Bonjour tout le monde et voici le nouveau chapitre !
Bonne fête Mélodie !! (En retard, mais mon amour est quand même présent lol !)
Chapitre 43
Blaise ne se rappelait pas un jour où il avait eu aussi mal à la tête… Il… allait se marier dans deux semaines. Il ignora résolument le frémissement qui lui traversa le corps. Il allait se marier dans deux semaines à Théodore Nott… un homme dont il se fichait éperdument et qui se fichait, tout aussi éperdument, de lui. Une personne qui n'essaierait pas de le contrôler… de lui faire ressentir des choses qu'il ne voulait, en aucun cas, ressentir. Il n'éprouvait pas une immense joie… il n'éprouvait pas une cuisante tristesse… il n'éprouvait rien. Et c'est comme ça qu'il aimait sa vie. Pas d'émotion extrême. Pas de douleur extrême. Juste prendre les choses comme elles venaient… Il allait bientôt quitter ce manoir… il allait quitter Drago… son cœur se serra alors douloureusement. Non. Il ne quitterait pas Drago. Il le verrait juste moins souvent. C'était un processus normal dans la vie. Les gens changeaient. Les choses changeaient. Tout le monde partait… pour n'importe quelle raison… ils partaient et ne revenaient jamais. Même s'ils ne voulaient pas partir. Cela ne servait à rien de s'accrocher comme une sangsue. Il ouvrit alors lentement la porte de sa chambre. Il se sentait épuisé. Il n'avait qu'une envie… dormir durant au moins 10 ans… Il allait se marier… il allait devenir enceint… il allait enfanter… et cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Il se détesta aussitôt lorsqu'il sursauta violemment en voyant Weasley faisant les 100 pas dans sa chambre. Non. Il ne venait pas de sursauter. Il se fichait éperdument que Weasley se trouve dans sa chambre. Ses longues jambes marchant nerveusement… sa large main passant à répétition dans ses cheveux d'ordinaire lisses. Est-ce qu'il rêvait ou venait-il vraiment d'entendre Weasley pousser un grognement sauvage ? Il haussa nonchalamment les épaules. Cela n'avait aucune importance. Il se racla alors bruyamment la gorge, et les yeux mordorés de Weasley se posèrent, sans ménagement, sur lui. Il ignora du mieux qu'il put le frisson qui lui parcourut le corps et se força à afficher un air ennuyé.
-Tu es dans ma chambre. Fit-il remarquer froidement.
Il ne s'attendait nullement à ce que Weasley se retrouve devant lui en deux mouvements, se saisissent de ses bras et le plaque sur le mur. Ses yeux verts limes devinrent ronds comme des soucoupes en voyant la fureur presque palpable de Weasley. Pourquoi… pourquoi était-il tellement en colère ? Il se secoua vigoureusement la tête. Il se fichait bien que le roux soit en colère. Ses yeux redevinrent normaux et lorsque les mains du rouquin se serrèrent plus fermement autour de ses bras, il ne grimaça même pas sous la douleur.
-Qu'est-ce que tu as fait avec lui ?! Cracha violemment Weasley.
Blaise… n'était pas sur de comprendre la question. Pourquoi est-ce que Weasley lui demandait ça ? Cette question ne faisait pas le moindre sens ! De toute façon Weasley ne faisait jamais le moindre sens. Le mulâtre fut tenté, pendant quelques secondes, de ne pas répondre. Mais, Weasley semblait si… dangereux… non… mieux valait répondre et en finir avec cette discussion insipide.
-Nous sommes allés déjeuner et nous avons discutés.
Le roux plongea alors ses yeux dans les siens, lui donnant l'étrange impression qu'il fouillait son âme pour s'assurer qu'il disait la vérité. Sa réponse sembla le satisfaire puisqu'il laissa échapper un léger soupir avant de le relâcher. Puis, à sa surprise, le roux commença à rire doucement.
-Nous sommes que tu n'as rien fait avec lui. Déclara-t-il. Tu es une Altesse Royale. Qu'est-ce que je suis bête ! Pour le prince et la princesse il faut attendre la nuit nuptiale !
Blaise se détesta de nouveau pour la boule qui se forma dans sa gorge. Nuit… nuptiale… bien évidemment qu'il aurait une nuit nuptiale avec Nott. Ils allaient se marier. Dans deux semaines… dans deux minuscules semaines il ne serait plus Blaise Zabini mais bien Blaise Nott. Cela ne changeait rien. Ce n'était qu'un nom. Il n'était pas Drago. Ces détails insignifiants de sa vie ne le concernaient pas du tout. Et Weasley qui continuait à rire en se traitant d'imbécile.
-Allez Altesse, ne fais pas la tête ! S'exclama-t-il. Je disais juste ça…
-Je vais me marier dans deux semaines. L'interrompit Blaise.
Il se sentit lui-même sursauter. Pourquoi disait-il cela à Weasley ? Cela ne le regardait absolument pas. Il aurait du le dire à Drago ou à son oncle et sa tante ! Pourquoi l'avait-il dit à Weasley ? Il… il devenait vraiment fou… Il n'y comprenait plus rien. Etait-il complètement stupide ? Oui… il était devenu stupide depuis qu'il avait rencontré Weasley… soudain, la main du roux s'abattit sur le mur, juste à coté de sa tête. Bien malgré lui, il sursauta brusquement. Et… s'il avait cru que Weasley était en colère avant… ses yeux mordorés semblaient vouloir le déchiqueter… l'étrangler…
-Qu'est-ce que tu viens de dire ? Siffla-t-il glacialement.
Blaise n'avait jamais entendu Weasley avoir un ton pareil… comme si de la glace s'était formé dans sa gorge… pourtant, le roux semblait fait de feu… pas de glace… et ce ton lui donnait tellement mal au cœur.
-J'ai dit « Je vais me marier dans deux semaines ».
-Il n'est pas attiré par toi. Répliqua Weasley. Il est hétéro.
-Je le sais.
Bien évidemment qu'il le savait. Et bien évidemment qu'il s'en fichait comme de sa première couche culotte. Le fait que Nott allait le tromper avec des hommes ou des femmes ne lui faisait rien du tout. De toute façon, la vie sexuelle de Nott ne le concernait en rien. L'autre main de Weasley se fracassa alors sur le mur, le faisant détourner les yeux de ce regard brulant et colérique.
-Tu le sais et cela ne te fait rien ? Susurra Weasley.
-Cela n'a rien à voir avec moi.
Qu'est-ce que Nott faisait de son temps libre ne le regardait en rien. Pourquoi est-ce que Weasley était aussi en colère ? Pourquoi lui posait-il autant de question ? Pourquoi ne le laissait-il pas, tout simplement, tranquille ! Il ne voulait pas de ses émotions ! Il voulait la paix, le calme et la sérénité ! Merlin, il avait travaillé si dure pour cette maudite sérénité ! Ne méritait-il pas un minimum de paix intérieur !? Il remarqua soudainement que son corps tremblait légèrement et se força à respirer calmement. Non. Il n'était pas agité. Il se fichait bien que Weasley soit en colère. Cela ne le concernait en rien. Il entendit alors un rire rauque s'échapper de la bouche du roux et releva brusquement la tête. Le ricanement de Weasley se transforma alors en un espèce de fou rire sans aucune trace d'humour. Et, aussi rapidement qu'il avait commencé à rire, il s'arrêta.
-Cela n'a rien à voir avec toi ? Répéta-t-il calmement.
Blaise n'avait jamais été aussi conscient qu'il était en danger. En danger de quoi ? En danger comment ? Il l'ignorait. Mais, il connaissait suffisamment bien l'expression « le calme avant la tempête » pour reconnaitre tous les symptômes en face de lui. Brusquement, la main de Weasley se saisit de son menton et l'obligea à relever la tête vers lui.
-Il ne te désirera jamais. Fit-il remarquer.
-Cela ne me regarde pas.
-Il n'éprouvera jamais rien pour toi.
-Cela ne me regarde pas.
-Il ne t'aimera jamais.
Les sourcils de Blaise se froncèrent alors. Amour ?
-Je n'ai pas besoin de son amour. Rétorqua-t-il nonchalamment.
-Tu as besoin de l'amour de qui alors si ce n'est pas celui de l'homme avec qui tu comptes faire le reste de ta maudite vie de merde !?
Le cœur de Blaise battait si vite qu'il n'arrivait presque pas à respirer. Il avait beau se répéter encore et encore qu'il n'avait pas peur et que même si Weasley décidait de lui arracher la tête, cela ne le regardait en rien. Ce n'était pas comme s'il pouvait faire quelque chose contre ça. Il n'y avait aucun intérêt à se rebeller… à s'énerver… à pleurer… alors pourquoi tremblait-il de cette manière !? Pourquoi respirait-il de cette manière !? Il ferma alors les yeux. Il ne voulait pas voir Weasley. Il ne voulait pas voir Weasley.
-Ouvre tes yeux ou je te jure devant Merlin que je t'étripe !
Non, il n'ouvrirait pas les yeux. Il était hors de question qu'il ouvre les yeux. Cela ne servait à rien. Cela ne servait à rien. Son corps tremblait tellement… ses dents claquaient… cela ne servait à rien de pleurer, de s'énerver, d'espérer parce que la vie n'était pas belle. Et les gens partaient… oh oui ils partaient tous !
-Tu penses que tu vas trouver le bonheur dans une relation comme ça !? Avec un enfoiré qui ne te mérite pas ! Qui se fiche éperdument de qui tu es et de ce que tu ressens ! C'est ça que tu veux !?
Blaise s'obligea alors à ouvrir les yeux. Il était ridicule. Il n'avait pas peur de Weasley. Même si son cœur battait à la chamade. Même si son corps tremblait. Il n'avait pas peur de Weasley ! Cela ne servait à rien d'avoir peur. Qu'est-ce que la peur changeait ? Est-ce que cela changeait le fait que la douleur viendrait ? Est-ce que cela rendait la douleur plus supportable ? Moins cruelle ? Non, cela ne changeait absolument rien.
-Je ne veux rien. Souffla Blaise. Je ne veux rien.
-Menteur ! Siffla le roux.
Non, il ne mentait pas bon sang ! Désirer ne servait à rien ! Merlin ! Pleurer, hurler, s'indigner contre le monde entier, haïr, mourir, vivre, tout ne servait à rien. Il était vivant parce qu'il était vivant. Il mourrait parce qu'il mourrait. Rien ne se décidait. Tout venait, partait sans que l'on ne donne son accord. Les gens nous quittaient, même s'ils ne le voulaient pas. Ils partaient. Et peu importe qu'est-ce que l'on pouvait bien faire… peu importe que l'on pleure ou que l'on se fâche… ils étaient quand même parti. A jamais. Ils disparaissaient et personne n'avait le droit de donner son opinion. Cela arrivait parce que cela arrivait. Il n'y avait rien à faire.
-Je ne veux rien ! Hurla le mulâtre. Tout cela ne sert à rien ! Rien ne va jamais changer ! Est-ce que tu m'entends ! Rien ne va jamais changer ! Ils ne reviendront jamais ! Les vœux, les prières toutes ces conneries ne vont rien changer ! Il faut juste accepter ! Alors, je vais accepter et tu vas me laisser tranquille ! Est-ce que tu m'entends ! Laisse-moi tran…
Et les lèvres brulantes de Weasley se posèrent sur les siennes, l'empêchant de finir sa phrase.
A suivre…
