Chapitre 4: Une débutante à Philadelphie.

Copyright: Je ne possédé aucun des personnages du film Titanic de James Cameron, je ne tire aucun profit de cette histoire, seulement le plaisir de l'écrire. Dîtes moi ce que vous en pensez.

Résumé : Ce chapitre raconte la première visite des Dewitt Bukater en Amérique.

Philadelphie, Etats Unis Juillet 1910.

Quand Rose débarqua à New York, son sentiment immédiat fut que le séjour serait beaucoup plus gai que ceux à Londres ou elle se rendait parfois et que le temps serait tellement plus merveilleux qu'en Ecosse quand petite fille elle avait visité le château de ses illustres ancêtres tandis que Ruth et Henry régnaient une affaire de succession avec son oncle le Prince d'Ecosse, Lord Thomas.

Philadelphie irradiait de tout son soleil et grouillait d'animation. C'était la première fois que Rose voyait une ville américaine et la nouveauté lui plaisait.

Il lui semblait que tout allait ici plus vite et que tout était plus coloré.

S'empressa autour du cou de son père, Rose laissa éclater sa joie lorsque les Dewitt Bukater descendirent de leur paquebot Le Majestic.

Une riche automobile Ford les conduit jusqu'à la gare ou ils prirent le premier train pour la Pennsylvanie et Philadelphie.

Ce fut un dénommé Spicer Lovejoy, nouvellement entré au service de Nathaniel Hockley( plus connu sous le diminutif de Nathan)et de sa famille qui se chargea d'accueillir les invités de marque alors que le train tout juste de rentrer en gare et que ces dernier descendait à peine.

-Spicer Lovejoy, majordome chez les Hockley. Je me charge de vos bagages. L'homme était grand, aux cheveux gris que laissais apercevoir son chapeau melon.

Une fois tout le monde installé dans l'automobile des Hockley, Ruth se mit en devoir de faire la conversation.

-Caledon Hockley travaille t'il toujours avec son père? Que devient' il?

-Monsieur Caledon Hockley travaille toujours auprès de son père dont il héritera toute l'affaire un jour en tant que fils unique. De plus, madame, il vient de se fiancer.

-Vraiment? réplique 'elle d'une voix qui se voulait égale.

Mais en vain. Monsieur Lovejoy, rompu en tant que majordome aux us et coutumes des gens de la bonne société (qu'elle soit anglaise ou américaine) avait tout de suite compris le désappointement dans les paroles de Ruth. Tout comme Rose, à son plus grand désarroi.

-Je vois poursuivit' elle. Et pourrait' on en savoir plus sur l'heureuse élue?

-Lorraine Desaspar, charmante en tout point de vue. La famille Desaspar à trouver des mines d'or dans le Colorado et au Nouveau Mexique il va y avoir quinze années de cela. Depuis, ce sont les gens les mieux du monde et ont fait leur impressions dans la société de Philadelphie dit' il le sourire entendu.

-Des nouveaux riches ! conclut Ruth amèrement.

Rose en conclut avec stupéfaction que sa mère détestait déjà ces personnes sans les avoir même déjà rencontrés. Mais elle ne pouvait être totalement surprise. Elle savait qu'elle détestait "les nouveaux riches".

Rien n'aurait pu préparer Rose à la vue de la demeure des Hockley.

Celle ci trônait au milieu d'un immense grand parc dont on pouvait disposer de la vue depuis le grand balcon sur la face principale.

A l'intérieur, tout était du plus somptueux et du plus raffiné, des riches tapis au sol jusqu'aux couteux tableaux accrochés aux murs magnifiquement tapissés et ornés. Des luminaires, vraisemblablement les plus chers, étaient incrustés au plafond immaculé.

Eleanor Hockley, femme de Nathan Hockley, accueillit comme une maitresse de maison le devait, ses prestigieux invités d'Outre Atlantique.

C'était une femme mince, brune avec un nez assez relevé, elle portait une robe de mousseline bleue et fleurie et des grenats verts étaient ses pendants d'oreilles.

Elle observa les arrivés un instant, exécuta parfaitement un sourire de convenance puis se dirigea vers Lord Henry Dewitt Bukater à qui la courbette d'usage, tendit sa main gantée.

-Lord Dewitt Bukater, je suis enchanté de faire votre connaissance. Je suis navrée que ni mon époux ni mon fils ne soient là pour vous accueillir vous et votre famille comme il se doit. Ils sont partit inspecter nos usines à Pittsburg et rentreront bientôt.

Elle se trouva ensuite face à face à Ruth à laquelle elle jeta un bref regard suivi d'une mine approbatrice que Lady Dewitt Bukater, princesse d'Ecosse ne connaissait que trop bien et n'avait vu que trop de fois avant de s'acquitter de la révérence protocolaire.

C'était celui qui voulait dire qu'on ne considérait pas son interlocutrice comme un danger ou une rivale. Elle lui fit une révérence comme le protocole l'exigeait.

-Vôtre altesse, je suis également charmée de vous connaître enfin.

Enfin, elle eu également quelques mots affables à l'endroit de la jeune Lady Rose et fit de même.

-Rose ma chère, vous êtes à faire pâlir de jalousies chacune des jeunes filles de Pennsylvanie. Je suis sure que vous devez déjà avoir tout un tas de soupirants.

-Voyons voyons, Rose poursuit ses études et est encore un peu jeune pour tout cela.

Rose baissa les yeux, très gênée et embarrassée, le sol de la demeure Hockley devenant soudain très intéressant, tous comme ses pieds qui bougeaient ne sachant pas trop quoi faire d'eux même.

Henry essayait vainement de sortir Rose d'un embarras certain causé par cette impudente conversation à laquelle elle n'était sans doute guère habituée. Cela devait être typiquement Américain comme comportement.

Au diner, Eleanor s'enquit des relations mondaines de Ruth dans les cercles Londoniens et les deux femmes bavardèrent à leur aise dans le petit salon autour d'un pot de thé. Rose avait été bien sur contrainte et forcée de s'asseoir avec eux.

Ruth déclara avec fierté comment son époux avait assisté aux funérailles du roi Edward dans la chapelle St Georges dans le parc du château de Windsor, fief emblématique de la famille royale britannique. Eleanor soupira d'aise devant ce qui devait être une des familles anglaises les plus respectables au vu de leur connections, leurs titres et héritage.

-J'ai hâte de venir visiter votre pays, au printemps prochain vôtre altesse (l'Angleterre et l'Ecosse se confondant en une même entité dans ses lacunes géographiques). Maintenant que nous y avons acquis notre cottage...Il s'appelle Westland et est parait il en tout point époustouflant. Maintenant que Caledon est fiancé, j'imagine sans peine prendre soins de mes petits enfants dans vôtre pays. S'enthousiasmait Eleanor aussi fière qu'un paon.

Le lendemain les hommes de la famille Hockley arrivèrent enfin à leur domicile de Philadelphie, accompagnés de la fameuse Lorraine dont il avait était fait allusion dans l'automobile.

Elle portait une robe également bleue et ses cheveux clairs étaient recouverts de rubans de la même couleur.

Cal s'empressa de faire les présentations, quand il parvient à Rose il fut tout bonnement déconcerté et estomaqué, il jeta sur l'adolescente un regard qui était plein d'étonnement et de plaisir. Il n'hésita pas lancer sur elle un regard plus qu'approbateur, appréciant pleinement ce que l'enfant son collègue était devenue et avait à offrir. Lorraine observait Rose comme un chat une souris. Elle paressait être triste. La jeune anglaise baissa la tête ne sachant quoi faire d'autre de plus pertinent.

-Lady Rose, c'est incroyable votre altesse, vous avez vraiment grandie pour devenir une vraie beauté. Je ne vous aurez jamais reconnu. Vous embellissez telle une rose au soleil si vous permettez cette expression. J'espère que votre séjour en Pennsylvanie vous sera agréable et que vous aimerez Philadelphie autant qu'elle vous aimera j'en suis sur. Nous n'avons guère d'Altesse Royale qui viennent nous voir tous les jours vous savez.

Il lui fit un baise main dans les règles de l'art de la fine fleur de la haute société de la côte Est.

-Je vous remercie Monsieur Hockley. J'espère profiter des bienfaits de l'Amérique également.

-Félicitations pour vos fiançailles Monsieur Hockley, vôtre mère nous a mis dans la confidence et je présente tout mes vœux de bonheur lança Rose pour donner aux changes.

Son père l'amenait avec sa mère au grand théâtre de Philadelphie et en cachette de cette dernière dans un nicklodéon voir des films. Dans la grande ville, ils passaient plus facilement incognito même si les chroniques mondaines qui faisaient leurs recherches et leur travail correctement mentionnaient leur présence dans la capitale de Pennsylvanie. Ils avaient assistés à une projection de "Ce que Daisy a dit" avec Mary Pickford, une actrice Américano- Canadienne en vedette. Henry sortait également à l'Opéra et amenait certaines fois la toujours distinguée Ruth à son bras, les Hockley les rejoignait parfois tout comme Rose d'ailleurs. Il espérait bien assistait à une représentation au Métropolitan de New York avant de repartir pour l'Angleterre comme lors de son dernier voyage. Le rêve secret d'Henry me dirait vous ? Rencontrer le ténor italien mondialement connu et reconnu par toutes les critiques de l'Art lyrique et amateurs du Bel Canto Enrique Caruso !

Avec sa tendre fille, le soir, il la rejoignait parfois, s'asseyant sur le lit, pour discuter et échanger leurs impressions.

C'est lors de l'un d'eux que Rose luit fit part de son désir le plus secret:

-J'aimerai être comme Mary Pickford l'actrice. Elle est si brillante. Père, je crois que je veux être une actrice. Il n'y pas seulement qu'une princesse en moi.

Il ne fut pas surpris, il avait deviné l'impact et la forte impression que la jeune femme actrice avait eu sur sa progéniture devenue "un petit bout de femme déjà". Son excitation, ses yeux bleus qui brillaient et s'allumaient lorsqu'elle apparaissait en disait long.

- Si tel est le cas, je ne t'en empêcherai pas. Mais tu as le temps de voir venir. Consacre toi à ta dernière année à Hautes Dames. Et puis révise Shakespeare, tous les bons acteurs connaissent tout le répertoire de Shakespeare par cœur. Tu joueras peut être Juliette Capulet un jour qui sait.

-J'ai déjà lu Shakespeare à Hastings, père. Et combien j'aimerai jouer Juliette au théâtre mais je crois bien que je m'évanouirai de frayeur avant d'entrer en scène.

-Papa, il y a une Université féminine ici. J'aimerai en intégrer une en Angleterre lorsque je rentrerai de Paris. Mais mère pensera déjà surement à me trouver un mari et je n'en ai pas du tout envie! clamait la jeune fille avec la plus grande vigueur et certitude.

Il réfléchit se disant que sa fille n'avait pas forcément tort, il fronçât les sourcils en se demandant ou le temps était passé puis poursuivit:

-Peut être que c'est ici même à Philadelphie que tu intégreras l'Université. On risque de déménager sur le nouveau monde. Qu'en penses-tu?

-Vraiment père, j'en pense que c'est merveilleux. Comment cela se fait-il?

-Bukater Ship devient trop grand. Tu te rends compte? On m'a proposé de construire avec Harland and Wolf et la White Star Line le plus grand paquebot du monde. Il s'appellera le Titanic. Après quoi, on s'installera ici. J'ai beaucoup de travail à donner à Hockley et les livraisons d'acier seront plus rapides. Ne dis rien pour l'instant à ta mère. Ce sera notre petit secret à nous. Je t'aime ma petite Rose murmura t'il en se penchant sur cette enfant qui était un petit bout de femme à présent.

-D'accord père je vous le promets. jura-t-elle solennellement d'un ton hautain.

Il rigola sous sa moustache puis caressa avec affection le front de sa fille.

-Père, on a un secret.

-Oui, nous avons un secret toi et moi. Ainsi dors ma belle enfant chérie, il nous faut se lever tôt demain.

-Bonne nuit Père.

Mais pour le plus grand malheur de Rose, son séjour fut surtout chargé de mondanéités fades et insipides. Elle détestait plus que tous les cotillons et les interminables parties de polo, ô combien ennuyeuses. Elle fut présentée à de parfaits inconnus qui étaient des sommités de l'élite de Philadelphie tel que la famille Wichester, des nouveaux riches comme Margaret Brown qui planifiait un voyage en Egypte avec John Jacob Astor, un milliardaire ayant crée le scandale en divorçant de sa femme il y a deux ans. Tout le monde se connaissait bien sur et ils participaient avec animation aux festivités tout comme le très britannique capitaine Edward. J. Smith qu'elle avait auparavant brièvement rencontré à Londres alors qu'elle accompagnait son père à Covent Garden. Il y avait également Isidore et Ida Strauss, propriétaires de la chaîne de magasin Macy qui avait pris Rose en affection et lui proposaient toujours les meilleurs vêtements que vendaient leurs magasins. Rose se pressait toujours dans la spacieuse chambre qu'on lui avait allouée pour écrire des lettres dont elle espérait qu'elles ne tomberaient pas dans d'autres mains que les siennes ou du destinataire et elle n'autorisait les réponses de son destinataire qu'à l'adresse du pensionnat français.

Heureusement, il y avait Mr Andrews qu'elle aimait beaucoup et qui ne manquait jamais de saluer la "Jeune Rose" qu'elle était. Ce dernier venait de se marier et Madame Helen Andrews qui c'était montrée exquise de déférence envers elle.

A une Garden party, il posa un regard insistant sur elle quelques temps après alors qu'elle était assise sur un banc en pierre du parc chez les Hockley. Son visage se rapprochait du sien, elle contemplait son visage mât et ténébreux qui ne cessait de la fixer, elle sentait son souffle prés du sien. Cal y offrit à Rose d'être son cavalier pour le bal des débutantes qui aurait lieu la semaine précédemment le retour de la famille Dewitt Bukater sur le sol anglais. Il annonça avec fierté que Son altesse Royale la Princesse Rose d'Ecosse serait présentée comme il se doit à la bonne société américaine lors de ce même bal.

-Ce n'est même pas encore mon véritable titre nobiliaire Monsieur Hockley. Objecta-t-elle avec raison.

-Je vous le transfère volontiers à vous pour cette grande soirée Ma chère enfant ! répliqua Ruth qui se tenait près d'elle et qui exécuta un rire forcé qu'elle croyait de circonstances.

Rose, elle, s'inquiétait de tout autre chose :

- Ne devriez-vous pas vous y rendre plutôt avec Miss Lorraine, Monsieur Hockley ?

-Toute la bonne société de Philadelphie sera présente et veut vous voir vous. Ma fiancée ne pourra pas venir car sa mère est souffrante et elle ne peut quitter son chevet. Alors acceptez-vous? Le ton de la demande à laquelle elle ne s'attendait pas était bien cavalier pour esquisser juste quelques danses.

- Excusez-moi, je dois me retirer. Je vais y réfléchir. Je vous verrai plus tard Monsieur Hockley.

Mais à peine un peu plus tard, à l'heure du déjeuner, Cal avait déjà pris les devants.

-J'accompagnerai et escorterai Son altesse royale Lady Dewitt Bukater au bal des débutantes ainsi que ces parents si vous n'y voyaient aucun inconvénient, bien sur.

-C'est malheureusement le même jour ou ta mère et moi devons nous rendre chez Bridge à Boston à qui nous avons déjà promis nôtre visite fit remarquer Lord Henry.

-Je m'occuperai d'elle Lord et Lady Dewitt Bukater, n'ayez crainte.

Rose n'eut aucun autre mot à dire ni de solution alternative à offrir, elle ne put donc qu'opiner du chef.

La grande salle de bal, l'orchestre tout était merveilleux il fallait bien l'avouer.

Elle fut annoncée comme étant l'invitée de Monsieur Hockley sous le nom de Son Altesse Royale Lady Rosemarie Dewitt Bukater, la Princesse d'Ecosse.

Et Rose qui détestait qu'on l'appelle par un titre emprunté et son prénom tout en entier fit cependant la plus jolie et courtoise des révérences comme la bienséance l'exigeait en prenant son mal en patience.

Cal annonçait à qui voulait l'entendre qu'elle était la fille d'un collègue et cher ami anglais à son père qui avait fait mariage dans la famille royale d'Ecosse qui vivait en Angleterre mais qui démangeait dans leur ville d'ici la fin de l'année prochaine (Comment Caledon savait' il déjà tout cela ?). Il fallait donc l'aider à s'intégrer dés à présent. De plus il donna des nouvelles de Lorraine, toujours au soin avec sa mère malade. Inutile de dire que la foule était très impressionnée.

Rose était parée d'une robe couleur lilas et d'une tiare d'argent mise dans ses cheveux roux coiffés en un chignon bien resserré. A sa grande surprise, plusieurs cavaliers da la bonne société s'intéressèrent à elle et voulurent la faire danser. Cal se montrait exquis et n'avait oublié ni de lui offrir un bouquet de fleur ni de porter la boutonnière, il osa également plaisanter sur le fait qu'elle ne fallait pas qu'elle boive trop de punch tant elle était déjà vive et éblouissante.

-Je vous ferai remarquer Monsieur Hockley que ce sont là des compliments que vous devriez réserver à Lorraine, votre fiancée.

Il s'accorda une retenue puis il lui susurra d'une voix intelligible.

-Elle n'a et n'aura jamais ni votre allure ni vos charmes.

On donnait une allemande et il la fit tournoyer, Rose se trouva bientôt subtilement entraîner derrière la grande porte qui donnait accès à un petit salon fort discret ou se trouvait une grande baie vitrée.

Cal agrippa Rose par la taille:

-Comme vous êtes jolie chère Rose ce soir. Vous avez tout simplement éblouie votre monde ma chère.

Il approcha son visage du sien, se pressant contre sa taille et cette fois ci leurs lèvres se joignirent.

Ses mains fortes entouraient sa tête qui suivait le mouvement de la sienne comme si il l'hypnotisait.

-C'est mal ce que nous faisons. Je n'aurais pas du. Vous êtes fiancé. J'ai…

Elle s'enfuit toute confuse là ou se trouvait la foule qui l'emportait et continuait à danser.

Après un temps qui lui sembla convenable Cal la rejoignit et lui fit savoir qu'il était temps de se retirer.

Ce qu'ils firent dans un silence gêné, en tout cas du point de vue de Rose.

Rose savait que pour éviter un ébruitement et un scandale elle ne dirait jamais rien des avances de Cal et du baiser échangé.

Ils se trouvaient à présent quatre jours plus tard dans la grande ville de New York. Les Hockley avaient organisé une « petite surprise pour Henry ». Une soirée au sein du prestigieux Métropolitan Opéra de New York, Caruso « le plus grand ténor du monde » donnait vingt représentations exceptionnelles de « Paillasse », un opéra de Leoncavallo. Le grand chanteur italien, avait en 1904, produit un enregistrement d'un extrait de ce dernier qui s'appelait « Vesti la giubba » qui parlait d'un homme trompé. Cet enregistrement fut le premier dans l'histoire de la musique à atteindre la vente record d'un million de copies dont une au moins avait été acquise par Henry qui avait accompagné l'achat d'un gramophone et d'autres airs d'opéra encore. Une collection qui s'accroissait pour son plus grand plaisir mais pas celui de Ruth pour qui la musique n'adoucissait pas les mœurs. Elle se navrait que ca s'empilait sans fin en prenant inutilement la poussière.

L'armateur qui était un fort bon appréciateur des grandes voix de l'Opéra ne pouvait croire sa chance d'assister à une représentation d'une telle sommité du monde de l'art lyrique et il ne cachait pas ni sa joie toute excitée ni sa nervosité qui l'était tout autant. Il fut en état de grâce durant tout le spectacle mais ce ne fut rien que Nathan annonça à son collègue qu'ils allaient maintenant rencontrer l'artiste en personne. Henry n'en croyait tout bonnement pas ses oreilles qui en avaient eu pour leur argent durant cette soirée qui resterait mémorable dans son cœur et sa mémoire. Dans les longs couloirs des coulisses du Métropolitan, ils furent en vu de la loge personnelle du fameux chanteur à la renommée désormais mondiale. Henry se trouvait au comble de la nervosité quand Nathan frappa à la porte qui les séparer du ténor qui l'ouvrit tout de go.

-Bonsoir Monsieur Caruso, je suis Hockley. Vous nous attendiez je crois.

L'homme empreint de bonhommie de son Italie natale leur fit un accueil des plus chaleureux.

-Vous avez été formidable Monsieur Caruso, Lord Henry Dewitt Bukater qui un grand connaisseur et amateur de lyrique est tout bonnement enchanté de vôtre prestation déclara Nathan qui se vouait et se rangeait totalement Et voici sa femme et sa fille leurs Altesses Royale la Princesse Ruth d'Ecosse et sa Fille Son Altesse Royale Lady Rose.

Le ténor Italien fut étonné, il n'avait pas compris qu'il s'agissait de rencontrer des gens royaux.

L'attroupement félicita encore l'homme de la soirée qui leur affait offert un si beau « Paillasse »

-Tout à fait extraordinaire ! confirma Cal qui ne comprenant rien à l'Italien n'avait pas compris ni suivit la trame dramatique.

-Magnifique ! Fut l'avis d'Eleanor !

-Ravissant. commenta Ruth.

-L'opéra était tout à fait charmant appuya Rose un peu étourdie de cette rencontre imprévue.

Le cher Henry voulait tellement articuler des mots d'admiration pour le petit homme au long manteau mais il ne put. Cela agaçait profondément Ruth et les autres, hormis Rose qui profitait aussi de l'occasion pour concocter elle aussi un cadeau à son père.

-Monsieur Caruso, savez vous que mon père chante très bien lui aussi. Et il vous admire tellement. Chanteriez-vous quelques notes avec lui ?

-Mais bien sûr ! Quelle est votre tessiture ? Avez-vous un air qui a votre préférence Lord Dewitt Bukater ?

Les yeux sortirent de l'orbite de chacun présent dans la loge et surtout d'Henry qui rougissait comme le premier amoureux venu.

-Vôtre « Vesti la giubba » s'il vous plaît Maestro. Je suis un modeste ténor amateur…Mais je ne sais pas si je pourrais... Je n'oserais… bafouilla t'il encore.

Et la musique étant un peu magique, la nervosité d'Henry se dissipa et ils chantèrent. Le grand Caruso le félicita et lui décidasse personnellement un de ces enregistrement du même air.

-Bravo signor, vous avez une belle voix très fortes pour un non professionnel. Je suis épaté.

-Gracié Maestro ! Gracié Maestro.

Les deux hommes se donnèrent une accolade. Le groupe prit du vin et un homme travaillant pour l'Opéra prit une photo souvenir qui ne manquerait pas de parvenir en Angleterre assurait' on.

Rose se pencha à l'épaule du chanteur et lyrique et lui murmura un grand merci pour ce cadeau d'anniversaire avec un peu de retard.

-Buon compleanno Signor Henry ! clama t'il alors gaiement à voix haute à l'intention du ténor amiral qui ne redescendait pas sur terre.

La traversée du retour s'effectua dans la confusion totale pour la jeune Rose qui venait d'atteindre ses seize printemps. Elle n'était pas habituée à ce qu'on lui fasse la cour, elle ne se voyait pas comme ses mondaines héroïnes de roman tombant amoureuse d'un beau ténébreux qui se chargerait de la rendre heureuse. Cet accident ne se répéterait pas, d'autant plus qu'elle n'avait pas agit de la plus honnête des façons et qu'elle s'en voulait. Avec un peu de recul, elle réalisait qu'aux baisers de Cal, elle en préférerait toujours d'autres.

Pourtant, elle devrait bien s'y faire, chaque jour elle gagnait en grâce et en beauté, et serait de plus en plus courtisé. Elle n'était plus la petite fille de Southampton un brin rebelle qui ne savait pas tenir en place et voulait tout le temps bouger mais une dame bien comme il faut dans la société à qui il ne manquait qu'un soupirant acceptable qui deviendrait un jour son fiancé et un mari et père parfait. En tout cas, c'est ce que Ruth qui ne savait pas tout, ne cessait de lui répéter.

Cal en lui disant au revoir lui fit savoir qu'il la reverrait lors de leur grand tour d'Europe que les Hockley allait effectuer comme chaque année au mois d'avril.

A voix basse il le lui avait assuré:

-Vous serez mienne un jour Lady Rose.

La famille, pour le retour sur le vieux continent, embarquèrent sur un autre fleuron naval, propriété de la Cunard Line, le paquebot Mauretannia. Il avait un impressionnant record de vitesse (dont celle du Ruban Bleu) et de luxe, le plus beau paquebot alors en vogue sur tout l'Atlantique.

Les Lord Dewitt Bukater ne le surent qu'en rentrant, mais le jour de leur départ, Lorraine Desaspar fut retrouvée morte dans sa chambre par son frère aîné.

Titre du prochain chapitre: Les romances de Paris. Review toujours et appréciées.