Auteur : Hikari Yumeko

Source : Hetalia

Rating : K

Personnages : Arthur/Angleterre

Disclaimer : les personnages appartient à Hidekaz Himaruya

Notes : Texte rédigé dans le cadre de la 34eme nuit du FoF. Pour plus de précisions, envoyez-moi un MP.

Thème : Grenier (THE thème pour Hetalia, je n'avais l'embarras du choix pour les personnages mais j'avais vraiment envie d'écrire sur Arthur)


Arthur pénétra dans son grenier, nostalgique. Tant de souvenirs des siècles passés, tant de reliques de sa grandeur d'antant, de ses plus grandes victoires, mais aussi de ses plus grandes défaites, rassemblés dans une seule pièce !

A chaque fois qu'il gravissait l'escalier, poussait la lourde porte de chêne et entrait dans la pièce poussiéreuse, les souvenirs l'assaillaient en vagues déferlantes, le plongeant des décennies voire des siècles en arrière. Revenir ici lui causait autant de joies que de peine.

Son grenier occupait l'entièreté du dernier étage de sa maison et, malgré que sa demeure soit spacieuse, était encombré de tout un fouillis d'objets et de meubles de différentes époques. Sa vieille armure toute cabossée par les batailles de la guerre de cent ans côtoyait de vieilles bibliothèques remplies de grimoires de magie celtique poussiéreux qu'il n'utilisait plus depuis des lustres et que, par manque de place, sa cave ne pouvait plus contenir.

Il caressa distraitement un vieux fusil, tressaillant lorsqu'il se revit sous la pluie, menaçant Alfred qui, les yeux brillant de défi, le menton haut d'arrogance malgré qu'il soit vautré à terre, dans la boue, le canon de sa baïonnette de l'anglais posé sur sa gorge. Arthur avait su qu'il ne pourrait pas le tuer, il le chérissait bien trop pour cela, Alfred, quoiqu'il arrive, quel que soit les différents les opposants, resterait toujours son adorable petit-frère, l'empêchant d'appuyer sur la détente. A ce moment, l'américain avait déjà gagné…

Il sourit nostalgiquement devant une peinture représentant l'Unicorn, son magnifique navire, la terreur des sept mers. Devant la vision de ses voiles immaculées tendues par la brise marine, de sa coque de bois blond dorée par le soleil, le fer de ses canons étincelant et son pavillon noir battant fièrement au vent, un violent saisir de sillonner les océans, de piller les galions espagnols et français croisant sa route, de rechercher des trésors oubliés de tous sur des iles inconnues et d'aller tout dilapider au premier port le saisit. Il avait aimé cette période de sa vie plus que toutes les autres, faire main basse sur l'or ennemi et capturer ce stupid frog qui le narguait pour le marquer comme sien dans sa cabine avait été deux de ses plus grandes joies. Si seulement il pouvait revenir rien qu'une heure, rien qu'une minute à cette époque bénie…

Son regard fut attiré par un éclat un éclat doré provenant de la vieille armoire dans laquelle il conservait précieusement plusieurs de ses anciens vêtements : sa vieille cape verte forêt et la tunique blanche qu'il avait portées toute son enfance, plusieurs de ses bliauds et de ses surcots de sa période médiévale, quelques uns des élégants costumes et haut-de-forme qu'il avait porté dans les soirées mondaines du siècle derniers,…

Il sourit nostalgiquement devant un manteau de velours rouge râpé par le passage du temps et les traces des combats qu'il avait traversés accompagné d'une chemise blanche à jabot, d'un foulard de la même couleur retenu par un rubis de la taille d'un œuf de caille, d'un pantalon noir toute simple et, posé au fond du vieux meuble, d'une paire de bottes de cuir brun surmontée d'un vieux tricorne garni d'extravagantes plumes d'autruche.

Sa tenue de corsaire…

Envahis par la nostalgie de cette époque bien-aimée, si chère à son cœur, il revêtit les vieux habits et se dévisagea longuement dans un miroir sur pied placé non loin de la garde-robe. Au contact du coton et du velours sur sa peau, du chapeau sur sa tête, de sa rapière et de ses pistolets légèrement rouillés qui pendaient à ses côtés, il crut à nouveau entendre le bruit des épées qui s'entrecroisaient entrecoupées par les jurons de ses hommes, du vent qui sifflait à ses oreilles et des boulets de canons détruisant le navire ennemi. Il se souvenait du gout salé de la brise marine sur sa langue, du contact rassurant du gouvernail entre ses mains et de la sensation de liberté qu'il éprouvait alors.

Avec des gestes précautionneux et un soupir de regret, il enleva les habits et les replaça soigneusement dans l'armoire.

Il jeta un dernier coup d'œil autours de lui à tous ces objets témoins de son histoire, de ce qu'il avait été, de son essence-même, puis ressorti, verrouillant la porte derrière lui.

Enfermant ses souvenirs pour de nouvelles décennies