Rating: T pour la bouche de Romano...

Pairing: Spamano

Notes: Cet OS est écrit dans le cadre d'une nuit du FoF, sur le thème Echarpe.


- Putain de bordel de merde !

Les quelques passants qui s'attardaient dans les rues en ce froid après-midi de janvier s'écartèrent du jeune homme brun qui venait de jurer en murmurant que de nos jours, les jeunes n'avaient plus aucune éducation. Sans cesse à râler et à jurer pour la moindre chose.

Mais Romano Lovino Vargas n'en avait cure. Il marchait d'un pas rageur dans les rues enneigées de Berlin en maudissant les allemands, la neige, les passants qui le fixaient d'un œil torve, les allemands, les pommes de terre, les allemands,…

Pourquoi était-on obliger de faire le meeting en Allemagne ? Ils n'auraient pas pu choisir un endroit plus chaud, genre les Caraïbes ou les Fidji ? Et pourquoi devait-il y assister? Puisque Vénéziano était devenu le représentant officiel de l'Italie, c'était à lui d'de s'occuper de la corvée pendant que lui resterait en Italie pour faire ce qu'il faisait habituellement –à savoir pas grand-chose. Mais non, son putain de boss l'avait forcé à l'accompagner –surement pour rattraper toutes les bourdes que ne manquerait pas de faire son frère. Résultat il était coincé en Allemagne, soit une destination pire que les lacs enflammés de l'enfer, pour toute une semaine.

Il en était là à maudire tout ce qui avait le malheur de croiser son regard lorsqu'une voix l'interpella joyeusement.

- Lovino !~

L'italien se retourna et fusilla du regard l'espagnol qui courait à sa rencontre, un sourire ravi aux lèvres. Qu'est-ce-qu'il avait à lui sourire et le regarder comme ça cet idiot ? On aurait cru qu'il venait d'apprendre que Noël était tombé avec trois mois d'avance.

- Qu'est-ce-qu'il y a tomato bastardo ?

- Tu as filé si vite après la réunion, je n'ai même pas eu le temps de t'inviter à diner~

Les joues de Romano rosirent légèrement. De froid bien entendu. Absolument pas parce que cela lui faisait plaisir.

- D'accord on y va. Mais tu paies déclara Romano en l'agrippant par le bras et en l'entraînant vers le café le plus proche.

Ils passèrent les deux heures suivantes bien au chaud dans l'établissement à discuter. Enfin Espagne qui jacassait au sujet de ses tomates, de son pays et de ses tortues –ces sales bestioles mangeuses d'hommes qu'il prenait plaisir à élever dans des aquariums alors qu'elles n'attendaient que l'occasion de vous bouffer les doigts. Lui se contentait de pousser un grognement par-ci, une insulte ou une pique moqueuse par-là. Il était-là juste pour le repas gratuit. Pas parce qu'il aimait la compagnie du tomato bastardo, loin de là. Et les papillons qu'ils voltigeaient dans son ventre ou les battements frénétiques de son cœur étaient juste dû parce qu'il devait y avoir un truc pas très net dans la nourriture –fichus Allemands, même pas capables de préparer un simple plat correctement- et non à la façon dont il le dévisageait les yeux brillants, comme s'il était la huitième merveille du monde, ou à la manière dont sa voix veloutée et suave le caressait.

La nuit était tombée lorsqu'ils sortirent. Romano frissonna en sentant le vent glacial lui piquer le visage et la peau du cou, se maudissant d'avoir oublié son écharpe à l'hôtel.

Fichu climat allemand…

Soudain il vit Antonio se rapprocher et, défaisant sa magnifique écharpe bordeau, la lui enroula doucement autours du cou. Malgré la température ambiante, Romano avait l'impression que la peau le brûlait là où les doigts rendus calleux par les guerres et la guitare le touchaient.

Malgré tout il fusilla du regard l'espagnol qui se sentit obligé de se justifier.

- Pour ne pas que tu attrapes froid mi querido~

- Qu'est-ce-qui te fait croire que j'ai envie de ta fichue écharpe tomato bastardo !

- Si tu n'en as pas envie, retire-là~

L'italien grommela dans sa langue une volée d'insulte, à voix trop basse et trop rapidement pour que son compagnon puisse les comprendre. Puis, les joues en feu, il se retourna sans un salut, courant presque vers l'hôtel.

Arrivé dans sa chambre, il claqua la porte derrière lui. Féliciano n'était pas là, surement chez le potato bastardo, et ne rentrerait surement pas de la nuit. Ne se sentant pas d'humeur à lire un livre ou regarder la télévision –qui ne diffusait de toute façon que des chaines en allemand- il se déshabilla rapidement, ne gardant que son boxer puis se glissa dans les chaudes couvertures, l'écharpe en main. La portant à son nez, il huma doucement le parfum de son propriétaire et finit par s'endormir rapidement, bercé par les fragrances épicées et exotiques du morceau de tissu.