Auteur : Yumeko Hikari
Source : Hetalia
Rating : K
Personnages : Antonio/Spain, mention d'Arthur/Angleterre
Disclaimer : Tous les personnages appartiennent au papa d'Hetalia
Notes : Texte rédigé dans le cadre des 35eme nuit du FoF. Pour plus de précisions adressez-moi un MP.
Thème : Fureur
- Capitaine Carriedo, navire à l'horizon !
L'espagnol lâcha la barre qu'il confia à son second et se saisit de sa longue vue, une vieille lunette en cuivre qu'il possédait depuis qu'il sillonnait les sept mers, et la pointa vers le lointain. Il mit plusieurs secondes avant de repérer le galion anglais aux voiles blanches. Au sommet se son mat, au-dessus de l'Union Jack claquant fièrement au vent, ses ignobles couleurs bleu, rouge et blanche se détachant sur le bleu du ciel, flottait un second entièrement noir, orné d'une crâne surmontant deux tibias entrecroisés.
Son sourire s'étira. Enfin… Après des semaines de traques, des dizaines de ports et de tavernes visitées, souvent en vain, afin de savoir où il se terrait, il l'avait déniché, perdu dans l'un des coins les plus reculés et inaccessibles de la mer de Chine…
- Hissez la grand voile et maintenez le cap vers le nord-ouest ! Je veux que d'ici midi nous l'ayons rattrapé. Nous allons faire payer à ces chiens de britanniques notre défaite cracha-t-il, les yeux brillants de rage.
Son équipage l'acclama en levant les poings serrés vers le ciel puis chacun retourna à son poste. Tous n'avaient qu'une seule envie, une seule pensée : la vengeance.
Antonio se retourna vers le lointain, les yeux fermement ancrés sur le léger point noir à l'horizon. Plus le navire ennemi grossissait, plus ses détails s'esquissaient, plus la rage enflait en lui. La fureur le consumait, brulant son estomac, raidissant ses muscles. Son sang bouillonnait, tout comme la colère qui l'emplissait.
Il allait lui faire payer au centuple la défaite de sa belle flotte, son Invincible Armada, décimée par les ravages d'une tempêtes et ce qu'il en restait pitoyablement vaincu par les britanniques lors de la bataille de Gravelines.
Ses mains se serrèrent sur le bastingage au souvenir de ses fiers navires aux les ponts briqués aux voiles blanches immaculés et dont les mats s'élançaient fièrement vers le ciel, à l'état dans lequel ils étaient revenus des mois plus tard, les voiles déchirées, la coque transpercée par les coups de canon, les mats brisés.
Depuis des mois, il ne rêvait plus que de ça, ne vivait presque plus que pour ça. C'était la vengeance qui l'animait, la fureur qui le dirigeait, la haine qui guidait chacun de ses pas. Son sourire joyeux s'était fané lorsqu'il avait ressenti jusqu'aux tréfonds de sa chair la mort de chacun des espagnols formant les équipages de l'armada et depuis n'avait plus refleuri. Tant qu'il ne les aurait pas vengé, tant qu'il n'aurait pas effacé cette cuisante défaite face à cet arriviste d'anglais qui osait se prétendre roi des sept mers alors qu'il ne faisait que jouer au pirate, il ne reviendrait pas.
Petit à petit, le bâtiment ennemi se rapprochait, trop vite pour que l'anglais n'ait pas réduit lui-même l'allure.
Ainsi, il voulait l'affronter… Qu'il vienne, on ne défiait pas impunément la nation espagnole. Qu'il ose se mesurer à lui, qu'il regrette amèrement chacun de ses actes, que la bile au gout âcre emplisse sa bouche insolente de son acidité.
Espagne le voulait à ses pies, genoux, ses habits déchirés, couvert bleu de coups et rouge de son sang, suppliant pour sa vie. Il voulait voir l'éclat émeraude s'éteindre dans ses yeux verts, le briser et qu'il ne se relève plus.
Les navires n'étaient plus qu'à quelques dizaines de mettre l'un des l'autre. Du pont supérieur, il pouvait voir l'anglais, vêtu d'un manteau bleu nuit aux rutilants boutons dorés au-dessus d'une chemise blanche et d'un pantalon noir. Et sur ses cheveux pâles un rutilant tricorne noir dont les longues plumes d'autruche se voyait de loin.
Il n'entendit pas les échanges de coups de canons entre les deux bâtiments, les planches des deux navires craquer sous l'impact, les cris des hommes de part et d'autre. Il ne sentit pas le goût horrible de la poudre sur son palais et dans ses narines. Il ne sentait pas ses mains se crisper davantage sur le bastingage jusqu'à en devenir rouges et douloureuse. Il ne voyait que la nation devant lui, son sourire ironique, ses yeux brillant de défi.
Avec un bruit sourd, les grappins se fixèrent sur le navire ennemi. Avec un cri de rage reflétant toute la fureur qui s'était accumulée en lui, il se lança à l'abordage en tête de ses homes.
