Chapitre 3: L'adolescence est une Roseraie.

Copyright: Je ne possédé aucun des personnages du film Titanic de James Cameron, je ne tire aucun profit de cette histoire, seulement le plaisir de l'écrire. Dîtes moi ce que vous en pensez.

Southampton, comté de Hampshire, Torquay, Devonshire 1902- 1910.

Londres, Angleterre. Paris, France.

Résumé : Comme son nom l'indique, Rose passe de statut d'enfant à adolescente. Premier deuil et premiers amours.

Le premier jour de décembre 1902, le choc saisie la maisonnée. Sans qu'on en sache la raison, Anne avait été retrouvée morte dans son berceau. Rose ne se souvient pas d'avoir autant pleuré que ce jour là toute sa vie durant. Et voir les larmes dans les yeux de son père la bouleversait. Ce fut les pires fêtes de fin d'année de toute sa vie. Elle ne savait que faire pour faire plaisir et consoler sa mère qui cachait mieux que jamais ce qu'elle ressentait. Habillée comme ses parents en noir, elle se contenta après une triste messe avec toute sa famille de suivre en faisant traîner son habit de deuil, la voiture conduite par des chevaux qui contenait la boîte ou on avait mis Anne pour qu'elle rejoigne le paradis. Au cimetière, on avait ouvert la tombe de marbre, c'était le même endroit ou son père avait dit qu'on avait mis ses grands parents car c'était le début de la route du paradis. Et comme Anne devait aller au Paradis, la boite descendit lentement alors que les sanglots ruisselaient sur ses petites joues. Le paradis était au ciel pas en bas dans la terre. Et Anne ne devait pas aller en Enfer.

-Les Anges vont venir la chercher car elle est l'un d'eux à présent et elle n'ira pas en enfer la rassura son père.

-Pourquoi Anne est partie père? s'interrogeait' elle.

-Parfois, il n'y a pas tout simplement de réponses à nos questions se résignait t'il à expliquer à sa fille bien aimée

Et aussi cruel que cela puisse paraître, la vie avait du reprendre son cours.

Avec la création de l'International Mercantile Marine Compagny, de plus en plus les investisseurs étrangers se présentaient dans la maison d'Henry Dewitt Bukater à Southampton quand ce dernier ne se trouvait pas dans ces quartiers de Londres, ville dans laquelle Ruth cherchait maintenant désespérément à habiter. Les Aciers Hockley (la famille Hockley venait d'acheter un superbe cottage dans le Surrey, un comté verdoyant d'Angleterre qui s'urbanisé néanmoins et qui se situait pas très loin de Londres) représentaient l'investissement des Etats Unis, les chantiers navals de la Harland and Wolf représentaient celui de l'Irlande du Nord et La Bukater Ship compagny et la White Star line qui entretenaient d'excellentes relations commerciales et amicales représentaient celle de la Grande Bretagne. Le tout sous la houlette de monsieur J.P Morgan qui supervisait les associations au moyen de la banque qu'il dirigeait. Ils les recevraient d'ailleurs bientôt chez lui à moins qu'il ne se décide à faire un tour d'Europe quand ses affaires lui laisseraient un peu de répits.

L a jeune Lady Rose Dewitt Bukater avait déjà passé chez elle cette année les excusés du peu J. Bruce Ismay tout nouveau président de la White Star Line, Thomas Andrews constructeur chez Harland and Wolf. Ce dernier l'appelait avec beaucoup d'affection "Jeune Rose". Et Hockley père et fils. Et puis il y avait aussi le fidèle Monsieur Cartmell qui était l'ouvrier préféré de son père qui leur rendait souvent visite, toujours avec le plus grand des respects et admiration pour la famille de son supérieur qui annonça un beau jour la veille de partir pour Torquay et sa maison merveilleuse, qu'il avait trouvé chaussure à son pied en la personne de Charlotte Smith, la fille d'un cordonnier et que la famille était conviée à la noce qui se déroulait fin aout. Ruth répugnait à l'avance d'assister à un mariage roturier.

Bientôt Lady Rose eut enfin finît avec les longues heures de tutorat à domicile et Monsieur Paul Bellman qui la jugeait une excellente élève assura à ses parents qu'il était désormais tant de qu'elle passe l'échelon supérieur comme tout enfant qui avait être les moyens de se scolariser.

Elle y rentrerait après le second été à la Roseraie.

Le choix de Ruth se porta aussitôt sur le pensionnat de jeune fille Hastings qui se situait dans le quartier chic de Mayfair à Londres. Un endroit on ne peut plus select.

Sa mère avait décidé de l'y envoyer après qu'aucune école supérieure à Southampton ne lui donna satisfaction.

Pourtant Henry aurait voulu avoir Rose à la maison auprès d'eux et pourtant Rose ne pensait pas se plaire parmi ses camarades sans doutes hautaines et snobes pour la plupart; sans grands intérêts commun avec elle qui rêvait d'évasion et de toutes choses nouvelles que la vie puisse offrir à une jeune fille en devenir.

Si elle savait que son père aurait souhaiter la garder prés d'eux car il aimait tendrement la seule enfant que Dieu avait décidé de lui accorder pour qu'elle connaisse la même éducation que n'importe qu'elle autre jeune fille bien aisée de la ville et qu'elle ait le même cercle d'amies et d'amis qu'elles, cela ne convenait guère à Ruth, une maitresse femme qui avait de plus grandes ambitions et qui de toute façon n'avait jamais porté dans son cœur cette ville typique de la classe ouvrière anglaise, étant mieux habituée dans sa jeunesse aux salons d'aristocrates Londoniens et aux visites dans la noblesse écossaise et leur châteaux de campagnes. La vie en pensionnat était ce qu'elle avait toujours connu et donc ce que sa fille Rose devait invariablement connaitre aussi.

"Ce n'est pas parce ce que j'ai bien réussi que je dois envoyer ma fille loin de moi pour de stupides convenances sociales d'un autre temps. Le monde change vous savez Ruth et...»

-Ce n'est pas parce que le monde change que l'on doit négliger l'éducation de notre fille unique. Le pensionnat pour jeune fille Hastings est tout ce qu'il y a de plus convenable et nous en avons les moyens, il n'y a donc aucune raison pour que Rose n'y aille pas. Lui intima-t-elle de son air glaçant qu'avait toujours redouté l'enfant, ce qui perdurait encore maintenant.

Le mari voyant bien que rien ne ferait changé d'avis sa femme y consentît même si il sentait que le caractère impétueux et un peu garçon manqué (qui le ravissait et l'amusait par ailleurs) de sa fille ne conviendrait guère à ce genre d'établissement. Pensant que de toute façon il était trop accaparé par son travail pour bien s en occuper. Cela aurait au moins le mérite d'éloigner sa fille unique et adorée de "la parfois mauvaise humeur de sa mère " depuis le décès de la seconde fille en plus de lui apporter une excellente éducation pour sa vie future qu'il souhaitait qu'elle soit en mesure de choisir.

-Père, je ne veux pas rejoindre la pension Hastings, j'aimerai aller à l'école ici comme tout le monde. Pourquoi ne peut' on m'accorder cela?

-Rose, mon adorée. Je ne peux vous promettre que vous aimerai la pension à Londres mais je vous y rendrai souvent visite le temps vous y paraîtra moins long. Mais il faut toujours faire un effort et puis qui sait peut être que cela ouvrira des horizons pour vous.

-Je promets que je vais faire de mon mieux, père.

-En voila une bonne enfant, je suis très chanceux de vous avoir.

Il sourit tristement et l'embrassa sur le front. L'affaire fut donc vite entendue.

Rose se trouva donc à 11 ans en pension à Londres, Madame Hastings était une femme d'entre

.Au petit déjeuner dans sa chère roseraie ou même à Southampton, elle aimait regarder son père lire le journal. Il lui parlait du tout: des suffragettes et du droit de vote. (Ruth s'était d'ailleurs évanouie en attendant cela: "En voila une idée! S'était 'elle exclamait en poussant les hauts cris) Du vieux Roi Edward auquel il avait assistait au couronnement lorsqu'elle avait été plus jeune, du fonctionnement de la chambre des Lords et la chambre des Communes de comment les automobiles comme moyens de transports remplaceraient bientôt définitivement les calèches et les chevaux et de ce progrès merveilleux que serait l'aviation et le téléphone. Il évoquait ces grands américains qu'étaient Graham Bell et Thomas Newton.

Lors du deuxième été que la famille passait à la Roseraie, Rose rencontra le fils du seul voisin proche: la famille Pam qui étaient des commerçants.

Frederick Pam était passionné de chevaux, rêvait de devenir vétérinaire et de ce fait, s'introduisait dans les écuries pour admirer les magnifiques bêtes. Il était assez grand pour ses treize ans et avait les cheveux Aubrun couvert par un galurin et de craquants yeux noisette, un grain de beauté sur la fossette.

-Que viens tu faire ici? demanda Rose d'un air un peu autoritaire mais en réalité elle était plutôt amusée de cette rencontre fortuite et au fond de son cœur espérait qu'il deviendrait de bons amis au cours de son séjour.

-S'il te plait ne me chasse pas. Je ne fais rien de mal, je voulais juste admirer vos chevaux. Ils sont si beaux.

-Mère ne serait pas d'accord. Elle n'aime pas que n'importe qui s'introduise chez nous.

-Très bien. Je vais m'en aller alors. répondit-il la tête basse et le regard fort triste.

-Mais moi, je veux que tu restes. Rétorqua t'elle la tête relevée et fière tout en lui souriant. Tu joues à cache cache?

-Je préfère les billes. rétorqua-t-il en gonflant le torse.

-Je suis sure que je te battrai. Mais je n'ai pas ma collection sur moi. Mère l'a trouvé et me l'a confisqué car c'est un jeu de garçon.

-Va pour cache cache alors. Dis, c'est vrai que tu es une vrai princesse comme ta mère ?

-Malheureusement, je crois que oui. Tu me fais une révérence ?

-Pas envie du tout !

-Tant mieux, moi non plus !

- Tu ne serais pas une fille un peu compliquée ?

-Même pas !

Les deux enfants rigolèrent et Frederick courut trouver une cachette dans le bois avoisinant.

Elle passa cet été là, celui de ses dix à onze ans comme celui d'avant au grand air, ravie de pouvoir pratiquer des jeux de garçons. Ils attrapaient des papillons que parfois ils changeaient pour des lapins avec l'aide de Milady, haletante de suivre son troupeau. Elle ne souciait guère des remontrances de sa mère qui l'exhortait à se comporter plus comme une lady, comme celles que Rose voyaient défilés chez elle et qui à ses yeux demeuraient sans grand intérêt. Henry continuait à apprécier la vivacité de son enfant et n'était pas gêné le moins du monde de l'amitié naissante entre elle et Frederick à qui il eut tôt fait de pardonner l'intrusion de tantôt sur sa propriété d'un grand éclat de rire affable.

Souvent, il trouvait Frederick, Trudie et Rose attablés à l'heure du thé savourant du lait chaud et des tartines soit du thé de Darjeeling accompagnés de biscuit moelleux servis par Annabelle.

Ruth qui avait finit par prendre partie de la situation se détendait dans son fauteuil à bascule en lisant un bon roman ou bien en faisant un peu de couture. Parfois elle osait prendre un bain de mer et Rose aimait se baigner aussi. Son mari lui répétait que Rose gagnait ainsi à s'ouvrir sur le monde extérieur mais elle était septique malgré un sourire arrangé et convenu. Le 16 août l'unique héritière des Dewitt Bukater y célébra son anniversaire autour d'un gâteau préparé par Annabelle.

Le temps avait passé vite, l'été touchait à sa fin tel un feu de Bengale trop vite allumé et consumé.

Ils assistèrent fin aout au mariage très bon enfant de Bert et Charlotte Cartmell et où Ruth ne se sentit pas du tout à son aise malgré le grisant air de gigue de l'orchestre. Elle autorisa sa fille à danser ce qui faut pour ne pas faire offense au jeune couple, pas habitué à côtoyer de telles sommités. Néanmoins la nouvelle Madame Cartmell salua dignement Lord Henry et fit une révérence aux deux altesses qu'elle remercia chaleureusement d'être venue. Lady Ruth, Princesse d'Ecosse lui fit un sourire de convenance tandis que la petite lady Rose lui sauta au cou pour la jolie soirée mais bouda sa mère en rentrant à son domicile.

Rose se trouva donc à 11 ans en pension à Londres, Madame Hastings était une femme d'entre deux âges, ne s'étant jamais marié et certainement décidé à ce que l'éducation et la réputation de se protégées ne souffrent d'aucune tâche ni d'aucune critique. Il en allait de la crédibilité et de la respectabilité de son établissement. Après les cours, le soir dans le dortoir, Rose lisait des romans d'aventures comme Tom Sawyer ou la case de l'oncle Tom, pas Jane Austen ou "les Quatre filles du docteur March" contrairement à ces petites camarades ce qui affolait la dodue surveillante générale qui lui mis un jour entre les mains "La petite Princesse" et "Le petit Lord Flaunteroy" à la place. Mais vraiment pour qui se prenait t'elle? Si ces lectures faisaient "mal élevée", Rose se demandait, narquoise ce que elle, elle était. Bien entendu, elle reprendrait l'ouvrage dés que les surveillantes auraient le dos tourné.

Ses camarades qui n'osaient pas tous lui parlé du fait qu'elle était la seule princesse et donc un peu l'objet de curiosité, la trouvaient bizarre lorsqu'elle choisissait de longues promenades solitaires à leurs incessants bavardages futiles et leurs cancans qui la lassaient. Les gens étaient si étroits d'esprit. Elle était bonne élève et donnait d'autre part entière satisfaction quant à ses résultats qui étaient fort probants et ceux pour la plus grande fierté d'Henry qui se vantait d'avoir une fille intelligente et débrouillarde, pensant par elle même et de Ruth également qui vantait le fin et délicat trait esprit de sa fille qui semblait parée des dons les plus rares. Tant pis si elle était un peu garçon manqué, cela finirait bien par lui passé. Quelque chose plut rudement à la princesse en devenir ce fut les ateliers d'initiation à l'Art Dramatique que proposait l'établissement et dont elle était la première à chaque inscription de session sous le regard

Rose reviendrait donc maintenant à Southampton que durant les vacances mais l'une d'elles, elle eut la chance de se rendre à Londres durant la saison de Noël pour y rencontrer le roi qui devait les saluer lors d'une garden party à Buckingham Palace (elle était excitée au début car rencontrer un roi c'est très important, surtout quand on est anglais et ça l'est même plus que le thé c'est dire mais elle fut très déçue de constater qu'il n'était qu'un vieux monsieur juste un peu plus noble et mieux habillé qu'eux avec un plus grand palais pour lui tout seul,) pour assister à la première de la pièce de théâtre "Peter Pan" écrite par le dramaturge James Matthew Barrie et y retourna sous les instances de sa mère pour assister au très select tournoi de tennis de Wimbledon en sa compagnie et celles d'autres comtesses. Elles demeureraient chez son oncle Anthony Miland que d'ordinaire Ruth snobait ce qui ne dérangeait pas Rose outre mesure car elle trouvait de toute façon sa Tante Louise et sa cousine Sophie de vraies pestes jalouses. Puis ce fut les grandes vacances d'été dans sa maison merveilleuse, enfin. Elles prirent toutes les deux le train jusqu'à Torquay qui en était justement le terminus.

Elle y retrouva un ami qu'elle connaissait désormais bien mais Trudie se devait de se montrer plus distance car elle en avait fini avec l'école publique, sa mère n'ayant pas l'argent pour l'envoyer dans le secondaire, elle commençait sa formation d'employée au service des Lord Dewitt Bukater.

Quand ils ne trouvaient pas de quoi se taquiner ou de se disputer, ils marchaient de longues heures ensemble sur la plage ou le petit bois près de la propriété, se baignaient dans la rivière, faisaient du cheval et jouaient avec les chiens. Milady au pelage marron bougeait frénétiquement la queue en signe d'approbation quand au programme qu'ils improvisaient sous l'impulsion du jour. S'entendant comme des larrons en foire, ils souriaient à la vie et n'avaient cure du futur.

Au fur et à mesure du temps qu'ils passaient ensemble, Rose sentait son cœur battre un peu plus vite, surtout la semaine dernière quand il osa lui prendre la main après avoir longé le ruisseau.

Un mois après, Rose revenait de monter Tiare et n'avait pas vu Frederick depuis deux jours, ce qui lui sembla étrange quand une mauvaise nouvelle tomba. Il lui demanda de faire une ballade.

-Tu viens te promener Rosie?

-J'arrive répondit-elle décidée.

Elle était décidai à le suivre pour s'asseoir sur le banc en pierre dans le jardin de la Roseraie ou se tenaient une pergola en bois toute fleurie à cette époque de l'année et qui datait de la précédente.

Frederick était sérieux, grave, triste et ému. Lui aussi avait rose qui s'était glissé et logée de manière enfantine dans son cœur.

-Il y a eu un incendie dans le magasin hier et tout a été perdu. Nos économies, tout.

Bien qu'un sanglot dans la voix puisse se faire entendre, il trouva la force de poursuivre:

-Mes parents ont vendu la maison et on va déménager. Dés demain, on part pour Plymouth chez la sœur de papa et dans quinze jours nous prendrons un paquebot et on ira s'installer dans le nouveau monde pour toujours. Papa dit que là bas il y aura plus d'opportunités pour nous, que c'est finalement mieux.

Rose se sentit tout d'un coup très triste à cette annonce. Elle se souvient d'avoir surpris Annabelle Bolt et une autre servante saisonnière il ya quelques jours, en grande conversation sur Monsieur Pam et combien il était toujours affable avec tout le monde. Et puis Frederick était si gentil et elle ne le reverrait sans doute plus jamais. La vie était si injuste parfois.

-Tu vas me manquer Frederick. Tu as été mon premier véritable ami.

-Je te trouve jolie Rose, tu sais. Tu as déjà embrassé un garçon?

Très choquée, elle affirma que non.

-Moi j'ai embrassé beaucoup de filles mais jamais de princesses.

-Mais j'espère bien !

-Comme tu es jalouse Rosie !

-Non ce n'est pas vrai.

-Si ! ca l'est. Je vais t'embrasser maintenant. Pour te dire adieu.

Le jeune garçon pencha alors sa tête et ses lèvres finirent par joindre celles de Rose que cette expérience rendait curieuse. Elle rougit jusqu'aux oreilles mais malgré tout ne trouva pas cela désagréable. Elle répondit à ce baiser ne voulant pas être en reste.

Ils restèrent ainsi en se tenant la main jusqu'à ce que Madame Pam, visiblement très pressée et la mine renfrognée, arriva sur les lieux pour récupérer son fils en vue de l'heure du souper qui arrivait bientôt.

-Ne m'oublies pas la supplia t'il.

-Je ne t'oublierai pas dit 'elle en signe d'une promesse certaine.

C'est ainsi que Rose gagna et perdit son premier petit ami en à peu prés une dizaine de minutes.

A sa propre tablée le soir, Henry annonçait de sa voix de stentor qu'il fallait qu'il se rende demain au village pour envoyer un télégramme urgent avant leur retour à Southampton.

Il devait également rencontrer des investisseurs. Rose lui demanda si elle pouvait l'accompagner. Elle ne voulait pas voir Frederick et sa famille qui s'en iraient demain matin. Elle aurait beaucoup trop de peine.

-En voila une drôle d'idée s'exclama sa mère. Ce n'est simplement pas correct qu'une fille accompagne son père quand il sort pour ses affaires. De plus Madame Birgam doit venir ici demain pour s'assurer que les dernières retouches de votre uniforme soient impeccables pour votre rentrée. Je refuse de l'avoir fait déplacée pour rien Rose. Sermonnait' elle les sourcils froncés et avec un regard qui ne laissait nullement de place pour la discussion.

Le lendemain de bonne heure vit la calèche des Pam arrivait, les époux chargeaient les lourdes malles, Frederick les suivait l'air très penaud, Rose put l'apercevoir une dernière fois de sa fenêtre. La rouquine agitait son mouchoir en signe d'adieu. Elle serait toujours nostalgique lorsqu'elle verrait de l'autre côté du sentier la maison en bois aux volets verts.

Ce retour à Southampton fut long car morne et monotone. Henry était plongé dans ses pensées et ne parlait qu'avec parcimonie et sans sa grande éloquence habituelle.

Le décor de la ville portuaire leur apparut en cette fin d'août; un climat orageux et humide se profilait à l'horizon. L'ambiance était studieuse, Henry étudiait ses dossiers et une colonne de chiffres dans son bureau, Ruth donnait des directives au personnel afin qu'ils rangent bien ce qu'ils ramenaient dans les malles.

Quatre autres années s'écoulèrent vite se modelant sur ce schéma, Rose trouvait cependant maintenant la Roseraie bien calme sans sa petite sœur qui n'y avait vu qu'un été et sans son premier petit amoureux, elle s'y ressourçait cependant toujours, une rose avait besoin de racine et la jeune noble avait choisi de se les faire créer et s'établir à cet endroit qu'elle aimait pour le moment bien plus que tout les autres.

Elle passait de bons moments dans cette maison ou sa mère était toujours un peu plus gentille, elles descendaient à bien le sentier au matin pour atteindre le village qui saluaient leurs altesses royales pour s'en retourner à leurs travaux après et Rosse demandait pourquoi sa mère ne sortait pas plus de chez eux à Southampton. Henry, lui péchait la journée qui passait vite quand on taquinait les carpes et jouait pour son épouse et sa fille des airs d'harmonica à la lumière de la nuit jusqu' à qu'il fut temps pour Rose d'aller se coucher. Lord Amiral continuait aussi à s'occuper des hongres dans le haras qu'il possédait quand il était présent et ils rêvaient que ces derniers disputent les royales courses d'Ascot quand ils seraient près. Durant ces absences, Gibert Emit de Torquay, embauché pour prendre soin de la propriété, s'occupait d'eux

A treize ans, elle fut surprise et honorée d'être choisie et 'heureuse marraine de la fille née de l'union du couple Cartmell, Coralie que tout le monde appelait Cora. Ruth, tout de fière de voir sa fille de prendre de plus amples responsabilités pour sa future vie de princesse trouva pourtant à y redire en insistant bien qu'il serait bien plus chrétien qu'elle au moins en tant que sa marraine l'appelle par son véritable prénom et non un diminutif sans quoi même le Seigneur ne se rappellerait plus de son nom.

Elle acheta à sa filleule une timbale en argent gravée à sas deux similaires initiales à l'occasion de son baptême que Ruth insista pour qu'il prenne place à la grande cathédrale de Southampton pensant que cela ferait plaisir au Cartmell.

Après son passage Londonien, elle intégra en tant que "finisching school" une première année (c'était pour un cursus de deux ans) la pension des "Hautes Dames" à Paris qui était le second choix de sa mère quand Henry avait imposé son véto à celle appelée "Le Ménil" qui se trouvait en Suisse en raison de son trop fort son éloignement par rapport à leur résidence principale et surtout par rapport aux itinéraires de ses voyages d'affaires.

Il n'hésitait jamais à pousser jusqu'à Paris lorsqu'il visitait ses chantiers en France pour embrasser sa fille qui lui manquait.

Ils se promenaient sur les Champs Elysées ou la Seine visitant le Louvre et Notre Dame et bavardaient gaiement, il l'amenait au théâtre de la Comédie Française voir Cyrano de Bergerac et à l'Opéra Garnier où l'on donnait "Faust" puis "Carmen».

Elle eut quand même bien eut peur une fois quand ils se perdirent dans une ruelle au sortir de Montmartre entre le Sacré Cœur et le Moulin Rouge qu'avait rendu célèbre Toulouse Lautrec. Une femme d'environs vingt ans au cheveu noir de jais et possédant seulement une jambe les remit dans le droit chemin pour leur plus grand embarras. Il se tenait prés d'une maison étrange ou les dames, elles s'habillaient vraiment d'une drôle de manière.

Cette fois ci, l'Amiral Henry en visite en compagnie de sa mère lui avait acheté une pince à cheveux façon art nouveaux et qui représentait un papillon. Le monsieur grisonnant toussait et avait vieilli mais il assurait qu'ainsi allait la vie et qu'il n'y avait pas de quoi fouetter un chat ni aucune raison d'en faire toute une montagne lorsque sa fille bien aimée s'en inquiéta et le fit savoir. Elle ne lui parla pas de comte Antoine de Gignac, qu'elle admirait en secret et qui lui avait écrit une lettre dans laquelle il s'était déclarer et il lui faisait depuis quelques temps une cour en bonne due forme et maintenant ils commençaient se fréquenter.

Il finit par changer de sujet que l'aube de sa vieillesse. Début juillet, il devait se rendre à Philadelphie chez les Hockley.

Ruth et Rose voudraient t'elles l'y accompagner cet été avant que Rose ne reparte à Paris pour sa dernière année à "Hautes Dames"? La Roseraie devait subir à nouveaux quelques travaux et cet été ils n'y pouvaient donc pas y retourner. L'Amérique serait un parfait cadeau d'anniversaire avant l'heure pour célébrer les seize ans de Rose. D'ailleurs son oncle le prince d'Ecosse Lord Thomas venait à l'avance de lui envoyer un diadème blanc et brillant, c'était une spirale époustouflante d'où une rose diamantée se distinguée et qui se mettait dans les cheveux comme un passe ou un serre tête

Comme elle avait grandi.

Fin de ce troisième chapitre. Le quatrième va s'appeler: Une débutante à Philadelphie.