Chapitre 22 : Du travail et du charivari

Copyright: Je ne possédé aucun des personnages du film Titanic de James Cameron, je ne tire aucun profit de cette histoire, seulement le plaisir de l'écrire. Dîtes moi ce que vous en pensez.

Résumé : Maintenant que Rose et Jack sont mariés. Ils essayent de s'établir. En attendant mieux.

Southampton, comté de Hampshire, 1er Juillet 1911

Ce fut en tant que mari et femme que Jack et Rose débarquèrent du bateau à Southampton sur les environs de dix heures du soir. Après la cérémonie, Jack, comme convenu, avait télégraphié leur arrivée à Fabrizio qui les attendait sur la jetée avec anxiété. L'auberge ou il résidait en attendant « d'aller en America ». Les Dahl étaient encore là eux aussi.

Ils furent promptement féliciter quand ils annoncèrent leur noce surtout du côté de Fabrizio qui ne se priva pas (l'occasion qui fait le larron était trop bonne) pour exprimer le long de sa pensée dans sa maternelle langue de Dante.

Fourbus, mari et femme s'endormirent bien vite au pays de Morphée.

A son désappointement, Jack n'étai pas là et l'attendait pour le petit déjeuner dans la salle, le pot de café brûlant à la main.

-Il nous faut aller à la mairie pour valider le certificat de mariage lui annonça t'il gaiement.

Elle lui répliqua d'un sourire qui en disait long sur son bonheur de jeune mariée. Ils s'embrassèrent amoureusement. Avant de s'inquiéter de choses plus terre à terre et pragmatiques.

-Jack, il nous faut économiser l'argent. Nous ne pouvons rester ici indéfiniment.

-Je vais chercher du travail dés aujourd'hui. Je viens de donner trois nuitées à l'aubergiste mais après cela, il nous faudra faire attention concéda t'il.

-Très bien.

Il essuya le coin de sa bouche avec sa serviette et les deux jeunes gens se mirent en route.

Arrivés à destinations, tous deux furent impressionnés par la grandeur du bâtiment typiquement britannique et sa spacieuse entrée.

Ils donnèrent leur précieux certificat de mariage et obtinrent enfin des passeports en règle. Jack avait même la mention de sa nationalité américaine et s'en étonna.

-Mais oui, c'était sur le certificat de mariage, donc, c'est pour cela que ton passeport à toi est américain.

- Sans doute, sans doute se parla-t-il pour lui-même.

Et ils couraient dans la rue déserte, tels des gamins insouciants qu'ils n'étaient plus.

-Je m'appelle Rose Dawson s'exclamait' elle en riant.

-J'adore Rose Dawson tapit t'il dans le dos d'un rare passant.

Fastes fumisteries pour faire oublier qu'ils étaient menacés d'être reconnus à tout instant.

Jack d'un tendre baiser sur le front quitta sa femme qui retournait sur ses pas, vers l'auberge et partit à la recherche d'un emploi.

Rose ne pouvait s'empêcher de se sentir épiée alors qu'elle regagnait tranquillement ses quartiers.

Tant de chose restait encore à faire et demeurer en suspens. Un vent frais mais agréable régnait sur toute la bourgade portuaire, on distinguait même quelques rayons de soleil sous les nuages gris tandis que la pluie avait réussie l'exploit de disparaitre depuis deux jours, ce qui constituait une première et tout d'un coup, Rose fut moins encline à rentrer.

Pourquoi ne pas poursuivre cette magnifique promenade en solitaire ?

Plus elle écarquillait les yeux et plus nôtre Rose se rendait compte à quel point sa vie avait changé depuis quelques mois et elle était sûre que la chance venait de tourner en leur faveur.

Qui viendrait les chercher ici dans cette pauvre rue de Southampton ? Jamais sa mère qui n'y mettrait jamais les pieds de sa vie e ou Cal ne soupçonnerait quoi que ce soit et là résidait toute l'astuce d'être si près et pourtant si loin. Comme une barrière invisible entre deux mondes qui s'ignorent. Et puis il fallait penser au petit où à la petite qui arriverait dans quelques mois et dont commencerait à soupçonner l'existence très bientôt à en juger les nouvelles courbes du ventre de Rose, de plus en plus rond, de plus en plus ferme. Elle s'asseyait songeuse en contemplant l'eau de l'estuaire, songeant au moyen de gagner de l'argent plus rapidement. Et en vint à la conclusion qu'il n'y avait aucune raison pour qu'elle ne travaille pas .aussi. Elle travaillerait se résolut' elle bien décidée.. Elle se souvint de la boutique qu'elle avait visitée juste après la mort de son père alors qu'elle n'était encore que la malheureuse fille la plus huppée de la ville là ou maintenant elle était la plus heureuse des femmes de prolétaires. Peut être que cette vieille femme lui donnerait' elle un peu de travail. Sinon (au grand désarroi de Ruth se réjouit-elle), elle s'établirait comme simple couturière et aiderait ainsi Jack dans les finances du ménage. Ces résolutions prises tout comme la décision d'en parler à son mari dés son retour, elle chercha la rue du magasin de poteries ce qui lui prit un certain temps pour se remémorer le chemin.

L'entrée de la boutique se trouvait être aussi poussiéreuses que dans ses souvenirs et a vieille propriétaire paraissait plus bossue et pâle que lors de sa dernière visite.

-Est-ce que vous auriez du travail pour moi demanda Rose ?

-Est-ce que tu sais faire de la poterie ?

Vous vous ne souvenez pas ? Vous me l'avez apprit vous même avait' elle envie de lui dire, reconnaissante. Mais elle n'en fit rien.

-Je me débrouille bafouilla Rose.

-Fais donc un essai. Il n'y a pas si longtemps une jolie jeune fille est rentrée dans la boutique et a demandé à voir comment marchait la tour. Elle a fait un des plus jolis pots que j'ai vu de ma vie. Presque aussi beaux que les miens. Cela faisait un peu moins de quatre mois songea Rose, soulagée que la vieille femme ne l'ai pas reconnu.

-J'essaierai assura t'elle.

IL lui fallait se souvenir de l'exercice voila tout. Elle s'exécuta, concentrée sur les morceaux de terre d'ocre et la terre d'argile qui restaient à construire. Le toucher de la terre était très bon car elle avait de la dextérité et de la souplesse et elle aimait ce contact malléable. Son aînée semblait du même avis.

- Bravo ! Tu es très douée pour la poterie aussi. J'aurais encore besoin d'aide, c'est vrai. Je ne suis plus toute jeune et mon dos me fait souffrir se plaignit' elle. Mais je ne pourrais pas payer beaucoup. Cela sera de trente cents par semaine et je ne peux donner d'avance. La boutique est ouverte le samedi. Est-ce que cela te convient ?

Rose ne tenait plus de joie, peut être un jour raconterait' elle à sa femme la vérité ? En tout cas, elle remercia le ciel de cette chance.

-Oui, je prends ce travail s'exclama t'elle se sentant plus glorifiée et utile que jamais. Bien plus en tout les cas que lorsque elle était la princesse, la petite poupée de porcelaine de Southampton.

-Quelle est ton nom ma p'tite dame, je vois que tu es mariée fit l'observatrice patronne qui cependant la jaugeait encore.

-Je m'appelle Rose Dawson.

-Pourquoi es-tu si heureuse de travailler si tu es mariée. Ton mari ne gagne t'il pas assez sa vie ?

Rose grimaça à cette dernière attaque mais il valait mieux que de s'empêtrer dans le mensonge révéler une vérité partielle qui de toute façon bientôt ne tarderait pas à s'étaler au grand jour.

-C'est qu'il ne gagne pas encore assez pour nôtre enfant à naître.

L'œil perçant de la patronne se fit moins perçant ayant auparavant d'un coup d'œil deviné la condition de la jeune femme et heureuse qu'elle lui ait au moins dit la vérité sur son état.

-Rhonda Mac Kerod. Le poste est à toi si tu travailles dure et que tu ne te plains pas du fait de ta condition toutes les cinq minutes et que tu n'ailles pas le crier sous tout les toits.

-Je ne le ferai pas Madame Mac Kerod. Merci de me donner ma chance, vous ne le regretterez pas.

-Demain, c'est dimanche, nous sommes fermés. Tu commences lundi huit heures.

Au comble de la félicité, elle la remercia et rentra à l'auberge, ayant hâte d''annoncer la bonne nouvelle à Jack. Qui n'était pas encore rentré, constata t'elle déçue.

Elle s'allongea sur le lit, en attendant qu'il revienne mais s'endormit sans lui d'un sommeil qui la conduisit avec de beaux rêves tout droit jusqu'au petit jour mais un jour toujours sans Jack.

Peut être était' il justement temps de s'alarmer s'inquiéta t'elle.

Alors qu'elle débattait du sujet avec elle-même devant sa bouillante tasse de thé, elle fut soulagée de voir Jack arrivé, visiblement fourbu.

-Mais qu'est ce qui t'es arrivée lui demanda t'elle lui sortant ses yeux exorbités, signe de son incompréhension bien naturelle.

-J'ai trouvé un travail comme docker. On n'a embauché tout de suite pour le travail de nuit et je n'ai pas pu de prévenir

Elle était très fière de lui et soupirait d'aise, à présent tout à fait rassurée. Jack, fatigué, annonça qu'il partait se coucher car il devait encore être en forme pour travailler même si on serait un dimanche matin.

Le lendemain, Rose se réveilla sans Jack a ses côtés encore une fois, déjà partis sur les chantiers navals. Pourquoi alors ne pas partir à l'aventure et profitait d'un de ces dimanches solitaires qui seraient à coup sûre nombreux. Vêtue d'une simple robe marron (merci couturière Helga !), elle marcha dans les rue sans but précis.

Elle aurait voulue assister à un officie religieux mais elle craignait d'être reconnue dans la grande cathédrale qu'elle avait jusque ici fréquentait.

Mais tout lui paraissait une autre vie et une autre ville, toutes ces rues qui étaient là, tout près de l'endroit ou elle avait grandie. Mais elle n'y avait jamais mit les pieds auparavant. C'était comme si deux modes de vies différents séparaient la vielle en deux avec les nantis de l'un et les ouvriers de l'autre.

Les pauvres avaient leurs propres quartiers si animés, leurs marchés, leurs écoles et leur église (toujours bondée de fidèles). Elle entra au milieu de la congrégation qui dévisageait la nouvelle venue au moment du serment du prêtre. Son cœur se serra un peu quand elle pensa qu'elle n'avait pas de mariage religieux comme elle l'aurait aimé. Mais ce dit qu'il était mal de ne pas vouloir se contenter de ce qu'on avait déjà. Et elle avait tellement plus que la plupart des gens déjà estimait' elle. Un mari et un bébé à venir.

Le Père de la congrégation s'avança vers elle après l'office. Pour se présenter :

-Je suis le père Adreit dit' il avec un accent germanique. Vous êtes nouvelle ?

-Je suis madame Dawson, je suis nouvelle. Mon mari travaille au port expliqua t'elle au religieux.

-Comme beaucoup de femmes ici, vous n'aurez aucun mal à vous faire des connaissances et des amis. Lui assura-t-il. En tout cas, soyez la bienvenue parmi nous madame Dawson.

-Je vous remercie mon Père. Je reviendrai sans faute dimanche prochain lui répondit' elle en une conclusion polie.

Elle marchait et marchait jusqu'à l'auberge sans souffler ni s'arrêter. Un soudain nœud à l'estomac lui prit quand elle passa devant le cimentière ou reposait son père et sa petite sœur.

La tombe avait changé observait' elle au fur et à mesure qu'elle s'en approchait. Quelque chose de terrible avait du se produire. Incrédule, elle vit un trou qui venait d'être fraîchement creusé.

Elle allait s'évanouir quand elle réalisa ce que cela voulait dire. Sa mère venait de mourir. Par sa fugue et sa rébellion, elle avait poussé sa mère au tombeau.

-Rose !

-Cal trésaille t'elle d'effroi.

-Pauvre idiote !entendit' elle derrière elle avant de perdre définitivement connaissance.

-Amène la moi fit la mystérieuse personne dans le cimentière sans qu'aucun potentiel témoin ne soit présent sur ces lieux désertiques. La personne n'eut d'autre choix que de poser un mouchoir de chloroforme sur l'innocente victime.

-Quelle tête de mule, elle peut être parfois.

-A qui le dis-tu.

-On l'a échappé belle pas vrai ?

-Ils l'on échappés belle et pas pour de faux.

Ce fut au tour de Jack de ne pas trouver son épouse en rentrant. Il craint tout de suite le pire.

A son réveil, Rose se trouva dans un lit inconnu et prit peur.

-Cal Cal sortez moi d'ici. Hurla-t-elle avec force.

Comment avait' il fait pour la retrouvé ?

- Calme-toi Rose, ce n'est que moi.

La voix n'était pas inconnue mais faible, le visage qui décida à se montrer n'était pas un étranger mais beaucoup plus pâle. Dans le noir, Olivia apparût enfin.

Rose ne dit rien mais son visage se décomposa à la seconde ou elle reconnue son amie qui avait déjà tant fait pour elle.

-Mais ou sommes nous et qu'est-ce qui t'as prit ?

-Chut chut, tu es toujours à Southampton, dans le bordel anglais qu'à acheté Martha.

-Mais pourquoi tu m'y as emmené ? Si jamais Cal est là et qu'il veut à nouveau…

-Calme toi calme toi. J'ai été obligé de le faire parce que tu allé faire une très grosse bêtise.

-Quoi ? Quelle grosse bêtise ? Et comment êtes-vous ici ?

-Ordre de Martha. Clients importants à fournir. Ecoute, j'ai réussi à faire croire à Hockley que toi et Jack étiez morts. C'est pour cela qu'ils nt ouverts le caveau de ta famille, ils ont récupérés le corps d'une de nos filles et croient que c'est toi.

-Mais Mère, elle aura sans doute reconnue la supercherie.

-Ne t'en fais pas. Elle avait bien trop de chagrin et surtout Rebecca n'était pas si identifiable. Ils m'ont cru sur parole quand j'ai juré vous avoir vous vous noyer dans la manche en tentant de fuguer.

-Comment est morte Rebecca ?

-Un de nos clients la poussé dans l'eau alors qu'on voyageait vers l'Angleterre.

-Mon Dieu quelle affreuse histoire Et comment avez-vous su que Jack et moi sommes à Southampton ?

-Après vôtre départ,, Marthe nous a annoncé qu'on devait partir travaillé en Angleterre et Maddie vous a vu monter sur vôtre bateau. Nous avons prit le suivant mais il semble que vous soyez arrivés après nous. Je t'ai vu te promené hier mais je n'ai pas voulu que le saches car Cal se méfait encore.

Rose éclata encore en sanglot dans ses bras :

-Je suis désolé pour tout ce que cette ordure t'a fait subir.

-Chut ne t'en fais pas. Il est venu me voir plein de fois mais il est repartit en Amérique maintenant. Il n'a même pas attendu ton faux enterrement pour repartir. « Des affaires trop importantes le retenait ». Olivia était elle aussi, en larmes et la gorge nouée alors qu'elle décrivait le douloureux récit.

-Et Jack ? On c'est mariés sur le bateau tu sais.

-J'ai fait prévenir Jack. Il va venir te chercher.

-Merci. Merci. Si jamais un jour…

-Je sais, je sais. Je ne mérite pas tant de merci. Je n'ai fait que mon métier, tu sais.

-Je t'adore Olivia répéta t'elle d'une voix cristalline et les yeux embués. Pardon et Merci pour tout.

Jack arriva en catastrophe, un poids dans la poitrine qui s'en alla aussitôt qu'il eut vu par lui-même que Rose allait bien et qu'Hockley n'avait pour une fois en rien trempé dans une sordide affaire. La nuit noire venait de tomber, c'était l'heure ou les clients du bordel arrivaient

-Nous ferions mieux de rentrer fit Rose, inquiète. Après tout je travaille demain.

-Le magasin est à deux rues souffla Jack qui connaissait mieux cette partie de la ville que celle qui en était native.

-Vous pourriez dormir toi et ta femme ici. Il est dangereux de s'aventurer dans les rues de cette ville la nuit.

-Vous avez vraiment tout prévue n'est-ce pas fit Rose, émue.

Elle incluait Maddie dans ce vous hasardeux alors qu'elle ne l'avait pas vue mais assumait qu'elle travaillait avec les clients.

Le lit était posé à terre mais moelleux. Jack, sarcastique fit remarquer grivois qu'avec toutes ces péripéties ils n'avaient encore eu le temps pour une nuit de noce digne de ce nom.

Ils se rattrapèrent de toutes leurs forces, profitant corps et âme, l'un de l'autre, alors qu'on tirait les rideaux sur eux.

N de ce chapitre le prochain va s'appeler : « Eté douceur, automne rondeur »

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