Chapitre 15 : Quelques vérités nues.
Paris, France, quartier de Montmartre le 24 Mars 1911.
Copyright: Je ne possédé aucun des personnages du film Titanic de James Cameron, je ne tire aucun profit de cette histoire, seulement le plaisir de l'écrire. Dîtes moi ce que vous en pensez.
Résumé : Jack et Rose vont rester brouillés longtemps vous croyez ? Scènes d'amour/ nudités Thèmes matures etc. dans ce chapitre merci.
-Mon minot, tu es trop drôle. Pas d'erreur possible, il s'agissait de la voix d'Olivia.
-Concentre toi lui fit Jack qui riait avec elle.
-Et- donc, c'est comme cela que tu as embrassé Olivia. C'est comme ca que tu m'as embrassé. Visiblement, Jack s'amusait bien avec Olivia qui n'en finissait plus de rire.
-Oui ! confirma t'il hilare lui aussi.
Rose n'avait pas besoin d'en savoir ni d'en entendre plus.
Elle repartit dans sa chambre dévorée par le monstre de la jalousie.
Olivia, elle continuait sa séance avec Jack et voulait en savoir plus sur Rose.
-Rose, c'est ton amoureuse ? Tu l'aimes ?
Jack laissa éclater un sourire qui en disait long et bien plus que tous les mots.
-Mince alors, plus de chance pour moi plaisantait' elle.
-Désolé de te briser le cœur mais le mien est prit répliqua t'il dans un sourire mais le plus sérieusement du monde.
Il espérait se réconcilier avec Rose au matin et qu'elle comprendrait enfin en lui expliquant patiemment qu'il n'était pas amoureux de chaque fille dont il dessinait le portrait, nue ou pas, cela faisait simplement partie du métier, en attendant il se concentrait sur son présent modèle, Olivia la prostituée unijambiste au grand cœur.
Elle était nue, allongée sur un vieux sofa de cuir la main tandis que le dessinateur américain la croquait sur le papier avec aise. L'artiste l'avait voulu sans artifice aucun et elle avait par conséquent enlevé les fausses mèches colorées plus un portrait un plus personnel et sans artifice.
Ses cheveux étaient totalement lâchés et elle était sereine et relaxée, elle regardait presque le regard de Jack qui voulait se poser en simple spectateur à la rejoindre. Le décor était on ne plus simple mais chaleureux, de simples rideaux en tissus verts foncés en fabriquaient l'arrière plan et deux chandelles de bougies éclairaient la pièce plongeait autrement dans le noir, le plus complet, le plus total.
-Tu es vraiment une excellente modèle lui lança Jack une fois le travail accompli. Il en était pleinement satisfait et tenait à ce qu'Olivia le sache.
Elle fut plein de gratitude envers le jeune homme lorsqu'il regagna sa chambre.
Il passa par celle de Rose et vit qu'elle dormait. Paisiblement pensait-il à tort.
Les vieux démons venaient hantés les nuits de Rose dés que Jack se trouvaient loin d'elle, tournant et virant dans son lit d'infortune, elle parcourait dans sa tête le chemin qui l'avait amenée jusqu'à cet endroit.
Elle arpentait les couloirs de la maison de Southampton à pas de loup, il était plus tard le soir après que Jack en eut fini avec ce premier portrait d'elle, après qu'elle eut réussie à désespérer Dédise.
Chaudement recouvrée d'un châle rose à franges et sur la pointe des pieds, elle était désireuse de rentrer dans sa chambre pour soulager ses pieds qui avaient beaucoup marchés et qu'elle voulait marrés dans un bain de sel consolateur. Il était minuit et demi et elle avait fait tour en cuisine pour caler une faim soudaine. Faim d'ailleurs, faim d'envie et faim de fuir, le plan de Jack se trouvait être affreusement culotté mais il valait la peine, Cal n'était pas venu ce soir traînant encore dans les endroits mal famés de Londres en compagnie de femmes de mauvaises vies.
-Qu'avez-vous fait petite idiote ?
Des mains d'homme en colère lui agrippaient la taille, la voix était haché mesquine et vicieuse mais pour son plus grand malheur, il ne la relâchait pas, tant il était tout à fait abandonné aux affres de l'alcool qui lui conférait une force qu'il ne possédait pas à l'ordinaire.
-Arrêtez Cal Arrêtez !
-Mais non, nous n'avons pas encore commencé à jouer vous et moi. Vous ne sortirez plus nulle part sans mon autorisation est-ce bien entendu.
-J'ai juste raccompagné Monsieur Dawson chez lui.
-Je ne veux plus jamais le revoir ici, Rose. C 'est à moi que vous vous devez et à moi seul.
Il appuyait très fort sur le crâne de sa fiancée qu'il plaquait contre le mur.
Il l'embrassait doucement sur le visage pour bien marquer son territoire.
-Je ne veux pas vous embrasser Cal, stoppez ça immédiatement.
-Rose, vous n'avez pas été une fiancée obéissante comme je vous l'avez pourtant demandé. Alors, il va falloir que vous vous rattrapiez.
-Je ne vois pas de quoi vous me parlez Cal.
-Tsss Tsss. Réfléchissez encore et mieux ma chère.
Il avait déplacé ses mains qu'il appuyait contre sa tête la pressant jusqu'en qu'elle en a le vertige, jusqu'à qu'elle éclate, comme si il pensait lui faire rentrer une idée dans le crâne, elle était perdue et entre ses mains qui se resserraient sans échappatoire.
-Le breuvage qui rend stérile, je l'ai découvert dans la cuisine ce matin quand la bonne était en train de le préparer.
-Je..ne..comprends..pas.
-Mais moi si, ne faîtes pas semblant avec moi Rose ou vous et vôtre mère le paierai très chère. Vous ne le prendrez plus jamais, je me suis arrangé pour cela.
Entre deux respirations affolées, les gouttes de sueurs apparurent lorsqu'il défit son ceinturon qu'il fit claquer à terre laissant éclater sa colère dans toute son apogée au clair du soir se levant.
-Vous ne toucherez plus à cette boisson inconvenante et vous allez maintenant venir dans ma chambre et dans mon lit.
-Non, Cal. Je vais crier, je vous assure que je le ferai.
Il sourit de toutes ses dents comme si il était absolument certain que rien ne l'empêcherait d'arriver à ses fins, comme lors du séjour de Rose à Westland.
La froideur de la lame du couteau qu'il venait de sortir et qu'il posa ensuite sur sa joue la glaça jusqu'au sang la plongea à nouveau dans l'effroi le plus brut.
Il la descendit jusqu'au bas de son menton avec une méthodique lenteur qui paracheva de la statufiée pour de bon. Maintenant, il en dirigeait la pointe contre sa poitrine tout en s'approchant de sa jeune victime. Il s'avançait sur elle pour la faire reculer sous la menace de l'objet coupant.
Pieds nus et à reculons et aussi bien au sens propre qu'au figuré, elle rentra donc dans l'antre, la tanière de la bête, la chambre chez elle dont Cal avait prit possession depuis son arrivée à Southampton après la mort d'Henry et il avait exigé que cette pièce soit la reproduction fidèle de celle qu'il occupait à Philadelphie, sa résidence principale. Si seulement son père était encore là ou avait été un meilleur homme d'affaire, rien de tout cela ne serait arrivé. Mais au lieu de cela elle se trouvait dans une pièce sombre qu'une seule lampe électrique éclairait à brûle pourpoint.
Avec son couteau il la délassa avec minutie des boutons de sa longue chemise de nuit, découpant la flanelle avec précision et laissant éclater toute la chaire de son torse et ses appâts au grand jour. :
-Vous savez ce qui doit se passer maintenant, pas vrai ?
-Et que feriez-vous si vous ne m'obtenez pas ce que vous voulez cette fois ? Ragea-t-elle comme un dernier défi. La haine s'inscrit alors en majuscule dans ses yeux noirs qui devenaient rouge peu à peu, dominés par sa soif de possession.
-Vous voyez ce lit désigna t'il doucement sur le ton du parfait gentleman anglais qu'il cherchait à être main ne pouvait qu'imiter.
Elle ne répondit pas la bouche en forme silencieuse et semblable à la lettre O.
-A Philadelphie ce sera nôtre lit nuptial et ici comme là bas, je vous y ferai attacher nue par Lovejoy pour ensuite vous y prendre jusqu'à satiété après quoi si je ne suis pas content de vos hum...états de faits ou si vous ne tombez pas enceinte, je vous tuerez.
-Plutôt mourir que de coucher avec vous. Deux fiancées mortes attisent plutôt les suspicions monsieur Hockley, n'est-ce pas ? Prendrez-vous seulement le risque pour asseoir vôtre lubricité ?
Il la frappa et la jeta sur le lit en la tirant par les cheveux :
-Je vous apprendrai à m'aimer Rose, vous m'entendez ?
-Cela jamais !
Elle réussit à éjecter son corps assez vite du lit mais Cal dans sa précipitation se saisit de son pied et la fit tomber sur le sol. Très vite, il fut sur elle avant qu'elle n'ait pu se relever et à même le sol la frappa à nouveau et après une lutte inutile sur le tapis il s'introduit encore en elle par la force. Rose avait crié cette fois ci de toutes ses forces mais il plaça ses mains et sur sa bouches et la rendit au silence. Elle se débattait pour lui échapper et les larmes de rages lui embuaient la vue alors qui la fouillait entre les jambes après l'avoir immobilisée sur son joug. Il sentait le vin et il tâtait ses seins comme on consommait une miche de pain.
Alors qu'il manifestait sa jouissance par des grognements extasiés, il continuait à faire sa besogne se mouvant sur elle avec vigueur, elle hurlait, pleurait et se débattait encore malgré tout alors que les mouvements de son violeur continuaient leurs tourments à travers tout son corps.
-Arrêtez Cal ! Arrêtez !
-Sachez que si on n'est pas de mon côté, on descend jusqu'au plus profond de l'enfer.
-J'y suis déjà Cal.
-Vous me mènerai au paradis en tout cas.
Et il recommença à attaquer l'intimité de sa chaire, ses impétuosités sur elle le portait en rage et en sueur. L'épine voyait la Rose qu'il avait déflorée, se recroqueviller sur ses larmes qui étaient ses suppliques et sur elle-même alors que recollé à elle il poussait des râlements de la débauche.
-Arrêtez Cal ! Arrêtez !
Elle se sentait toute secouée, on appuyait très fort sur son épaule puis aperçu brièvement les formes de quelque chose ou quelqu'un. Elle y voyait tout flou et ses pupilles dilatées par une petite nuit de sommeil ne distinguèrent qu'une touffe de cheveu noir qui se penchait sur elle. Elle sursauta quand enfin elle put distinguer un visage qui la fixait avec étonnement et effrontément
-Il est six heures du matin jeune demoiselle, nous les filles ici, on en a fini avec les clients il y a une heure à peine on voudrait bien dormir mais voila que tu hurles comme un porc qu'on égorge le problème est que c'est impossible.
-C'était un rêve tout à fait absurde, vraiment déclara t'elle à voix aussi basse qu'elle le pouvait, toute confuse d'être à elle seule d'un tel vacarme. Ses yeux s'emplirent à nouveaux de larmes.
-Je suis désolé Mademoiselle…
-Madeleine Volta. Et toi ?
-Enchantée Mademoiselle Volta. Je suis Rose.
La jeune femme était du même âge que Rose à quelques mois près (elle naquit à Rouen en janvier 1894 dans une pauvre masure)) ne put s'empêcher de pouffer de rire à cette diligente présentation qu'ici n'était pas de mise et sortait de l'ordinaire.
-Ici ma p'tite dame, pas de manière. Appelle-moi Maddie comme tout le monde.
Rose hocha la tête en signe d'approbation. Avant de retomber dans ses travers de femme distinguée.
-Fort bien, je ferai comme vous l'entendez.
Maddie, plissa les sourcils vers le haut en lançant un grand regard de désespoir vers le ciel puis se dit finalement que cela ne valait pas d'employer son énergie. Dieu du ciel, qu'il était bizarre qu'une des leurs parle d'une manière si distinguée. Rose, elle se remettait tant bien que mal du cauchemar qu'elle avait fait et dans lequel elle retombait toujours dans les griffes de Cal, revivant sans cesse ce qu'il lui infligeait. Sans doute tremblait t'elle encore un peu car la fille à côté d'elle, vêtue comme Olivia d'un costume noir enfilé par-dessus un bustier crème tout simple.
-C'était toi comme cauchemar pour que tu cries comme ça ? Qui est Cal ?
-Je revivais sans doute le pire moment de ma vie et Cal, c'est le mal incarné.
- Il ne faut jamais dire cela, on ne sait jamais ce qui peut arriver de pire encore dans ce bas monde malheureusement. Il te bat ma p'tite ?
-Même pire. Il m'a violé confia-t-elle à bout de souffle, se résignant à pleurer sur son épaule pour évacuer un peu de son stress et son chagrin. J'ai peur d'être rendue dans une situation délicate à cause de lui.
-En quelques mots, tu as peur d'être enceinte de lui.
Rose acquiesça et dans des sanglots qui s'estompaient mais qui étaient encore visible réussit à lui parler de la potion dont Cal l'avait privée avant de partir pour Londres, juste avant qu'elle fugue.
Madeleine la contempla de ses yeux bleus, qu'elle plongea dans les siens qui étaient de la même couleur azur, un tantinet moins clair que ceux de Jack. C'était troublant.
-Je vois fit' elle sur un ton clinique. Il y avait de tel cas parmi les filles comme elle et on en envoyait souvent dans de tels endroits
-Allez viens, suis-moi, on va te faire examiner. C'est la règle de Martha quand quelque chose de ce genre arrive.
Maddie prit Rose par la main et l'entraîna dans une petite salle de la maison rose. La première chose que Rose remarqua fut la blancheur de la pièce qui contrastait en tout point avec les couleurs chaudes et parfois criardes des autres dispositions de cette habitation ou se pratiquait visiblement des mœurs plus que tendancieuses que tout le monde cachait ou tout simplement préféré ignorait dés lors qu'on sortait et s'éloigner de ses murs.
Une planche de bois toute simple et recouverte de draps blancs et tenue par des tréteaux de la même matière posés sur le sol en occupait le centre. Plus loin dans le coin, un paravent aux ornements fleuris.
Le regard rond et vide de Rose absorbait le paravent avec inquiétude, elle se revoyait à Westland quand Cal l'avait sommé de s'offrir à lui ou bien chez elle alors qu'elle contemplait avec vide et diligence celui de sa chambre. Un effroi s'empara alors d'elle et elle secoua la tête, elle ne pouvait pas s'y engouffrer, c'était comme si un vide, un froid, voulait la happer.
Madeleine la guida jusqu'à l'objet de sa réluctance en lui parlant doucement comme une mère l'aurait fait à sa fille, elle lui disait que c'était qu'un mauvais moment à passé et que ca irait beaucoup mieux après. Maddie lui tendit à revêtir une blouse grise qui descendait jusqu'à ses genoux.
A pas hésitants, Rose arriva jusqu'aux pieds des tréteaux, elle revoyait dans sa tête l'image d'elle-même dans la salle d'eau tard le soir, alors qu'elle essayait de faire partir la salissure que Cal avait fait rentrer en elle. Elle frottait très fort et rugissait sa douleur qu'extériorisaient ses cris et ses pleurs.
-Je m'occupe de régler des cas comme le tien. J'en ai déjà soigné plusieurs. Je suis un peu comme le docteur pour nous toutes ici, vois-tu ? fit' elle en se forçant quelque peu à la gaieté.
Rose ne dit rien mais saisit le petit escabeau pour monter sur la table d'examen de fortune à présent installée sous les draps blancs de fibre acrylique
-Tu peux enlever la blouse maintenant ordonna t'elle. Il faut que je voie s'il t'a refilé une de ses saloperies. On trouve parfois de drôles de choses chez nos clients tu sais. Martha ne veut pas qu'on fasse appelle à un docteur ou une infirmière car cela coûterait trop cher. Mais je m'y connais tu sais, j'ai mis au monde mes deux neveux, des jumeaux après m'être occupé de leur mère ma belle sœur lors d'une grossesse très difficile. Mais ne t'inquiètes pas, rien ne dit que tu es enceinte pour le moment. Tu es arrivée aujourd'hui ? lui demanda sa doctoresse improvisée.
-Hier en fin de soirée.
-Tu n'as pas eu d' chance ma biche.
-Oui. J'aurai voulu que les choses se passent autrement.
-Silence maintenant que je t'ausculte.
Maddie s'empressa alors d'écarter les jambes de sa patiente pour mieux observer l'état de ses entrailles. Tandis que Rose se sentait humiliée et apeurée par une telle inspection.
-On y passe toutes tu sais. Tu es une nouvelle ?
Rose essayait juste de ravaler la boule qui lui montait à la gorge. Rose sentit le froid quand elle sentit l'instrument entrait dans son intimité et grinçant pour supporter une douleur qui pour être honnête fut assez brève.
Maddie se penchait encore à étudier les organes de Rose à l'aide d'outil en bois qu'elle avait auparavant désinfecté, avant de terminer son travail d'un air plutôt satisfait et confiante en elle et en son diagnostique. Elle aimait quand le travail était bien effectué. Elle toucha le pelvis et la poitrine pour un examen encore plus complet. Voici ce qu'elle remonta à Rose au sujet de sa santé.
-Il n'y a pas de bébé là dedans, ca c'est sur. Ni morpions, ni autres maladies. Finalement tu as peut être de la chance après tout.
Rose esquissa un soupir de soulagement à cette confirmation.
Au sortir de ce qui servait faute de mieux de cabinet médical, Rose, rhabillée, croisa dans le couloir Jack et Olivia qui s'amusaient comme deux enfants.
L'Américain portait la Picarde sur ses épaules dans de grands éclats de rire. Cela induit en fureur la jeune anglaise qui n'avait pas oublié tantôt la conversation de la veille ou de plus tôt le matin pour être plus exact.
Jack s'arrêta tout net et la salua avec précaution, comme pour prendre la température et statuer sur l'humeur du jour.
-Bonjour Rose. Tu as bien dormie ? Aujourd'hui, Olivia et moi on prit nôtre petit déjeuner ensemble. Toi, tu as déjà mangé.
-Non, je n'ai pas très faim ce matin, merci fit' elle avec une moue et un geste de parfait dédain.
- Ne fais pas ta grande Dame bon sang, et viens manger un peu.
-Ca c'est une bonne idée souriait Olivia, tapant des mains comme à l'accoutumée et visiblement ravi.
Quand il la regardait de ses grands yeux bleus qui semblaient l'appeler et la supplier, elle ne savait lui résister, peu importe si elle était fâchée contre lui.
-Comme vous voulez se résolut 'elle en soupirant.
Olivia, la positivité incarnée au point que cela en devenait quelquefois quelque peu énervant pour son entourage immédiat (ici et à ce moment même Rose en faisait l'amère expérience, elle lui sautait au cou pour la saluer lui demandant si elle avait bien dormie) ne tarda pas à emporter les deux jeunes gens vers la cuisine qui était aussi la salle ou l'on se restaurait.
Elle se saisit ensuite du pot de café tout bouillu que l'on y servait et que Rose détesta immédiatement. Un petit quart d'heure et Rose continuait de faire la carpe, restant aussi muette et hagarde qu'un soldat de plomb avec lequel les petits garçons s'amusaient d'ordinaire.
Cela exaspérait Jack qui s'impatientait que Rose daigne enfin décrocher un son.
-Rose, tu n'es qu'une tête de pioche, tu sais mais je t'aime bien quand même.
-Oh merci de ce compliment. Elle ne trouvait rien de plus à dire.
Il souffla un grand coup et poursuivi, l'ignorant superbement.
-Ecoutes Rose, je sais bien que cela ne doit pas être facile pour toi et vu que tu as fais un pas vers moi la première fois en venant me chercher sur la falaise, je vais faire un pas vers toi, d'accord. Mais tu vas me faire le plaisir d'arrêter de faire ta tête de mule et de me parler à nouveau en disant ce qui ne va pas.
-Tu devrais le savoir pourtant Jack répondit' elle et se croyant dans son bon droit.
-Aucune idée. Si c'est encore cette histoire de nues, tu es franchement la fille la plus puérile que j'ai jamais rencontrée.
-Peut être mais je ne peux pas m'en empêcher.
-Rose trouve soudainement que mes dessins sont dégradant et que ça l'empêche de passer du temps avec moi. Et à part ça, je dois croire qu'elle n'est pas du tout jalouse. Expliquant' il devenant soudain un brin cynique.
Olivia, toujours présente, n'avait pas perdue une miette de ce vif entretien et visiblement il lui plaisait beaucoup.
-Tout cela est formidable, elle pourrait être ton assistante Jack.
-Je vous demande pardon ? s'exclama Rose tout à fait outrée par cette idée saugrenue tandis que Jack interrogeait Olivia du regard avec de grands yeux interloqués.
-Ben oui, comme cela, elle verra que ce n'est pas dégradant et vous vous réconcilierai bientôt.
-Je suis désolé Olivia mais Rose a raison. C'est une très mauvaise idée. Comme tu le vois, je croyais que Rose était assez mature pour comprendre l'art mais je me suis trompé visiblement.
-Mais non, j'en tout à fait capable au contraire voulut' elle soudainement le convaincre.
. Et pourquoi pas le prouver alors ? fit Jack, ravi d'avoir fait mouche.
-Très bien, j'accepte se résolut' elle enfin.
-Fantastique, c'est au tour de Maddie d'être modèle aujourd'hui. Tu verras elle est très sérieuse mais elle est gentille aussi. Un peu brut de décoffrage mais elle est toujours là aider.
-Je connais déjà Maddie, Olivia dit' elle en tournant les talons, un peu plus triomphalement qu'avait débuté pour elle cette conversation.
-Nous commençons dans dix minutes lui annonça Jack alors qu'elle filait tout droit devant et que résolu, il s'élançait vers elle alors que Rose se dirigeait froidement vers la pièce ou Jack dessinait ses modèle et devant laquelle elle avait espionnée hier soir, entraînant sa mauvaise humeur contre Jack. Elle ne savait là qu'il s'agissait en fait seulement d'un stupide quiproquo.
Jack lui indiqua comment procédé dans les préparations mais cela était presque inutile tant elle l'avait vu faire quand il essayait de la peindre en mode deuil et fiançailles (qui pour ce cas particulier allaient il est vrai de pair). Lorsque vint le moment, Maddie prit la pose de la manière convenue pour la série de portraits de Jack et sans que celui-ci ne montre aucun signe de gène ni de distraction quand au corps nu qui se trouvait devant eux. L'embarras fut bien là quand les vêtements de la prostituée tombèrent mais Jack eut très vite la situation bien en main, en « patron » qu'il était. Très professionnel, après avoir demandé le silence à Rose et Madeline,
-Tu es nouvelle ? Elle réitérait la question que Rose avait laissée sans réponse.
-Je ne travaille pas ici. Je ne suis que de passage.
-Et pour aller à quel endroit, peut' on bien passer par ici ?
-Je viens d'Angleterre et Jack m'a amené en France pour que je perfectionne vôtre langue à l'école.
-Ah ? Et tu as quel âge, m'as-tu dit ?
-J'ai seize ans et demi.
Maddie n'insista pas.
Tout d'même c'était bien bizarre qu'une p'tite dame comme elle faisait dans un tel endroit. Il devait y avoir un mystère la dessous et Madeleine Volta aimait les mystères, les cherchaient même. Elle comblait ainsi l'ennui que lui apportait sa vie de fille de joie
Maddie posait de profil et regardait le menton haut vers le ciel avec élan et fierté.
Rose observait Jack au travail et observait avec satisfaction et rassurance l'artiste travaillait sur le papier le corps de Maddie comme n'importe quel ouvrier le ferait avec ces outils.
Il n'était pas non plus lubrique mais savait présenter sa sujette du jour sous sa meilleure auspice sans la transformait cependant en un modèle de perfection surfait.
Au sortir de la séance, Maddie les quitta en arguant d'autres choses à faire.
C'est alors que Rose, hésitante, proposa à Jack de sortir dans l'arrière cour, auparavant repérer pour fumer des cigarettes et parler un peu.
Le temps était pluvieux et les nuages étaient gris, sur un banc de bois que ne pesait pas plus lourd qu'une plume et faisait contraste avec la lourdeur des excuses et confidences que Rose se devait et était résolue à présenter. Maintenant, il saurait tout. Après cette latte de cigarette qu'elle prenait. La fumée montait au ciel et elle s'envolait au vent, Rose la regardait pensive.
Un nœud à l'estomac elle commença par saisir le bras de Jack comme pour lui demander son appui.
-Tu as raison, j'ai été jalouse. Je voulais venir te voir la nuit dernière et je t'ai entendu derrière la porte et vous parliez de vôtre baiser que vous avez échangé.
Jack eut alors du mal à contenir son rire et son soulagement.
-Je suis heureux de l'attendre dire enfin. Et si tu savais à quel point c'est bête.
Un instant, sa voix sévit pour lui dire que sortir au beau milieu de la nuit dans cet endroit pouvait être dangereux, elle ne devait le refaire sous aucun prétexte.. Avant de sourire à celle qui avait conquit son cœur malgré son obstination.
-Elle a été ma première amoureuse et oui je l'ai embrassé. On était dans une grange ou on avait trouvé refuge durant une tempête de neige. La lampe à pétrole s'est éteinte et en cherchant quatre à quatre une allumette pour la rallumer nos lèvres se sont touchées et voila. J'avais quatorze ans, elle était la fille du laitier de Chippewa Falls, Olivia Flaherty qu'elle s'appelait. Une blonde comme moi, mais maintenant mademoiselle la rebelle je ne m'intéresse qu'aux rousses qui boudent. Son sourire était total et ce fut là au tour de Rose d'éclater de rire de soulagement.
-Eh bien ca alors, en voila une surprise. Elle se trouvait stupéfaite par sa propre bêtise dont elle se moquait à présent et par la force tranquille de Jack avec laquelle il avait tout fait pour arranger la brouille. Dans son cœur, contrairement à celui de Paris aujourd'hui, le ciel avait décidé d'une éclaircie.
Jack, satisfait recommença à l'envelopper de son manteau qu'ils se repartageaient à deux.
Epaules, contre épaules à nouveau, il pose à présent la tête de sa bien-aimée contre la sienne.
La bien-aimée ferme les yeux, demeurant paisible sous la pluie fine.
Jack passe ses mains sur son dos pour la réchauffer alors qu'ils ne faisaient rien d'autre que de se tenir compagnie. . Rose montra à nouveau une certaine réluctance, certes à un moindre niveau.
-IL y a quelque chose d'autre qui ne va pas Rose ? S'enquit doucement Jack. Qui avait perçu la détresse intérieure de la jeune femme dés le moment ou il l'avait rencontré sur la falaise à l'instant même ou elle désirait se supprimer.
Mais en même temps, il savait qu'il était temps qu'elle dépose son fardeau, qu'elle se confie à quelqu'un. Pourquoi pas ici et maintenant ?
-Sais-tu seulement pourquoi j'ai tenté de me jeter du haut de la falaise cette nuit là à Southampton ?
-Je crois que ta bague pesait un peu trop fort à ce que tu m'as dit ironisa t'il, sentant qu'il allait enfin savoir le fin mot de l'histoire et tout d'un coup qu'il se sentait nerveux.
-Il n'y avait pas juste un mal être dans cette haute société, il y avait plus que cela. Cal, mon fiancé. Il me violait.
Fin de ce chapitre : Le prochain chapitre va s'intituler : « Paris, c'est la ville de son cœur »
Merci de me suivre. Commentaires toujours bienvenues et très appréciés. A bientôt.
