Bonjour tout le monde et voici le nouveau chapitre !
Chapitre 52
Blaise aurait préféré pouvoir s'endormir. Pouvoir oublier que son monde ne semblait plus faire le moindre sens depuis que Ronald Weasley avait décidé de débarquer dans sa vie avec ses stupides sermons et ses encore plus stupides tâches de rousseurs. Ce type n'avait rien pour lui. D'accord, il était grand, musclé et avait des yeux absolument magnifiques. Mais, son sourire était trop grand… sa bouche lui donnait des envies qu'il n'aurait jamais du avoir… et le fait qu'il arrivait à le transformer en un paquet de nerfs dès qu'il lui parlait lui donnait envie d'arracher la tête de quelqu'un. Et maintenant… comble de l'ironie… Harry Potter, le fiancé de son cousin, venait lui faire la morale avec ses yeux glacés et son air de bulldog enragé.
-Alors, le diras-tu? Demanda-t-il froidement.
Le mulâtre se contenta de lui jeter un regard noir avant de tourner la tête sur le côté, essayant visiblement de l'ignorer. Dire à Weasley qu'il ne l'aimait? Cela aurait du être un jeu d'enfant. L'amour n'était pas une priorité pour lui… et mentir ne le répugnait en aucune manière. Il ignorait la signification des sentiments qu'il avait pour le roux. Il pouvait seulement les qualifier d'inconfortables… déplaisants… délicieusement bons… Mais, cela n'avait pas la moindre importance parce que l'amour n'avait pas la moindre importance. Et maintenant ce type venait lui dire qu'il connaissait le genre de personne qu'il était? Lui aimait s'apitoyer sur son sort? Lui! Il s'obligea à serrer les dents pour ne rien dire. Potter ne méritait aucune explication. Il n'y avait aucun intérêt à se défendre. À lui dire qu'il se trompait complètement. Il se fichait éperdument de l'opinion de ce type. Tout ce qui comptait… il ferma douloureusement les yeux et le regretta aussitôt. Il ne se rappelait même plus qui lui avait annoncé la mort de ses parents. Il se rappelait juste de la douleur… oh oui de cette douleur si aigue qui lui avait transpercé l'âme… il avait refusé d'y croire… il n'arrivait même pas à le dire alors… ses parents étaient morts… ils ne reviendraient plus. Ses dents se serrèrent un peu plus et il ignora péniblement la petite voix dans sa tête qui semblait vouloir tomber dans l'hystérie. Des larmes… douloureuses… amères… il pouvait entendre ses sanglots… La ferme…
-Va-t-en. Ordonna-t-il.
Il vit le brun le dévisager de haut en bas.
-Non. Je te l'ai déjà dit.
Ses yeux se durcirent un peu plus alors que sa bouche se plissait en un pli dédaigneux.
-Je sais le genre de personne que tu es. Je paris que tu n'as même pas vraiment souffert.
Les yeux de Blaise devinrent alors ronds comme des soucoupes et avant même qu'il ne puisse donner un ordre concret à son cerveau, il se jeta sur le fiancé de Drago. Celui-ci se laissa tomber sur le sol et il abattit avec fureur son poing sur le visage ténébreux.
-Je n'ai pas souffert… Siffla-t-il avec hargne. Je n'ai pas souffert!
Ses poings ne cessaient de s'abattre sur le visage impassible du brun. Comme si aucun de ses coups ne lui infligeaient de la souffrance. Mais, Blaise ne le voyait même pas. Il aurait voulu le mordre… le déchiqueter. Il voulait tuer. Cette rage au fond de lui! Il ne pouvait même pas sentir la douleur de ses poings. Et, pour la première fois de sa vie, il laissa cette maudite petite voix au fond de lui parler. Il avait beau essayer de la retenir… de la faire taire… elle ne se taisait pas… elle hurlait… crachait… vociférait…
-Ils m'ont abandonné! Ils sont partis sans moi! Ils avaient dit qu'ils revenaient dans une heure! Ils m'ont mentis! Ils m'ont trahi! Je les déteste! Je les déteste!
Ce n'était pas sa voix. Sa voix avait mué depuis le temps. Non… cette voix était celle d'un enfant… d'un enfant tellement meurtrier… d'un enfant tellement meurtri… la rage le consumait. Il voulait détruire!
-Ils sont partis sans moi! Hurla-t-il de plus belle. Sans moi!
-Qui? Demanda calmement Potter.
-Eux! Mes parents!
-Où?
-En Enfer ou au Paradis! Je n'en n'ai rien à faire!
Pourquoi sa voix était-elle aussi aigue? Pourquoi pouvait-il sentir des larmes coulées sur ses joues. Il ne voulait pas ressentir bon sang! Il ne voulait pas haïr! Il avait trop hait! Il voulait oublier! Oublier cette haine. Oublier ce désespoir. Il savait déjà que la vie était une garce sans pitié. Que rien ne lui était du. Qu'il n'avait aucun pouvoir sur ce qui se passait. Et il l'acceptait. Merlin qu'il l'acceptait! Leurs corps dans ce cercueil… et ses gens qui disaient « Pauvre petit… il n'a pas mérité ça… » Qu'en savaient-ils de ce qu'il méritait? Se prenaient-ils pour Dieu pour savoir qui méritait quoi? Et après qu'ils aient finis de s'apitoyer sur son sort… que faisaient-ils hein!? Était-ce leur vie à eux qui était chamboulé? Non! Ils iraient manger au restaurant! Ils retourneraient à leur vie misérable en l'oubliant complètement! Alors comment osaient-ils dire « Pauvre petit garçon »! Tenaient-ils donc absolument à lui rappeler que lui avait perdu quelque chose à jamais?
-Je les déteste! Je les déteste!
-Je comprends.
-Non, tu ne comprends pas! Tu ne comprends rien! Pourquoi est-ce que tu comprendrais?!
-Parce que mes parents sont morts moi aussi.
Cette phrase eut au moins le mérite d'apaiser brusquement cette rage qui brûlait en lui. Les yeux de Blaise s'écarquillèrent alors que sa respiration devenait saccadée. Il fixa alors d'un regard éberlué ses poings en sang… et le visage couvert de bleus de Potter.
-Oh Merlin… Sanglota-t-il. Oh non…
Il tremblait. Son corps tout entier était parcouru de frisson. Il avait battu Potter. Il s'était laissé aller… et il avait battu Potter comme plâtre. Il devait se calmer. Il devait respirer. Il devait retourner derrière sa carapace. Là… rien ne lui faisait mal. Rien ne pouvait l'atteindre. Il devait retrouver son équilibre. Il vit le brun se redresser péniblement et essuyer vivement sa bouche en sang. Un tremblement plus puissant le secoua alors.
-Je n'ai toujours pas pitié. Dit calmement le brun.
-Je dois… rester calme. Murmura Blaise. Parce que…
-Parce que tu es faible.
Un coup de poing au visage l'aurait moins surpris. Pourquoi ne pouvait-il pas arrêter ses tremblements? Il voulait arrêter de trembler! Il voulait retrouver son équilibre! Il ne voulait pas être comme ça!
-Tu n'es pas capable d'accepter la mort de tes parents alors tu refoules tes émotions. Tu refuses de les vivre parce que tu ne veux pas te laisser envahir par le désespoir. Mais, ce désespoir il est toujours là… en toi. Cette violence… cette haine… tout est là. Que tu le veuilles ou non. Alors accepte-les et arrête de fuir comme un lâche.
-Je t'interdis de me juger! Surtout toi! Un type qui n'est pas foutu de comprendre lorsque quelqu'un ne veut pas de lui! Pourquoi tu ne laisses pas Drago tranquille!
-Parce que cela ne servirait à rien.
Il se mit alors debout, le dominant de toute sa hauteur. Pourquoi ce type avait-il l'air aussi froid… aussi fort qu'un roc… comme si rien ne pouvait l'atteindre.
-S'il décide de ne pas m'épouser… s'il décide d'aller voir ses parents et de ne pas m'épouser… Je ne m'y opposerais jamais.
-Son héritage...
-Son héritage est en danger de toute façon. Si je romps nos fiançailles… les parents de Malfoy le fianceront à quelqu'un d'autre. Il ne sera jamais libre. J'ai un devoir à accomplir. Pourquoi ne l'accomplirais-je pas alors que Malfoy n'obtiendra pas ce qu'il veut de toute façon?
Blaise ne put qu'hocher piteusement la tête alors qu'il se laissait tomber sur son lit. Il n'avait plus de force de toute façon. C'était à peine s'il arrivait à respirer convenablement. Il était devenu le genre de personne qu'il avait toujours méprisé… Émotionnel… Tremblante… il ne pouvait le supporter. Il devait se ressaisir, coûte que coûte.
-Parle à Ron. Ordonna le brun. Dis-lui ce que tu veux, mais ne le laisse pas dans cette indécision… dans cet espoir… Brise son cœur ou dis lui que tu l'aimes. Mais fais le vite, avant qu'il ne souffre trop par ta stupidité.
-Va-t-en.
Potter hocha la tête, se dirigeant vers la porte. Au dernier moment, il s'arrêta, ne prenant même pas la peine de se retourner vers lui.
-Je n'ai pas pitié de toi. Parce que tu es stupide. Expliqua-t-il glacialement. Tes parents sont morts et tu es vivant, c'est ça la réalité de la vie.
-Va-t-en!
-Je n'ai pas pitié de toi. Continua Potter. Parce que je comprends ce que tu ressens… que je sais qu'il y a un moyen pour que tu t'en sortes. Mais, si tu ne veux pas t'en sortir, je n'aurais pas pitié de toi.
-Parce que tu t'en es sorti peut-être? Cracha Blaise. Monsieur « j'imite un glaçon mieux qu'un glaçon ».
-J'ignore si je m'en suis sorti. Mais, au moins, j'essaye d'accepter.
Un silence de plomb s'abattit alors sur eux et Blaise ne put que fixer ses deux émeraudes brillantes qui le regardaient avec une étrange émotion. Pourquoi avait-il envie de se laisser tomber à genoux devant le brun en sanglotant comme un bébé? Pourquoi sentait-il dans son cœur ce sentiment de… comme s'il connaissait déjà Potter… un lien… il ne voulait pas de lien. Avec personne.
-Je ne peux pas être avec personne. Murmura-t-il à sa grande surprise. Je ne peux pas aimer…
-Tu aimes déjà pourtant. Répliqua Potter. Malfoy.
La respiration de Blaise se bloqua dans sa poitrine alors que ses poings se crispaient à ses cotés.
-Je…
-Tu es un humain, que tu le veuilles ou non. Tu aimes, tu hais, tu désires… et c'est très fatiguant et même dégoûtant de ressentir de telles émotions mais, c'est la vie. Je peux deviner les sentiments que tu éprouves envers Ron. Et je sais que lui t'aime… il me l'a dit… et c'est assez évident… quant à Malfoy… il me briserait tous les os s'il savait que tu avais pleuré à cause de moi.
Blaise ne put s'empêcher de sourire en pensant à son cousin brisant méthodique chaque os du corps de Potter. Oui… c'était effectivement le genre de Drago… Weasley l'aimait… son cœur se serra douloureusement et il ne put que fermer péniblement les yeux.
-Tu aimes Weasley, pas vrai?
-Oui.
-Et Drago?
Un lourd silence se fit alors entendre et Blaise ouvrit doucement ses yeux. Il ne s'attendait pas à voir le visage de Potter fermer à ce point. En fait, les ongles du brun s'enfonçaient péniblement dans ses paumes de mains… et le mulâtre ne put qu'écarquiller les yeux en comprenant finalement.
-Tu n'es vraiment pas celui qui devrait me faire la morale. Fit-il remarquer.
Le brun se contenta d'hausser une épaule avant de partir sans demander son reste. Blaise se décida alors à s'allonger sur son lit. Il avait besoin de dormir. Il avait besoin d'oublier… et il avait surtout besoin de réfléchir à ce qu'il allait bien pouvoir dire à Weasley…
À suivre…
