Demain
Je prends la feuille que me tend Bobby, mon sourcil droit se relève d'étonnement et après y avoir lu l'adresse, je le regarde intrigué.
- Tu m'expliques ?
Le vieux chasseur me reprend la feuille des mains, ou plutôt me l'arrache puis la repose sur la table au dessus d'une carte routière.
- Nous avons localisé ce Mac Finley et sa bande. Lance-t-il. A six-cent bornes d'ici dans un petit patelin paumé appelé Honeysuckle. Il a un chalet qui lui sert de QG pour y préparer ses prochaines chasses.
- Comment tu sais ça ?
Ma question le fait sourire.
- Ton père m'a posé la même question gamin. Faut savoir que tous les chasseurs ne sont pas des pourris Dean ! Y'en a encore sur qui on peut compter.
Je lâche un soupire inaudible qui lui fait comprendre que je doute de ses paroles.
- Pendant que tu t'occupais de ton frère, j'ai reçu un coup de fil d'Ethan, tu sais, l'asiatique. Il a reçu un appel d'un ancien coéquipier qui voulait le recruter pour une chasse un peu particulière…
- Un peu particulière ? Je répète la fin de la phrase et reste incrédule quand à la façon dont l'équipe de Mac Finley fonctionne pour enrôler de nouveaux chasseurs.
- Hey, j'ai confiance en Sakayatura. Râle Bobby. D'ailleurs, personne ne lui a demandé de me prévenir !
Je me frotte nerveusement le menton et passe ensuite ma main rapidement dans mes cheveux courts.
- Et ?
- Et en effet, ils recherchent des jeunes gens qui ont le même profil que ton frère et qui seraient « des bombes démoniaques à retardement ».
Je ne peux m'empêcher de jurer en tapant sur des bouquins empilés sur le sol qui se trouvent à ma portée.
- Je vais me les faire ces trous ducs !
- Hey ! Fais gaffe à ce que tu fais ! Grogne le vieux chasseur en voyant ses précieux livres éparpillés un peu partout sur le sol.
- Dean. Intervient mon père de sa voix toujours aussi calme et maîtrisée. Je comprends ta colère. Mais nous avons un allié qui s'est infiltré dans leur équipe pour nous prévenir.
- Parce qu'il a dit okay à toute cette merde ? Qui te dis que ce n'est pas un piège pour nous attirer là-bas et nous régler notre compte. Et pourquoi il t'a prévenu toi, Bobby ?
- Te fous pas de ma gueule Dean. Me répond-t-il énervé. Ethan n'est pas né de la dernière pluie et c'est lui qui vous a refilé les clefs de chez lui pour vous planquer.
Je lui lance un regard mauvais.
- Oui et on a vu le résultat !
Je vois bien que Bobby à l'air contrarié, mais maintenant je doute de beaucoup de monde. Dans le milieu des chasseurs on trouve vraiment de tout, un brassage des genres qui va de la pire ordure à des types qui ressemblent un peu à mon père.
En fait, cela ne me rassure pas vraiment quand je vois l'attitude que papa a eu avec Sam. J'ai bien compris son inquiétude, mais je n'ai pas aimé la façon dont il a questionné mon frère pour savoir ce qu'il avait fait lorsqu'il était captif.
Il faut bien le reconnaître, j'ai terriblement peur de ce qu'à fait Sammy pour se défendre et surtout s'il l'a fait en présence de témoins et chasseurs de surcroît. Mon petit frère n'est pas un monstre ni une créature diabolique. Je ne l'ai jamais vu faire quoi que se soit d'étrange. Alors qu'est-ce qui a pu convaincre ces salopards qu'il est le mal incarné ? Je n'arrête pas de me prendre la tête avec ça, et ça m'en fiche un mal de crâne carabiné depuis des heures.
Le silence qui s'est installé dans la pièce est interrompu lorsque mon père réagit de nouveau.
- Nous avons cette opportunité qu'il faut saisir. Alors, nous allons y aller et régler ce problème de façon radicale.
C'est au tour du vieux chasseur de regarder John gravement.
- Ne me regarde pas comme ça Bobby ! Se défend mon père. Je ne peux pas les laisser pourchasser mon fils.
- Ils ne sont pas tous mauvais, John… Tu ne peux pas tous les tuer.
- Ils ont eu exactement le même raisonnement que moi, puisqu'ils nous considèrent nous aussi comme des parias. Ils tuent des familles complètes ! J'ai vérifié… les familles des enfants que j'avais repéré ont toutes été massacrées. Il y avait aussi des enfants ! Ils ne méritent pas le nom de chasseurs. On ne fait pas ce qu'ils ont fait Bobby !
Pour une fois, je suis complètement d'accord avec papa. L'équipe de Mac Finley est tout sauf des chasseurs et quand je pense à ce qu'ils ont fait subir à mon frère, je n'éprouve aucune pitié à leur égard.
- Je vais prévenir Ethan. Prévient Bobby. Pour qu'il reste sur ses gardes et qu'il se renseigne sur les chasseurs qui sont avec lui.
John observe Bobby un instant et plisse des yeux. Il meurt d'envie de lui poser une question qui le tracasse depuis qu'il est arrivé chez lui, mais il ne sait pas comment aborder le sujet sans le mettre dans une colère noire. Alors, comme un ancien marine, il y va carrément et se lance.
- Bobby… lâche-t-il en s'humidifiant toutefois la lèvre inférieure. T'es un super chasseur… et ta réputation est connue de tous, alors… je me demande pourquoi tu n'as pas été contacté par eux ?
Le vieux chasseur plonge son regard directement dans celui du plus âgé des Winchester et serre la mâchoire. Il se doutait bien que cette question arriverait sur le tapis à un moment ou à un autre.
John voit passer une foule de sentiments très variés sur le visage de son ami.
- J'ai été contacté. Répond alors clairement Singer. Mais je les ai envoyé chier !
Je reste muet devant sa déclaration puis souris à sa réaction. Je reconnais bien là le chasseur bourru que j'ai toujours connu et que j'apprécie énormément.
- Bien… Conclut tout simplement mon père libéré du doute et de la gêne qu'il n'avait pu s'empêcher d'avoir.
- Maintenant. Reprend-il. Il faut préparer un plan d'attaque et coordonner notre stratégie.
Nous discutons tous les trois pendant plus d'une heure sur la façon dont nous pouvons attirer quelques chasseurs à l'extérieur du chalet pour les écarter définitivement. Nous sommes en infériorité numérique et en réduire le nombre peut nous permettre d'augmenter nos chances. Nous élaborons différents scénarios plus ou moins réalisables. De tout cela, il en ressort essentiellement que Bobby nous servira d'hameçon et qu'Ethan trouvera divers arguments pour expliquer l'absence de ses compagnons.
Nous listons également tout le matériel et les armes qu'il faudra emporter lorsque nous attaquerons.
Nous sommes terriblement concentrés et assez mal à l'aise car aucun de nous n'a jamais prévu ce cas de figure. Il ne s'agit pas cette fois-ci de supprimer une créature surnaturelle, mais des humains fous et destructeurs fait de chair et de sang.
Bobby essaie de détendre l'atmosphère en suggérant de tout faire sauter à la dynamite. Nous sourions de bon cœur mais retournons rapidement à l'étude du terrain qui entoure le chalet. Nous recherchons également l'endroit où pourrait se dissimuler une sortie de secours.
Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser s'échapper quelqu'un. Nous devons éradiquer définitivement le problème. Les chasseurs parlent, se rencontrent dans des bars, chassent parfois ensemble et nous ne voulons plus que circule cette rumeur sur l'existence d'enfants spéciaux à la solde du mal.
La situation est très grave, mais il ne faut pas désespérer ! Nous console Bobby.
Lorsque nos yeux piquent et s'alourdissent de fatigue, nous nous apercevons que la nuit s'est déjà confortablement installée tout autour de nous.
Je me sens brisé de toute part. Ma main brûlée pulse régulièrement et me démange horriblement.
Mon père m'examine de nouveau des pieds à la tête et mon aspect général lui indiquent que je suis complètement épuisé. Il sait cependant que je ne l'avouerais pour rien au monde. il sait aussi qu'il est mon modèle que si lui ne se repose pas, je ne me reposerai pas non plus.
- Va te coucher. M'ordonne-t-il doucement. Demain sera une longue journée !
Sa remarque inévitablement m'agace.
- Je n'ai plus dix ans papa !
- Je sais, mais tu es blessé et je veux que tu récupères maintenant pour que tu sois opérationnel lorsque nous attaquerons.
Papa a toujours eu une logique implacable qui me laisse encore cette fois-ci sans arguments.
Alors, je traîne un peu des pieds juste histoire de le faire râler et va boire une dernière bière avec Bobby avant de prendre les escaliers qui mènent à notre chambre où se repose déjà Sammy.
Pendant un instant, je l'ai complètement oublié, focalisé sur ma vengeance et sur la douleur que je ressens. L'aspirine que j'ai pris il y a deux heures ne fait déjà plus effet et mon cœur à déménagé près de mon épaule où ce trouve ma cicatrice toute neuve.
Je grimace en me massant légèrement l'endroit douloureux et entre doucement pour ne pas réveiller mon frère.
J'encaisse un choc lorsque je m'aperçois que Sam n'est plus sur son lit.
Je cherche partout dans la pièce et cours vers la salle de bain pour voir s'il y est, mais la pièce est vide également.
- Sam ?
J'ai une boule dans la gorge qui se forme et qui m'étoufferait presque alors que je regarde sous son lit pour voir s'il ne s'y est pas réfugié. Mais là aussi, il n'y a personne.
- Merde Sammy ! Ma voix laisse transparaître mon inquiétude.
La fenêtre est toujours fermée de l'intérieur et je l'aurais vu s'il avait emprunté l'escalier.
Je m'aperçois enfin que la porte de la penderie est entrebâillée. Je me précipite vers elle et l'ouvre lentement en retenant mon souffre.
Sam est recroquevillé tout au fond du placard, le côté de sa tempe gauche repose contre le papier peint qui n'a plus d'âge, la tête légèrement penchée vers l'arrière. Il a les yeux fermés et la bouche entrouverte. Son sommeil est calme et même si j'ai envie de l'engueuler pour m'avoir fait si peur, je n'ose pas le réveiller.
Je remarque qu'il a pris un de mes t-shirts qu'il a roulé en boule contre lui, pressé contre son ventre. Il faisait ça quand il était petit avec les chemises de papa lorsqu'il était parti pour plusieurs jours.
Je m'avance doucement, soulagé, et m'agenouille difficilement tiraillé par mes blessures, puis je m'installe auprès de lui aussi confortablement que ce lieu exigu peut me le permettre, en allongeant mes jambes qui touchent rapidement le côté opposé du mur. Je me colle ensuite lentement contre lui alors que je le sens frissonner.
Mon épaule valide touche la sienne. Un contact simple qui rassure et qui veut seulement lui dire que je suis maintenant là.
Je reprends mon calme après la panique que j'ai ressenti quelques minutes plus tôt et décide de ne plus bouger.
D'être juste présent.
Je ne veux vraiment pas qu'il quitte son sommeil réparateur, même s'il dort inconfortablement dans cet endroit qui sent le renfermé et les vieux vêtements de cuir.
Je l'observe silencieusement et me rends compte qu'il paraît trop jeune et trop fragile… lui qui était si plein d'énergie et d'enthousiasme.
J'ai l'impression que mon frère à vécu quarante ans en Enfer alors qu'il ne s'est absenté que deux mois.
Je regrette vraiment cette nuit où j'ai laissé Sam partir après qu'il se soit disputé avec mon père. J'aurais dû désobéir et courir après lui pour le retenir… ou peut être partir tout simplement avec lui pour le protéger… J'aurais dû me fier à mon instinct au lieu de ruminer ou de maudire mon cadet pour son silence.
Sam remue lentement la tête et ferme la bouche pour déglutir en faisant remonter et descendre sa pomme d'Adam. Il soupire ensuite et se retourne vers moi pour enfouir son visage contre la chaleur de mon torse. Je passe doucement mon bras autours de lui et le retiens pour qu'il garde son équilibre.
Je sens sous mes doigts saillir ses os et j'ai de nouveau cette fichue boule qui m'oppresse la gorge.
Si l'attaque se déroule comme prévue et que je me retrouve en face de ce Mac Finley, je crois que je vais devenir fou. Je n'ai jamais éprouvé une telle haine envers quelqu'un, mais là, elle se trouve tout en haut de l'échelle de mon niveau de tolérance. Je n'ai pas juste envie de le tuer, je veux le faire souffrir tout doucement, juste pour qu'il comprenne son erreur de s'être attaquer à notre famille.
Instinctivement je resserre la pression de ma main sur son épaule. Il soupire et commence à relever la tête doucement, les cheveux en bataille devant les yeux.
Merde, je l'ai réveillé.
- Hey. Lui dis-je en chuchotant. Bien dormi ?
Je le vois regarder autour de lui surpris et un peu perdu. Il se passe une main sur son visage pour chasser le sommeil qui l'a engourdi et me regarde avec ses grands yeux clairs. Je n'y vois plus cette frayeur à la limite de la folie qui lui faisait briller si singulièrement les yeux. Ils sont maintenant plus transparents et plus lumineux.
-J'ne sais pas pourquoi j'suis là… Répond-il troublé. La chambre me paraissait trop grande… j'avais l'impression d'être suspendu dans le vide… j'suis désolé.
Sam ferme de nouveau les yeux et se passe une main derrière sa nuque puis commence à entortiller ses cheveux entre ses doigts.
- T'as pas à être désolé Sammy !
Le silence s'installe de nouveau quelques minutes permettant à mon frère de reprendre le contrôle de ses émotions. Il respire par à-coups et ses narines frémissent à chaque inspiration.
Je le regarde se débattre tout seul avec ses démons intérieurs et de tenter d'apprivoiser sa peur, alors qu'un sentiment d'impuissance me ronge les tripes.
- Tu n'as plus rien à craindre, tu sais… je ne laisserai plus personne te faire du mal.
- Je sais, mais…
Il ne termine pas sa phrase. Mais j'imagine un peu ce qu'il peut ressentir, il s'est retrouvé dans une solitude quasi-totale et dans le noir absolu pour être ensuite le jouet de ses tortionnaires. Comment peut-il faire encore confiance en quelqu'un ? Comment peut-il aller bien ?
- Tu n'es plus tout seul !
- Je sais, aussi…
- Nous allons traverser ça ensemble Sammy. Lui dis-je avec conviction. Tu vas aller mieux, je te le promets !
- Je vais aller mieux. Répète-t-il, alors que je sais parfaitement qu'il me ment pour me rassurer.
J'accepte pourtant son mensonge afin de pouvoir le soutenir à mon tour, d'être le pilier sur lequel il va pouvoir se tenir et se relever. Il est hors de question que je le laisse aller à la dérive. Parce que je sais qu'il est fort et qu'il a une volonté farouche de vivre.
Je demeure toujours à son écoute mais il reste maintenant silencieux, trop fatigué pour parler encore.
C'est à mon tour d'écouter le silence.
En fermant les yeux, j'entends mieux les bruits sourds et inaudibles que font papa et Bobby au rez-de-chaussée. J'entends une porte qui claque et le grincement aigu d'un meuble qui est poussé sur le sol, puis le fracas d'un objet qui tombe sur le sol. J'entends ensuite des voix étouffées et d'autres coups irréguliers contre le mur.
J'ouvre les yeux immédiatement et me redresse en saisissant le Revolver que j'ai glissé dans mon dos.
Sam suis mon mouvement et me regarde le visage rongé par l'inquiétude. Il a entendu lui aussi les bruits de lutte qui se déroulent sous nos pieds.
- Reste-là Sam ! Lui dis-je en me relevant.
- Non ! Souffle-t-il pris soudain de panique en m'agrippant un bout de ma chemise… Noooon…
Je le vois qui s'agite et qui commence à regarder partout dans la pièce sans rien voir en particulier, déchiré par une soudaine bouffée d'angoisse qu'il a du mal à maîtriser.
- Sammy, tu dois te calmer tout de suite !
Je ne parle pas fort mais utilise le même ton que papa lorsqu'il me donne un ordre.
Les sons qui nous parviennent m'indiquent que le problème n'est toujours pas réglé. Et quand je dis problème c'est un euphémisme.
Mon frère avale sa salive avec difficulté et cherche à calmer ses tremblements.
Il parvient enfin à fixer ses yeux alarmés dans les miens et s'y accroche désespérément.
- C'est okay… Dean… c'est okay !
Je le regarde à mon tour et le redresse bien droit pour l'avoir juste en face de moi.
- Parfait Sammy…. écoute moi… on ne sait pas ce qui se passe en bas… mais tu te doutes que ça va être un gros tas de merde à gérer alors…
Je lui tends mon arme.
- Prends mon Revolver et je veux que tu restes ici…
- Non Dean ! Conteste-t-il encore une fois en secouant la tête négativement. J'ne peux pas rester tout seul… Tu… tu m'as dit que tu ne me quitterais plus jamais !
Je suis pris à mon propre piège et refoule mon inquiétude à son sujet.
- D'accord, mais tu restes toujours derrière moi et tu ne me quittes sous aucun prétexte !
Sam acquiesce rapidement plusieurs fois de la tête et ressert l'arme entre ses deux mains.
Silencieusement nous sortons de la penderie et nous dirigeons vers mon sac où j'y ai laissé mon fusil à canon scié.
Lorsque je l'ai en ma possession je me sens enfin moins nu. Je bourre mes poches de cartouches de chevrotine et attrape tout de même mon petit calibre 45 que je glisse dans ma ceinture.
J'arrête tout mouvement lorsque j'entends la troisième marche de l'escalier grincer et remercie Bobby de ne l'avoir jamais réparée. Je fais un signe à Sam et nous nous dissimulons derrière la porte de notre chambre. Le craquement se répète deux fois et je me dis qu'il y a une personne de trop pour que se soit Bobby et mon père.
Doucement, je charge mon arme et enlève la sécurité silencieusement.
Sam s'adosse contre le mur à mes côtés et retient sa respiration.
La poignée de porte bouge et tourne puis s'ouvre lentement laissant entrer deux hommes l'arme au poing.
Des chasseurs… Putain de merde !
J'attends qu'ils s'avancent plus au centre de la pièce et pointe mon arme sur eux. Lorsque l'un deux se retourne pour se retrouver face à nous je lui tire dessus sans sommation entre les deux yeux. Sam décharge son arme également sur le deuxième homme qui, touché à la jambe, recule en claudiquant rapidement dans le couloir.
Le chasseur qui n'était pas entré, court alerter ses compagnons. Nous en profitons pour sortir également et mon deuxième coup de feu achève l'homme que Sam avait touché.
Je réenclenche mon fusil et dirige le bout de mon canon en bas de l'escalier.
Tout est devenu silencieux et je me demande ce qui est arrivé à papa et Bobby.
J'espère juste que ces connards ne les ont pas tués.
Je me penche rapidement pour avoir un meilleur point de vue mais une détonation éclate à quelques centimètres de mon épaule.
Je recule aussi sec et jette un rapide coup d'œil à Sam qui reste collé à mes basques silencieusement.
Je le regarde et il comprend très bien la folie que je m'apprête à faire. Il pose un instant sa main sur mon épaule et me regarde intensément. J'y lis toute ses craintes et son affection.
Je lui souris bravache et lui montre son arme.
- Tu arrêtes de tirer une fois que je suis arrivé en bas.
- Okay. Me répond-il tout simplement.
Je me jette alors comme un fou dans l'escalier alors que Sam descend de deux marches, s'accroupit et tire directement en direction du salon sur les chasseurs.
Je l'imite également et vide mon arme sur un type qui se précipite vers moi une arme blanche à la main.
Les coups de feu retentissent partout dans la maison de Bobby et la rampe d'escalier éclate à chaque impact de balles qui me poursuit à chaque fois de quelques millimètres.
Je vois deux autres hommes détaler dans la cuisine tandis qu'un autre me vise avec un drôle d'appareil.
Sam continue de tirer lui aussi mais n'arrive pas à me rejoindre alors que j'ai pu trouver refuge provisoirement derrière la porte des toilettes.
C'est à mon tour de tirer sans interruption sur les chasseurs pour permettre à Sam de descendre et me rejoindre. Je sors de ma cachette et réussit à en blesser un autre qui s'écroule lourdement sur le sol avant de reprendre ma position.
Je me saisis ensuite de mon calibre 45 et abandonne mon fusil qui n'a plus de munition pour réapparaitre encore et décharger mon arme sur mes adversaires. Je vois alors le chasseur avec son arme bizarre me viser et tirer.
C'est lorsque je reçois une forte décharge électrique de plusieurs dizaines de milliers de volts que je comprends trop tard de quelle arme il s'agit. Je suis complètement paralysé par le choc et tombe à la renverse sur le sol en me contractant de partout tellement la douleur est atroce.
J'entends à peine Sam hurler mon nom alors que je continue d'être électrocuté par le taser et que je tente difficilement de reprendre ma respiration.
Plusieurs coups de feu éclatent encore et je remercie Sam lorsqu'il réussit à blesser l'homme qui me maintenait à sa merci par deux câbles électriques.
La douleur disparaît lorsque je vois le taser tomber sur le sol.
Cependant ma joie et de courte durée quand j'aperçois un autre chasseur de grande taille s'approcher de moi victorieux et m'envoyer un puissant coup de crosse sur le côté de mon crâne.
Le choc me rend momentanément sourd…
Puis tout devient noir… et je perds connaissance.
A suivre…
…
Et oui, je vous laisse encore avec un suspens à la fin du chapitre ! Ah que je suis cruelle…
J'espère que vous aimez toujours cette histoire.
Merci également pour tous vos messages et mp, j'adore connaître vos réactions !
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine à quelques jours près…
Elisab
