Bonjour tout le monde et voici le nouveau chapitre !
Chapitre 50
Drago ne s'était jamais vraiment senti de cette manière. Blaise… avait parfaitement raison. Il ne comprenait absolument rien de la vie… de la souffrance… ses poings se crispèrent sur sa poitrine et il se mordit férocement les lèvres. Il ne comprenait rien aux sentiments de Rogue… lorsque celui-ci lui parlait d'haine éternelle… d'esclavagisme… il n'y comprenait rien… et lorsque Blaise parlait qu'il se fichait éperdument d'aimer Weasley… qu'il se marierait peu importe les conséquences… il ne comprenait pas ce qui pouvait bien motivé à une telle action… Blaise avait perdu ses parents… Rogue avait souffert, même s'il ignorait les causes exactes de cette souffrance… et Potter aussi avait perdu ses parents… Potter avait tué l'assassin de ses parents…Il avait tellement souffert… tellement perdu… et lui ne pouvait que penser à ses propres problèmes. S'il était une bonne personne, au vu des souffrances de Potter, il aurait accepté de l'épouser. Mais, Merlin tout puissant il ne pouvait pas ! Non seulement parce que l'idée que ses parents décident pour lui l'horripilaient à un tel point qu'il avait envie de vomir… mais aussi parce que Potter ne voulait pas l'épouser pour lui. Il n'était qu'un symbole… un objet pour repayer la dette qu'il avait envers ses parents. Il ne voulait pas être un objet. Il refusait que quiconque décide de sa voie…. De sa destinée… il était plus que ça. Il avait toujours été plus que ça. D'accord, il n'avait pas autant souffert que Blaise, Rogue et Potter… Il avait toujours été gâté pourri…il n'avait jamais eu le moindre problème dans sa vie… et pourtant, son cœur lui faisait tellement mal… il avait si mal… il n'était pas sensé se sentir comme ça… Mais… le regard de Potter lorsqu'il l'avait ignoré pour partir se réfugier dans les bras de Rogue… son sourire… son rire… ses lèvres sur les siennes… ses cris… son arrogance… son sens… il avait tellement mal au cœur… comme si quelqu'un s'amusait à lui broyer la poitrine… Il n'avait jamais souffert… Blaise avait raison. Mais, Merlin il y avait-il une position pire que celle de regarder les gens qu'il aimait souffrir… Son regard s'attarda sur Blaise qui avait la tête entre les mains et qui semblait si minuscule… si fragile… son cousin souffrait… son cousin ne voulait pas aimer… pire… il ne voulait pas accepter l'amour que les gens lui portaient…
-Je t'aime Blaise… Murmura doucement Drago.
Le corps du mulâtre se figea brusquement et le blond était même convaincu que celui-ci avait arrêté de respirer. Les secondes et pourtant, les lèvres de Blaise restèrent scellées. Avait-il jamais dit à Blaise qu'il l'aimait? L'avait-il dit à ses parents? Non… bien sur que non… c'était d'une telle évidence qu'il les aimait. Était-ce si évident? Est-ce que ses sentiments étaient si évidents? Il aimait Blaise comme il aimait ses parents… et même Rogue… et Potter… ses poings se crispèrent un peu plus sur son chandail. Il n'aimait pas Potter comme il aimait Blaise et ses parents… ce n'était pas la même chose… c'était même complètement différent mais, en même temps… si semblable… il ne voulait pas faire souffrir Potter. Mais, avait-il le choix? Non, il ne l'avait pas.
-Ce sera votre souhait contre son souhait… et si vous n'êtes pas prêt à tout perdre pour avoir ce que vous voulez… laissez tomber, immédiatement.
Son souhait à lui… le souhait de Potter… Il ne pouvait pas l'épouser. Pas comme ça… il ne pouvait pas accepter d'être une dette à payer… un objet de gratitude pour ses défunts parents… Il valait plus que ça. Il n'avait pas été élevé comme ça… Il ne voulait pas être malheureux. N'avait-il pas le droit d'aspirer au bonheur? Même un tout petit peu? Il avait le droit au bonheur. Depuis qu'il était tout petit… il avait su qu'il avait droit au bonheur… et pourtant… tout changeait dans sa tête… et il avait presqu'envie de tout abandonner… pourquoi voulait-il donc tout abandonner… pour protéger Potter? Il avait mal à imaginer ce petit garçon devant le corps inerte de sa mère… et il avait mal en revoyant le regard glacé de Potter… ses sentiments pour Potter… ce n'était pas le même amour que Blaise et ses parents… non ce n'était pas la même chose du tout… trop intense…pas assez intense… trop fou… trop doux…
-Tu mourras aussi. Fit remarquer Blaise d'une voix glacée. Tout le monde meurt. Alors, ne me dis pas des choses comme ça.
Avait-il déjà fait attention au regard de Blaise lorsqu'il ne se cachait pas derrière l'ennuie? Il pouvait encore se souvenir de ce petit garçon qui hurlait qu'il voulait sa maman et son papa. Il pouvait se souvenir de ses pleurs aigus qui semblaient vouloir lui déchirer l'âme… et il pouvait se souvenir du brusque silence. Blaise avait soudainement cessé de pleurer, cessé d'hurler… et il n'avait plus jamais demandé pour ses parents. Il avait cru que c'était normal. Non, en fait il n'avait rien pensé du tout. Il avait tout simplement cru que Blaise n'était plus triste, que tout était fini… que son cousin l'avait accepté comme sa nouvelle famille… Il avait eu tord, pas vrai? Il n'avait rien compris.
-Je me rappelle de tes parents… Commença doucement Drago. Ta mère parlait tout le temps de toi.
-Ne me parles pas d'eux. Siffla Blaise.
-Dans ses yeux… tu étais un Dieu. Tu étais…
La claque qui s'abattit sur sa joue ne le surprit qu'à moitié. Il avait peut-être mal aimé Blaise. Il n'avait rien compris de sa souffrance qui se cachait à l'intérieur de lui. Et jamais, Blaise ne lui en avait parlé. Il avait voulu croire que tout allait bien. Mais, rien n'allait bien. Blaise n'allait pas bien. Il n'allait pas bien. Et il n'en pouvait plus… il n'en pouvait vraiment plus… ils avaient tous le droit au bonheur… lui… Blaise… Rogue… Potter…
-Je t'ai dit de ne pas me parler d'eux… Cracha son cousin. Je ne veux pas entendre leurs noms… je ne veux rien savoir.
-Pourquoi? Souffla le blond. Ils t'aimaient.
-M'aimaient?
Un rire douloureux s'échappa alors des lèvres de Blaise, déformant les traits de son visage. Était-ce ses traits que son cousin cachait depuis des années? Des traits figés entre la plus grosse des colères et la plus terrible des tristesses? Était-ce cela qu'il n'avait pas vu? Qu'il n'avait pas voulu voir?
-S'ils m'aimaient tant que ça… ils seraient là… devant moi…
-Ils n'ont pas fait exprès de mourir! Protesta Drago.
-La ferme! Ils ne sont plus là! Est-ce que tu m'entends?! Ils ne sont plus là! Ils ont… Ils ont!!
Soudain, Blaise sembla s'affaisser sur lui-même et commença à prendre de grandes respirations. Puis, il releva doucement la main la secouant devant lui.
-Désolé. Dit-il avec indifférence. Je suis vraiment fatigué Drago. Est-ce que tu voulais me parler de quelque chose en particulier?
Le visage de Blaise semblait si parfaitement lisse… comme si rien ne l'atteignait… comme si rien ne lui faisait mal. Mais, bon sang! Blaise avait été sur le point d'hurler!
-Blaise… je…
-Drago, sérieusement, je veux aller dormir.
Le blond hocha alors doucement la tête. Qu'était-il sensé faire? Qu'était-il sensé dire? Il n'avait jamais ressenti une telle impuissance de toute sa vie… Il n'y avait rien à dire… rien à faire… il ne pouvait que regarder Blaise reconstruire avec une facilité déconcertant tous les morceaux de sa carapace. Sans une autre parole, Drago se dirigea calmement vers la porte et posa la main sur la poignée.
-Je t'aime Blaise. murmura-t-il.
Que tu crois m'aimer ou non… la seule absolue vérité de cette pitoyable existence est que nous sommes seuls. Nous naissons seuls, nous vivons seuls et nous mourrons seuls. Quelle est donc l'utilité de l'amour?
-Drago hocha doucement la tête et partit.
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Blaise aurait voulu hurler. Il aurait voulu pouvoir fracasser quelque chose, n'importe quoi. Ce bouillonnement dans son être… cette haine qui semblait lui murmurer des mots tendres à l'oreille… mais, il ne voulait pas. Il ne voulait plus. Il ne pleurerait plus… il ne hurlerait plus… cela ne servait à rien, cela ne changeait rien… les évènements restaient les mêmes… la douleur de la trahison sur son cœur restait la même. Ils étaient morts. Ils étaient partis. Ils l'avaient abandonné ici. Et cela ne servait absolument rien de se mettre en colère. De détester, de haïr ou de maudire… parce que rien ne changeait… la seule personne qui souffrait était lui. C'était lui qui devait composer avec cette haine envahissante, c'était lui qui devait souffrir sous les assauts de la désillusion. Alors non, il refusait de devoir souffrir de nouveau. « La vie est une grande désillusion », comme le disait Oscar Wil dans le portrait de Dorian Gray. Oui, la vie était une grande désillusion. Et il la bénissait chaque jour sa désillusion. Les gens trouvaient l'enfance mignonne? Rigolote? Lui trouvait cette période pathétique. Oh oui… ces petits enfants qui ne s'attendaient pas à souffrir et qui hurlaient d'outrage lorsque la douleur de la vie venait s'abattre sur eux… qui pleuraient et pleuraient en hurlant que la vie était injuste. Et bien… il avait une nouvelle flash pour ces adorables bambins… les gens étaient mauvais et la vie était une garce. Ensuite, ces jeunes soient se suicidaient ou finissaient avec des prescriptions jusqu'à la fin de leurs jours… ou bien ils acceptaient la médiocrité de l'existence et acceptaient que tout le monde pouvait partir… tout le monde pouvait les trahir… que les promesses qui disaient des âneries telles que « pour toujours » n'étaient que des mensonges éhontés de personnes trop sottes pour réaliser que « pour toujours » se terminait très rapidement. Et Weasley voulait le sortir de cette vérité? Il ne le laisserait pas faire. Sans cette vérité, il était vulnérable aux idioties de l'enfance… la naïveté… ce magnifique synonyme de l'idiotie la plus pure… Il n'était plus naïf. Il ne croyait plus que tout le monde était gentil, beau et intelligent. Cela ne servait à rien de se battre pour ressentir des émotions qui n'emmèneraient que la souffrance et la haine… que l'horreur de la trahison… et Weasley voulait tout changer… il voulait l'obliger à accepter des choses qu'il ne voulait pas accepter… et Drago qui n'aidait pas avec ses maudits « je t'aime ». De quel droit osaient-ils lui faire ça? Lui ne se mêlait pas de leurs vies! Il voulait juste rester neutre… calme…
Il avait prit combien d'année pour retrouver son maudit équilibre? Enfin, il n'était plus en colère. Il n'était plus rien. Il était calme, serein. Il arrivait à manger, à parler. Il avait enfin l'air parfaitement normal. Et Weasley voulait le déposséder de cela?
Il ne le laisserait pas faire. Il n'était plus un enfant. Il savait ce qui était bon pour lui. Et ces émotions ridicules qui semblaient vouloir lui murmurer les mêmes promesses que dans ses souvenirs d'enfance lui donnaient envie de vomir. Il fallait qu'il trouve un moyen pour que Weasley disparaisse de sa vie. Peu importe qu'il l'aimait. L'amour n'avait pas d'importance. La haine n'avait pas d'importance. Il avait expérimenté les deux. Il savait à quel point les deux pouvaient être fatales… À quel point les deux pouvaient être cruels. Il voulait la paix. Et il l'obtiendrait.
A suivre…
