Chapitre 11 : Au delà de la fosse au serpent

Copyright: Je ne possédé aucun des personnages du film Titanic de James Cameron, je ne tire aucun profit de cette histoire, seulement le plaisir de l'écrire. Dîtes moi ce que vous en pensez.

Résumé de l'auteur : Passages bien connus du film qui servent toujours à approfondir la relation de Jack et Rose avant de se détacher presque totalement du matériel de James Cameron (les personnages lui appartiennent je rappelle). Il y a aussi ma propre patte (j'espère). Je vous embrasse. Bisouilles.

Southampton, comté de Hampshire, Angleterre 17 Mars 1911

Rose Dewitt Bukater venait de quitter à regret Jack auprès de qui elle avait passé un après midi bien agréable et elle aurait souhaité le prolonger encore un peu. Elle trouvait le garçon en question charmant et fondait pour son sourire et ses yeux bleus et il s'était montré si gentil avec elle. Elle se réjouissait qu'il soit là ce soir sur l'invitation de Cal qui n'avait pas pensé une seule seconde qu'il viendrait réellement et qui devait surement regretter de l'avoir fait venir maintenant. Cela la ravissait d'autant plus qu'elle prendrait un soin tout particulier à se faire belle pour l'américiain du Nord ce soir. Elle serra un peu plus fort encore le chignon et l'ornerai du diadème offert par son oncle le Prince d'Ecosse qui s' entourait comme un serre tête, la petite rose en diamant en ressortirai tout l'éclat sur ses soyeux cheveux roux bouclés qu'elle porterait finemment attachés.

Elle en était encore à s'affréter et se pomponner pour la soirée, ce samedi soir, se poudrant de ce qu'il fallait de maquillage et elle utilisait un long et fin bâton de rouge à lèvres. Plus précisément, assise devant le miroir et vêtue seulement de son corset vert clair et doré qu'elle couvrait d'un fin châle blanc de dentelle et son jupon également immaculé et dentelé. Ses cheveux roux bouclés, magnifiques et volumineux recouvraient ses épaules et ils tombaient en cascade jusqu'au bas du dos et recouvrait finement les formes entrouvertes de son corset lui donnant l'apparence d'une parfaite soierie aussi scintillante que les robes qu'elle était habituée à porter. Le choix de sa toilette s'était porté d'une robe marron scintillante à traîne.

Sans frapper, Caledon qui venait d'écourter sa journée de travail à Bukater Ship (pour lequel c'est vrai il ne ménageait pas ses efforts surtout que les intérêts de l'entreprise dans les mains des Dewitt Bukater depuis des siècles et des générations devenaient à présents les siens et ceux de sa famille) se présenta dans la pièce auquel il avait accès à sa guise grâce à une clé passe partout.

-Bonsoir Rose, on m'a dit que je vous trouverais ici,

Ses mains se mirent à trembler comme feuilles en pleine tempête alors que le reste de son corps se figeait tout entier comme si il se bloquait à la vue du sinistre personnage qui inexorablement se rapprocher de sa cible qui demeurait muette, frêle et fragile. Une trop grande peur la rendait interdite et tout à fait prostrée. Elle revivait les traumatismes qu'il lui avaient déjà infligés.

Hockley en avait profité qu'elle demeure assise, alors qu'elle scrutait toujours le reflet de son regard vide dans le miroir pour commencer à caresser lentement sa poitrine qui était pour lui une dangereuse invite tentatrice sans pour autant la dévêtir, ce qui la surpris. Il respirait la goutte de parfum qu'elle venait de mettre à son cou et maintenant son souffle se posait près du sien, avide d'elle et de lui faire des surprenantes et âpres confidences sur ce qu'il ressentait.

-Je sais que je n'ai été jusqu'à présent ni le plus délicat ni le plus patient des hommes avec vous Rose, je dispose de vôtre corps mais je sais que je n'ai pas vôtre âme. Sans doute me suis-je trop imposé à vous. Je voudrais qu'il en soit autrement mais vous ma belle sauvageonne ne me laissez guère le choix. Venez dans ma chambre ce soir et donnez-moi satisfaction en vous abandonnant complètement dans mes bras et je vous promets d'être le plus doux des amants. Je veux vous voir frémir de plaisir et crier mon nom. Je ne suis loin d'être un monstre ma chérie, je suis un homme et vôtre fiancé et je veux que nôtre futur mariage réussisse et prospère. Si vous me donnez cela, vous n'avez rien à craindre de moi. Je vous désire tellement que j'en ai mal rose, mal à crever. Je ne peux supporter de vous perdre dans cet abyme dans lequel vous enfoncez. Soyez une offrande et mes cadeaux pour vous seront plus précieux encore. Je ne veux que vous Rose, c'est pourquoi je ne veux pas vous partager et c'est pourquoi vous n'allez jamais plus regarder autre homme que moi. Et si ce soir vous vous laissez prendre sans force, vous serez demain la femme la plus chérie, vénérée, riche et respectée de Grande Bretagne. Plus souveraine encore qu'une reine.

Cal qui n'était point de nature très causante surtout quand les sentiments rentraient en jeu, sans un autre mot il saisit ses lèvres et l'embrassa, voulant approfondir le baiser pour qu'il aille jusqu'à toucher sa langue mais Rose, terrifiée ne bougea même pas ses lèvres, ce qui le frustra.

Rose ne ressentait rien de plus que du dégoût et elle savait qu'elle ne pouvait pas accéder à sa requête. C'était impossible et au dessus de ses forces, au lieu de Cal, elle rêvait déjà d'un jeune homme aux yeux bleus qui viendrait faire chavirer son cœur. A moins que ce soit déjà fait.

-Venez ce soir après le dîner et soyez sans faute au rendez vous si vous voulez qu'on s'entende.

Une fois qu'il eut dit ce qu'il avait à dire, il n'insista plus et prit congé de celle dont il convoitait un amour exclusif. A cet instant, il était persuadé d'avoir réussis à la convaincre.

Après s'être remise de cette éprouvante conversation, Rose était complètement parée pour le dîner en son honneur. Début des festivités pour célébrer ses fiançailles qui dureraient sans nul doute jusqu'aux célébrations des noces, prévues pour dans treize mois.

Sa robe marron anglaise épousait parfaitement la traîne qui la concluait et flattait à merveille sa silhouette adolescente. Elle venait de poudrer sa peau diaphane, sa tiare était fixée et sas mains longuement gantées jusqu'à l'avant bras, il ne lui restait plus qu'à faire son apparition dans la foule d'invités qui commençait à se pressée en grand apparat dans le hall d'entrée des Dewitt Bukater. Un orchestre avait été loué par Cal à cette occasion. Ruth au bras de Cal étaient passés devant.

-Avez-vous vu ma fille Cal ? demandait Ruth.

-Ne vous inquiétez pas, elle arrive.

Rose se sentait un peu ballotée de l'estomac mais cela devait être sans doute ce malheureux corset trop serré pour ses charmes et pour pouvoir respirer.

Au bas de l'escalier en bois, prés du chérubin en marbre qui décorait la rambarde, Jack Dawson vêtu d'un impeccable smoking noir et blanc et d'un nœud papillon semblait l'attendre. En fait, il mimait comment serrer la main à tout ces gens importants autour de lui. Il se tourna en sa direction et l'aperçut. Le sourire de cet ancien habitant du Wisconsin, maintenant complètement devenu un citoyen du monde s'imposa à elle, renversant à la fois de simplicité et de sincérité. Elle eut envie de pouffer de rire face à l'incongrue de la situation.

Elle descendit avec grâce les escaliers et la traîne de sa robe scintillante bien cintrée, son sourire était nerveux alors qu'elle irradiait sous le dôme qui englobait la salle de bal et la salle à manger. Qu'en elle arriva en bas des escaliers, Jack tout sourire lui effectua un baisemain.

-J'au vu ca dans un cinéma un jour et j'ai toujours eu envie de le faire !

Ruth donnait le bras à Cal, ils étaient déjà partis devant saluer la comtesse de Rhodes.

De part et d'autre, on félicitait Cal en lui disant combien, Son Altesse Lady Rose était splendide. Il ricanait en répondant un prétentieux merci.

Jack saisit son bras pour que Rose mette le sien autour et bomba son torse de fierté, singeant les grands aristocrates qui les cernaient et Rose pouffa encore.

Ils arrivèrent de nouveau à niveau de Ruth et son futur beau fils.

-Chéri ? Vous vous souvenez bien sur de Monsieur Dawson !

-Dawson, mais c'est effarant fit Cal d'un rire jaune en voyant le bohème revêtu d'un smoking lui saillant à ravir et ses cheveux bien coiffés au gel.

Il regarda Ruth dont l'effet de toilette le plus ébouriffant était un tas de plumes dans ses cheveux d'un air miné puis en voyant Madame Brown crut comprendre comment une t'elle énormité est pu se produire et il n'approuvait pas du tout. Il avait tellement compté l'humilier en exposant ses beaux habits contre ses haillons surtout que cette invitation n'avait été au départ seulement lancée en l'air. Mais Jack Dawson avait su attraper le rebond au passage.

-Vous pourriez presque passer pour un gentleman fut' il même forcé d'admettre.

-Presque ! fit Jack en parfait recul sur sa situation qui ne prenait guère au sérieux.

L'ancienne minière pionnière du Colorado s'était rapprochée de Jack et Rose.

- Voudriez-vous conduire une dame à sa table ? Molly Brown

-Mais certainement !

- Il n' ya rien de tel que le luxe pour eux. N'oubliez pas Jack, ils adorent l'argent. Prétendez que vous possédez une mine d'or et vous rentrez au club.

-Je vous présente Monsieur Dawson.

-Un Dawson de la branche de Boston ?

-Non, de la branche de Chippewa Falls en réalité.

-Oui Bien sur.

Incroyable, cela marchait !

D'autres firent sa connaissance et il se présentait tantôt comme un comte Germano-Prussien ou un marquis Français. Ce qui distraie beaucoup Rose. Il parlait bien le français (au grand désespoir de Ruth qui l'entendit parler dans cette langue mais son accent venait directement des rues parisiennes et non des salons guindés de la capitale, néanmoins il comprit le français de Rose et en fut même impressionné. Elle avait commencé à lui parler dans cette langue parce ce qu'elle savait que Cal ne pouvait s'accommoder de comprendre aucune langue étrangére)

Molly, bonne vivante, racontait comment son mari dont elle était séparé était un soir rentré bourrer comme un coin à la maison et avait allumé presto le poêle ou elle avait caché une forte somme d'argent pour ne pas qu'il le brûle dans l'alcool.

Le repas débuta et on servit du caviar :

-Merci mais pas de caviar pour moi, je n'ai jamais aimé ça ! Rose rit en se rappelant lui avoir avoué détester les œufs d'esturgeons.

Les invités de tablée commençaient déjà par être conquis par Jack

Il devait être intimidé mais il n'a jamais fait un faux pas. Tout le monde le croyait riche, héritier d'une fortune des chemins de fer peut être. Nouveau riche manifestement mais tout de même membre du club. C'était sans compter sur Son Altesse Royale Lady Ruth Dewitt Bukater, Princesse d'Ecosse qui n'aimait ni les manants, ni les badauds. Surtout quand ils s'invitaient dans son château.

-Racontez nous comment on vit à Towy quay Monsieur Dawson, ces petites maisons d'ouvriers sont t'elles confortables ?

-Les meilleurs que j'ai jamais vu Madame, presque pas de rats.

La foule rigola et Cal crut bon d'intervenir pour limiter la casse et présenter le freluquet américain.

Monsieur Dawson, nous vient du quartier des quais. Il a était d'un certain secours auprès de ma fiancée la nuit dernière.

-Et il s'avère que Monsieur Dawson est un artiste de talent. Il a eut la gentillesse de bien vouloir montrer certaines de ses œuvres.

-Rose et moi avons des avis qui diffèrent en matière d'art, sans vouloir mettre en doute vôtre talent. Jack fit un signe pour dire que ce n'était vraiment pas grave, il ne se sentait pas visé personnellement.

-Et ou vivez vous exactement depuis que vous avez quitté le Wisconsin Monsieur Dawson ?

-Pour l'instant mon adresse est Towy quay. Après ça, je dépends du bon vouloir de Dieu.

-Et comment avez-vous les moyens de voyager ?

-Je fais de place en place, je voyage souvent à cargo mais j'ai gagné mon billet pour l'Angleterre en ayant une main chanceuse au poker. Une main très chanceuse.

Il désignait Rose et le regard qu'ils échangèrent n'échappa Cal à l'œil vigilant de Cal.

-Toute la vie est un jeu de chance ! S'exclama alors le Colonel Archie.

-Non, les vrais hommes créent eux même leur chance, n'est-ce pas Archie ? Pas vrai Dawson ?

La bassesse de l'attaque si elle l'offensa un peu ne parvint pas à blessé l'artiste du Wisconsin dans son orgueil. Mais voila que la Princesse d'Ecosse ne se résignait pas à avoir le dernier mot :

-Et vous pensez que cette sorte de vie sans attache est amusante, je présume.

Margaret Brown désapprouvait cela en fronçant les sourcils mais la voyageuse du Colorado n'était que l'hébergée de cette demeure dont Cal avait prit le contrôle.

-Mais oui madame, je trouve. J'ai tout ce qu'il me faut sur moi. J'ai de l'air dans mes poumons et quelques feuilles blanches pour travailler. J'aime me lever le matin sans savoir ce qui va m'arriver, qui je vais rencontrer, ou je vais échouer. Il ya quelques nuits j'ai dormis sous un pont et aujourd'hui je suis ici, dans la plus belle maison de Southampton à boire du champagne en si bonne compagnie je vais en reprendre !). Je crois que la vie est un don et qu'il ne faut pas le gâcher tenez Cal fit' il en lui renvoyant son briquet. On ne sait pas quelle donne on aura le coup suivant. On apprend à prendre la vie comme elle vient pour que ce jour compte Oh tenez Cal fit' il en lui renvoyant son briquet, tandis qu'il demandait discrètement de quoi écrire à Madame Brown assise à côté de lui.

-Pour que ce jour compte ! La voix de Rose s'éleva forte et posée tout comme l'était sa main qui levait un verre à la santé de tous.

-Pour que ce jour compte ! Répéta l'assistance d'un même son clair.

Rose s'épancha ensuite sur son épaule pour lui signifier ce qu'elle savait être la suite du programme.

-Ensuite ils vont se retirer pour prendre un brandy et un cigare dans le petit salon dans un nuage de fumé et se congratulé entre eux d'être les maîtres de l'Univers.

-Et si nous allons boire un brandy ? lança Archie !

Rose fronça un sourcil en songeant que la proposition était vraiment originale et donc acceptée par tous.

Cal essayait d'éloigner Rose de Jack.

-Rose, puis-je vous faire reconduire à vos appartements ?

-Non, je reste ici.

-Vous venez Dawson ? Vous ne voulez pas rester avec ces dames n'est-ce pas ?

-Non, je dois rentrer.

-C'est probablement mieux ainsi. On n'y parle qu'affaire et politique, ces genres de choses n'ont aucun intérêts pour vous. Néanmoins Dawson, merci d'être venu.

Jack alla en direction de Rose pour prendre (faussement) congé d'elle sous le regard inquiet de Ruth.

-Jack, vous devez partir? Rose avait presque envie de l'implorer.

-Il est temps pour moi d'aller ramer avec les autres esclaves.

Il lui glissa un bout de papier pour qu'elle le lise discrètement, le dépliant avec précaution elle y lit : « Pour que ce jour compte, rendez vous sous l'horloge »

Le cœur battant et chantant, Rose alla le rejoindre comme indiquait. Il se trouvait seul à côté de l'horloge et du chérubin en bronze sur lequel il s'appuyait.

-Vous voulez allez dans une vraie fête ?

Ils s'évincèrent de la maison sans se faire remarquer. Jack lui annonça que le pub ou il logeait donnait une petite fête à l'occasion de la Saint Patrick.

La gigue Irlandaise résonnait à tout va dans le pub, les Irlandais célébraient leur Saint Patron.

Fabrizio visiblement poursuivait son numéro de charme avec Helga Dahl :

-D'accord je pose la main là ?

Helga opinait du chef.

A la table de Rose, deux suédois voulaient lui demander quelque chose mais en vain :

-Désolé je ne comprends pas ce que vous dîtes.

Bert Cartmell tapait le son de la musique alors que sa fille dansait avec Jack qu'elle avait prit en adoration. Rose battait des mains comme un enfant, portée par l'ambiance.

-Je vais danser avec marraine maintenant. D'accord ?

Cora lui présenta alors une adorable petite moue boudeuse mais hochait la tête.

-Venez ! Intima-t-il doucement à Rose.

-Quoi ?

Il l'entrainait déjà dans son sillon.

-Non Jack, je ne sais pas danser ça.

-Moi, non plus.

Jack lui prit la taille et elle recula machinalemment.

-Il va falloir pourtant qu'on se rapproche un peu rigola t'il

-Tu es toujours ma cavalière Cora !

Cora venait subitement de retrouver le sourire.

Les deux jeunes gens dansaient ensemble se laissant emporter et griser par le rythme endiablé.

-Jacaaaaaaaack hurla t'elle d'allégresse alors qu'ils tournaient et tourbillonaient avec la musique qui s'accélérait

-Waaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhh

Et leur ronde s'acheva à la dernière note sous les fous rires de l'un et l'autre et les applaudissements des autres personnes présentes. Jamais elle ne s'était sentie aussi vivante de toute sa vie jusqu'à présent et les gens dans le pub l'acceptait avec son diadème pour ce qu'elle était et la considérait comme l'une des leurs sans la dévisageaient. Ca lui faisait du bien, en vérité, jamais cela lui était arrivé. Même pas de se laisser aller, de s'amuser un petit peu. Et ce soir, elle en avait très envie.

Jack récupéra les verres qu'ils avaient laissés sur la table et tend le sien à Rose. Elle en vida la moitié d'un trait, sous le regard médusé du jeune homme qu'elle regardait bien droit dans les yeux sans s'interrompre pour autant. Elle se sentait s'enflammée et guillerette, très bien en somme.

- Quoi ? Vous croyez qu'une Princesse altesse royale ne sait pas boire ? Haha !

Un homme bouscula Rose en passant et elle renversa l'autre moitié de son verre de bière sur elle. Elle crie et Jack empoigne l'homme en lui intimant :

- Fiche le camp, toi !

Puis il s'occupe affectueusement de Rose dont la robe est trempée :

- Ca va ?

Elle hoche la tête, tandis que près d'eux des cris résonnent : Tommy a gagné la partie ! Rose s'approche de lui en s'exclamant :

- Alors ! Alors, on veut jouer les gros bras ?

Elle prit la cigarette coincée entre les lèvres de Tommy et tire un grand coup.

- Voyons voir si vous pouvez faire ça ! Tenez-moi ça, s'il vous plaît Jack, tenez le en l'air !

Elle remonta la traîne de sa robe du soir et la donna à Jack, puis se dressa sur la pointe des pieds comme la ballerine qu'elle avait été. Son visage se crispait sous l'effort et après quelques secondes elle s'effondre dans les bras de Jack, essoufflée mais heureuse. Une femme blonde s'exclama les grands Dieux:

- Jésus, Marie, Joseph !

Jack était quelque peu plus inquiet :

- Ca va ?

- Je n'avais pas fait ça depuis des années !

Ils riérent, Rose, insouciante, dans les bras de Jack, et aucun d'eux ne remarquait le majordome de Cal, Lovejoy, qui les observait attentivement avec une mine de vinaigre depuis la deventure.

Un musicien annonce :

- Bon, et maintenant la farandole ! En avant, allez !

Les premières notes de "Drowsy Maggy" résonnèrent dans le bâtiment et Fabrizio prit la main d'Helga :

- Ah, oui ! Hébé !

Rose fait de même avec Jack et l'entraîne dans une farandole qui achèverait de transformer leur vie à tous les deux. Mais ils ne le savaient pas encore. Plus vite que tous deux ne l'auraient souhaités, la soirée dut s'achever avec regret.

Jack avait dors et déjà décidé de raccompagner Rose chez elle et pour qu'elle ne soit pas la proie du méchant et froid vent de mars qui soufflait voulant les prendre dans ses filets, il lui avait donné son manteau. En passant près de la jetée, ils chantaient comme deux insouciants. La soirée avait été si bonne et l'adrénaline de la bière pas tout à fait descendue encore.

« Viens Joséphine, dans ma machine qui vole qui vole s'envole comme une folle. (Quel était le couplet déjà ? .Ah oui, le voila !)Balance-toi dans les airs comme un oiseau sur sa branche. Dans les airs, elle s'en va. Ou ? Dans les airs, elle s'en va ! Dans les airs, toujours plus haut. Mon Dieu, la lune est en feu. Viens Joséphine, dans ma machine qui vole. »

Le temps avait passé à la vitesse de l'éclair et ils se retrouvèrent devant les longs murs blancs de la propriété et son portail de fer forgé.

-Nous y sommes ! C'est chez moi souligna-t-elle soudainement attristée.

-D'accord. Sa voix devenait plus faible. Il redoutait l'instant ou il devrait la quitter. Malgré l'exquise fête et l'agréable soirée, quelque chose n'allait pas chez Rose. Il sentait qu'elle aussi voulait que cette nuit ne s'achève pas tout de suite et ce qu'elle dit ne fit que confirmer sa pensée.

-Je ne veux pas y retourner. Sa peau était blanche et son regard était suppliant.

Le bourdon de la cathédrale sonnait minuit et Rose bougea de quelques pas et observait le ciel et particulièrement les étoiles. Pour une fois, on les voyait presque toucher la mer un peu plus au loin ou peut être que l'on les avait toujours vues et que Rose ne remarquait la beauté de ce paysage qui lui était offert que maintenant.

-C'est si beau.

-Oui. Confirmait Jack qui regardait souvent le ciel et l'horizon lui aussi.

-Si vaste et infini. Les étoiles sont si petites. Les gens de mon monde, ils se prennent pour des géants mais ils ne sont même pas de la poussière aux yeux de Dieu.

Il sourit tendrement à cette réplique

-Tu as du être une erreur, tu as été posté à une mauvaise adresse.

-N'est-ce pas fit' elle en rigolant doucement. Elle pensait la même chose.

-Oh regarde ! Une étoile filante. Cela lui paraissait incroyable de s'émerveiller encore pour une simple étoile filante.

- C'est en une très longue. Mon vieux me disait toujours quand on a voit une, c'est une ame qui monte au paradis.

-J'aime ça. N'est t'on pas supposer faire un vœu ?

-Pourquoi ? Qu'est-ce que tu souhaiterais ? Peut être que son amie s'épancherait davantage.

Tout au contraire, elle se replia comme une coquille sur elle-même. Elle le regarda à la dérober alors qu'elle l'avait regardé droit dans les yeux tout le temps passé ensemble.

-Quelque chose que je ne peux avoir. Bonne nuit Jack.

Il sembla à Jack qu'elle partait dans un monde autre tandis qu'elle le quitta sur le perron.

Elle était fiancée et princesse et il ne pouvait être que son ami mais il l'aiderait à apprécier la vie.

Dans le couloir de sa maison qui menait aux chambres le regard de Rose qui avait regagné ses sens ce porta sur celle qu'occupait Cal, maintenant bien installé en Angleterre.

Elle savait ce qu'elle devait faire...Ou pas.

Fin de ce chapitre, le prochain va s'intituler ton portrait pour 10 cents pièces.