Pairing: France/Jeanne d'Arc

Notes: Cet OS est écrit dans le cadre d'une nuit du FoF, sur le thème Humain. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.

Moi qui ait toujours eu envie d'écrire un France/Jeanne d'Arc, ce thème m'est apparu comme l'occasion idéale pour le faire.


Durant les premières années de sa vie, France s'était toujours tenu à l'écart des hommes. Certes il vivait à la cours, partageait les repas de la famille royale et siégeait à la droite de son roi lorsque celui-ci faisait audience ou recevait des dignitaires étrangers, mais il avait toujours soigneusement veillé à maintenir un fossé entre les hommes et lui. Il était une nation, ce qui se rapprochait le plus de l'immortalité, tandis qu'eux étaient des humains à la vie si brève qu'elle lui semblait parfois aussi minuscule qu'une poussière s'envolant dans le vent.

Il en avait été comme ça des décennies durant. Il avait éprouvé une affection sincères pour plusieurs de ses rois (tout comme il en avait haï cordialement quelques autres) mais cela s'était arrêté là. Il les avait pleuré, mais était rapidement passé à autre chose.

Puis elle était arrivée. Une jeune pastourelle humble et frêle au regard déterminé qui avait affirmé haut et clair devant la cour qu'elle était envoyés par Saint-Michel et saintes Marguerite et Catherine pour défendre le royaume de France contre l'envahisseur anglais. Une partie de la cour avait eu envie de rire, d'autres de la châtier pour son impudence. Tous étaient sceptiques, mais lui s'était senti ébranlé de toute son âme lorsque ses iris pales s'étaient plantés dans les siens.

Et puis l'impensable s'était produit. Elle avait réussi à convaincre le dauphin de la laisser prendre la tête des troupes. Et plus encore, elle avait réussi à briser le siège de Compiègne. Les Anglais avaient été refoulés tout comme leurs alliés bourguignons, ces traîtres à la véritable couronne et Charles avait enfin pu se faire sacrer roi, comme cela devait l'être.

Dès lors, elle ne lui était plus apparue qu'auréolée de lumière. Il ne la voyait plus que dans une lumière intense, ses traits exacerbés magnifiés à ses yeux. La perfection fait femme. Une sainte.

Son cœur s'emballait à chaque fois que ses yeux rencontraient les siennes, des papillons se mettaient à voltiger dans son ventre dès que sa voix si douce résonnait mélodieusement à ses oreilles. Pour la première fois en plusieurs siècles d'existences, il était véritablement amoureux.

Et bien qu'elle l'aie rejeté gentiment mais fermement, il lui avait gardé toute son affection, incapable de cesser d'aimer une telle femme d'exception.

Les mois qui avaient suivis avaient été parmi les plus doux de sa vie. L'anglais cédait du terrain, toute une série de villes se ralliaient à leur cause et surtout, sa chère Jeanne était à ses côtés.

Mais, en ce bas monde, rien ne dure. Le vent finit toujours par tourner. Jeanne fut capturée et livrée aux Anglais. Son cœur se fendit lorsque impuissant, muselé par la promesse faite à son roi, il dut assister à ses derniers instants sur le bûché sans pouvoir intervenir. Et c'est en voyant ses longs cheveux s'embraser tandis qu'elle tournait ses yeux vers le ciel qu'il comprit que, malgré sa nature de nation, il restait aussi un être humain, capable des mêmes joies et des mêmes peines…