Bonjour tout le monde et voici le nouveau chapitre !

Chapitre 51

Harry ne s'attendait nullement à trouver Ron dans sa chambre, un sourire hésitant aux lèvres. Ron était son meilleur ami… oui, il était vraiment son meilleur ami… Mais, il n'avait aucune envie de lui parler pour le moment. Pas tant qu'il n'avait pas réussi à sa débarrasser de ce goût amer dans sa bouche. Ce goût qui était là depuis que son fiancé avait décidé de se réfugier dans les bras de Severus Rogue. Il n'arrivait pas à comprendre ce qu'il avait bien pu faire de mal. Il lui semblait pourtant que la journée était entrain de bien se passer. Ils s'étaient embrassés. Ils avaient rit ensemble… et il avait donné des cadeaux au blond… enfin, un cadeau puisque le chapeau se trouvait avec lui. Et son fiancé s'était empressé de partir en laissant la peluche qu'il lui avait donnée sur le sol. Pourquoi est-ce que ce geste lui donnait envie de s'asseoir sur son lit, la tête entre les mains ? Pourquoi avait-il cette horrible sensation au cœur ? Cela ne faisait plus le moindre sens. Il était sensé draguer Malfoy pour que celui-ci s'oppose un peu moins farouchement à leur union. Il n'était pas sensé avoir mal au cœur à n'en plus finir. Sa vie devenait vraiment un enfer. Pourquoi ses parents l'avaient-ils mis dans une telle situation ?

-J'aime Blaise Zabini. Déclara soudainement Ron.

Le brun se contenta de le fixer avec une indifférence feinte. Dans son cœur, une grimace amère déformait son visage. Il le savait. Comment aurait-il fait pour ne pas le savoir? Ron n'avait jamais été quelqu'un de subtil. Et le moment où il avait vu le mulâtre… Harry avait clairement pu voir le coup de foudre s'abattre sur lui avec la force d'un ouragan.

-Il est fiancé. Se contenta-t-il de dire.

Il vit son meilleur ami hocher positivement la tête et il s'assit à coté de lui. S'il devait entendre parler des histoires de cœur de Ron, il préférait être assis au lieu de laisser une chance à ses jambes de se dérober sous lui à cause de son inquiétude. Il n'avait aucune envie d'assister au spectacle de Ron ayant le cœur brisé. S'il avait su qu'une telle chose arriverait… jamais il n'aurait emmené son meilleur ami avec lui.

-Il m'aime aussi. Affirma Ron. Mais, il a peur. Il a vécu quelque chose Harry… quelque chose de terrible… quelque chose qui l'a complètement traumatisé. C'est pour ça qu'il accepte ce mariage débile. Mais, je ne le laisserais pas faire.

-Ne plonges pas trop dans cette histoire. Prévint le brun. Tu risques de le regretter.

-C'est trop tard.

Un soupir s'échappa alors des lèvres du brun. Trop tard, hein… ouais… il était toujours trop tard de toute façon. Ron avait plus qu'un coup de foudre maintenant. Il était amoureux. Fou amoureux. Et lui, où en était-il exactement? Il avait un fiancé qui ne voulait rien savoir de lui. Une promesse faite à sa mère alors que celle-ci venait de se sacrifier pour lui… sa mère… il pouvait revoir ses yeux verts émeraudes… sa bouche en sang… elle n'arrivait presque plus à parler… le sang coulait de partout… ses yeux se fermèrent péniblement et il déglutit avec peine. Il n'avait pas besoin de se souvenir de ça.

-J'ai besoin que tu me dises comment ça marche, Harry. Implora Ron. Le mariage chez les Veelas.

Le dominé peut dire non s'il le veut. C'est très mal vu par contre, mais il n'est pas obligé au mariage. Il doit seulement en parler à ses parents et en accepter les conséquences. Puisque Zabini ne vit pas avec ses parents… je suppose qu'il doit demander la permission aux parents de Malfoy.

-Ses parents…

Il vit les sourcils de Ron se froncer sous la concentration et Harry ne put qu'hausser les épaules. Peut-être que les parents de ce type étaient partis en voyage. Peut-être étaient-ils le genre de parents à refiler leurs enfants aux autres. Une petite voix désagréable lui fit la désagréable remarquer que peut-être les parents de Zabini étaient morts. Peut-être étaient-ils morts… il l'ignorait et cela ne le regardait en rien. Peut-être l'avait-il abandonné, et cela encore ne le regardait en rien. Tout ce qui comptait c'était Ron. Et ses sentiments pour Zabini. Des sentiments qui ne pouvaient que tourner à la catastrophe.

-Retourne au Japon, Ron. Je te rejoindrais dès que je serais marié. Tenta, sans conviction, Harry.

Il aimait peu de personnes dans sa vie. Probablement par sa propre faute. Il n'avait pas voulu s'attacher à qui que ce soit après la mort de ses parents… puis Sirius était venu… Sarah… Ron… Hermione… ces personnes étaient les seules qui comptaient pour lui. Et s'il pouvait les protéger… il le ferait… mais, comment protéger quelqu'un qui ne voulait pas être protégé?

-Je ne peux pas. Je l'aime. Je ne veux pas le voir comme ça.

Comme quoi?

-Avec ce masque sur son visage… ce masque qui cache qui il est vraiment… je veux qu'il sache qu'il existe quelqu'un qui voit à travers son masque… quelqu'un qui le voit lui pour ce qu'il est vraiment…

Harry eut brutalement l'image de Malfoy dans son esprit, hurlant qu'il le connaissait… lui disant des choses que personnes ne lui avaient dit… Malfoy le voyait lui… pourquoi est-ce que ce type le voyait aussi clairement? Il n'était pas supposé le voir comme ça. Il avait deviné lorsqu'il était en colère… pourquoi… ses poings se crispèrent sous la frustration. Il ne lui avait pas donné la permission de voir à l'intérieur de son âme! De quel droit osait-il! Et pourtant… sous la colère de cette intrusion… il pouvait le sentir… il aurait voulu être capable d'ignorer ce sentiment aussi fort… cette envie que Malfoy continue à le voir… qu'il ne se détourne jamais de lui… comme il venait de se détourner de lui. Merde…

-Je ne veux plus qu'il souffre… je ne veux plus qu'il se sente.

-En se mentant, il ne souffre plus. Fit remarquer Harry.

Ron secoua doucement la tête.

-Il fait semblant de ne plus souffrir. C'est un peu comme s'il avait mis un pansement sur une plaie… mais qu'il ne l'avait pas désinfecté… les gens penseront à cause du pansement qu'il se soigne… qu'il guérit… mais, en fait, ce n'est qu'un mensonge… parce qu'en dessous du pansement… la plaie continue à pourrir… et à le faire souffrir… Il faut que j'arrache ce pansement et que je mette de l'alcool dans la plaie. Pour qu'il puisse enfin guérir.

-Tu ne peux pas le sauver de lui-même. S'il ne veut pas être sauvé, tu ne réussiras pas.

-Il veut être sauvé. Il réagit avec moi, Harry. Je le vois dans ses yeux… s'il ne voulait pas être sauvé… je ne verrais rien… je ne sentirais rien… Mais mon cœur… Merlin, Harry mon cœur…

Un gros soupir s'échappa de la bouche de Ron avant qu'il ne laisse sa tête tombée entre ses mains. Vouloir être sauvé. Personne ne pouvait être sauvé s'il ne voulait pas être sauvé. Et personne ne pouvait réellement sauver une autre personne. La seule personne qui pouvait aider quelqu'un… s'était la personne en question. Il pouvait encore sentir l'odeur du sang dans ses narines… la main froide de sa mère dans sa propre main… du sang tellement de sang…et personne ne pouvait le sauver… tout le monde était mort…

-Fais ce que tu veux alors. Décréta Harry. Je serais là.

Un sourire heureux apparut sur le visage de son meilleur ami alors qu'il secouait avec enthousiasme la tête et se levait d'un bond.

-Merci. Tu es vraiment mon meilleur ami. Je te verrais demain.

Puis, sous un simple signe de main, Ron partit de la chambre. Harry ne put que rester silencieusement à regarder la porte. Ron courrait droit vers un mur. Et il était impossible pour lui de l'en empêcher. Ses ongles s'enfoncèrent dans sa peau alors que ses yeux le picotaient désagréablement. Super… vraiment super… Malfoy ne voulait pas de son cadeau et Ron décidait de conquérir un amour impossible. Il se leva alors d'un coup lui aussi. Il ne pouvait pas rester ainsi, les bras croisés. Il ne pouvait pas faire que Ron change d'idée. Il le connaissait. Lorsque le roux avait décidé quelque chose, il était presqu'impossible de le faire changer d'avis. Mais, il savait à qui parler pour arrêter cette tragédie.

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Blaise n'arrivait pas à dormir. Quelque chose voulait sortir de lui… bondir hors de sa peau… il avait des fourmis dans les jambes… voulait-il courir? Hurler? Que voulait-il donc exactement? Il se força à prendre une profonde inspiration… et à ne pas penser au regard de Drago. Son cousin était son cousin. Il le connaissait depuis si longtemps… mais, il savait à quoi ressemblait la vie. Contrairement au blond. Il savait comment la vie était dégoûtante et sale… que rien ne lui était du pour la simple et bonne raison que les gens étaient venus sur cette terre pour souffrir le martyr. Et lui n'avait nullement l'intention de souffrir de nouveau. Il avait déjà donné. Il sauta de son lit lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit brusquement. Il ignorait qui il s'attendait à voir… mais, ce n'était certainement pas le fiancé de Drago. Harry Potter avait l'air impressionnant. Ses yeux verts émeraude le fusillaient sans ménagement et avec une froideur qui l'aurait fait frissonner s'il en avait eu quelque chose à faire.

-Est-ce que je peux t'aider? Demanda-t-il apathiquement.

-Dis à Ron que tu ne l'aimes pas… en fait, dis lui que jamais tu ne pourras l'aimer et que tu veux qu'il s'en aille.

Blaise fut tellement prit au dépourvu que ses yeux devinrent ronds comme des soucoupes. Et Harry Potter qui continuait de le fixer avec une froideur presque polaire. Avant même qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, le brun l'interrompit en levant la main.

-Il s'est convaincu qu'il était amoureux de toi et que tu devais être sauvé de toi-même.

-Me sauvé?

-Oui. Heureusement que moi, contrairement à lui, je sais à quoi ressemble la vie. Si tu veux mourir dans un coin seul et misérable cela ne me regarde en rien, par contre n'emmène pas Ron avec toi.

Le mulâtre ne pouvait même pas se sentir offensé. En fait, il ne pouvait que fixer Harry, les yeux toujours aussi ronds. En voyant sa réaction, les yeux de Potter se durcirent, ce que Blaise aurait pensé que c'était impossible.

-Tu lui briseras le cœur s'il reste ici. Affirma le brun. Je sais le genre de personne que tu es.

-Et comment suis-je? Demanda, tout aussi froidement, Blaise.

Tu es le genre de personne qui aime bien s'enfoncer dans le drame de sa vie et qui ne fait absolument rien pour s'en sortir. Je n'ai jamais eu aucune pitié pour ce genre de personne.

-Je n'ai pas demandé ta pitié.

Blaise aurait tout donné pour pouvoir arracher très lentement les yeux si verts de Potter. Ses yeux si verts qui le fixaient avec un tel dédain… comment osait-il… il n'avait jamais demandé à Weasley de le sauver! Il n'était pas quelqu'un qui aimait s'apitoyer sur son sort! Comment osait-il! Il ravala sagement sa fureur.

-Bien, car je ne te l'offrirais. Je ne sais pas ce que tu as vécu, et je m'en fiche éperdument. Je me fiche aussi que tu passes chaque jour de ta vie à te dire « Bou hou hou, pauvre moi ». Mais, Ron mérite plus que de devoir passer sa vie à vivre dans un rêve.

-Je n'ai rien demandé du tout. Cracha Blaise.

-Alors, dis-lui que tu ne l'aimes pas. Dis-lui de partir au loin… que tu n'as pas besoin de lui.

-Qui te dit qu'il m'écoutera?

-Il le fera… Si tu le penses vraiment bien sur.

Cette phrase prit Blaise totalement au dépourvu. Et les yeux verts émeraude de Potter ne l'aidaient en rien. Merlin tout puissant…

A suivre…