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Chapitre 8

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_ Kakashi san, ...est-ce que vous avez déjà pleuré dans les bras de quelqu'un ?

Cette simple question mit l'homme aux cheveux argentés face à son éternelle solitude.

_ Pas que je me souvienne.

A y repenser, même après la mort de son père, celle d'Obito, de Minato et de tous les autres, Kakashi kun n'avait pas cherché le moindre réconfort.

_ Je trouve ça triste.

_ Je n'ai pas besoin de votre pitié.

_ Ce n'est pas de la pitié, c'est de la compassion. La différence est peut-être trop subtile pour un homme de terrain, mais ce sont deux choses bien différentes.

Kakashi ne trouva rien à répondre, alors un des anges qui veillait ce soir passa entre eux, ne dérangeant qu'un peu de vapeur sur son chemin.

_ Oubliez ça. Dit-il en se levant, près à rejoindre les vestiaires pour penser à autre chose et continuer d'avancer, comme il le faisait toujours. La chaleur a dû me monter à la tê...

Mais une main saisit son poignet, l'obligea à se retourner, et sans qu'il ne se rende compte de quoi que ce soit, le haut du corps d'Iruka se colla au sien.

Deux bras se refermèrent sur lui, un à hauteur du cou, l'autre par-dessus son épaule, et ce qui ressembla à s'y méprendre à une étreinte, prit vie.

Il fallut quelques secondes au copieur pour comprendre la situation.

_ Sensei, je... c'est sympa, mais là maintenant, je n'ai pas envie de pleurer.

_ Rien ne vous y oblige.

Kakashi ne sentait pas la différence de température entre sa peau, l'eau, le corps d'Iruka et l'air environnant, mais un courant froid passa quand même entre ses omoplates pour descendre rapidement jusqu'à son échine.

_ ...Je peux ?

_ Je vous en prie.

Il passa ses bras autour de la taille de son cadet et l'enserra peu à peu, laissant ses mains glisser sur sa peau humide.

Pourquoi ne pas en profiter après tout ? Pourquoi ne pas lui aussi, se laisser aller, juste une fois, juste un peu, entre les bras juste-ce-qu'il-faut de réconfortant d'Iruka sensei ?

Kakashi gérait sa solitude le plus naturellement du monde. Il n'avait connu que ça. Quand son père était en vie, il était déjà seul, quand il a intégré une équipe, il s'est retrouvé seul, quand on lui en a confié une... ainsi de suite. Mais c'est seulement maintenant qu'il parvint à mettre des mots sur le manque ressenti au fond de son ventre depuis toujours.

_ Vous avez le droit de vous laisser un peu aller vous savez, Kakashi san, ça restera entre nous. Rassura le brun en souriant doucement, sentant les muscles de son sempai encore tendus.

_ Vous ne craignez pas que je profite de la situation ?

_ Vous ne le ferez pas.

Tandis qu'Iruka resserra son étreinte pour l'obliger à capituler, et se laisser enfin aller dans les bras de quelqu'un (même si ce quelqu'un faisait une demi-tête de moins), le copieur se pencha suffisamment pour prendre ses aises dans le creux du cou offert à lui.

Ses bras semblèrent se détendre, et le reste de ses muscles suivirent le mouvement. Le brun apprécia la confiance qui lui fut accordée, à des années lumières des ressentiments de ces dernières années, puisque Kakashi n'était en réalité qu'un grand enfant en manque d'affection, un chaton mal sevré, un épouvantail sans moineaux, ...un sensei sans élève.

_ ...On doit avoir l'air ridicule. Fit remarquer le moins habitué des deux aux démonstrations d'affection.

_ Qu'est-ce que ça peut faire ?

Kakashi se redressa, obligeant Iruka à le suivre sur la pointe des pieds, les bras pris autour de ses épaules, tandis que l'orée de l'eau se trouva à l'émergence de ses fesses, la serviette gorgée d'eau reposant bien bas sur ses hanches, le saisissant à bras le corps, les mains accrochées aux flancs opposés.

_ Rhmm... Kakashi san, je crois que ça ira comme ça...

_ Laissez-moi profiter de mon premier câlin comme je l'entends.

Le professeur n'aurait rien eu contre, si leurs corps avaient été habillés. ...Quoique... leurs parties intimes eurent beau être couvertes, elles n'en restèrent pas moins très proches, trop proches... l'une contre l'autre.

_ Sensei, avouez que vous en avez envie vous aussi.

_ Je- je crois que vous confondez sympathie et attirance.

Et comment ça « vous aussi » ? Tiqua Iruka, un peu tard pour le relever.

_ Je suis un homme de terrain, la différence est trop subtile pour moi. Rappela Kakashi contre l'oreille de son subalterne, tout en déplaçant ses mains, pour accompagner la descente d'un corps contre le sien.

Une fois encore, le copieur avait détourné les mots de son cadet pour son propre intérêt, ce qui ne sembla pas plaire à ce dernier.

_ Un câlin doit être partagé sans arrière-pensée douteuse, et si vous cherchez encore à me faire réagir, sachez que je ne suis pas aussi prude que j'en ai l'air.

_ Sauf que là, maintenant, c'est votre corps que j'ai envie de faire réagir, pas votre pudeur. ...Avouez que ce serait quand même dommage de ne pas profiter du cadre, et de notre nouvelle promiscuité.

_ Je pensais naïvement que l'on venait d'enterrer la hache de guerre. Répondit le professeur en essayant de se dégager.

Mais sans avoir l'air de forcer, Kakashi le maintint contre lui.

Un peu fâché, le nez et les sourcils du professeur froncèrent ensemble, lui donnant un air plus sévère.

_ Vous êtes irrécupérable !

_ J'essaye juste d'être courtois. Vous m'avez offert une étreinte, je vous rembourse en nature.

_ Et vous avez une logique qui n'appartient qu'à vous.

Il dû prendre appuis sur le torse de son sempai pour s'éloigner de lui, mais en se cambrant ainsi, Iruka ne parvint qu'à rapprocher leurs serviettes l'une de l'autre. Les mains du juunin ayant migré vers le bas, une dans le creux de ses reins, l'autre sur ses fesses parfaitement galbées.

_ Je suis sûr que vous n'avez jamais...

_ Ca suffit ! Coupa Iruka, rouge de gêne. ...Vous- vous vous trompez sur mon compte, je ne suis pas...

_ Autant pour moi.

_ Vous aussi vous êtes bourré de préjugés me concernant. Grimaça le jeune professeur en cherchant encore une issue de secours.

_ Tant mieux.

Plus Kakashi se penchait sur son cadet, plus celui-ci se cambrait. La pointe d'un nez à quelques centimètres à peine de son sternum, le tissus éponge touchant sa peau, mais au lieu de se rapprocher davantage, il relâcha toute pression d'un coup et Iruka perdit l'équilibre, tombant en arrière, s'immergeant complètement.

Quand il réapparu, il passa ses deux mains sur son visage pour en chasser l'eau, et remettre en arrière quelques mèches de cheveux.

Chose curieuse, son élastique disparu dans la chute.

_ Mince, ou est... ?

Il ouvrit les yeux et se rendit compte que Kakashi s'était avancé entre ses jambes écartées. Les fesses d'Iruka désormais en appui sur le banc destiné à la détente des occupants du bain. Il était à la merci du Juunin.

Juunin qui tenait ledit élastique entre ses doigts, juste devant son visage.

_ Rendez-le moi !

_ Il n'y a que ça qui vous manque ?

Iruka comprit que sa serviette n'était plus autour de ses hanches, mais sur le bord du bassin, saturée d'eau, à côté de celle de l'homme qui se rapprochait progressivement.

_ Vous vous êtes trompé sur un point, sensei.

L'enseignant déglutit difficilement.

_ Le...lequel ? Balbutia Iruka, les joues rouges et la respiration perturbée.

_ Je suis bel et bien attiré par vous.

_ Mais vous...

_ Oh, et il m'arrive de temps en temps d'être hétéro. Cru-t-il bon de préciser. ...Mais si j'avais su que...

Il suspendit sa phrase le temps de tracer du bout du doigt, une ligne depuis le creux du cou d'Iruka jusqu'à son épaule, puis descendre le long de son bras.

_ ...Que vous étiez désirable à ce point, je m'y serais pris beaucoup plus tôt.

_ « Plus tôt » ? « Plus tôt » pour quoi ? Répéta bêtement le brun qui ne fut plus à même de réfléchir correctement.

_ Pour tenter de vous séduire. Expliqua alors calmement le ninja copieur, prenant ses aises entre les cuisses du sensei.

Iruka sursauta.

_ Arrêtez Kakashi san ! Vous n'êtes pas drôle... j'ai juste voulu être sympa, et vous profitez de la situation !

_ Détendez-vous, tout ce que je veux c'est un autre câlin. Je crois que j'ai compris le truc.

Iruka essaya de se dégager vers le haut, mais sortir ainsi risquait de l'exposer plus que nécessaire devant les yeux du pervers.

_ Les enfants risquent de...

_ Ils comprendront que vous ayez besoin de relâcher un peu la pression. Vous paraissez toujours si tendu. Dit-il en avançant ses hanches, juste assez pour passer ses genoux sous les cuisses du professeur, et le soulever un peu sans que leurs intimités ne se touchent pour autant.

Iruka n'était pas une pucelle effarouchée, mais il en tenait parfaitement le rôle, alors Kakashi s'appliqua à susciter de l'envie.

_ Vous abusez de votre supériorité hiérarchique et physique !

_ Je ne vous retiens pas, vous êtes libre de faire comme bon vous semble. Et l'Hokage a été très clair : tant qu'il ne s'agit pas d'un problème de sécurité, c'est vous le patron.

_ Je... je ne suis pas intéressé !

_ Même pour l'expérience ?

_ Même !

_ ...Dommage, vous auriez matière à discuter avec Naruto. C'est toujours mieux de connaitre son sujet.

Se rendant compte de sa faiblesse sous les caresses de plus en plus insistantes sur ses côtes, ses flancs et ses épaules, Iruka sembla céder.

_ Ka... Kakashi san, je...

Des doigts aventureux glissèrent de son ventre à ses cuisses sans jamais le toucher vraiment, et ça lui fit un certain effet... .

La tête tournée sur le côté, les yeux clos, les joues trahissant l'excitation, et son souffle de plus en plus haché, poussèrent au supplice celui qui avait envie d'en goûter davantage. Le copieur profita donc de la confusion pour, de sa main libre, se défaire de son masque improvisé.

Puisque ledit masque était indissociable du ninja copieur, Iruka fut surpris de sentir des lèvres nues contre son torse.

_ Gardez les yeux fermés si vous voulez, sensei.

D'une part, ça arrangeait l'argenté, puisque mal à l'aise de montrer son visage, et d'une autre, Iruka fut incapable de mieux à l'heure actuelle.

_ ...Ne...

Les lèvres de Kakashi remontèrent jusqu'à la base de son cou, le long de celui-ci, s'entrouvrant légèrement, laissant échapper la pointe d'une langue qui finit par disparaitre quand sa bouche se saisit du menton tendu vers le ciel, comme pour lui échapper... Et bien sûr, ses mains ne prestèrent pas inactives.

_ ...Ne faites pas ça... . Murmura à peine Iruka, avant que ses lèvres ne soient saisies.

L'homme penché au-dessus de lui, glissa une main derrière sa nuque, jusqu'à passer les doigts dans ses cheveux lâches et mouillés, sa langue quémandant l'entrée qu'on lui refusa.

De ses doigts libres, il passa sur un des boutons de chair brune. Iruka sursauta alors, chercha de l'air en hauteur mais n'en trouva pas (puisque chargé d'humidité), et sa bouche fut prise d'assaut. Il sentit Kakashi progresser encore entre ses cuisses, s'aidant de la masse de l'eau pour le soulever chaque fois plus.

Essayant toujours de se soustraire, dans le brouillard complet qu'était devenu son cerveau, une décharge électrique saisit le chuunin.

Leurs sexes venaient de se frôler, et pour sûr, tous deux étaient bien éveillés.

Conforté, le ninja copieur sourit contre les lèvres du professeur. Il en voulait davantage, alors, pour plus de précaution, il prit la lavette humide qui reposait sur le bord du bassin, et l'appliqua sur les yeux de son prisonnier, allant jusque sur le haut de son crâne pour ne pas que celle-ci tombe trop facilement.

_ Qu'est ce... Kakashi san, je vous en prie ...cessez !

_ Pas maintenant que je sais que vous en avez envie.

_ ...C'est faux ! C'est involontaire et je...

_ Sensei...

Ce dernier se tut, toujours aussi craintif.

_ Laissez-moi vous toucher, je n'attendrais rien en retour. ...Histoire de retirer ce balai coincé entre vos fesses, et apaiser ma faim. Du sexe pour du sexe. Précisa-t-il.

Le jeune homme était perdu ainsi plongé dans l'obscurité, oppressé par la chaleur et des sentiments contradictoires.

_ Je... je ne sais pas faire ça... . Précisa Iruka, au bord de l'évanouissement.

Il devait se reprendre ! Il porta alors sa main au tissu éponge qui couvrait ses yeux, prêt à s'en défaire, quand Kakashi avança encore ses hanches vers lui, mais cette fois, beaucoup moins subtilement, coinçant leurs deux érections l'une contre l'autre, posant ses lèvres sur celles du sensei, les bras autour de son corps, puis, dans un même élan, il mima quelques mouvements de bassins.

_ Laissez-moi vous apprendre... . Résonna la voix rauque et gourmande du plus âgé contre une oreille, elle aussi rougie par l'émotion.

Les doigts d'Iruka se crispèrent sur la lavette toujours en place, comme s'il cherchait à cacher ses yeux une seconde fois, rouge de honte et de... soyons honnête, d'un désir aussi soudain qu'inavouable.

La langue de son rival s'insinua cette fois sans mal dans sa bouche, et il lui retourna son baiser.

Confiant, Kakashi laissa son corps déborder de bonnes intentions. Il redressa le chuunin contre lui, plaqua son torse au sien, resserra sa prise autour de ses hanches, et, bouches entrouvertes, ils se donnèrent la réplique tant attendue quand...

_ ...Ronchon saaan ? ...Vous faites quoi à Iruka sensei ?

Le cœur d'Iruka s'arrêta net, et celui de Kakashi comprit très vite que ça allait sérieusement chauffer pour son matricule.

Le gamin qui se tenait dans l'encadrement de la porte, son doudou, et le bas de son pyjama traînant au sol, se frotta un œil endormi en baillant de tout son petit être.

_ Heu... je... il est resté trop longtemps dans l'eau. ...Heureusement que je suis arrivé à temps ! Enchaîna Kakashi, fier de sa trouvaille de dernière seconde.

Une main hargneuse lui renvoya son masque improvisé à la figue. Visiblement très fâché, Iruka s'adressa à son tour au garçon sans pour autant se retourner complètement.

_ Que se passe-t-il, Kito kun ?

_ ...Y a plus de papier dans les toilettes, et j'ai très envie.

_ Tu as regardé dans le meuble ?

_ Ah non, j'y ai pas pensé !

Sitôt, le gamin s'en retourna vers les lieux d'aisance, et l'aîné su que c'était la fin d'un petit intermède qui avait pourtant bien commencé.

_ Vous paierez pour ça, Kakashi san. Dit un Iruka dont l'aplomb fut revenu illico.

_ ...C'est quand vous voulez. Répondit le tortionnaire, d'une manière plus que suggestive.

N'ayant plus rien à faire d'être vu nu, l'enseignant s'extirpa de ses bras, s'habilla à la va-vite, et se rua dans la bâtisse pour coincer son élève à la sortie des toilettes pour s'assurer qu'il ne s'était pas fait de fausses idées malgré le mensonge éhonté.

Kakashi resta donc seul dans l'eau du bain, seul avec une érection douloureuse qu'il ne se priva pas de satisfaire. Le départ étant prévu pour le lendemain matin, personne ne risquait de venir se baigner, alors pourquoi se priver ? D'autant qu'il lui suffisait de revoir mentalement son subordonné soumis à ses caresses et baisers, pour le faire venir...

Encore une fois, Iruka s'était couché fâché. ...enfin, surtout très perturbé.

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