Bonjour tout le monde ! Et voici le nouveau chapitre!

Chapitre 65

Cela faisait près de dix ans que Blaise n'avait pas remis les pieds dans cette maison. En fait, il était surpris par la propreté des lieux. Sa tante Narcissa avait du s'assurer que quelqu'un continue à faire le ménage régulièrement. Ce n'était certainement pas lui qui aurait ordonné une chose pareille. Il n'avait jamais voulu revoir cet endroit. Il avait voulu oublier la grande cheminée en bois qui trônait au salon. Il avait voulu oublier les petites fenêtres carrées qu'il aimait tant regarder lorsqu'il était plus jeune. Il pouvait sentir la présence de Weasley derrière lui et n'arrivait pas à ressentir autre chose qu'une tension presqu'insoutenable. Pourquoi l'avait-il emmené ici de toute façon ? Quel intérêt il y avait-il à revenir ici ? La seule pièce dont il se souvenait vraiment était sa chambre. Qu'était-il alors entrain de faire lorsque son elfe de maison était apparu, les yeux encore plus globuleux que d'habitude ? Il jouait peut-être à un jeu quelconque. Ou peut-être rêvait-il du moment où il pourrait, à son tour, monter dans ce stupide avion de malheur. Ses poings se crispèrent alors. Il détestait vraiment cette maison.

-Tu vois que j'avais raison. Déclara-t-il d'une voix morne. Cela ne sert à rien toute cette histoire.

Après tout, tout disparaissait après que la mort ait tout balayé. Il ne restait que la tristesse, le chagrin et la colère. Il pouvait surtout le ressentir maintenant… qui remontait dans sa gorge. Il ne voyait rien. Il ne voyait que la bouche de son elfe de maison qui essayait de lui expliquer que ses parents ne reviendraient plus. Il se souvenait s'être énervé. Pourquoi est-ce que cet elfe lui disait une chose pareille ? Pourquoi est-ce que sa mère et son père ne reviendraient plus ? Il ne comprenait absolument rien. Il était convaincu que rien ne pouvait lui être enlevé. Que tout lui était du. Mais, ce n'était qu'un immonde mensonge. Tout disparaissait. Le bonheur était éphémère. Mais, la douleur avait le pouvoir d'être éternelle. Alors, lui il préférait ne ressentir ni l'un ni l'autre. C'était son choix. Et cette maison lui rappelait qu'il avait bien choisi. Pas question qu'il ressente de nouveau une telle souffrance.

-Nous pouvons y aller. Continua Blaise. Il n'y a rien ici.

-Tu plaisantes ? Il y a tellement de chose !

Le roux le prit alors par la main et se dirigea vers l'un des coins de la pièce, Blaise écarquilla les yeux en voyant qu'il caressait délicatement une inscription qui se trouvait sur le mur. Qu'est-ce qui était écrit ? Qui l'avait écrit ? Pourquoi l'avait-on écrit ? Est-ce que cela servait vraiment à quelque chose de se souvenir de tout ça ?

-Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-il.

-Maman et Blaise toujours. Lut lentement Ron. C'est mignon. Pourquoi avoir écrit ça ?

Comment était-il sensé se souvenir d'une chose pareille ? Il ne savait même pas si c'était sa mère ou lui qui l'avait écrit. Et cela n'avait pas la moindre importance. Cette maison était un mauvais souvenir. Un souvenir de ce qui avait été et qui jamais ne sera plus. Il ne se souvenait de rien parce qu'il ne voulait pas s'en souvenir. Il voulait retourner au manoir de sa Tante et attendre l'heure de son mariage avec Théodore Nott. C'était la seule chose à faire.

-En dirait une écriture d'enfant. Insista Weasley. Je paris que ta mère t'épelais comment écrire ces mots. Peut-être même qu'elle te tenait la main.

Malgré lui, les yeux de Blaise se fixèrent sur l'inscription enfantine. Il eut alors la vision de longs cheveux blonds qui lui tombaient sur le visage… d'une légère odeur de parfum… d'yeux aussi verts que les siens remplis d'une lueur qui n'avait jamais éclairés son regard. Il pouvait entendre au loin un rire tonitruant et masculin… quelqu'un qui demandait pourquoi c'était seulement lui et sa mère… qu'il fallait écrire son nom aussi… à qui appartenait donc cette voix ? Weasley partit alors de l'inscription à son grand soulagement. Peut-être pourraient-ils enfin retourner chez Drago. Tristement, l'attention du roux se porta alors sur une photographie. Un sourire éclaire alors son visage alors qu'il lui montrait la photo.

-Où étiez-vous ?

Avec reluctance, Blaise porta les yeux vers la photographie. Un grand homme noir le portait sur son épaule alors que les deux affichaient un sourire qui mangeait la moitié de leur visage. Le soleil semblait briller fort cette journée là alors qu'ils portaient des maillots de bain. Cette journée… comment aurait-il donc fait pour se souvenir de cette journée ? À quoi cela lui servirait-il de se souvenir d'une telle journée ? Cet homme… il se souvenait à peine de cet homme… une personne qui s'amusait à le chatouiller… Une personne qui était certainement le pire Père Noël de cette Terre. Mais, il l'aimait tellement pour ça… oh oui comme il l'aimait pour ça… Il posa une main tremblante sur la photographie.

-Papa…

Il pouvait entendre les sanglots incessants de la petite voix dans sa tête. Cette voix qui semblait ne pas avoir plus de dix ans. Il ne pouvait pas se jeter dans les bras de la photo. Ce n'était qu'une photo. Son père se trouvait six pieds sous terre. Il ne pouvait plus le toucher. Et il avait oublié son visage… il avait oublié que ses yeux étaient si brun… que son sourire était si blanc… il avait oublié qu'il pouvait se mettre sur une main et bouger des pieds dans les airs. Il avait tout oublié. Et il ne voulait pas se souvenir bon sang ! Son cœur lui faisait tellement mal. Il n'était pas sensé ressentir une telle douleur… ce sentiment terrible de perte et d'abandon… quelqu'un l'avait laissé tomber. Quelqu'un s'était amusé à lui enlever toutes les choses qui comptaient pour lui… sans penser une seule seconde à ce que cela pouvait bien lui faire. Son opinion, ses sentiments n'avaient pas été pris en compte. Comme s'il n'en valait pas la peine. Ses moments heureux… ses fous rires… pourquoi les lui avoir donné si c'était pour les lui enlever aussi vite… pourquoi lui avoir donné un aperçu du bonheur… pourquoi lui avoir fait croire que c'était normal d'avoir un tel bonheur… pour ensuite tout lui arracher…

-Raconte-moi cette journée Blaise… Supplia doucement Weasley.

-Nous étions… nous étions à la plage…

Il pouvait se souvenir de la chaleur insupportable. Mais, rien ne semblait pouvoir décourager son père. Non, rien ne pouvait l'empêcher de s'amuser dans toutes les situations. Sa mère se faisait un devoir sacré de l'enduire de crème solaire mais lui voulait plonger dans l'eau comme son père… Mais, sa mère s'obstinait à le garder près d'elle sous le parasol. Elle disait des choses stupides sur le teint d'une blonde… elle ne voulait pas brûler. Par contre, elle avait rit lorsque son père l'avait aspergé d'eau. Son énorme père aux mains énormes qui l'avaient pris dans ses bras et l'avait soulevé dans les airs. Et il avait rit. Il avait tellement rit alors que sa mère souriait et lui envoyait des baisers… il n'avait pas trouvé cela spécial. C'était sensé être ainsi pour l'éternité… toute leur vie les trois ensembles. Mais ce n'était pas vrai. Il n'allait pas être ensemble pour l'éternité. Ce n'était qu'un mensonge. A la fin, il ne restait que lui. Lui et sa douleur dans le cœur. Il ne restait que lui. Et il avait du s'habituer à cette réalité. De sa main libre, il vit Weasley lui entourer les épaules.

-Aurais-tu préféré ne pas vivre ces moments avec eux ?

La respiration de Blaise devint alors saccadée. Ne pas vivre ces moments avec eux ? Ne pas voir le sourire de son père ? Ne pas entendre le rire de sa mère ? Ça aurait été mieux sûrement… ainsi, il n'aurait pas eu à vivre en sachant qu'il les avait perdus à jamais. Ne jamais les avoir connu… ne jamais les avoir embrassé… ses mains se mirent à trembler alors qu'il caressait frénétiquement le large visage de son père.

-Ne pas les avoir connus… Murmura-t-il. Ne jamais connaître cette perte…

Ses yeux se détournèrent alors de la photographie. Il ne voulait pas voir ses moments heureux. Il ne voulait rien voir du tout. Il ne voulait pas se poser cette question. Il ne voulait pas… tristement, ses yeux tombèrent aussitôt sur une photographie du mariage de ses parents. Son père si séduisant dans son costume alors que sa mère rayonnait dans sa robe de marié… ne jamais les avoir connu… ne jamais avoir eu à souffrir de cette manière… ne jamais avoir eu de bonheur… jamais de rire… jamais de joie… juste le néant… son cœur se glaça soudainement face à cette pensée. Le néant pour toujours. Lui n'était qu'une coquille vide du début jusqu'à la fin. N'était-ce pas une bonne chose ? Alors pourquoi son cœur était-il si froid ? Pourquoi se sentait-il trembler comme un enfant ? Ne jamais les avoir connu… jamais… pas de baisers de sa mère… pas de câlins de son père… rien du tout… il n'aurait rien eu à perdre… il serait vide… complètement vide…

-Pourquoi est-ce que tu me fais ça ? Demanda-t-il d'une voix tremblante. Pourquoi…

-Parce que je veux que tu réalises enfin… que même si l'on prend le risque de perdre… ça en vaut tellement la peine… Au moins, avant la perte, il y a le bonheur et la joie. Il n'y a pas de regret. Je ne veux pas que tu ailles des regrets. Je t'aime.

Blaise ne pouvait que fouiller, de fond en comble, les yeux mordorés qui le fixaient avec une telle sincérité qu'il sentit son cœur se serrer. Pas de regret… prendre des risques… il ne voulait pas prendre des risques. Il voulait des garantis. Il voulait que Weasley se mette à genoux et lui promette qu'il resterait avec lui pour l'éternité. Mais, ce n'était qu'un rêve stupide… il ne pouvait pas lui promettre cela… il pouvait juste lui promettre le présent… juste le présent… mais, et le futur ? Comment survivrait-il si Weasley l'abandonnait à son tour ? Les mains du roux entourèrent alors son visage, l'obligeant à le fixer droit dans les yeux.

-Accepte mon amour. Déclara-t-il. Accepte ton amour. Ne nous détruits pas parce que tu as peur.

-Tu vas me quitter. Souffla-t-il.

-Peut-être est-ce toi qui va me quitter. Mais, je suis prêt à faire ce bout de chemin avec toi. Je suis prêt à prendre ce risque. Parce que je n'ai jamais aimé de cette manière. Jamais.

Lui aussi n'avait jamais aimé de cette manière. Théodore Nott ne lui faisait aucun effet. S'il l'abandonnait, il ne ressentirait aucun sentiment de perte et de tristesse. Il ne l'aimerait jamais donc, il n'y avait pas de risque. Ses mains se crispèrent alors dans le chandail de Weasley, le rapprochant un peu plus de lui. Il désirait cette personne. Non, plus que ça. Il aimait cette personne. Peut-être même dès la première minute de leur rencontre… Était-ce pour ça qu'il l'avait repoussé avec autant de véhémence ? Probablement que oui… il avait eu peur… il avait toujours peur… Il ne voulait pas perdre… il ne voulait pas donner… il ne voulait pas que Weasley disparaisse de sa vie… mais, n'aurait-il pas plus mal s'il disparaissait dans quelques années ? Lorsque son cœur ne pourrait plus se passer de lui…

-Je les aimais tellement fort… Murmura-t-il. Tellement fort… Mais, ils sont morts… L'amour ne suffit pas…

-Ton amour me suffit. Alors, donne le moi.

Comme il aurait voulu pouvoir se moquer de cette phrase si mièvre. Mais, il ne pouvait… il ne voulait pas… Ses mains quittèrent alors le chandail de Weasley pour entourer son visage.

-Ron…

Les yeux mordorés s'écarquillèrent avant que Blaise ne pose ses lèvres sur les siennes. Merlin, comme il l'aimait. Il avait l'impression que cet amour allait bondir de sa poitrine pour le plonger dans un océan de passion. Il l'aimait si fort. Il lui faisait si peur. Bien trop peur… Il ne pouvait pas le garder éternellement. Il n'avait pas réussi à garder ses parents éternellement. Mais… juste maintenant… pour aussi longtemps qu'on lui laissait… pour aussi longtemps que Ron serait dans sa vie… Il voulait rester ici. Il avait tellement peur. Mais, pour la première fois de sa vie, il réalisa qu'il avait encore plus peur de n'avoir aucun souvenir. De passer à côté de l'homme de sa vie… du bonheur de sa vie… Ses parents étaient morts… ses parents étaient partis… Mais, Ron était encore là… Il pouvait… il pouvait le garder…

-Je t'aime… Marie-toi avec moi. Déclara Blaise.

-Une minute… ce n'est pas à moi de faire ma demande ? Je croyais que c'était toi la fille.

Blaise le fusilla légèrement du regard avant de l'embrasser de nouveau.

-Marie-toi avec moi. Répéta-t-il.

-Je tiens à dire que je vaux très cher. Alors, ma bague doit contenir au moins 5 diamants.

-C'est toi qui va m'acheter la bague pleine de diamant.

-Tu ne veux plus être l'homme maintenant ?

-La ferme.

Peut-être qu'un jour il perdrait tout cela. Mais, il promettait que cette fois-ci… ces moments resteraient graver dans sa mémoire… qu'il se souviendrait du nombre de tâches de rousseurs qui se promenaient sur le nez de Ron. De ses grands yeux mordorés… de son sourire si blanc… il se souviendrait de tout cela… et lorsque le malheur frapperait… il tiendrait ce bonheur serré contre son cœur… et ses larmes seraient autant des larmes de joie que de tristesse… Parce qu'il était amoureux… et qu'il prévoyait le rester jusqu'à la fin de sa vie.

À suivre…