m'a plaqué au sol, poings à terre, pour éviter que je ne lui redonne un coup. Il était presque entièrement collé à moi. Il me dominait... Et j'étais tiraillé entre l'envie de lui asséner un immense coup de tête – d'une parce que j'ai toujours eu un caractère dominant, et que je déteste me retrouver dans la situation inverse ; de deux pour ce qu'il a fait à Akamaru – et l'envie de poser mes lèvres sur les siennes et de l'embrasser violemment.

Je ressens encore cette odeur musquée, mêlée de sang et de sueur, qui m'envoûtait et me grisait. Ce mec va vraiment me rendre dingue... Faut que je me calme, là, c'est plus possible. J'ai dit à Sakura que j'essaierai de tenter quelque chose avec lui, mais ça va être plus difficile que prévu. Surtout après la raclée mémorable que je me suis prise.

Je sors de la douche, attrapant une serviette au passage. Je m'arrête un instant devant le grand miroir de la salle de bain, puis baisse légèrement le regard. Puis je relève la tête en rougissant et vais dans ma chambre. Ouais, faut vraiment que j'arrête de penser à lui...

Je m'étale sur mon lit, exténué. Je vais au moins pioncer jusqu'à ce soir. Après j'irai manger. Quoi que je préférerais faire l'inverse, mais j'ai vraiment la flemme de descendre jusqu'au frigo. Tant pis, j'irai en me réveillant... Je ferme les yeux un moment. Quelques étincelles éphémères dansent sous mes paupières closes, et les seuls bruits que je finis par distinguer sont ceux de la respiration d'Akamaru, régulière, indiquant qu'il dort, et la mienne. Je sombre lentement dans le...

« Dring ! »

Putain de sonnette.

J'ai à peine le temps de me décider de me lever pour aller ouvrir que j'entends des pas précipités dans les escaliers. Sakura entre dans ma chambre sans ménagement, suivie de près par Naruto.

« Kiba, tu vas bien ? » demande-t-elle d'une voix posée.

Elle ne se rend pas compte immédiatement que je suis en boxer, mais le réalise au moment où je tire vivement mes couverture jusqu'au cou. C'est pas que j'aime pas m'exhiber, mais y'a des limites ! Naruto détourne les yeux en piquant un fard (ce qui me fait sourire jusqu'aux oreilles intérieurement), mais Sakura n'a pas l'air de s'en encombrer.

« J'aurais dû frapper ! Comment tu te sens ?

Je réponds nonchalamment. « Bof, j'ai connu pire. » Puis je me relève, et m'adosse contre mon lit en laissant glisser ma couverture sur mon abdomen.

« Et Akamaru ? demande Naruto en s'agenouillant devant l'intéressé qui s'est réfugié dans un sommeil profond.

- Il récupérera vite, j'espère. Il s'est magnifiquement bien battu ! » Un silence grandissant suit mes paroles, talonné de près par ma propre culpabilité. « Je sais que j'aurais pas dû l'invoquer. Mais... » Un autre silence suit ma déclaration.

- Mais tu avais peur de perdre la face, répond Naruto en passant sa main dans le pelage de mon compagnon. Ce n'est même pas une question, mais une quasi-certitude. « J'aurais fait la même chose, je pense, à ta place. » Il finit par planter son regard d'azur dans le mien. « On veut tous prouver ce qu'on vaut, en particulier contre ceux qui ont l'air intouchables et sûrs d'eux ! Je sais de quoi je parle, j'ai affronté Neji à l'épreuve de sélection des chūnins. Tenten a réagi de la même façon, et à sa place j'aurais sûrement fait la même chose aussi contre Sasuke. »

Je me demande ce qu'une rencontre aurait bien pu donner entre ces deux-là. Pendant ce temps, un sourire béat étire progressivement les lèvres du blond, que la perspective d'affronter son copain n'avait pas tant l'air de déranger que ça.

« Allô la lune, ici Konoha ! » dit Sakura entre claquant des doigts devant ses yeux pétillants. « Reste avec nous Naruto. Quant à toi, Kiba, tu n'as vraiment rien à te reprocher. Je pense qu'Akamaru, lui aussi, en a connu des pires. On voulait juste s'assurer que tu ailles bien, et

te rappeller qu'on a une soirée dans quelques heures si t'es en état ! »

Ah oui. Cette fameuse soirée. « Euh... ouais, je vais piquer un somme avant d'y aller, hein ! Je suis crevé. Vous passez devant chez moi avant d'y aller ?

- Ouep, t'inquiète ! » répond Naruto. « On repasse dans trois heures. »

A peine ils étaient partis que je me suis endormi comme une masse. J'ai fait un rêve complètement idiot où j'étais attaché à un arbre par une laisse, et que j'avais pas assez de leste pour attraper un verre d'eau posé quelques mètres plus loin. J'avais un couteau dans la main, mais je refusais obstinément de m'en servir pour me libérer, pour une raison que je n'ai même pas comprise.

J'ouvre les yeux, et mes paupières sont aussi lourdes que si je m'étais pris une cuite monstrueuse avant d'aller me coucher. Je parcours ma chambre des yeux, et je vois Akamaru couché à côté de l'entrée de celle-ci, la tête posée sur ses pattes avant. En m'entendant bouger il se lève et saute sur mon lit, juste à côté de moi. J'ébouriffe les poils de sa tête.

« Eh ben, t'es plutôt en forme Akamaru ! Une vraie... »

Nouveau coup de sonnette. Merde, ils sont déjà là ? J'enfile un jean, un débardeur blanc que j'attrape dans mon armoire, et je dévale les escaliers. Je vais les faire attendre cinq minutes, le temps que je finisse de me préparer.

J'ouvre la porte. « Vous êtes déjà l... »

Neji me regarde fixement. Je me frotte les yeux, pour être bien certain de ce que je vois. C'est moi ou on nage en plein délire là ? Neji devant ma porte... Il s'est changé lui aussi, il porte une chemise blanche ouverte jusqu'à mi-torse, aux manches relevées au-dessus des coudes. Une subtile odeur de parfum émane de sa peau finement et légèrement hâlée.

« Ah, euh... salut Neji. Quoi de neuf ? »

J'espère que mon ton faussement nonchalant cache les battements de mon cœur qui s'accélèrent. Neji, qui me fixe de ses yeux nacrés, prend une légère inspiration.

« Je passais par ici car on s'est donné rendez-vous avec Tenten et Rock Lee pour aller boire un verre au Makka. Ino nous a aimablement invités à venir avec vous tout à l'heure. Je me demandais si tu y allais, et si oui si tu voulais faire un bout de chemin avec nous. »

Neji aimable ? Ouais, on nage en plein délire. Sa demande me prend de court, et je n'y crois tellement pas que je mets un petit moment avant de répondre :

« Oui oui, je vais à la soirée... L-Les autres passent par ici pour me récupérer, on peut y aller tous ensemble si tu veux.

- Entendu, j'attends Lee et Tenten alors.

- Euh... d'accord, mais restez pas dehors, venez vous poser chez moi en attendant les autres, j'en ai pour trois minutes. »

Et joignant le geste à la parole, je remonte en trombe dans ma chambre, mon rythme cardiaque toujours aussi rapide. Neji chez moi, j'y crois pas ! Ça a forcément un lien avec notre combat... Je vois rien d'autre qui aurait pu le pousser à s'intéresser à moi. Et encore, « s'intéresser » est un bien grand mot, puisqu'il veut juste m'accompagner à la soirée... et que le combat n'était pas à mon avantage, puisque je me suis fait éclater. Rah, arrête de réfléchir et va te préparer idiot !

J'enlève mon débardeur et opte pour un T-shirt noir, col en « V », moins moulant et plus sobre que mon débardeur. Un collier noir près du cou, une lanière de cuir au poignet gauche, des chaussures noires, et ça devrait faire l'affaire. Je me brosse les dents, m'ébouriffe les cheveux et me mets un peu de parfum sur le cou et la nuque. Oui, c'est l'avantage d'être un garçon, on peut faire tout ça en trois minutes chrono !

Un bisou sur la tête d'Akamaru, et je dévale les escaliers. Un petit mot à côté de la porte pour prévenir ma mère, et je claque la porte. Neji n'est pas entré, je le vois aller à la rencontre de Tenten qui lui fait une bise rapide. Je n'ai jamais réellement eu d'affinités avec elle, peut-être à cause de son côté un peu « agressif » de garçon manqué. Elle est toujours sur la défensive avec les mecs, comme si on était tous des machos misogynes. Sauf avec Neji bien sûr, qu'elle admire, comme à peu près 95 % de la population féminine de notre âge. Mais il faut lui reconnaître un certain talent en tant que shinobi. Vêtue d'une légère tunique bleue turquoise et d'un collier en argent très discret, elle s'approche de moi.

« Bonsoir Kiba !

- Salut Tenten. C'est rare de te voir en soirée !

- C'est vrai ! Mais je fais une exception, la fin d'année approche. Après ce nouvel "entraînement surprise" de Kakashi, j'ai besoin d'un peu de détente.

- Tu m'étonnes... » dis-je, gêné. Je n'ose pas regarder Neji, même du coin de l'œil. Vite, vite, changement de sujet !

« C'est pour ça que j'ai décidé de l'accompagner », répond Neji, « pour une fois qu'elle s'y rend. Même si c'est vrai que je suis moi aussi un peu fatigué ce soir. »

Ah, monsieur le génie concède qu'il est « un peu fatigué »... J'ai presque envie de prendre ça pour un compliment !

« Hey Kiba ! »

Je me retourne pour voir ma bande de la fac, presque au complet, s'avancer vers nous. Ino, Shikamaru, Sasuke, Hinata et Sasuke vont passer le bonsoir à Neji, Tenten, et Lee qui arrive en même temps qu'eux, tandis que Sakura étonnée de me voir en conversation avec Neji, vient me glisser quelques mots à l'oreille :

« Kiba... T'as des choses à m'expliquer je crois, là, non ?

- Neji est venu frapper à ma porte pour me demander si je voulais faire un bout de chemin avec lui, quant aux explications j'aimerais bien les avoir aussi !

- Mmmmh... » dit-elle, songeuse. « Je crois bien que t'as dû l'impressionner pendant votre combat. »

Sasuke discute Neji et Lee, tandis que Tente s'est lancée dans une conversation avec Ino. Hinata, restée en retrait, regarde timidement son cousin. Je laisse échapper un soupir. « Oui, après tout c'est pas comme si je m'étais fait aplatir, hein ? Il m'a écrasé !

- Tu t'es battu comme un démon Kiba ! Personne ne s'attendait à ce que tu fasses une telle performance. Je te le dis, t'en a scotché plus d'un pendant ce combat. »

Elle m'adresse un sourire que je lui rends, en bombant le torse. « C'est vrai, j'ai été si bon que ça ? J'avais pas l'intention de me laisser mettre à terre sans donner tout ce que j'avais. Et toi, t'as affronté qui ?

- Oh, une étudiante que j'ai aperçu quelques fois en amphi. Tu sais, la brune qui porte toujours du vert. Pas vraiment ce que j'appelle du challenge. » Elle pose ses mains sur les hanches sûre d'elle. Depuis son entraînement intensif avec Tsunade, notre Godaime Hokage, elle a acquis une maîtrise impressionnante du taijutsu qui en a fait baver plus d'un.

- C'est vrai que si elle confond son mascara avec ses shurikens...

- Bon, les tourtereaux, on y va ? nous adresse Ino avec son mordant habituel. Il faut passer prendre Naruto.

- Ah parce que t'as déjà vu Naruto à l'heure, toi ? répond Sakura en croisant les bras.

- Pour manger ? propose timidement Hinata.

- Et encore, il est même pas à l'heure puisqu'il a déjà fini son repas avant qu'il ne commence... soupire Shikamaru.

Neji et Tenten écoutent nos palabres, un demi-sourire aux lèvres. Si la plupart du temps, à l'université, ils adoptent un comportement froid et parfois hautain en rapport avec leurs talents de ninja, ils ont visiblement décidés d'être un peu plus accessible ce soir. Ou du moins je l'espère... Ino a fait le premier pas, ils devraient pouvoir s'adapter à une soirée détendue.

« Bref, on se motive les enfants, on va le chercher ! dis-je en couvrant le vacarme des autres.

- Oui Papaaa ! » répond Ino avec une voix enfantine, pendant que Sasuke lève les yeux au ciel.

On se met en route vers le bâtiment où habite Naruto. À cause de l'ostracisme dont il a été victime pendant sa jeunesse en tant qu'hôte du démon renard Kyubi, il a grandi dans un immeuble aux abord de Konoha, à l'écart de tous. Aujourd'hui il a prévu de déménager pour s'installer avec Sasuke, en centre-ville.

Alors que les conversations vont bon train, je sens Neji marcher juste derrière moi. Je n'ai même pas besoin de me retourner, je reconnaîtrais son odeur corporelle à des centaines des centaines de mètres à la ronde ! Cette odeur mâle, légèrement musquée, mêlée à une note de parfum discrète et ambrée... Je suis tellement sensible aux odeurs que c'est à la limite du supportable. Mon corps me hurle : « Saute-lui dessus ! »

La soirée va être longue.