Note : Bonjour à vous, nous voici donc de retour pour une autre nouvelle, cette fois-ci un peu moins joyeuse, mais j'espère cependant qu'elle vous plaira !
Bonne lecture !


Assis sur son large fauteuil de velours noir, comme à son habitude, le jeune criminel fixait la fenêtre qui se trouvait en face de lui d'un regard pensif, la pluie venant glisser lentement sur celle-ci, gouttes après gouttes, tel des larmes qu'aurait versé le ciel sur ce pauvre monde.
Tout était silencieux dans le salon, comme dans tout le reste de cette immense demeure d'ailleurs. Aucun bruit parasite ne venait briser cette atmosphère calme, ne serait-ce que la trotteuse de l'horloge dans son cadrant en bois, ou encore les clapotis faibles des perles d'eau contre les carreaux.
Tout était sombre, tout était silencieux, et ses yeux ébènes, toujours aussi pétillants que d'habitude, ne se détachaient pas de la vitre qui se trouvait en face d'eux. C'était comme s'ils attendaient quelqu'un…
Le visage appuyé dans sa main, Jim lâcha un long soupire d'ennui avant de clore les paupières. Les minutes passaient pour des heures, et les heures pour des jours entiers… Il ne savait pas cela faisait combien de temps exactement qu'il patientait, ainsi assis sur son fauteuil, mais tout ce qu'il savait, c'était que ce calme qui régnait dans la grande demeure était beaucoup trop agaçant pour lui…

C'est alors que, brisant ce silence absolu qui planait dans la pièce, deux notes se firent entendre, résonnant de ce fait dans le hall d'entrée.
Quelqu'un sonnait à la porte.
Cette petite mélodie de quelque seconde fit sursauter le jeune homme, qui visiblement ne s'attendait pas à recevoir de la visite. Il attendit quelques minutes, comme à son habitude, avant de se lever, aimant faire à ce que ses visiteurs s'impatientent un tant soit peu.
D'un pas lent et ennuyé, Jim finit par atteindre le seuil de la porte devant lequel il stagna quelques minutes avant d'enfin se décider à appuyer sur la poignée dorée, tirant de ce fait la porte vers lui avec une lenteur qui énerverait même le plus grand des sages.
Lorsqu'il put enfin apercevoir les visages de ses visiteurs, ses sourcils s'arquèrent d'interrogation. Deux hommes, deux policiers, tous deux vêtus de noir et se trouvant sous deux parapluies tout aussi sombres et dégoulinants de pluie qu'eux. L'un des deux hommes avait une moustache et le visage plutôt rond quant à l'autre, grand et maigre, avait un visage long et creusé et était presque amusant à voir. Esquissant un sourire dissimulé, Jim s'appuya sur le cadre noir ciré de sa porte, fixant d'un air passionné les deux hommes en uniformes qui se trouvaient devant lui.

« Que puis-je pour vous ? »

Questionna le jeune criminel d'une voix captivante.

« Est-ce que nous nous trouvons bien chez Monsieur James Moriarty ? »

Plissant quelque peu les yeux, Jim se redressa légèrement d'un air interpellé. Il était rare que des personnes, surtout des policiers, sachent où se situe sa demeure. Il finit néanmoins par répondre, d'un air plutôt méfiant.

« Oui, c'est bien ici que vous vous trouvez. »

Mais la raison qui amenait ces deux agents de polices chez le jeune criminel était bien plus sombre qu'il ne l'eu imaginé…

« Bien. Monsieur Moriarty, nous devons vous annoncer une bien triste nouvelle… »

Commença le plus grand des deux officiers, retirant le couvre-chef qu'il portait sur sa tête.
Les yeux de Jim s'ouvrirent d'un air mi surpris, mi interpellé, et il s'avança quelque peu, son cœur accélérant involontairement. Les deux policiers s'échangèrent un regard désolé avant que l'homme qui avait commencé ne reprenne un seconde fois la parole.

« Vous connaissez Sébastian Moran, je suppose ? »


Et là, plus rien. Le vide, le Néant, le trou noir sans fin…
Les paroles qu'eut prononcé l'officier résonnèrent encore et encore dans sa tête de criminel, et pourtant, cette fois-ci, il n'avait plus envie de rire, il n'avait plus envie de jouer.
Il avait mal, il ne savait pas pourquoi ni comment, mais il avait mal. Une douleur horrible et poignante qui s'empara d'une manière aussi brutale qu'inattendue de sa cage thoracique.
Le jeune homme parvint heureusement à se rattraper au cadre de sa porte, mais malgré la grande agitation qui courrait dans sa tête et à l'extérieur, son regard brillant de fougue venait bel et bien de s'éteindre…
Les deux policiers essayèrent de lui venir en aide, mais celui-ci les repoussa brusquement, retournant d'un pas tremblant et peu sûr de lui dans cette gigantesque demeure dont les murs semblaient s'agrandir de plus en plus à chaque pas qu'il posait sur le plancher grinçant.
Ses pieds, ne sachant plus leur chemin, finirent pas s'entremêler, lui faisant perdre l'équilibre alors qu'il s'écroulait à genoux sur le sol.

Son regard ébène, fixant toujours le vide d'un air vitreux, ne réagissait plus aux orages qui éclataient déjà autour de lui.
Durant toutes ces années, il l'avait repoussé. Durant toutes ces années il avait prit soin de lui, et maintenant, il était trop tard, c'était la Fin.
Son teint palissant à vue d'œil, le jeune criminel sentit alors de violents frissons s'emparer de lui, accompagnés de brutales nausées qui lui firent fermer ses yeux qu'il rouvrit quelque minutes plus tard, brillant de larmes.

« Sébastian… »

Murmura-t-il alors d'une voix éteinte alors qu'il serrait les dents. Il passa alors une main sur sa joue sur laquelle coulait déjà un torrent de larmes involontaires qu'il essaya de récupérer aux bouts de ses doigts, ne comprenant pas ce qui lui arrivait.

« Je suis…désolé… »

Souffla-t-il en fermant les yeux dans un sanglot muet.

Tout s'était écroulé. Tout était finit. Tout son monde venait de tomber dans les ténèbres sans même qu'il n'ai eu le temps de le réaliser.