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Chapitre 10
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Le groupe profita de la lueur du feu de camp pour jouer ensemble. Devinettes, énigmes, mimes, histoires à faire suivre au voisin de droite, chacun inventant une phrase pour mener à bien (ou à mal, tout dépendait des enfants), la légende du cavalier sans jambes. Œuvre originale rebaptisée ainsi en cours de route par les jeunes de Konoha, ces derniers ayant trouvé plus pratique de garder sa tête. Pour ce qui est du reste, le chevalier était devenu ninja. Et ce simple détail expliqua toutes les incohérences de l'histoire...
Iruka s'amusa franchement, enfin, c'est l'impression qu'il donna. La vérité, c'est que le jeune professeur était tourmenté comme rarement ce fut le cas.
« ...J'ai cédé. ...J'ai beau retourner ça dans tous les sens, si Kito kun n'était pas intervenu... j'aurais... avec un homme... », « ...Avec Kakashi san » cru-t-il bon de préciser à son inconscient, pour alourdir l'effet.
« Pourquoi ça me rend aussi nerveux ? »
Il ne trouva pas de réponse puisque son attention fut attirée par Pakkun qui, assit entre Moegi et Konohamaru, mis un point d'honneur à poursuivre l'histoire en POV cheval.
« Je n'ai rien à me reprocher ! Ce pervers a les mains habiles et... et douces... beaucoup trop douces ! Donc ce n'est techniquement pas de ma faute si... . », « Son sharingan n'était caché que par ses cheveux, il a dû me piéger, je ne vois pas d'autre explication ! »
« Oh, et à cause de lui, je suis bon pour donner un cours d'éducation sexuelle aux enfants dès qu'on sera de retour à l'académie. ...Je m'en serais bien passé. D'autant qu'ils ont l'air d'en savoir déjà pas mal sur la question. »
Après cette dernière pensée, il étudia le visage des petits démons assis en arc de cercle.
La jeunesse était-elle si précoce de nos jours ? ...Ou comme l'avait déjà souligné le ninja copieur, Iruka était passé à côté de toutes sortes d'expériences à vivre durant son adolescence ?
Il avait bien eu une petite amie fut un temps, mais un jour, cette dernière a avoué avoir fauté avec un de leurs camarades. En bon prince, il s'était éclipsé et s'était presque excusé de ne pas avoir su l'intéresser davantage.
« Pathétique... » Reprit-il, en son for intérieur.
Souhaiter le bonheur des autres le rendait heureux, mais à quel prix ?
Ce soir, ce fut une question de survie, alors il accorda aux élèves le droit de dormir groupés, à la belle étoile et autour du feu. Vu de loin, le groupe ressemblait à une galette humaine et canine, une dans laquelle il put se fondre et se protéger des attaques extérieures.
Tous fatigués, repus et enchevêtrés les uns avec les autres, le sourire aux lèvres, des rêves plein la tête... en meute.
Iruka fit le vide dans son esprit, il ferma les yeux et écouta la respiration régulière et apaisante des enfants, le bruit du bois qui craque sous le poids des flammes, le feuillage caressé par le vent... .
Seul deux shinobi étaient restés en retrait. Assis à l'opposé du camp, Kakashi et Pakkun partagèrent un silence confortable, comme deux vieux potes qui n'ont plus rien à se dire, et qui s'en foutent. De toute manière, l'invocateur était occupé à ruminer.
« Si le gamin ne s'était pas pointé, je n'en aurais fait qu'une bouchée », se dit-il, avant de réaliser qu'il prenait certainement ses rêves pour la réalité.
Il soupira.
« Il a la peau douce, ...beaucoup trop douce ! Ce n'est donc pas entièrement de ma faute si je me suis laissé emporter ».
« Si un jour Naruto l'apprend, je vais me faire passer le savon du siècle » « Non, Iruka sensei est beaucoup trop intelligent pour raconter à qui que ce soit, ce qu'il s'est passé entre nous hier soir » « ...Mais moi, je pourrais lancer la rumeur... ? » Songea-t-il alors, intéressé.
« Baka ! Tu veux qu'il te déteste plus encore ? »
Iruka avait attendu autant que possible, espérant voir le ninja se coucher et s'endormir, mais l'urgence l'obligea à se lever pour rejoindre les bois et soulager sa vessie.
_ Qu'est-ce que t'attends pour aller le rejoindre ?
_ ...De quoi tu parles ?
_ Te fiches pas d'moi, Kakashi. ...Je sais que tu en crèves d'envie. T'as les phéromones au plafond, ça empeste d'ici et ça me soulève le cœur. Dit le chien en levant une pâte à son estomac, l'air franchement dégoûté.
Kakashi ne quitta pas des yeux, les arbres sombres qui avaient vu le brun disparaître en grattant sa cicatrice.
_ ...J'ai déjà tout tenté, et ça n'a pas été très malin de ma part.
_ Pourquoi j'ai choisi de rejoindre un imbécile pareil ? Se lamenta l'animal. Tu crois que ça court les rues les bonnes invocations ? Non mec, j'avais l'embarra du choix, et j'ai quand même décidé de bosser avec toi. …Pourquoi à ton avis ?
_ ...
_ Parce que tu as su être convainquant. Répondit Pakkun. ...En plus, je sais qu'il t'intéresse depuis un bail.
Kakashi tiqua, et reporta son regard sur son fidèle compagnon.
_ Quand tu as disparu y a cinq ans, j'ai suivi ton odeur jusque dans son jardin, j'ai même dû pisser sur le cerisier pour que le clan Inuzuka ne se doute de rien. ...Et ce n'est pas arrivé qu'une fois.
Décidé à suivre les sages conseils du quadrupède, le ninja copieur se leva.
_ Fais quand même gaffe Kakashi. Ce genre d'animal a tendance à se sentir traqué par les prédateurs de ton espèce.
_ Garde un œil sur les gosses.
_ ...Si y'en a un qui bouge, je mords. Conclut Pakkun avec la pause du mec cool de Gai sensei, et le sourire lubrique d'Anko chan. …Ah ! Si tu croise la petite Pénélope…
_ Si tu t'approches de la chienne du gamin, je te balance à ta femme.
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Au détour d'un bosquet...
_ Iruka sensei ?
D'un geste rapide, ce dernier remonta sa braguette et ferma son pantalon.
_ Qu'est-ce que vous faites ici ? Un de nous doit rester avec les enfants.
_ Ils sont entre de bonnes ...dents ? Tenta-t-il, incertain. Il fallait que je vous parle avant qu'on ne rentre au village. Je ne veux pas qu'il y ait de malaise entre nous.
Le brun se retourna enfin et haussa les épaules.
_ Il n'y a aucun malaise. Je ne veux plus rien avoir à faire avec vous, point final.
_ Et on fait quoi pour Naruto ? Une garde partagée ? Ironisa mollement le ninja, se rappelant qu'en quelque sorte, les deux hommes faisaient office de parents de substitution au jeune blond. On va devoir établir un calendrier pour les anniversaires et autres fêtes.
_ ...Vous n'avez répondu présent à aucune invitation pour ses anniversaires passés. Cru bon de rappeler Iruka.
Décidé à rejoindre le camp, il contourna le juunin pour le laisser culpabiliser, mais en digne hériter de l'enseignement du quatrième Hokage, Kakashi coinça le professeur contre l'arbre le plus proche à la vitesse de l'éclair, leurs visages distants d'à peine quelques centimètres.
_ ...Vous savez ce qui me plaît chez vous, sensei ?
Iruka se contenta de froncer encore des sourcils.
_ ...Vous êtes le seul qui ose me parler sur ce ton, sans craindre pour sa vie.
Quelque chose dans la voix de Kakashi trahit une réelle admiration.
Kakashi qui le dominait encore, mais pas comme la veille, non, cette fois il n'était pas joueur. Son sérieux fit même froid dans le dos au professeur, et son sharingan était pourtant couvert...
_ J'aime votre franchise.
Il se rapprocha suffisamment pour que son subalterne recule, et vienne heurter l'écorce derrière lui.
_ ...Et j'aime le goût de vos lèvres.
Le cœur d'Iruka s'emballa davantage.
_ J'aime aussi le bruit de vos baisers. Dit la voix tentatrice, au contenu inapproprié.
_ Taisez-vous !
_ ...Ca me donne envie de vous mordre. Poursuivit le copieur, sans se douter que quelques leçons ne seraient pas superflues pour trouver des réparties plus adéquates à la situation (ou arrêter de trainer avec ses amis canins les jours de congés).
Peu importe, il disait ce qu'il avait sur le cœur, sans barrière ni entrave.
_ J-je... . Balbutia le jeune brun, qui ne sut quoi répondre à cette idée saugrenue.
« Me mordre ? »
Kakashi amena une main gantée à hauteur de son masque, et, bien qu'incapable d'articuler deux mots, le chuunin compris que ce dernier ne resterait pas longtemps en place.
Iruka ne devait pas fermer les yeux, sinon ce serait la porte ouverte à tout et n'importe quoi. Avec un peu de chance, l'argenté n'irait pas jusqu'à montrer sciemment son visage. Alors de toute sa force, il ne lâcha pas l'œil perpétuellement fatigué de son supérieur.
_ Si on reprenait, là où on s'était arrêté ? Proposa le supérieur en question, tout en abaissant le tissu noir qui le recouvrait depuis toujours.
Une manière pour lui de prouver son sérieux et sa confiance.
« Ne pas regarder son visage. ...Ne pas regarder son nez. ...Ne pas regarder ses lèvres... » « ...Merde, il m'a vu faire ! » Kakashi vit surtout le jeune professeur retenir son souffle durant sa contemplation.
Le Juunin sourit. Le poisson était ferré. Mais pour qu'Iruka cesse maintenant de le détailler, il s'approcha et parla tout contre son oreille.
_ Nous avons accumulé beaucoup de rancœur l'un envers l'autre ces dernières années, sensei. Mais aujourd'hui, je veux entendre autre chose que tu mépris dans votre voix.
Il entreprit de déshabiller sa proie, ouvrant juste la veste du professeur dans un premier temps. Trop captivé par ce visage qu'il n'imaginait pas si beau, Iruka se laissa faire, jusqu'à sentir le tissu épais quitter ses épaules sans rien y pouvoir.
_ Je veux que vous m'aimiez. Moi et seulement moi. Et pas seulement pour un soir.
Kakashi avait prévenu, il voulait ses lèvres, il voulait les mordre, ce dont il ne se priva pas. Il relâcha la lèvre inférieure gorgée de sang, l'embrassa doucement, comme pour se faire pardonner, puis usa de caresses pour l'obliger à céder de nouveau sous ses baisers, tout en passant ses mains sous le tee-shirt noir qui couvrait l'objet de ses désirs.
Iruka se sentit faible et impuissant. La bouche de Kakashi était tendre, sa langue était humide... humide comme le bruit qui s'échappa d'eux et les enivra dans cette intimité irréelle, une à laquelle aucun des deux n'était coutumier, rendant l'échange encore plus électrique.
Non, ce n'était pas l'affaire d'une nuit, ni même d'un séjour dépaysant sortit des habitudes du village et des missions. C'était plus que ça. ...Il voulait un droit d'accès illimité aux bras du sensei, sa nouvelle drogue. Il voulait se confronter à lui, du petit déjeuner jusqu'au coucher, qu'on lui dise ses quatre vérités sans ciller, et pourquoi pas, essayer de se laisser apprivoiser, comme un gamin, ...comme le brave chien qu'il pensait être.
Le tee-shirt fut rapidement ôté par les mains habiles et furtives du génie, sans que l'enseignant se s'aperçoive de grand-chose, trop absorbé par la langue étrangère qui visita sa bouche, qui toucha la sienne... qui se retrouvèrent...
Iruka pria pour que Kakashi n'arrête pas ses baisers. S'il lui avait demandé son avis ou son autorisation pour aller plus loin, la bienséance aurait voulu qu'il le remette à sa place, qu'il tente de le repousser, mais là, maintenant, il n'en eu plus aucune envie.
Lesdits baisers migrèrent vers son cou, puis sur le haut de son torse, tandis que le Juunin déboutonnait le pantalon de mission d'Iruka d'un geste sec, le faisant hoqueter de surprise.
Le professeur accepta l'idée de se laisser dominer, et se laissa entraîner, puis allongé sur l'herbe grasse rafraîchie par la nuit.
Le shinobi au-dessus de lui l'embrassa encore, toucha tous les points sensibles connus et répertoriés la vielle du bout des doigts, se glissa entre ses jambes et redescendit, cette fois sans détour, vers l'érection qu'il souhaita à tout prix satisfaire.
Un sourire discret sur les lèvres il se remémora les ordres du jeune homme, plus tôt dans la matinée, ...« Vous prenez la queue, je prends la tête ».
Iruka ouvrit grand les yeux, mais fut bien incapable de distinguer quoi que ce soit. Le feuillage et les branches tournèrent autour de lui. Il voulut crier, mais les sons restèrent dans sa gorge, conscient de n'être qu'à quelques dizaines de mètres du camp.
Il souhaita l'arrêter, lui dire que c'était inapproprié, sale et déplacé, mais... si bon... Ses sentiments contradictoires se ressentirent jusque dans la poigne exercée sur les cheveux de Kakashi.
Il signa là sa défaite.
Encouragé, le Juunin ne se priva pas. Il s'attarda sur le bout rosé, joua avec sa chair, avec ses nerfs aussi..., le reprit en bouche pour obtenir tout de lui. Tout, jusqu'à...
_ Kakaahsh... saân... . Gémit le brun, aussi bas que possible (et toujours aussi poli). ...Je... Arrêtez, je...
Le message était passé, mais au lieu de s'écarter, Kakashi insista, accéléra son mouvement, et resserra ses lèvres.
N'y tenant plus, les hanches d'Iruka se levèrent d'elles même par quelques soubresauts. Il lâcha alors enfin prise, et inonda la cavité qui le reçu en grande pompe.
A bout de souffle, des étoiles plein la tête, et osant à peine ouvrir les yeux, l'homme étendu rougit de plus belle quand son complice lécha son doigt, après s'être essuyer le coin des lèvres avec.
_ Ka... Kakashi san... . Chuchota le professeur, encore sous le choc des sensations.
Le juunin remonta à hauteur du visage rouge de confusion, et l'embrassa de nouveau, mêlant leurs respirations, salives et autres sécrétions. Il était doux, tendre et pourtant fiévreux de désir.
Iruka sentit le sexe de son tortionnaire, bien qu'encore emprisonnée dans son boxer, le pantalon à peine ouvert, frotter doucement contre sa hanche, sans chercher à aller plus loin.
_ Vous n'êtes pas près. Chuchotta le copieur contre sa peau, ayant compris ses inquiétudes.
Iruka ne put nier cette vérité, et sembla soulagé.
L'épouvantail serra le fruit de son investissement à long terme tout contre lui.
_ Je vous veux comme jamais je n'ai eu envie de qui que ce soit, sensei, mais si ce soir je continu sur ma lancée, je risque fort de vous blesser.
Il posa son front contre le front du chuunin mais la plaque froide qui protégeait son œil fragile ramena à la réalité celui qui sentit venir un nouveau baiser. Iruka tourna la tête subitement, gêné d'une telle promiscuité. Kakashi embrassa sa tempe et murmura encore plus bas...
_ Et pour votre première fois, je préconise l'utilisation de lubrifiant, en quantité très abondante.
_ Hein ? Non mais je... . Il est hors de question que vous... . Se plaignit le brun, essayant de faire reculer le copieur, les mains posées sur ses épaules.
D'un geste rapide il parvint à se lever, attrapa son tee-shirt et le passa par-dessus sa tête.
_ ...Vous voulez que je vous dise comment je vois les choses, une fois rentrés à Konoha ? Reprit Kakashi.
_ Sûrement pas !
Le ton eu le mérite de faire retomber la tension dans le caleçon de l'insatisfait. Mais il était hors de question de se quitter ainsi. Le risque de rejet était encore trop présent.
Il s'approcha, espérant qu'une fois la distance réduite, Iruka serait plus à même d'écouter ses propres envies inavouables, et peut-être même, accepter le fait d'avoir pris du plaisir.
_ ...Laissez-moi. Supplia la voix pleine d'émotion du brun, pas certain de ce qui venait de se passer en lui.
...Entre eux ?
_ C'était pour... pour l'expérience ! J'ai cédé à la curiosité, et vous avez eu tout le loisir de m'humilier, alors maintenant, laissez-moi. ...S'il vous plaît.
La lune jouait à cache-cache depuis des heures, mais elle fut contrainte de laisser définitivement sa place à un nuage si épais qu'on ne la devinait plus au travers du feuillage. Saisit de compassion, mais surtout par la crainte d'être rejeté s'il se montrait trop pressant, Kakashi s'apprêta à exhausser son subordonné pour mettre fin à son supplice.
Iruka tremblotait encore de tout son être, dos à son sempai, les poings serrés le long du corps. Il avait besoin d'être seul avant de retourner vers les enfants où il se sentirait en sécurité. Il voulait aussi un pot entier de glace au chocolat et d'une couverture épaisse sous laquelle se cacher, alors sentir le ninja copieur se redresser et prendre une grande inspiration n'augura rien de rassurant.
_ Sensei, j'aime autant vous prévenir tout de suite : je vais vous traquer comme Naruto poursuit Sakuse. ...Comme lui, je vous forcerais à m'aimer, et si ça m'oblige à me rendre ridicule ou à me battre, alors soit. Je ne cesserais jamais d'y croire, jusqu'au jour où vous m'ouvrirez enfin les bras, et je finirais par obtenir ce que je veux, parce que je n'abandonnerai pas.
Un petit sourire triste et nostalgique échappa à Iruka.
_ Ca résonne comme la voix de Naruto.
Kakashi mit les mains dans ses poches
_ Laissons le petit vivre sa vie. ...Nous serons là pour l'épauler les jours où ce sera trop douloureux, et nous serons derrière lui quand il sera nommé Hokage, comme deux vieux sages vers qui il pourra se tourner.
_ ...C'est comme ça que vous voyez l'avenir ?
_ Pas vous ?
Iruka préféra ne rien répondre.
Le ninja copieur soupira, fit un pas pour rejoindre chiens et enfants tendrement endormis, mais marqua un nouvel arrêt.
_ Nous ferions mieux d'y aller, sinon je risque de regretter le sursis que je viens d'accorder à votre superbe paire de fesses.
Rougissant de plus bel, le chuunin se raidit par instinct de survie.
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