Chapitre 19 – Square Grimmaurd


A l'intérieur et autour de Drago, tout tournait. Comme si son esprit et son corps étaient tous les deux en train de se faire avaler dans le chaos qu'il venait de créer. Des lumières bleues explosaient comme de minuscules petites étoiles, et un fleuve de murmures fantomatiques les engloutit ; par des dizaines de lettres, et d'un mouvement de baguette, il avait réduit des centaines, des milliers de destins à n'être jamais tracés. Ces lettres avaient tout changé.

Drago allait être puni pour le reste de sa vie. Non, pire. Son père allait le tuer.

Mais ça n'avait pas d'importance. C'est Hermione qui en avait. Et elle avait besoin de sortir de là avant que le cadavre sans nez n'utilise un de ses Avada Kedavra perfectionnés sur sa cible favorite : une Née-Moldue.

Drago n'arrivait pas à bouger. Son esprit était trop plein d'un mélange de peur et de courage imprudent pour penser à s'enfuir, mais il devait faire sortir Hermione. Il courut vers elle, en titubant et en esquivant les prophéties qui cascadaient. Il y eut un crissement bruyant. Drago leva les yeux. Une des imposantes étagères était en train de tomber. Drago sauta sur sa droite, mais un courant d'air passa près de lui et un lourd morceau de métal tranchant le frappa à la tête quand l'étagère vint s'écraser au sol.

L'obscurité s'immisça dans ses yeux. Drago lutta pour s'en débarrasser, pour rester éveillé, pour aller chercher Hermione, mais la pénombre était trop forte. Et elle l'emporta.

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La pénombre commençait à faiblir, lui dévoilant lentement un monde faiblement éclairé. Il y avait des bougies et des lampes sur la table basse et accrochées au mur. Et il y avait une légère odeur de thé amère. Où était-il ?

Drago cligna des yeux, essayant de les forcer à se concentrer pour ne plus voir flou. Quand sa vision s'éclaircit, des yeux marrons et des cheveux ondulés apparurent. Hermione était assise par terre, en train de griffonner sur un morceau de parchemin un peu enroulé.

Il toussa un peu. Hermione se redressa d'un coup et faillit faire tomber les bougies de la table.

- Drago, tu es réveillé.

Sa voix l'atteignit comme une rivière. Elle se glissa à ses côtés, et elle ouvrit légèrement la bouche.

- Où suis-je ? demanda-t-il.

- Au quartier général de l'Ordre du Phénix.

Lentement, Drago essaya de s'asseoir. Un élan de douleur assaillit sa tête.

- Doucement, lui dit Hermione.

Elle se baissa pour attraper une poche de glace et la plaça sur le front de Drago.

- On t'a lancé quelques sortilèges de guérison, mais ici, personne n'est vraiment doué pour ça.

- C'est quoi l'Ordre du Phénix ?

- Un groupe de personnes qui combattent Voldemort.

- C'est Potter et toi qui avez créé...

- Non. C'est Dumbledore, pendant la dernière guerre.

Drago relâcha un grand souffle.

- Et ça ne les dérange pas que je sois là ?

Hermione saisit un chiffon pour essuyer l'eau qui coulait de la poche de glace et sur les sourcils de Drago. Le contact le fit frissonner. Non pas parce que c'était froid, mais parce qu'Hermione ne l'avait jamais touché de cette manière. Si gentiment, avec tant d'attention.

- Si, ça les dérange, répondit-elle finalement. Mais tu nous as aidés alors où pourrais-tu aller d'autre ?

Elle avait raison. Il n'avait nulle part où aller. Voldemort le voulait certainement mort. Son père probablement encore plus.

Quand sa vue eut retrouvé sa pleine capacité, Drago fixa Hermione du regard. Elle avait les yeux rouges et vitreux.

- Tu as pleuré ? demanda Drago.

Hermione détourna le visage. Doucement, il ramena la tête d'Hermione vers lui en posant ses doigts sous son menton.

- Oui, murmura-t-elle.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Le cœur de Drago se mit à battre plus fort.

- Sirius Black.

Hermione gémit puis se reprit.

- Il a tué quelqu'un ? dit Drago.

- Non ! Bien sûr que... Ah.

Hermione soupira avant d'enlever la glace du visage de Drago et de s'asseoir par terre. Elle continua :

- J'avais oublié. Tu ne sais pas.

- Je sais pas quoi ?

- Sirius Black. Il n'a pas trahi les parents d'Harry. Il n'a pas tué tous ces gens.

- Quoi ?

Bien sûr que si. Père a dit que... Oh, Père a probablement menti. Père ment beaucoup. Certaines personnes aiment jouer au Quidditch, Lucius Malefoy aime mentir.

- On l'a pris au piège. Le vrai meurtrier, c'est Peter Pettigrow.

Ce nom lui disait quelque chose. Il l'avait entendu, mais pas souvent... Queudver. C'est comme ça que Voldemort l'appelait toujours.

- Le gars avec la main en métal ?

- Tu le connais ?

- Je l'ai rencontré... Complètement taré. C'était vraiment un ami des Potter ?

Hermione acquiesça.

- Ils ont fait confiance à la mauvaise personne.

- Attends... Si Sirius Black n'a tué personne...

- Il est mort, répondit brusquement Hermione, comme si le laisser tirer tout seul les conclusions aggraverait les choses. Bellatrix, ajouta-t-elle. Le sortilège de la mort.

Drago eut la nausée. Bellatrix était sa tante. C'était une folle déclarée et une traînée de classe internationale. De plus, si Sirius n'était pas celui qui avait trahi les parents de Potter, cela voulait dire que c'était toujours son parrain, et probablement la seule famille qu'il avait.

- Comment va Potter ?

Hermione eut un petit sourire. Elle devait être surprise qu'il lui demande des nouvelles de Potter. Drago était surpris, lui aussi, mais Potter était important aux yeux d'Hermione, donc, par conséquent, Potter était important aux yeux de Drago. C'était un raisonnement logique. Mais ça faisait partie de l'amour.

- Pas bien. Il n'est pas sorti de sa chambre. J'y étais avec lui pendant un moment. Maintenant, c'est Ron qui y est.

- Je suis désolé... Et Bellatrix ? Est-ce que quelqu'un...

Hermione secoua la tête.

- Non. Ils sont tous allés à Azkaban.

- Vraiment ? Même...

- Oui. Ton père aussi.

La petite pointe de tristesse que Drago ressentit fut presque instantanément remplacée par de la satisfaction.

- J'imagine que c'est un endroit approprié pour lui.

Hermione laissa échapper un petit rire. Drago sourit et remarqua à nouveau le morceau de parchemin puis le pot d'encre et la plume.

- Tu écrivais à qui ? demanda-t-il.

Une légère teinte rosée monta aux joues d'Hermione, ce qui la rendit encore plus belle.

- A ma mère.

Drago haussa un sourcil. Écrire à sa mère n'a jamais fait rougir personne.

- Tu es sûre ?

- Non.

- Faucon d'Argent ?

Elle croisa ses bras.

- Qu'est-ce que ça peut te faire ?

- Rien. On peut envoyer du courrier, d'ici ? Cet endroit semble un peu, euh, fermé.

Hermione baissa les yeux et regarda le parchemin.

- Non. Mais je l'enverrai demain, quand on sera de retour à Poudlard. Lui écrire m'aide à donner du sens à tout ce qui m'entoure. Et là, j'ai vraiment besoin de donner un sens aux choses.

- Tu es vraiment amoureuse de ce gars, hein ?

Hermione se pencha, assez pour que Drago sente la chaleur de son souffle.

- Je l'aime. Tellement. Je suis amoureuse de lui et je ne connais même pas son nom.

- Ouais. Ça pourrait être très embarrassant, comme Neville Londubat ou Ron Weasley.

- Hé !

- Je rigole.

- Non, tu ne rigoles pas.

Drago soupira.

- Quoi ? demanda Hermione.

- Je trouve ça injuste. Je veux dire, ce mec pourrait être n'importe qui, il pourrait être hyper moche, et ça ne te dérangerait pas. Il a attendu le moment parfait pour te rencontrer, le moment où tu es entièrement convaincue que tu ne pourrais pas aimer quelqu'un d'autre.

Hermione regarda Drago fixement, mais tendrement, comme si elle cherchait quelque chose dans ses yeux.

- Oh, Drago, dit-elle en soupirant.

Un long silence s'ensuivit.

- Ça t'arrive de penser que... Si je n'étais pas fils de Mangemort, et si tu n'étais pas la princesse des Gryffondor...

- C'est comme ça que les gens m'appellent ?

Drago sourit.

- Des fois... Tu penses que, si on s'était rencontrés...

- S'il te plait, ne fais pas ça.

- On ne se serait jamais haïs. On aurait simplement pu être... ensemble.

Les yeux d'Hermione s'arrondirent, presque comme si elle était à la recherche d'une issue. Mais elle resta là, à regarder Drago.

- Pourquoi tu pardonnes à ce type d'avoir fait quelque chose d'horrible comme de te poser un lapin, et tu ne me pardonnes pas à moi... Tu sais, d'avoir fait de ta vie un enfer pendant cinq ans ?

Drago se pencha vers Hermione. Elle ne recula pas mais elle ne dit rien ni se rapprocha. Drago n'avait jamais eu une si forte envie d'embrasser quelqu'un de toute sa vie. Il avait besoin de son contact, de ses soupirs, d'avoir ses lèvres parfaites contre les siennes. Mais il ne pouvait pas faire ça. Pas maintenant.

Hermione s'éloigna.

- Je devrais aller me coucher.

Elle se leva du canapé et saisit le parchemin sur lequel elle avait écrit.

- Bonne nuit, Hermione.

Elle sourit et sortit de son champ de vision.

Hermione avait laissé un tas de feuilles de parchemin à côté de son encre et de sa plume. Drago descendit doucement du canapé et rampa jusqu'au parchemin.

Chère Branche de Vigne,

J'ai enfin fini mon projet. J'espérais te rencontrer. Rejoins-moi sur la voie 9 3/4 à ta sortie du train.

Avec tout mon amour,

Faucon d'Argent


NOTE

C'était l'avant-dernier chapitre, les amis !

Stiitch : Voilà la suite ! Ça va, pas trop en suspense ? :P

Guest : Merci encore une fois pour le commentaire :)

Bienvenue à Sick-first-love qui rejoint l'aventure. Plus qu'un wagon avant la fin !


Je vous prépare le final le plus vite possible (dans la limite du raisonnable), ainsi que le début de ma nouvelle traduction ! Soyez (un tout petit peu) patients :)

Bonne journée. ~ Delfine