Chapitre 15 – Visite à l'infirmerie


Potter et son gang préparaient quelque chose. Drago n'arrêtait pas de voir des gens se faufiler dans les couloirs et discuter à voix basse. Il devrait reporter cela au Professeur Ombrage. Il faisait partie de la Brigade Inquisitoriale (bien qu'avec peu d'enthousiasme). Il prendrait un plaisir profond et indicible à dénoncer Potter et à rendre sa vie aussi épouvantable que l'était celle de Drago. Mais dénoncer Potter revenait à dénoncer ses amis, et Hermione Granger était une de ses amis, et Hermione Granger était Branche de Vigne. Et il était...

Eh bien, oui, il était amoureux de Branche de Vigne. Alors il ne dirait rien. En plus, quoi que cela soit, ce que Potter faisait avait probablement quelque chose à voir avec son combat contre Vous-Savez-Qui, et pas de Vous-Savez-Qui voulait dire ravoir une salle de bain à lui tout seul.

Drago descendit jusqu'au hall, les mains dans les poches. Les couloirs étaient remplis d'élèves qui allaient d'un cours à un autre. Il aimait sa capacité à pouvoir se fondre dans la masse. C'était rassurant. Drago cherchait Blaise. Blaise lui avait dit qu'il avait quelque chose à lui raconter.

Londubat le heurta par accident. Drago allait sortir une de ses blagues « Londubat est un imbécile », mais il l'entendit dire quelque chose qui le stoppa.

- Pauvre Hermione, elle est tellement malade... A l'infirmerie.

Hermione ? A l'infirmerie ? Qu'est-ce qui n'allait pas ? Si elle était blessée à cause de Potter et de quelque activité ridicule qu'ils avaient depuis le début de l'année, il allait le tuer.

Environ vingt minutes plus tard, Drago poussa la porte de l'infirmerie de Poudlard avec un bras. Il portait un livre au bout de l'autre. Tous les lits étaient vides, leurs draps blancs bien bordés dans les matelas ; sauf un. Un seul lit était occupé.

Hermione éternua. Elle avait le nez et les joues rouge vif, et ses cheveux attachés étaient plus en broussaille qu'il ne les avait vus depuis leur troisième année. Elle transpirait, la sueur se collant à sa peau, et elle reniflait. Mais ça ne l'empêchait pas de vouloir...

Drago. Reprends-toi.

Il s'éclaircit la voix. Hermione se tourna pour le regarder puis sursauta.

- Salut, Granger, dit-il.

- Malefoy ? Pourquoi tu es là ?

- Je peux m'approcher ? demanda-t-il en s'avançant un petit peu.

- Je suis contagieuse, répliqua-t-elle avant d'éternuer et de s'essuyer le nez avec un mouchoir.

- Je vais tenter le coup.

Drago s'assit sur le lit à côté de celui d'Hermione, un sourire en coin.

- Je ne crois pas que te parler soit une bonne idée, là.

- Pourquoi ?

- Pomfresh m'a fait prendre des potions bizarres et des tonifiants, donc je ne suis pas entièrement sûre que tout ce que je dis n'est pas en Grec ancien.

- Je peux t'assurer que c'est bien de l'Anglais. Et parfaitement compréhensible.

Il y eut un silence.

- Hé, dit Drago.

- Pourquoi tu es toujours partout, maintenant ?

- J'ai entendu Londubat dire que tu étais malade. J'étais... inquiet.

Drago eut du mal à dire le mot « inquiet ». Toute sa vie, on lui avait appris à détester les gens comme Hermione Granger, et il n'arrivait plus à voir pourquoi.

- Mais tu me détestes...

Drago soupira en faisant bouger le livre entre ses mains.

- Je ne te déteste pas.

- Tu fais de ma vie un enfer.

- Je te l'accorde.

- Alors tu viens ici avec un... Qu'est-ce que c'est ?

- Un livre.

- Tu viens ici avec un livre pour quoi ? Pour te faire un plaisir de me voir souffrir ?

Hermione renifla. Drago tira un mouchoir d'une boîte et le lui tendit. Elle leva les yeux au ciel et le prit.

- Non.

- Pour que je me sente moins bien ?

- Non. Je te fais te sentir moins bien ?

- Non. Je ne sais pas.

Un autre silence gênant s'ensuivit. Drago restait là, sur le lit, à regarder Hermione fixement, incapable de quitter des yeux son visage rouge et bouffi, mais pourtant parfait.

- Donc, euh, comment va Pansy ? demanda Hermione.

- Je sais pas. J'lui ai pas parlé.

Hermione se redressa dans son lit de manière à s'asseoir plus droit.

- C'est pas ta petite amie ?

- Ex.

- A cause de l'histoire de Mrs Malefoy ? Pardon. Je ne sais pas pourquoi je parle de ça.

- C'est pas grave, dit Drago en envoyant ses pieds sur le lit. Je commence à m'habituer à tes commentaires, maintenant.

- Ça ne m'en donne quand même pas le droit. Tu devrais probablement partir, maintenant.

Ses grands yeux marrons scintillaient. C'était sûrement dû à sa condition, mais ça n'en était pas moins joli. Drago sentit son visage chauffer. Il se leva doucement.

- Je t'ai apporté ça.

Elle prit le livre qu'il lui tendait.

- Merci. Anne... la maison aux pignons verts ?

- Oui.

- Mon livre préféré, dit-elle, les sourcils froncés.

- Oui.

- Comment tu le sais ? demanda-t-elle, sur la défensive, en le regardant.

- Je t'ai entendu le dire à Potter en cours, une fois.

Ceci, évidemment, n'était pas vrai. Elle le lui avait dit dans une de ses lettres.

- Hum. Je ne m'en souviens pas, mais merci. C'est adorable... Je ne comprends vraiment pas pourquoi tu te comportes de manière si gentille.

Il se rassit mollement sur le lit et poussa un gémissement.

- Tu es obligée de tout analyser ?

Hermione soupira et tourna quelques pages.

- Et donc, tu attendais qui quand je suis tombé sur toi dans le parc, la veille de Noël ?

Hermione secoua la tête, ses joues rougissant à vitesse grand V.

- Je suis désolée pour ce que j'ai dit ce soir-là. Je n'avais pas le droit d'insinuer que...

- C'était de ma faute. J'aurais juste dû te laisser tranquille.

- Ouais. Mais je n'avais quand même pas le droit.

- Et moi, j'avais le droit ? Pourquoi, parce que je suis un Malefoy, un Mangemort, purement cruel, le tout jusqu'au bout des doigts ?

Drago alla de son lit jusqu'au pied de celui d'Hermione, qui répondit :

- A peu près.

Drago eut un sourire en coin. Elle recommençait. Toujours en train de l'insulter. Ça l'énerverait si ce n'était pas mignon, dans un sens... Si c'était quelqu'un d'autre... Si ce n'était pas Branche de Vigne...

- J'ai fait de ta vie un enfer, dit Drago. J'ai dit des choses horribles sur toi. Tu as tous les droits de me détester.

Elle le détestait vraiment, et il le savait. Mais ça le tuait de savoir que LA fille qu'il voulait plus que tout le détesterait peut-être à jamais.

- Je ne te déteste pas, dit-elle dans un soupir.

- Ce n'était pas contre toi, tu sais ? Toutes ces choses que j'ai dites.

- Comme « Sang-de-bourbe » ?

- C'est des choses que j'entendais. Je les aurais dites à n'importe qui. Ce n'était pas personnel.

Hermione tourna brusquement la tête vers lui.

- Qu'est-ce que ça veut dire, ça, « Ce n'était pas personnel. » ? Ça semblait personnel ! Ça semblait personnel, bordel, quand mon moi de douze ans pleurait à cause de ça !

La pensée de faire pleurer Hermione donna à Drago envie de vomir. Il avait été horrible.

- Je crois que j'ai trop crié. J'ai la tête qui tourne, dit Hermione avant de reposer sa tête sur son oreiller. Pourquoi tu es là, déjà ?

Drago se rapprocha d'elle.

- Je pensais qu'on pourrait, peut-être, être, euh... amis.

Waouh, ça paraissait ridicule. Mais c'était vrai. Il voulait être ami avec elle... Plus qu'ami, mais il n'allait pas aller jusque là pour le moment.

- On ne peut pas être amis.

- J'imagine que tu as raison. Fils de Mangemort, Née-Moldue. Ça ne marcherait jamais. Tu n'as pas répondu à ma question, à propos de la personne que tu retrouvais au parc.

- Je ne l'ai pas vu.

- Pourquoi ? Tu l'aimes vraiment, ce gars, non ?

S'il te plaît, dis « oui ». S'il te plaît, dis « oui ».

- Oui. Vraiment beaucoup, même.

OUI. OUI. OUI. Drago entendit la voix de Blaise lui dire, dans sa tête, d'arrêter de faire son Poufsouffle.

- Alors qu'est-ce qui ne va pas ? Pourquoi tu n'es pas avec lui ?

Hermione soupira et laissa tomber sa tête dans ses mains.

- Tu vas te moquer de moi jusqu'à la fin des temps. Et pour une fois, tu auras raison de le faire.

- Pourquoi ça ?

- Je l'ai jamais rencontré.

Drago sourit.

- Tu veux dire... Tu t'es inscrite au Courrier Sorcier Anonyme ?

Il se mit à rire.

- Ne te moque pas.

- Je ne me moque pas. Crois-moi. Je comprends qu'on puisse être attiré.

Il caressa gentiment la main d'Hermione puis retira la sienne.

- Il a de la chance. Tu devrais le rencontrer.

Hermione leva les yeux au ciel.

- Ouais, peut-être.

Drago se pencha vers Hermione, dont il sentit le corps de raidir. Il ramena une mèche de cheveux derrière l'oreille de celle-ci.

- Rétablis-toi bien, Hermione.

Il sourit et sortit de l'infirmerie. Il était amoureux d'Hermione Granger. Drago était aussi cinglé que Vous-Savez-Qui.


NOTE

Voilà mon cadeau pour la soirée ! J'aime beaucoup ce chapitre. Déjà, il est plus long que les autres, mais en plus, on a une avancée dans leur communication (pas toujours facile...) ! Qu'en avez-vous pensé ?

Guest : Merci d'être toujours là, et tes propositions pour des futures traductions sont prises en compte :)

Kumi : Grosse ressemblance, là aussi, non ?

Sinon, haie d'honneur à Ewilia, nouvelle lectrice, et Tite Rei, à qui je n'avais pas fait de mot de bienvenue ! Excuse-moi pour l'oublie !


PROCHAINE TRADUCTION

J'ai eu plusieurs propositions de shippings pour la suite de mon aventure, alors merci à celles qui ont donné leurs idées :) J'avoue cependant que je suis plutôt tentée de continuer sur ma lancée Hermione/Drago ou à essayer un Hermione/Blaise ou même un Rose/Scorpius. Je cherche dans ces deux "secteurs" et je prendrai la première qui me plaira le plus !


A demain, chers amis, vous qui êtes tous fans d'Harry Potter, fous de fanfictions, et aussi cinglés que Drago (et Vous-Savez-Qui). Faites de beaux rêves :)