Chapitre 3 - Un moi en Polynectar


Vous-voyez-qui était parti quelque part. Merlin merci ! Comme si la vie de Drago n'était pas assez dérangée comme ça, le cadavre sans nez se baladait dans sa maison et jetait des sorts à tout ce qui bougeait. Non, pardon. Il n'y avait même pas besoin que ça bouge.

Drago n'avait pas fermé l'œil la nuit précédente car, toutes les cinq secondes, cette voix stridente criait « Endoloris », « Impero », « Avada Kedavra ». Il avait fallu que ses parents donne à cette chose la chambre voisine de celle de Drago. Que faisait-il, là-dedans ? Il jetait des sorts aux oreillers en plume ? Meurs, faible coussin, meurs ! Ah. S'il l'a dit une fois, il peut le répéter cent mille fois. Quel taré !

Toc-toc. Une chouette ? Ploc.

Drago se leva de son lit d'un bond et accourut à la fenêtre. Une vieille chouette brune battait sauvagement des ailes contre les carreaux. Il fit coulisser la vitre et entrer la chouette.

Elle n'avait jamais envoyé cette chouette auparavant. Elle avait l'air... dérangée. Branche de Vigne n'avait pas dû avoir d'autre choix que d'envoyer cette chose pitoyable.

Drago détacha la lettre puis donna un bol d'eau à la chouette. Il s'assit sur le bord de son lit. Il aimait l'automne et les cheminées... Certaines personnes ne comprenaient pas pourquoi, mais elle, si. Elle comprenait tout. Il alla à son bureau et sortit sa plume et de l'encre.

Chère Branche de Vigne,

L'automne n'arrive jamais assez tôt, tu ne trouves pas ?

Tu sais ce que c'est que d'avoir une verrue, et que quoi que tu fasses, elle repousse au même endroit, plus grosse chaque fois ? (Non pas que je présume que tu as des verrues). Eh bien il y a un invité chez moi et c'est à peu près la plus grosse verrue du monde. Sans parler du fait qu'il est complètement cinglé. J'espère qu'il n'y a pas d'invités/verrues chez toi.

Je deviens fou,

Faucon d'Argent

PS : Tu peux utiliser ma chouette, si tu veux.

Drago attrapa la chouette folle et la lança par la fenêtre. Elle se cogna à plusieurs arbres avant de trouver son équilibre et de reprendre son vol. Il plia sa nouvelle lettre et la fixa à sa chouette qui s'envola dans les airs en douceur.

Passer une journée de plus coincé dans cette maison de fous était certainement assez pour l'envoyer à Ste Mangouste dans les plus brefs délais. Il devait s'échapper. Drago plongea les mains au fond de sa malle d'école, où un compartiment secret était caché. Il l'ouvrit, attrapa la fiole et en but une gorgée.

Malgré le nombre de fois où il en ait bu, le goût ne s'améliorait jamais. La sensation étrange de devenir quelqu'un d'autre non plus. Quelques secondes plus tard, Drago n'était plus mince, ni blond ; il était musclé, bronzé et avait des cheveux bruns ondulés.

Polynectar.

Drago mit un jean, un T-shirt blanc et des bottes marron. Il avait dû s'acheter des vêtements différents pour pouvoir s'habiller après la transformation, mais ça en valait la peine. Drago deviendrait fou sans ses excursions secrètes dans le monde moldu. Au moins, il restait un endroit où personne n'avait entendu parler de Celui-qui-ne-veut-pas-passer-le-sel (peu importe le nombre de fois où on le lui demande).

L'air de Londres était brumeux et sentait les douces friandises dont les vendeurs avaient fait leur spécialité. Drago marcha sur le chemin pavé, les mains dans les poches, profitant de chaque instant de liberté.

Le jardin où il aimait aller était en plein centre-ville mais, d'une façon ou d'une autre, il était toujours calme. Il s'asseyait sur un banc et regardait les gens se promener en se demandant à quoi ressemblait leur vie. Des fois, il inventait des histoires sur leurs soucis et leurs amis.

Dans un coin du jardin, près de plusieurs buissons de roses, une tente blanche était montée. Sur une pancarte rose fluo, on pouvait lire « Refuge pour animaux : Jour d'adoption ». Devant les tentes, il y avait de petits enclos métalliques remplis de chiots de toutes races et de bâtards à oreilles pendantes. Drago aimait les chiens, mais les chiens étaient des animaux de compagnie pour moldus.

Et au milieu de tout cela se tenait Hermione Granger, et contre sa poitrine, un petit bulldog joufflu qui lui léchait la figure.

Ça allait être drôle.