Chapitre 18 : Ce qu'on peut, pas ce qu'on veut :

Copyright: Je ne possédé aucun des personnages du film Titanic de James Cameron, je ne tire aucun profit de cette histoire, seulement le plaisir de l'écrire. Dîtes moi ce que vous en pensez.

Résumé : Rose et Jack sont toujours séparés à paris, occupés par leurs projets respectifs. Comment vont' ils tourner ?

Paris, le 16 avril 1911. Quartier latin et village de Montmartre.

-Rosemarie, pouvez-vous m'expliquez ce qui vous arrive ? Que faîtes vous ?

C'était Madame Magenta qui avait vu Rose parler dans le mur. Elle s'inquiétait de découvrir que peut être, son élève la plus douée n'arrivait pas à gérer la mort de son père aussi bien qu'elle paraissait le montrer dans la vie de tous les jours au pensionnat.

Elisabeth Magenta s'approchait doucement vers elle, comme une infirmière le ferait avec son patient malade. Et elle ne savait pas ce que pourrait être l'antidote pour qu'elle croie qu'elle était belle et bien saine de corps et d'esprit.

-Jack viendra te voir ce soir, c'est important. Onze heures et demie. Soit à l'heure. N'oublie pas.

On savait qu'elle était là sans la voir car elle venait de déplacer la brique, vérifiant si elle avait un message. Madame Magenta avait vu tout cela mais heureusement, elle se trouvait à bonne distance pour pouvoir ne rien entendre.

Le mur parlait sous la forme d'Olivia ou de Maddie, s'y posant derrière la façade, comme le coucou sur d'autres nids avant d'aller trouver encore d'autres habitations. Rose n'avait pas très bien sue reconnaître l'identité de la voix féminine mais avait bien comprit le message délivrer.

-Rosemarie, Rosemarie, êtes vous souffrante, m'entendez vous ? Est-ce que tout va bien ? Pourquoi donc, diable, regardez-vous ce mur ?

-Oui, oui Madame Magenta, je regardais juste le nid d'hirondelle. Mais il est vide.

-Et bien, je suis ravie que la biologie vous passionne (elle avait une moue dédaigneuse, Madame Magenta dédaignait les sciences ce qui causait du beau grabuge avec Madame Simon, professeur d'arithmétique) mais il serait peut être temps de vous dirigé vers nôtre cours sur Shakespeare, vous vous ?

-Bien Madame Magenta, répondit' elle docile.

Et elle quitta le parc pour la grandeur des bâtiments intérieurs. Elle attendait le soir impatiemment. Elle se demandait qu'elle nouvelle Jack avait à lui annoncer et qui semblait ne pas pouvoir attendre et surtout elle espérait qu'elle en soit une bonne.

Le clair de lune derrière de nuages longs et blancs, et la nuit tombée sur Paris avaient enrobé l'enceinte de Hautes Dames et les hiboux se levaient pour aller chercher leurs proies et avec les autres bruits nocturnes, ils se rassemblaient dans un sourd conciliabule dont le vent se faisait l'écho.

Autour du parc, une ombre apeurée se déplaçait derrière les arbres et les arbustes qui la protégeaient plus que de raison, ils n'étaient pas un rempart nécessaire dans cette nuit qui commençait et déjà si noire. Onze heures allaient sonner. Il y a avait bien longtemps que Morphée avait répandue ses effets bienfaiteurs sur l'établissement séculier tandis que pour la première fois Rose bravait le règlement intérieur et sortait la nuit (double chance qu'elle sache ou était les clefs de la porte des dortoirs et que le veilleur de nuit soi ironiquement si prompte au sommeil). Les autres filles et la surveillante qu'on surnommait Miss Loire, dormant, Rose n'avait eu aucun mal à s'extirper du dortoir sans aucun souci.

Elle s'assit sur son froid banc de pierre granit habituel et se mit en devoir de prendre patience et d'attendre son amour qui elle le savait ne tarderai pas.

Combien de temps, Juliette avait attendu Roméo sous le balcon déjà ? Elle n'en savait rien mais elle savait qu'elle ferait de même.

Elle attendit, s'attendit à voir la brique bouger discrètement près du lierre mais rien en fut et il semblait que personne ne vint cette nuit. Jack aura du avoir un empêchement se dit' elle

Et c'est alors qu'elle vit fine une ombre d'homme se tenant sur le mur tel un funambule aux abois.

-Jack, Jack attention tu vas tomber.

-Je suis venu sur les ailes légères de l'amour, rien n'est trop beau quand l'amour est en jeu. Bien plus que ma vie et bien plus que ma mort, c'est lui qui sera toujours le plus fort.

-Jack, tu es irrécupérable pouffa t'elle !

-Je ne fais que clamer mon amour pour toi haut et fort Rose !

Elle pouffait alors qu'elle aurait tant voulu le gronder mais le problème était qu'il lui avait trop manqué pour qu'elle se montre bien sévère.

-Jack, mais ce n'est pas croyable ! s'exclama t'elle encore.

Elle le voyait descendre petit à petit avec une échelle qu'il avait du emprunter sur Montmartre.

Le premier reflexe de Rose fut de se jeter éperdument dans ses bras et de l'embrasser.

Quand ils eurent épurés et épuisés la douceur de leurs retrouvailles, ils ne demandaient qu'à en profiter encore et entendre l'un et l'autre de vive voix.

-Comment vas-tu ? S'enquit enfin Jack le premier en lui déposant un long baiser sur ses lèvres.

-C'est dur parfois, mais je m'accroche. Et toi, qu'est-ce que tu vas bien ? Tu m'as manqué Jack.

-Ca va plus que bien ! confirma le jeune homme qui ne le relâchait pas encore.

-Qu'est-ce qui t'arrive ?

-J'ai été choisi pour présenter mes dessins aux Beaux Arts de Paris, tu te rends compte ?

-Jack, c'est fantastique, je suis si heureuse pour toi. Tu le mérites vraiment.

-Si ils aiment mes dessins, et que je suis admis, je devrais peut être faire un an dans cette académie.

-Alors, je resterai ici, avec toi répondit' elle sans la moindre arrière pensée. C'était pour elle une évidence toute simple qui n'avait nul besoin d'être étudié ou discuté plus longtemps.

-Je serais là où tu veux que l'on soit lui dit' elle simplement.

-Mais si ta mère ou Cal vienne te chercher et qu'on soit encore ici. Ils te retrouveront…

-Et ils me sépareront de toi. Ne les laisse jamais me prendre Jack, jamais.

- Jamais. Je te le promets.

Et ils s'enveloppèrent dans les bras l'un de l'autre ne disant plus un mot, silencieux, ils conjuraient les ténèbres qui brulaient sous la peau, recouvert par la plaie d'une absence qui ne cicatriserait pas tant qu'ils ne pourraient pas se retrouver. Soudainement le mois de juin ne pouvait pas être plus près. Rose et Jack réussiraient bien à trouver un autre plan, tout comme ils l'avaient fait pour s'évader de Southampton.

-Jack, je dois m'en aller maintenant.

- Restes encore un peu.

Elle n'aurait pas demandé mieux mais elle savait qu'à se perdre dans ses bras, elle risquait de ne pouvoir en revenir.

-On se revoit quand Rose ? demanda Jack, peu pressé de retourner sur ses pas.

-Je t'écrirai dès que la voie sera libre.

-Bonne chance pour demain mon amour.

-Tu reviendras me voir ? demanda t'elle doucement.

-Même endroit cligna t'il de l'œil pour donner au change et pour mieux atténuer sa tristesse.

Ils se séparèrent avec difficulté mais il fallait pourtant bien que chacun regagnent leurs quartiers qui pour le moment leurs étaient affectés.

Le lendemain Rose se réveilla avec le trac au ventre. C'était en effet aujourd'hui que l'on saurait la distribution finale de la pièce. La liste des acteurs et les rôles correspondant, seraient affichés à 13 heures précises.

L'audition c'était très bien passé il y a quelques jours et elle espérait réellement avoir un rôle ne serait-ce qu'un petit. Elle savait que Madame Magenta la considérait comme douée mais Gabrielle et Louise l'étaient aussi après tout et i ne disait' on pas qu'il ne fallait jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.

Le cours de géographie avait trop peu de pays et de chaînes de montagnes pour être capables de faire passer vite le temps. A l'échelle de l'atlas du monde, cela semblait pourtant très rapide mais le nœud à l'estomac de Rose qui se tordait facilement démontrait le contraire.

Enfin après un déjeuner mangeait alors que la faim ne la tarissait pas, Rose se dirigea avec timidité vers le hall ou la liste venait de s'afficher. Rose se trouvait tout juste devant Louise et Gabrielle qui guettaient elles aussi la décision de madame Magenta.

Elle eut le temps de se réjouir juste avant que ses deux rivales ne découvrent qu'elle avait décroché le rôle d'Hermione au détriment de l'une et de l'autre. Gabrielle et Louise bouillaient de colère et ne s'en cachait pas.

-Tu vas payer pour cela murmura même Gabrielle au plus fort de sa rage qu'elle laissait éclater.

Rose se montra dédaigneuse de ses menaces, elle sourit en constatant que Gabrielle n'avait obtenue que le rôle d'être sa doublure ce qui était loin d'être dans les habitudes de la Poitevine qui avait l'ambition de rejoindre sa Tante qui l'avait élevée et qui était pensionnaire renommée et appréciée de la Comédie Française. Louise obtenait un rôle mineure qui ne satisfaisait pas plus ses ambitions.

Soudain le soleil brillait et Rose se sentit bondir de joie mais l'instruction de bonne famille qui était la sienne, cela serait ses premiers pas sur scène et rien ne pouvait empêcher ni altérer la satisfaction et l'orgueil qu'elle ressentait à cet instant.

Rose pensa à son père et se demandait ce qu'il en dirait s'il était encore en vie, après tout il avait été le premier à l'encourager dans la voie qu'elle avait choisie, ses premiers pas sur scènes seraient pour lui mais dans l'immédiat elle voulait faire part à Jack de cette grande nouvelle qui elle espérait lancerait sa carrière. Si comme il le semblait se dessiner il resterait sur Paris même après le dernier trimestre à Hautes Dames achevé, elle pourrait tenter sa chance dans un théâtre, avoir des petits rôles qui conduirait petit à petit à ceux de premier plans. Mais il fallait se montrer raisonnable quand on planifiait tout ainsi et ne pas agir dans la précipitation sinon c'était la catastrophe assurée et puis pour finir qui sait quelle serait la réponde des Beaux Arts au sujet des dessins de Jack. Tout cela était encore aléatoire et c'était peut être justement ce qui rendait le tout si tentant et excitant. De toute évidence, Rose aurait encore tout le loisir d'utiliser la brique boîte à lettres.

Après le cours de littérature, Madame Magenta retenue les comédiennes en herbe pour compléter ses instructions sur le déroulement des répétitions.

-Les représentations auraient lieu sur trois jours au théâtre des Pommiers, ce n'est pas la Comédie Française mais c'est un bon théâtre pour les débutantes que vous êtes. Avec l'accord de nôtre directrice, vous aurez la permission de sortie pour vous rendre au théâtre.

Pendant ce temps, rue Nervins, village de Montmartre, Jack pensait également que les choses se présentaient pas mal pour lui non plus. Il venait de soumettre une sélection de ses dessins à un jury de la prestigieuse école d'artiste à la recherche de talents motivés pour élèves

Si Rose s'accordait quelques pauses dans ses révisions et son emploi du temps chargés (les premiers examens commençaient d'ici six petites semaines à peine), ce n'était que pour apprendre son rôle, son texte et les didascalies qui les accompagnées étaient loin d'être des sinécures à assimiler. Cependant, à force de travail et de persévérances, elle arrivait plutôt habilement à jongler avec les deux.

Jack ne dormît pas à la veille de l'échéance qui déciderait s'il entrait aux Beaux Arts ou pas.

Il avait trouvé dans la brique boîte à lettres un mot d'encouragement de Rose, ce qui lui fit sourire bêtement comme un petit garçon qu'il n'était plus et elle lui donnait rendez vous pour lui parler de quelque chose également.

Ils se retrouvèrent donc comme convenu devant le haut muret de la pension afin que se poursuive de vives voix leurs discutions épistolaires. Rose se débrouillant une fois de plus pour échapper à la vigilance de ses camarades, professeurs et dirigeants de cet établissement qui en ce qui concernait Ros faisait penser chaque jour un peu plus à un centre pénitentiaire.

Une fois de plus la nuit était noire sur Paris et Hautes Dames.

-Pssss Rose, psss.

-Jack, c'est toi ?

-Bien sûr que c'est moi. Tu n'attendais pas Cal j'espère ? Plaisanta-t-il à demi voix.

-Non dieu merci !

-Qu'est-ce que tu voulais me dire ?

-Voila Jack, madame Magenta a planifié avec nous nos sorties pour les répétions au théâtre et à cause des pensionnaires plus jeunes, elle ne pourra nous rejoindre qu'une heure après qu'on soit arrivées et donc si j'essaye de fausser compagnie aux autres filles, on pourrait se retrouver.

-Les autres filles verront bien que tu es absente.

-Je n'aurais qu'à dire que ma vieille tante malade est sur Paris et que je me suis dévouée pour la soigner. Quelque chose de ce genre en tout cas.

-Oui, ca pourrait être une bonne idée concéda t'il.

-On aurait même du y penser avant confirma Rose sure de son fait.

Un silence s'établit, Jack semblait presque gêné de ce qu'il allait livrer.

-Tu me manques juste.

-Toi aussi, tu me manques Jack. La nuit surtout.

-Tu as encore des cauchemars ? S'enquit' il de suite à l'annonce de cette nouvelle qui l'inquiétait.

-Un peu mais je dois faire avec avoua t'elle.

-J'aimerai rester avec toi confessa jack. Je me sentirai plus tranquille.

-Mais c'est impossible. Conclut Rose aussi malheureuse qu'il l'était de leur situation actuelle.

Ils s'embrassèrent passionnément, jusqu' à car il savait que leur temps était compté, Rose ne pouvait risquer de rester dehors sans risquer de les confondre elle et lui.

Cela était encré en eux, ils savaient la menace d'être découverts comme étant permanente et ce fut donc à contre cœurs, obligés et contraints qu'ils en finirent avec leurs étreintes. Jack s'en alla dans la nuit noire de paris. Rose savait qu'elle le reverrait bientôt et que de ce simple fait les larmes qui coulaient sur son visage étaient aussi idiotes et irraisonnées qu'elle. Elle supportait juste mal la séparation avec son bien aimé mais elle décida qu'elle ne pouvait rien y faire et qu'il fallait qu'elle se secoue les nerfs quoi qu'il lui en coûta.

Rose, cette nuit là, dormit peu mais bien. Pourtant le réveil fut pénible, des aigreurs à l'estomac la rendaient nauséeuse et sa tête tournait un peu. Elle mit cela sur le fait d'être restée trop longtemps dehors la nuit dans le par cet elle avait certes d'autres choses qui méritaient plus son attention comme ses cours et ses répétitions.

Jack, quand à lui, se leva guilleret et plein d'espoir. Il voulait absolument étudier le dessin au Beaux Arts et était assez confiants que ses dessins étaient au niveau attendu et exigé d'une telle école. Ne dessinait' il pas depuis sa plus tendre enfance passé dans le Wisconsin ? Bien sûr, il n'avait pas les moyens d'en payer les frais mais il rabroua l'idée en se disant qu'il trouverait bien un moyen ou plus précisément un travail en parallèle qui lui permettrait de l'assurer ainsi que de subvenir à ses besoin et à ceux de Rose qui n'avait d'autre soutien que lui.

Le cœur battant mais résolument optimiste quand même, Jack se rendit en ce matin Parisien à la rencontre de son destin. Monsieur Jean Dirmint l'accompagnait dur du talent de son jeune protégé. Malheureusement et contre toute attente, Jack ne fut pas admis car l'école avait jugé ses dessins trop irréguliers et de plus accordé sa préférence aux postulants français.

-Vous avez du talent jeune homme, c'est vrai mais vous n'êtes pas le seul. Il y a sans doute d'autres manières que nous pour exprimer toute l'étendue de vôtre don. Persévérer mon garçon.

Dirmint et surtout Jack furent extrêmement déçus touts deux mais ne purent faire autre chose de serrer la main à leur interlocuteur et de s'en aller, rebroussant chemin.

Au même moment, Rose qui durant la matinée à Hautes Dames n'avait pas pu s'empêcher de s'étonner de la bonne humeur inhabituelle de Louise et Gabrielle le fut encore plus quand Madame Magenta la convoqua en particulier.

-Et-il exact que tu n'étais pas dans ton lit la nuit dernière ?

La jeune rousse anglaise commença à rougir et à bafouiller comme ca n'était pas permis.

-Mais si Madame, si.

-Tu n'étais pas dans ton lit. On l'a vu, il était vide.

Le regard à la fois colérique et désappointé de Madame Magenta mit Rose au supplice.

- Tu connais les règles et les sanctions imposées par Madame Honfleur, n'est-ce pas Rose ?

-En effet, s'inclina Rose, penaude et la tête basse.

Selon Madame Honfleur, quiconque des filles se feraient surprendre à enfreindre le règlement intérieur (qui incluait l'obligation de présence dans le dortoir la nuit) devrait renoncer à se produire sur scène dans la pièce.

-Je crois que dans ce cas je ne suis plus doublure affirma Gabrielle avec l'accent de la revanche.

La vie était malheureusement faîtes de ce qu'on peut et non pas de ce qu'on voulait.

Jack et Rose en faisait tout deux l'amère expérience.

Fin de ce chapitre. Le prochain va s'appeler : Se rapprocher de l'avenir.

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