Chapitre 6: Un enterrement et une révélation.

Copyright: Je ne possédé aucun des personnages du film Titanic de James Cameron, je ne tire aucun profit de cette histoire, seulement le plaisir de l'écrire. Dîtes moi ce que vous en pensez.

Ce chapitre enterre le personnage d'Henry Dewitt Bukater. Sa fille et veuve apprennent le dur sens des affaires.

Southampton, conté de Hampshire, Angleterre, 6 Mars 1911.

Au sortir de l'église, l'honorable assemblée prenait place autour de la tombe grise dans le cimetière de Southampton sous une pluie battante. On y enterrait un mari et un père, cela arrivait souvent et n'avait malheureusement en soi rien de bien extraordinaire.

Les larmes de la jeune et belle Rosemarie Elisabeth Louise Elaine Dewitt Bukater n'avait rien à voir avec le mauvais temps qui se trouvait aussi bien dans le ciel que dans son cœur. Sa vie allait indéniablement devoir changer elle le savait, même si elle en ignorait encore la véritable cause. Un pressentiment était venu habiter sa chaire et ne la quittait plus, se logeant jusque dans son âme. Il se manifestait par une inextricable et oppressante boule au ventre due à la douleur et au chagrin que seule la perte d'un être aimé peu engendrer.

En vérité, je crois que se retrouver seule face au bon vouloir de sa mère lui faisait peur. Toutes deux n'étaient guère qualifiées pour reprendre la suite de l'affaire familiale auparavant dirigé d'une main de fer dans un gant de velours par le patriarche au cheveu gris.

En ce frisquet et pluvieux après midi de Mars, la jeune fille de 16 ans était vêtue d'une robe de deuil noire pour dire un ultime adieu à Henry Wallace Dewitt Bukater qu'une crise cardiaque venait d'arracher à sa famille. Elle était évidemment en premier lieu de cet attroupement funéraire, au côté de sa mère Ruth dont elle avait hérité sa chevelure de feu.

Habillée à l'identique de cette dernière, elle lui tendit sa main gantée, cherchant du réconfort lorsqu'on mit le cercueil dans le caveau familial en marbre ou gisaient ses ancêtres.

Elle ne prêta guère attention aux ultimes bénédictions du prêtre alors que l'on tendait la pelle à la veuve jusque la restée digne et stoïque, forte comme un chêne pour recouvrir le défunt pour toujours. ""Tu es né poussière et tu redeviendras poussière..."

Puis ce fut à son tour de murmurer un ultime adieu à son père si joyeux qu'elle avait tant aimé et chéri.

A cet instant elle ferma ses yeux qui à ce moment précis n'avaient plus le bleu de l'océan mais étaient rouges comme le sang et ternis par le chagrin.

Heureusement, il avait su qu'elle l'aimait de son vivant, tout comme elle savait qu'il l'avait aimé, chérie et choyée. Son père ayant toujours été de nature plus chaleureuse et démonstrative que sa mère.

"Je t'aime Papa, Tu me manques.". Susurra la désormais nouvelle orpheline.

Le bruit des autres pelletées résonnaient sourdement sur un sol déjà bien lourd et fort humide. Alors qu'encore ses larmes chaudes se confondaient dans le froid de celle des gouttes de pluie. Une fois que les condoléances à la chaîne furent données il fallait à présent rentrer comme le lui rappelaient sa mère et sa vieille grande tante Béatrice alors qu'elle souhaitait encore rester prés de la tombe pour mieux pleurer son cher disparu.

Le retour à la maison n'allait pas sans la traditionnelle collation pour les personnes présentes aux obsèques. Parmi elles, et en plus de la famille plus ou moins proche qui s'occupait à consoler Ruth se trouvait les collègues de son défunt père, armateur fort respecté dans le port de Southampton, un des plus actifs de toute l'Angleterre en ce début d'année 1911.

Il était le richissime propriétaire de la Bukater Ship Compagny et certains de ses plus anciens et estimés ouvriers tel qu'en autres Bert Cartmell pleurait beaucoup (il était venu avec son notable béret et sa famille dont l'adorable Cora âgé de 4 ans filleule de Rose), les Smith, les Jaden et Hermington également. Surtout la famille Hockley de Philadelphie, Pennsylvanie, en Amérique, représentée ici par Nathan Hockley, magnat de l'acier de Pittsburgh et son fils Caledon ténébreux théoriquement célibataire et convoité mais avec qui elle avait entrepris une relation qui la rendait malheureuse. Madame Hockley voyageait avec eux en Europe pour la première fois mais avait choisie de demeurer dans leur propriété de Westland dans le Surrey durant tout le séjour car elle était souffrante et c'était donc faîte excusée de son absence. Le père et le fils se trouvaient justement avec Rose et le défunt à Paris lorsque survint s'en s'annoncer son trépas. Henry était mort devant leurs yeux, dans les bras de sa fille totalement bouleversée et paniquée ne sachant pas quoi ils avaient offert de ramener la jeune adolescente sur son ile natale sur le champ. Il y avait également la famille Miland qui venait de célébrer une naissance dans la famille. Anthony Miland, l'autre demi frère de Ruth, ici présent venait de célébrer la naissance de son quatrième et dernier fils par sa troisième épouse (il fut veuf deux fois).

Tous étaient réunis pour se souvenir et célébrer de leur relation avec cet homme qu'ils soient de la famille patron, collègue, associé ou bien ami.

La rousse diaphane peina Trudie en refusant son thé bien chaud et ses biscuits. Elle désirait seulement monté dans sa chambre se reposer après cette douloureuse épreuve.

Un demi sourire triste s'arrêta sur le reflet de son image dans le miroir de l'escalier en réalisant qu'elle n'avait pas encore retiré son chapeau noir et que cela n'était pas convenable de porter un chapeau à l'intérieur d'une maison. Caledon semblait l'espionner depuis la pièce voisine mais cela n'était sans doute que son imagination débordante et sans doute s'imaginai t' 'elle des choses en cette période difficile. Ils avaient commencé à se fréquenter peu avant l'incident et il c'était montré fort discret depuis que le deuil l'avait frappé comme un vrai gentleman devait l'être et elle lui était au moins reconnaissante de cela.

Peut être aurai t'il fallu qu'elle attende d'être isoler dans sa chambre avant mais elle avait tant mal à la tête, les pinces qui coiffait son chignon parfait n'arrangeant guère son cas que sans plus attendre elle enleva son chapeau et détacha les attaches pour révéler d'un coup de main sa chevelure de lionne, bouclée volumineuse et soyeuse. Le mouvement fit maladroitement tombé une de ses boucles d'oreilles qu'elle s'empressa de ramasser, révélant une silhouette et une cambrure de rein parfaite avant de regagner son lit confortable, douillet, moelleux et bien au chaud. Elle s'accorda une sieste.

Rose se réveilla et émergea de sa rêverie, constatant que ceux qui avaient assistés aux funérailles avaient déjà pris congés, elle descendit les escaliers ou elle aperçut Nathaniel et Caledon Hockley conversant avec sa mère et un homme dont elle ne connaissait pas l'identité. Cela ne paraissait rien de bon à la mine embarrassé et rabougri de l'homme mystérieux. Il invita Ruth à passer dans le bureau.

Rose eut la tentation de les suivre sentant bien que quelque chose d'important se passait mais sa mère le lui interdit d'un geste explicite et clair. Ceci était simplement hors de question.

Au sortir de ce mystérieux entretien, Ruth se contenta de demander à Trudie si les nouvelles robes de Rose achetées à Paris par les Hockley avant son retour précipité avaient bien étés rangés. Oui, elles l'avaient été et il ne fallait pas s'en inquiéter. Rose fut très étonnée que Nathaniel et Caledon eurent à payer pour ses vêtements, elle ignorait pourquoi mais elle savait fort bien que ca ne lui plaisait pas du tout.

Le diner chez les Dewitt Bukater fut frugal ce soir là, personne n'ayant le moindre appétit.

La désormais maitresse de maison semblait encore plus réservée qu'à l'ordinaire, ses lèvres fines n'émettaient pas le moindre son et son regard d'ébène laissait entrevoir une inquiétude certaine. En un sens Rose trouvait cela tout à fait normal, sa mère venait de perdre son mari qui pourvoyait depuis toujours à ces besoins sans qu'elle ai à s'occuper de rien, elle s'inquiétait des lendemains. Elle n'entendait rien aux affaires et ne savait à qui déléguer les rennes de la société pour assurer au mieux ses intérêts et ceux de sa fille unique.

Plus tard dans la soirée, elle la surprit dans le salon assise dans son fauteuil vert du style empire qui était son préféré en train d'essayer de faire passer un saignement de nez à l'aide d'un mouchoir blanc et doré, brodés de ses initiales. Cela alarma la jeune femme.

Trudie, à ses côtés lui demanda si elle souhaitait du thé, ceux à quoi elle répondit que oui merci, bien volontiers.

-Je vais vous le chercher obtempéra la modèle et fidèle employée.

-Quand à vous Rose, il est tard vous devriez prendre congé et montez vous coucher.

- Avez-vous besoin de quelque chose d'autre? S'enquerra encore Rose avec douceur et patience. La réponse de Ruth fut négative et Rose se retira sans aucun autre mot.

Dans la matinée qui suivit, Rose essaya de se distraire en faisant un peu de piano dans le coquet salon mais elle ne parvenait pas à la moindre fluidité ni harmonie quand au son que les touches de l'instrument produisait. Peut être devrait elle utiliser le gramophone que son père conservait dans le grenier? Nathan et Caledon qui demeuraient chez les Dewitt Bukater pour le moment apparurent à l'heure du déjeuner.

Il fut question de la venue d'un certain Réginald Law, le notaire l'après midi même après l'heure du thé qui serait accompagnés d'Andrews et Ismay pour "les arrangements".

L'après midi, Rose qui étouffait de plus en plus décida de sortir de l'ambiance pesante de la résidence Dewitt Bukater pour faire un tour en ville sans s'encombrer de personne. Elle laissa une note sur la table basse du salon tandis que personne ne regardait. Le ciel était gris mais par chance la température était tout à fait convenable et sciée ma foi fortement bien à une petite promenade. Elle était revêtue d'une robe de couleur vert pommier en dentelle soulignée par une ceinture de soie rouge.

Elle voulait passer au cimetière déposer des fleurs fraîches sur la tombe d'Henry et de sa sœur Anne, réarrangeant les fleurs qui déjà avait fanées. Elle posa un arrêt sur la tombe des Bolt dans un parterre plus humble du cimetière et y réitéra la même opération, Annabelle était décédée l'année dernière au mois de mai il y allait avoir déjà presqu'un an et Trudie, sans surprise avait pris le relai au service de la famille.

Elle prit ensuite le chemin des quais ou étaient amarrer bien des bateaux et paquebots, elle pouvait observer avec fierté et nostalgie les imposants entrepôts de son père et la fumée des usines présentes en nombre dans les environs, le mouvement de la révolution industrielle qu'avait initié l'Angleterre Victorienne et sortit renforcer sous la présente ère Edwardienne qui avait tout bouleversé en si peu de temps. Jadis elle s'y rendait plus souvent avec son père, des souvenirs se ria sous cape en pensant à sa mère dans cet environnement, elle si sensible aux odeurs délicates et aux parfums calfeutrés. Jamais elle n'avait découvert ce petit secret.

Trois rues plus loin, elle passa devant un commerce de poterie, la vieille femme potière au cheveu gris lui permit de rester si elle ne troublait pas sa tranquillité mais elle ne devait pas non plus être paralysée par sa timidité. Peut être même qu'elle ferait un brin de causette si ça lui chantait. Ses clients à elle, eux étaient toujours si pressés. Rose pencha son buste en avant ce qui était toujours chez elle un signe de curiosité et admira la boutique. Des pots, des jattes, des vases, des assiettes et autres objets se bousculaient en grand nombre sur les étagères.

-Ce sont de charmantes choses que vendez là madame.

-Merci, je les fabrique moi même.

-Est-ce que votre labeur est dur à effectuer madame?

-Essaie donc toi même ma petite. Tu décideras! la prit' elle au mot. Et sur ceux elle l'entraîna dans l'arrière boutique lui présenta le tour à potier en bois et comment il fonctionnait avant de se mettre elle même à l'ouvrage.

Muette et nerveuse, Rose s'appliqua tout d'abord avec concentration à mimer les même gestes que l'aïeule, observant le mouvement des mains ridées de la vieille femme. C'était intéressant et passionnant. La vieille femme finit par l'autoriser à manier la terre de glaie sur le tour de poterie et elle essayait de réaliser un petit vase Au bout d'un moment, ne voulant pas abusé, elle se leva et la remercia avec chaleur Elle n'avait pas d'argent mais reviendrai acheter quelques uns de ces objets.

- Toi, tu ne m'as pas l'air d'être une fille gauche pour une personne qui est si bien habillée.

Elles passèrent près du four ou les moulages effectués par la vieille femme cuisaient à haute température. Rose fut impressionnée par la façon ou tout cela se mettait en place, s'assemblait comme dans un puzzle.

Elle dut pourtant se retirer.

-Reviens quand tu veux ma petite! lui cria-t-elle alors qu'elle quittait les lieux. La rousse poursuivit son chemin jusqu'à la jetée, Elle venait de dépassait la criée où le matin les pêcheurs venaient vendre et écouler le fruit de leur dur labeur. L'odeur salée de la mer lui faisait le plus grand bien. Elle y resta un moment, se voulant sereine, de la balustrade en bois qui la soutenait sur les hauteurs elle pouvait voir à loisir les passagers descendre des navires qui se relayaient dans une atmosphère brillante et travailleuse mais aussi très gaie.

Un homme, grand blond aux yeux bleus, descendit d'un cargo qui s'appelait "Le fil à mouche", Un bateau de pêcheur ne put 'elle que constater.

Il l'avait regardé le premier, elle en était certaine, c'était d'ailleurs ce qui avait retenu son attention, avec son regard azur le jeune home qui devait être d'à peu prés du même âge ne pouvait que difficilement passer inaperçu se dit-elle. Elle se sentait troublée. Elle désirait lui sourire mais n'osait. Il n'avait pour bagage qu'un sac de vagabond et un portfolio, un compagnon brun coiffé d'un béret bleu marine à ses côtés, celui-ci semblait fort heureux et n'arrêtait pas de gesticuler. Un italien crut t'elle deviner. Quel pouvait bien être son nom de ce bel homme blond, que faisait' il ici? Venir sauver une jolie damoiselle en perdition?

A quoi bon! Rose devait être faite de raison, il ne fallait pas se laisser rattraper par sa folle imagination, cela devaient être de simple pêcheurs de toute façon. Jamais elle ne les côtoierait, c'était une simple évidence à moins que là haut il y ait une place pour le hasard et le destin. Le voila qu'après avoir palabré avec son ami, il sortit un fusain et se mit à dessiner comme pris d'un urgent besoin d'immortaliser la scène. Il était donc aussi un artiste?

-Vous voila donc Rose! Avec votre mère, nous vous avons cherché partout! J'espère que vous êtes contente de nous avoir causé de telles frayeurs! Rentrons Il n'ya pas de place ici pour de jeunes femmes telles que vous. Dieu seul sait ce qui aurait pu vous arriver, Rose.

-En plein milieu de l'après midi? objecta Rose ironique et piquée au vif. Elle n'aimait pas du tout être ainsi infantilisée. Elle n'avait fait aucun mal et observer aucun écart de conduite.

Ne pouvait-elle pas juste respirer?

Le thé à peine servit, il fut l'heure pour Messieurs Law, Ismay et Andrews de faire leur visite.

Thomas Andrews, constructeur chez Hartmann et Wolf salua respectueusement la veuve de son associé s'excusant encore de ne pas avoir pu assister à l'enterrement, la construction du Titanic allait bon train et serait achevée dans moins d'un an mais il lui consacrait tout son temps. Sa femme Helen s'en plaignait pour le taquiner doucement, n'avait pu quitter Belfast ou elle s'occupait de leur fillette Elizabeth âgée de tout juste une année. Trop jeune pour voyager. Il embrassa la fille:

-Vous voilâtes jeune Rose. Toutes mes condoléances. Je suis désolé de ce qui vous arrive. Je suis également navré d'avoir manqué les funérailles.

Elle sourit et le remercia. De toutes les relations professionnelles de son père, clairement c'était lui son favori.

Ils étaient ici pour s'enquérir des notes et des plans que l'Amiral Dewitt Bukater avait pris sur le Titanic alors qu'il en inspectait la construction dans les chantiers de Belfast.

Ismay présenta aussi ses condoléances et se plia aux mêmes politesses et formalités mais se montra plus réservé. Law se raclait la gorge et referma la porte d'entrée de l'office de l'amiral ou il demeurait seul avec la famille du défunt.

- Vôtre Altesse Dewitt Bukater entama le notaire avec gêne. Il semblerait que l'on ait découvert quelques anomalies dans les affaires de votre mari.

-Qu'est-ce que cela veut dire? demanda la veuve d'une voix étranglée.

Cette fois ci, elle n'avait pas songé à bouter Rose hors du palabre.

-Quelle sorte d'anomalies s'il vous plaît monsieur? interrogea Rose.

-Le regretté Amiral Dewitt Bukater aurait contracté un nombre de dettes assez importantes. Madame Dewitt Bukater et j'ai le regret de vous annoncé que vous et vôtre fille n'avait plus rien.

Fin de ce chapitre: J'espère qu'il vous a plu. Review appréciée si le cœur vous en dit.

Le prochain Chapitre va s'appeler: Tentative d'infraction dans un bain de dette