Chapitre 5: Les romances de Paris

Copyright: Je ne possédé aucun des personnages du film Titanic de James Cameron, je ne tire aucun profit de cette histoire, seulement le plaisir de l'écrire. Dîtes moi ce que vous en pensez.

Ce chapitre raconte la visite d'Henry et des Hockley à Paris pour venir voir Rose en pension qui doit assister au bal des débutantes. Mais il y a un (double) problème.

Paris, 1er Mars 1911

Chez Madame Hastings, Rose avait déjà lu Shakespeare dans son intégralité ainsi que d'autres auteurs britanniques et américains.

Maintenant Rose était parfaitement fluente en français désormais et se débrouillait assez bien avec l'italien, lisait Molière et Victor Hugo plus quelques autres auteurs français, savait l'arithmétique, le latin, les lettres grecques, le solfège et le piano, chantait comme une sirène.

Avec succès elle avait plus ou moins réussie à adopter de bonnes manières et allait sortir diplômée de cette prestigieuse et ancienne institution qu'était "Hautes Dames" en juin prochain.

Elle avait auparavant intégré le club de théâtre du chic et select pensionnat et reçu le premier prix d'art dramatique avec les félicitations du jury et elle en fut très fière au grand dam de Gabrielle Du Marais qui se voyait déjà lauréate et auréolée du prix.

De toute évidence, cette ville avait suscitée en elle un vif intérêt et une soif pour l'art que rien ne semblait présentement arrêter. Cela avait été un bonheur d'avoir pu contempler au palais du Louvres, la célèbre Mona Lisa de Leonard de Vinci face à face. A l'occasion elle flânait sur les quais de la Seine prés des bouquinistes.

Elle se réjouissait des fréquentes visites de son père dont chantiers et entrepôts s'étendaient de Southampton, Londres, Belfast, Le Havre, Saint Nazaire, Saint Malo et Inverness; ils les faisaient coïncider avec ces inspections de chantier afin que sa fille ne se sente pas toute seule.

Il plissait sa moustache grise et ensemble ils "partaient à l'aventure". Elle insistait pour qu'ils aillent absolument applaudir Sarah Bernhardt qui jouait à la Comédie Française en février dans "La Dame aux Camélias".

-Fort bien, Fort bien, Fort bien ,je puis contenter ton caprice sifflota t'il lentement dans sa moustache en réprimant un petit rire. C'était une petite tirade extraite du livret de l'Opéra "Faust" par Charles Gounod.

-Merci Père. Merci mille fois.

Et il rebondissait de plus belles sur les paroles d'un air qu'il était vaillamment bien décidé à finir :

-Ici, je suis à ton service ! Détachait' il syllabe par syllabe de manière appliquée et mélodique.

Quand elle était laissé libre et que ses devoirs étaient rendus et remplis, elle rejoignait le parc du pensionnat où grâce à l'art de faire passer des petits mots, elle donnait rendez vous au comte de Gignac de l'équivalent masculin de son pensionnat, la maison François Digneface qui se situait à l'extrémité d'un parc commun. Derrière les arbres, il lui comptait fleurette et l'embrassait tout en évitant les regards des curieux et curieuses. Elle avait fait sa connaissance l'année dernière dans ce parc à la rentrée en automne et fut séduite par la grandeur de sa taille et son comportement moins guindé que les autres membres de Digneface très intéressé pour leur part par ses amies de chambrées dont elle ouïe dire que certaines firent bien pire avec ces messieurs que les chastes baisers qu'elle consentait à donner ou recevoir de son galant en plus d'un panier de mûres ou de chocolat le jour de la Saint Valentin 1911 qui vie tombait la neige sur la capitale française.

Ils avaient commencé à se rapprocher en mai dernier deux mois avant de se rendre à Philadelphie, lors des activités mixes qui rejoignait parfois les deux établissements qui souhaité établir une meilleur compréhension et connaissance entre les deux genres représentants de l'humanité. Elle n'avait rien dit à son courtisant de la mésaventure au bal avec Cal et elle se sentait très coupable à ce sujet, elle était tout sauf une gourgandine et peinait à comprendre ce qui c'était passé pour que ca aille jusque là, ca ne lui ressemblait pas. Pour résumé son état de conduite, elle aurait choisi d'être dans la catégorie assez sage mais point trop n'en faut. Elle avait essayait le cigare en cachette et la lingerie de dessous plus aisée à porter que ces fichus corsets oppressants.

Rose devait revoir Cal lorsqu'elle regagnerait son Angleterre natale durant les vacances de Pâques. Elle se demandait comment les choses se calmeraient d'elle-même depuis le baiser du bal des débutantes de Philadelphie, une erreur qu'elle qui l'avaient rendue toute étourdie et dont elle sentait qu'elle n'avait pas encore commencé à payer le prix.

Sa mère se trouvait en Ecosse ou elle rendait visite à son demi frère Lord Thomas, souffrant. Celle ci lui écrivit qu'elle ne viendrait pas à Paris pour le bal des débutantes à l'hôtel Crillon, son père Henry viendrait et ferait office de chaperon. Cela la fit ricanait, elle soupçonnait le cher homme d'arranger ses voyages en France en fonction des visites qu'il pouvait rendre à sa fille.

Un vendredi soir très tard, à la fenêtre de son dortoir alors que les autres pensionnaires étaient déjà endormies, Rose regarda pensivement les étoiles en voulant qu'elles l'amènent loin de cet endroit ou elle suffoquait tellement sur le poids des convenances et bonnes manières qui lui semblaient totalement futiles et inutiles. Mais cela impliquait de revoir Cal Hockley qui elle le savait serait de retour en Europe très bientôt ainsi que son père adoré.

Pour la fin du semestre qui prenait fin par plus tard que le lendemain, le pensionnat organisait un grand pique lors du dernier week end du semestre, les festivités devraient ce poursuivre jusque tard dans l'après midi avant de se rendre à l'hôtel Crillon tout près des Champs Elysées pour un autre et ultime Bal des Débutantes.

-Je me demande la vitesse à laquelle les étoiles filantes exaucent les souhaits. s'interrogea-t-elle à voix basse.

Les garçons du pensionnat " François Digneface" devaient se joindre aux jeunes femmes écolières pour tout d'abord partager leur déjeuner un peu plus campagnard qu'à l'ordinaire. Elle songeait que cette phase de sa vie touchait à sa fin et elle s'en éloignait déjà. Cet été, elle aménagerait à Philadelphie pour intégrer l'Université Féminine, avec sa mère qui n'en voyait pas l'utilité mais finalement était heureuse de quitter Southampton et croyait que le devoir d'une bonne épouse était de suivre son mari là ou il souhaitait s'établir. Henry les rejoindrait en triomphe en participant à la croisière inaugurale du Titanic, le plus grand bateau du monde qu'il aidait à construire avec ses associés, et qui aurait lieu en avril 1912.

Cet après midi là aurait pu se passer dans une bulle pensait en elle même la jeune Rose Dewitt Bukater, une bulle trop savonneuse qui pouvait trop facilement exploser. Assise, au pied d'un vieux chêne probablement centenaire elle se sentait transparente, similaire aux nuages blancs qui la regardaient bien haut dans le ciel.

Un jeune garçon brun de son âge s'empressa à ses côtés, il s'agissait de nul autre que le comte Antoine de Gignac, le petit ami secret de Rose depuis juin dernier. Pourtant, il observait tout les critères pour plaire à sa mère. Pourquoi ne profitait' elle pas avec lui de cette magnifique journée ensoleillée comme ses camarades de classe qui riaient aux éclats? Elle lui sourit faiblement, espérant qu'il comprenne son présent désir de recevoir un baiser pour oublier son présent désir de solitude et l'envie de prendre congé. Mais son interlocuteur était plutôt sociable et loquace, sans aucun doute quelqu'un de charmant selon les mœurs en vigueur. Elle décida de faire contre mauvaise fortune bon cœur et fit conversation avec lui. Celle ci se révéla finalement agréable Il s'intéressait à beaucoup de choses que ces jeunes hommes snobaient normalement comme les meetings d'aviation (il admirait l'aviateur Roland Garros qui était actuellement Outre Atlantique pour des démonstrations aériennes à travers les Etats Unis, le Mexique et Cuba), les chevaux qu'il possédait dans son château de campagne dans l'Aisne en Picardie. Une qualité qui lui avait plu chez lui. Il pratiquait également intensivement l'exercice physique d'ou sa forte musculature. Elle admirait une partie de tennis de ses camarades de classes avec son compagnon de l'après midi qui l'invitait ensuite à la partie de polo de ses camarades à lui.

Ils partagèrent un fou rire qui serait le dernier et suite à cela ils surprirent des gens les dévisageant avec des regards incrédules des autres gens devant tant de désinvolture et de légèreté.

Il avait comme projet d'intégrer Polytechnique, toujours à Paris.

C'est à ce moment là qu'elle songea qu'il n'y avait plus rien de possible entre eux, elle ne resterait pas à Paris et partirait pour sa nouvelle vie à Philadelphie cet été.

Il lui fallait rompre cette attache qui n'aurait pas du être car sa vie était ailleurs et cela la chagrinait :

-Je m'en vais vivre ailleurs. La ville de Philadelphie m'appelle et j'ai d'autre projet pour mon futur que ceux que vous avez formulé pour vous-mêmes. Je vous souhaite le meilleur.

-Je comprends Lady Rose, j'aurai souhaité vous connaître dans des circonstances plus favorables.

-Nous aurons eu quand même passé des bons moments ensemble et j'espère que vous en garderait le parfum agréable des souvenirs de jeunesse.

Pourquoi donc les Français était t'il toujours si romantique même aux moments des adieux ?

Assise sur le tronc d'un arbre centenaire (mais elle ignorait cela), elle demanda simplement à poser la tête sur ses épaules et demeurer comme cela jusqu'à admirer le coucher du soleil.

Ce n'était pas grave si ils n'étaient pas destinés à marchait ensemble plus loin, la route faîtes était déjà cela de pris et quand une intersection se présentait chacun devait logiquement suivre le sienne.

Etait-ce pour cela qu'elle aperçût peu à peu et plus tard vers la fin de l'après midi, l'ombre noire d'un homme s'approcher près du chêne feuillu. Elle su que ce qu'elle redoutait arriverait car pour l'instant Antoine était encore à ses côtés.

-Bonjour, vôtre altesse, comment allez vous ?

Elle n'eut pas le temps de répondre à sa question tant Caledon Hockley s'empressait de la saluer de son baise main et sourire les plus charmeur.

-Monsieur Hockley. Je ne m'attendais pas à votre visite! Ne put t'elle que s'exclamailler à la manière d'une petite voix prise faute et paniquée. Non que Rose ai fait quelque chose de mal cette fois ci, elle n'avait strictement rien à se reprocher. Pourquoi alors ce sentiment opaque qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle voyait Cal et dont elle voulait ce débarrasser?

-Mon père et moi avons avancé nôtre séjour en Europe d'un mois et nous avons tenu à vous faire la surprise de nôtre présence.

-En effet, j'aperçois Monsieur Hockley et Père rétorqua la jeune fille la tête pleine de pensées contraires qu'elle avait peine à saisir et comprendre.

Cal en constatant la présence du comte demeura extrêmement courtois mais Rose percevait de la défiance dans ses paroles, de plus elle surprit le regard noir de Cal sur elle qui disait son envie de le provoquer en duel pour elle si jamais l'occasion s'en présentait.

-Mon très cher, je regrette mais cette jeune fille nous accompagne. Le comte de Gignac s'excusa en prétextant qu'on l'attendait ailleurs pour prendre un congé définitif. Il n'était visiblement pas homme à vouloir causer problèmes ou s'interposer même si il était déçu que la jeune femme le quitte pour le riche américain et n'eut pas était assez courageuse pour le lui dire en face. Il était furieux et affligé d'avoir ainsi était traité. Dieu sait depuis quand durait ce manège.

-Je vois que vous avez fait vôtre choix. Je comprends tout à présent. Puissiez vous-être heureuse.

Elle embrassa chaleureusement son père qu'elle revoyait pour la première fois depuis Noël, elle le recevait toujours avec un immense plaisir. Spicer Lovejoy, l'homme fort des Hockley se montrait toujours aussi impassible dans son éternel costume gris.

Pour le bal, il avait été convenu qu'elle devait porter une robe rose (stupidité qui voulait qu'au jour de sa naissance on eut décidé que le rose était sa couleur), elle agrémenta la tenue d'une scintillante barrette en argent dans les cheveux coiffés en un chignon desserré tout juste ce qu'il fallait pour laisser entrevoir ses séduisantes boucles rousses qui la rendait distinguable parmi la foule.

Elle appréhendait le fait que Cal l'inviterait sans doute à danser.

Ce qu'il fit après avoir parlé à Henry Dewitt Bukater, un verre de ponch l'un et l'autre à la main. Rose avait observé et suivie la conversation qui se déroulait de l'autre côté de l'immense salle de bal du coin de l'œil.

Bien que l'orchestre exécutait parfaitement une valse sans le moindre accro, Rose aurait souhaité un air plus dans l'air du temps même si il était impossible que l'on donne un French Cancan en ces lieux. Cela la détendrait sans doute bien mieux.

-Vous m'avez terriblement manqué chère Rose s'empressa d' d'affirmer crânement Cal alors qu'ils tournoyaient sur "Hésitation Waltz" de Vernon et Irène Castle.

-Mais je suis moi aussi toujours heureuse de vous revoir mon cher Cal. S'évertua-t-elle à répondre aussi poliment que possible tout en étant dans une réserve de bon aloi tout en continuant à valser.

Plus tard dans la soirée, tout le monde descendait le grand escalier pour admirer le feu d'artifice donné en l'honneur des nouvelles débutantes et Cal l'escortait toujours fièrement à son bras. Gignac les vit et tourna aussitôt les talons, blessé dans son orgueil.

Contrairement à Rose, Caledon Hockley n'en avait cure, au contraire cela sciait parfaitement à son plan de bataille établit pour conquérir la princesse Rosemarie.

-Vous savez ma très chère, j'ai demandé vôtre main à vôtre père, qui me l'a refusé.

-C'est bien trop d'honneur que vous me faîtes Cal mais je me sens bien trop jeune pour être marier tel plus est à un homme tel que vous. J'ai actuellement d'autres projets qui me tiennent à cœur comme entrer à l'Université de Philadelphie dés lors que j'y serais établie.

-Je ne comprendrai jamais pourquoi l'Université tient une si grande place à vos yeux !

Sa voix résonnait moqueuse et mécontente.

-Je veux y étudier les lettres et l''Art Dramatique puis devenir une actrice.

-C'est en effet ce que votre père m'a fait savoir. Il a aussi fait valoir que nôtre différence d'âge pourrait être un problème. Entre nous je trouve l'idée dés plus singulière pour ne pas dire saugrenue. Une femme de votre qualité n'est évidemment pas faîtes pour cela. J'aurai tendance à penser que ce bon Henry se montre un peu trop idéaliste avec vous ma chère.

-Je doute qu'il vous a aussi donné l'autorisation de juger comment il ce comporte avec moi fit' elle claquer du tac au tac.

-Certes mais vous avouerez très chère que ce plan n'est en rien conventionnel et encore moins réaliste.

-J'aime à penser qu'il faut se donner le moyens de vivre ses rêves répondit' elle d'un ton de défi.

Il voulut répliquer au cliché de cette déclaration qui lui paraissait bien naïve, mais à la dernière seconde il décida du contraire. Posant son regard dans les yeux de Rose, il pondéra un instant ses sages paroles par un bref sourire amusé. Il hésitait à faire une révélation à Rose, révélation qui franchit doucement tout de même le son de sa bouche.

-Savez vous seulement ce qui est arrivée à Lorraine, la jeune femme de que je m'apprêtais à épouser?

-Ma famille et moi même avons été désolés d'apprendre son décès par Monsieur Andrews à nôtre retour de Philadelphie mais nous n'en avons jamais appris plus.

-Son frère Alexander l'a retrouvée morte dans sa chambre. Elle s'est ôtée la vie quand elle a appris ce qui c'était passé au bal à Philadelphie. Voyez vous Rose, nous avons été surpris et ce baiser échangé à était reporté à Lorraine qui ne l'a pas supporté. Elle se montrait un peu possessif ces derniers temps à mon encontre. Elle pensait me perdre à vôtre profit et cela lui à était fatal. Nous avons bien sur rien dit. Pour éviter tous fâcheux ragots et un scandale.

Sur un ton presque détaché, il laissa de côté le sujet de Lorraine et continua tranquillement la conversation d'une voix presque badine malgré le ton grave de celle ci.

Ces révélations laissèrent Rose sans voix alors qu'elle portait sa main à sa bouche.

-Vous savez, je respecterai la volonté de vôtre père Rose, Il a également ajouté que dans la mesure où vous réciproquerai mes sentiments, il ne verrait pas d'inconvénients à ce que je vous fasse la cour. Je suis ici pour vous déclarez mon inclination Rose, Je n'ai pu oublier ni vôtre beauté, ni vôtre regard de braise ni vôtre peau diaphane exquise et encore moins le gout de vos lèvres contre les miennes.

-Il y à de cela à peine quelques moi, j'étais encore jeune et naïve. Cela n'aurai jamais du se produire et demeurer sans suite. Je ne veux pas d'une relation pour le moment je suis désolé Caledon. Vous m'en voyez vraiment navrée.

L'homme ne s'avouait pas pour autant vaincu et c'était juré de gagner Rose par tous les moyens, quels qu'ils furent.

-Ma chère amie, voila presque un an que vous occupait mon esprit de jour comme de nuit. Je ne veux que nôtre bien, vôtre vous à ce qui se dira quand vous serez installée à Philadelphie, vous et vôtre famille? On nous a vus ensemble ce soir là au bal et ça visiblement bien fait jaser. Ils ne comprendront pas que nous ne fréquentions pas et seule et sans appui on vous considérera comme une...dévergondée. Que dirons alors vos parents? Y avait vous seulement songé ?

-Les gens à Philadelphie ne comprendront pas non plus davantage que nous ne soyons pas ensemble après cela. Que dira t'on si un homme tel que vous s'affiche au bras de celle qui à accidentellement poussé sa fiancé à se donner la mort.

Il laissa éclater un gros rire sonore et gras.

-Je suis puissant Rose, De plus il se savait déjà que feu Lorraine était d'un équilibre fragile. Vous et moi ensemble, ils n'oseront ni ne pourront rien dire. Ils se contenteront peu être de médire les premier temps mais dans le long terme, ils n'oseront ni ne pourront rien faire. Surtout pas si nous affirmons que vous m'avez aidé à surmonter cette terrible épreuve et que nôtre amitié s'est peu à peu développé en quelque chose de plus fort.

-Je ne sais que dire Monsieur Hockley. Il est sur que vous semblez avoir beaucoup pensé à tout cela. Avec ce grand départ que vous savez, je sais que j'aurai à m'adapter à beaucoup de changement à l'avenir et j'ai besoin de penser à tout cela dans le calme. Ne trouvais vous pas qu'il fait frais tout d'un coup. Je dois me retirer.

Elle allait filer comme une lâche mais elle ne désirait aucunement rester en sa présence.

-Dîtes moi simplement oui Rose. Laissez-moi vous faire la cour et je ferais de vous une femme comblée. Voulez vous que nous nous fréquentions.

Elle ne voyait plus aucun argument pour refuser. Cal avait été parfaitement claire dans ses intentions.

-Je vous y autorise Caledon. J'ai moi aussi de l'inclinaison pour vous. Je suis fière et honorée de dire que nous nous fréquentons désormais.

Sa voix n'était que monotonie et toute effacée face au puissant hériter Hockley, déja elle aurait voulu reculer mais c'était désormais impossible. Cal souriait en coin, il eut un rire forcé à la fois doux et amer face à la réponse de celle qu'il aimait.

-Vous voila enfin raisonnable mon entêtée. Vous venez de me rendre le plus heureux des hommes, ma chérie.

Il s'approcha d'elle et l'embrassa pour sceller leur engagement. Une fusée rouge d'artificier éclatait dans le ciel. A la lumière de ces derniers, lançant leurs dernières fusées, Rose aperçut son père et Monsieur Hockley qui avaient sans doute observé le baiser et qui semblaient très émus. Ils s'approchèrent de Cal et Rose, essayant de sourire.

Cal, eut le son et le geste de se racler la gorge en face de l'anglais moustachu.

Il abjura à l'endroit de Rose:

-A présent que nos pères nous ont rejoins et que les festivités sont terminées, laissez moi vous reconduire jusqu'a vôtre suite d'hôtel.

Rose n'arrivait pas à dormir bien qu'elle soit dans un des plus beaux palaces européens de ce début du vingtième siècle, l'Hôtel du Crillon.

Elle sursauta dans son lit lorsqu'on frappa si tardivement. Elle reconnut bien vite pourtant la voix de son père qui lui demandait doucement si elle dormait.

-Non père, vous pouvez entrer.

-Je ne voulais pas te déranger ma chérie mais j'avais envie de te parler de Cal.

-Vous avez tout vu n'est-ce pas demanda t'elle rougissante.

-Oui. Ainsi, il s'est donc déclaré. T'a t'il parlé de nôtre conversation?

-Oui père. Il m'a expliqué pourquoi vous lui refusiez ma main. Et il a rajouté que si vous me trouviez trop jeune pour être marier vous vous ne vous opposerez pas à ce qu'on se fréquente lui et moi. Est-ce bien cela que vous souhaitais me dire?

-Oui Rose chérie. Et je voulais savoir si tu l'aimes vraiment ou non.

Elle ne pouvait rien dire alors pour la première fois de sa vie elle mentit à son père.

-Oui j'aime Cal, père.

Elle surprit alors des larmes dans les yeux de celui qui devenait un vieil homme. Il était si ému de voir sa petite fille amoureuse qui avait bien trop vite grandie. Il croyait réellement à la romance entre Rose et Cal.

-Dans ce cas, il n'y a plus qu'à s'incliné. Caledon à ce que j'ai entendu semble beaucoup tenir à toi. Il a connu débordement dans sa jeunesse mais qui n'en a pas connu. Moi même j'ai...Mais il bénéficiera grandement de l'influence d'une femme, toi en l'occurrence ma douce.

Ceci était dit avec tant de conviction dans la voix que Rose n'osa pas totalement le contrarier.

-Nous commençons seulement à nous fréquenter père. Il ne faut point précipiter l'amour.

-Ah être jeune et amoureux. Je voulais simplement m'assurer que tu étais heureuse.

-Parfaitement heureuse père.

-Tout va bien alors. Je vais te laisser suis fatigué. Dors bien Rose.

Puis il soupira à regret:

-Je n'aurais sans doute plus souvent l'occasion de te souhaiter bonne nuit ainsi à présent.

Il se retira en embrassant Rose.

Au même moment Cal avait une autre "conversation" avec Nathaniel Hockley. Elle était d'un tout autre ton.

-Ainsi donc, tu as jeté ton dévolu sur la petite Dewitt Bukater maintenant? Tu as trente ans et tu es toujours célibataire, il te faut rentrer dans le rang en te mariant et en assurant la lignée de la famille. Je te préviens Caledon, cette petite à tout intérêt à être la bonne pour toi fiston. Elle est charmante, jolie et bien élevée, elle nous fera de beaux petits héritiers Hockley. De plus, elle descend des Princes Ecossais, voila un prestigieux lignage qui ferait bien des envieux pour tes enfants n'est-ce pas? Tu as déjà loupé le coche avec la petite Desaspar, cette fois ci tu saisiras cette chance Caledon sinon tu peux dire adieu à ton héritage comme à ton emploi dans ce qui reste pour le moment mon entreprise. Me suis-je bien fais comprendre fils?

-Parfaitement père.

Sur ces paroles, il claqua la porte et sortit sans autres mots.

Nathan essaya de la retenir.

-Et je t'interdis de sortir dehors pour te plonger dans la beuverie et la luxure encore une fois.

En vain. Il alla chercher Lovejoy pour qu'il le suive. Ou qu'il aille.

Alors qu'elle allait fermer les yeux, Rose entendit le bruit sourd d'une automobile puis s'endormie dans les bras de Morphée.

Dés le lendemain au petit déjeuner, de petits changements s'opérèrent. Cal quand il aperçut Rose au bas des escaliers pour le petit déjeuner lui pris la main et la guida vers la salle à manger sous le regard approbateur d'Henry.

- Avez-vous bien dormie mon cœur?

Nathaniel se montrait plus réservé mais encourageait subtilement l'attitude de son fils envers Rose. Il leur restait une semaine à passer à Paris avant de laisser Rose et les deux jeunes gens furent invités à mieux se connaître. Et Rose dut bien reconnaître que Cal se montra en tout point un gentleman charmant. Il arrivait à Rose d'éclater de rire en sa compagnie devant une de ces sarcastiques remarques. Il lui achetait absolument tout ce qui lui faisait plaisir. Ainsi, elle renouvela sa garde de robe et se laissa acheter de nouveaux vêtements pour un prix si exorbitant qu'elle en eu honte mais Cal insistait sur le fait que la mode européenne ferait sensation sur elle à Philadelphie dans quelques doute son père Henry serait obligé de payer la note même si il faisiat absolument rien remarquer à Rose. Ils sortaient au théâtre et assistèrent à une représentation de Roméo et Juliette qui captiva Rose. Au restaurant Cal avait l'irritante manie de commander pour les deux et massacrait le français dés lors qu'il était forcé de placer deux mots dans cette langue. En matière d'Art leur avis divergeait, il n'aimait que les peintures classiques et sculptures Antiques et dédaignait les mouvements nouveaux tels que le Dadaïsme et Cubisme qui intéressait Rose.

On lui acheta donc des Degas, Renoir, Monet et Picasso sans qu'elle eu son mot à dire.

Pourtant quand ils étaient seuls et qu'il l'embrassait elle essayait de répondre à ces baisers, de se convaincre qu'elle était heureuse et qu'aucun vide en elle ne perturbait son bonheur. N'était' elle pas une aspirante actrice?

Le Titanic était au cœur des préoccupations d'Henry maintenant qu'il voyait sa fille visiblement si radieuse et amoureuse. Il aimait parler de la ferveur qui animait les ouvriers, combien il aimait travailler avec Mr Andrews et Monsieur Ismay, vantant au passage la qualité de l'acier Hockley pour la plus grande fierté de son propriétaire. Il essayait de décrire avec grande précision les plans et les espoirs placés en ce navire, ce géant paquebot destinait à régner d'une main de maître sur les flots. Le grand escalier, la salle à manger, un gymnase tout cela allait prendre forme et ce serait tout un pan de l'histoire des transatlantiques qui s'ouvrirait avec lui.

Nathaniel, Caledon et Henry finirent par prendre congés de Rose devant le pensionnat Hautes Dames ou ils étaient venus la saluer une dernière fois avant leur départ pour Londres de bon matin. Et Henry était d'humeur badine comme toujours, il chantait l'Opéra :

*-Salut ö mon dernier matin. J'arrive sans terreur aux termes du voyage. Je suis avec ce breuvage le seul maître de mon destin...

Les deux hommes laissèrent un peu de temps en privé aux deux jeunes gens pour se faire leur adieu même si cela était provisoirement.

- Allez-vous enfin me dire que vous m'aimez?

-J'ai passé un bon moment en vôtre compagnie Cal. Je vous suis reconnaissante pour tout.

- Je vois dit' il l'air piteux. Il y aura d'autres bons moments passés ensemble Rose. Tel que ceci s'assura t'il en l'embrassant passionnément. Mais Rose ne ressentait pas ce que l'on était censé éprouver lorsque l'on était réellement amoureux. C'était sans doute le châtiment pour avoir fauté et elle devait l'expié sans causé de scandale comme sa mère et toute son éducation lui avait appris durant toute sa vie.

Il enleva ses lèvres des siennes et murmura.

-Et il y aura bien plus encore.

Rose se serait sentie mal à l'aise si le cri alarmé de Nathan n'avait pas retentit.

-Henry! Henry! Henry!

Monsieur Dewitt Bukater, la main posée sur sa poitrine venait de tomber inconscient sur le sol.

Il regagna brièvement connaissance pour entrevoir sa fille qui avait accourue à son chevet.

-Je t'aime Rose, je t'aime. Dis à ta mère que... Il articulait avec peine.

-Non Papa, non.

Rose le tenait dans se bras, elle pleurait et le tenant dans ses bras, elle ne voulait pas le lâcher.

Et il ferma à nouveaux les yeux...pour toujours.

L'Amiral Henry Dewitt Bukater venait d'être terrassé par une attaque cardiaque.

Fin de ce chapitre. J'espère que vous avez aimé. Le prochain va s'appeler Un enterrement et une révélation.