Le soir à table, Severus demanda à Sirius son avancée sur ses lettres avec Narcissa, face à l'échec de l'animagus il décida à son tour de demander à voir Narcissa chez lui le jour suivant. Voir sa mère fera peut-être réagir Drago, le fera peut-être sortir de ses souvenirs, de son esprit, il voulait voir la femme Malefoy pour cette raison, Black lui ne le voulait que pour se venger d'elle, lui montrer l'état de son enfant pour la punir, lui ce n'était pas pour cette raison, il pensait à son filleul avant tout.

Le matin suivant, au petit déjeuner, il reçut une réponse de Narcissa, celle-ci serait présente au manoir dans l'après-midi, il montra la lettre à Remus qui la passa à Sirius. Le lycanthrope demanda aux élèves de rester à l'étage dans l'après-midi et précisa qu'ils avaient l'interdiction d'espionner, Severus les menaça ce qui les dissuada tous d'écouter aux portes, même les jumeaux.

Narcissa arriva vers quatorze heures, Severus l'amena dans la cuisine pendant que Remus allait chercher Drago, ils allèrent tous les deux dans le salon, le blond s'assit sur un fauteuil, le loup-garou retourna dans la cuisine, il fit un signe de la tête à Severus, celui-ci emmena la femme blonde dans le salon, suivi des deux anciens Gryffondor. Quand Narcissa vit son fils de dos, elle s'approcha de lui. Mais à six mètres, un bouclier la propulsa en arrière, elle fut rattrapée par son cousin.

-Drago, Drago pourquoi as-tu fait ça ? Tu m'attaques, dit-elle froidement.

-Tu devrais te mettre devant lui, mais à distance, dit Severus.

Elle regarda son ami puis s'avança, elle se mit sur le canapé et vit le regard vide de son fils, elle appela doucement Drago. Severus regarda attentivement le garçon mais rien ne se passa, son regard resta vide, son corps ne bougea pas d'un millimètre, la présence de sa mère ne le faisait pas réagir, son plan avait échoué.

-C'est la première fois que son bouclier s'active pour une personne aussi loin, dit Remus.

-C'est normal en même temps, cracha Sirius.

-Que se passe-t-il ? Il n'a pas sorti sa baguette, comment a-t-il pu faire un bouclier ?

-Il ne le fait pas de lui même, expliqua Remus. C'est de la magie accidentelle.

-Il n'en fait plus depuis longtemps.

-Comment peux-tu le savoir Narcissa ? Tu ne t'occupes jamais de lui.

-Sirius, dit Remus pour le prévenir.

-Ton fils était dans un état épouvantable quand Dobby l'a sauvé de ton mari et depuis il est comme ça, il est plongé dans son esprit, il s'est caché dans un souvenir pour oublier le monde réel, dit Sirius.

-Ce que Lucius lui a fait était la fois de trop, il ne l'a pas supporté et s'est enfermé dans son esprit pour survivre, depuis c'est sa magie qui le guide.

-Le bouclier c'est sa magie elle-même qui le fait, il ne dirige rien. Elle s'active quand elle se sent en danger. Seules deux personnes ont pu toucher Drago, Dobby et Harry, seuls son médecin moldu et moi-même pouvons l'approcher de près. Personne d'autre ne peut, si une personne essaye son bouclier s'active. Expliqua Severus.

-Un jour sa magie a fait taire Sirius et Severus et les a collés à leur chaise car elle a cru sentir un danger, dit Remus.

-Mon fils me voit comme un danger.

-Pour sa magie tu l'es, donc oui il doit te voir comme ça aussi. Et c'est la première fois qu'il s'active pour une personne aussi loin.

-Ce que Remus essaye de dire en étant gentil c'est qu'il a peur de toi, mais comment lui en vouloir ? Tu n'as jamais rien fait pour lui, tu ne l'as jamais protegé, tu n'as jamais empêché Lucius de le battre, alors certes tu n'es pas pire que Lucius mais tu es en tort également pour son état actuel et il le sait, sa magie le sait également puisqu'elle te repousse. Repoussée par son propre fils, vue dangereuse par celui-ci, ça fait quoi Narcissa ? Ca te montre à quel point tu es horrible ou tu n'en as même pas conscience ?

Elle envoya un regard noir à Sirius et ne répondit pas. Elle regarda son fils mais celui-ci regardait toujours un point fixe derrière elle et ses yeux semblaient vides, son visage ne montrait aucune expression, il était comme absent. Et vu les dires des trois hommes elle savait que c'était le mot exact, Drago était absent.

-Est-ce que tu sais ce que Lucius a pu lui faire pour qu'il soit comme ça ? Demanda Severus.

-Non.

-Non bien sûr que non tu ne pensais qu'à toi, quelle égoïste tu fais, tu me dégoutes tellement. Tu disais que ta mère était horrible mais tu es pire qu'elle, elle donnait quelques coups mais toi tu as fait pire, tu as laissé ton mari battre ton propre fils, tu regardais sans agir.

-Je ne resterais pas une minute de plus ici si c'est pour me faire insulter.

-Dis plutôt que tu fuis la vision de ton fils brisé Narcissa. C'est dur de voir cela, de le voir comme ça mais on est en tort, dit Severus.

Elle se leva et partit rapidement par le réseau de cheminée. Severus se mit devant Drago.

-On va à la bibliothèque Drago, dit doucement l'homme.

Le blond se leva et les deux Serpentard partirent dans la bibliothèque où l'adulte lut un livre à son filleul. Ils furent rejoint par Harry, qui écouta également son professeur. Quand celui-ci finit le chapitre le brun osa demander.

-Il y avait qui ?

-Narcissa.

-Comment a-t-il réagi quand il l'a vue ?

-Il n'a pas réagi.

-Comment il va ? Réellement ? Les autres élèves pensent qu'il est toujours le même, j'ai réussi à faire croire aux Gryffondor qu'il se pensait juste supérieur donc qu'il agissait en conséquence, les Serpentard y croient sans vraiment le croire. Il ne parle plus, ne signe plus, ne fait rien si on ne lui donne pas d'occupation. S'il vous plait, il est mon meilleur ami, dîtes moi la vérité.

-Mal, il va très mal, il s'est enfermé dans son esprit car la réalité est trop dure à supporter, il s'est coupé du monde pour ne pas souffrir. Les derniers coups de Lucius était ceux de trop, son corps et son esprit ne l'ont pas supporté.

-Mais il fait de la magie.

-Accidentelle, instinctive, il ne la contrôle pas, c'est même le contraire, c'est sa magie qui contrôle tout pour lui.

-Donc son état est très grave.

-Inquiétant, mais le moment qui est à craindre est quand il reviendra dans la réalité. Ce moment sera très dur, ce n'est pas dit qu'il le supporte.

Harry ferma les yeux pour cacher ses yeux embués de larmes, il avait comprit les derniers mots de son professeur. Drago pouvait très bien se donner la mort si la réalité était trop douloureuse. Il ne voulait pas perdre son ami, le blond était l'une des personnes les plus importantes pour lui, il était comme son frère, il ne pouvait pas le perdre.

Harry fuit la bibliothèque, son ami, il frappa à la porte de la chambre de son oncle et Sirius, ce fut Remus qui lui ouvrit, le brun se colla au torse du lycanthrope, celui-ci fut surpris mais entoura son neveu avec ses bras et le serra contre lui. L'adulte recula tout en gardant l'enfant contre lui, une fois dans la chambre il ferma la porte.

-Harry qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi es-tu si bouleversé ?

-Pourquoi je perds tout le monde ?

-Je ne comprends pas Harry.

-Maman, papa, maintenant Drago, puis bientôt toi et Sirius. Je perds tous les gens que j'aime.

-Mon grand tu ne me perdras pas, Sirius non plus.

-Remus, la chance qu'on trouve le rat est maigre, tu es inquiet, Sirius aussi, je le sais. On sait tous qu'il y a un risque que je retourne chez les Dursley et que ce risque grandit de jour en jour. Je veux pas vous perdre tous les deux. Pas vous, pas après avoir perdu papa et maman et être en train de perdre Drago.

Remus s'écarta de Harry et le regarda dans les yeux, le garçon était bouleversé, des larmes avaient coulé le long de ses joues et il retenait les autres de suivre le même chemin. Il s'assit sur le lit, tira sur les mains sur son neveu pour que celui-ci soit à ses côtés. Il passa une main dans le dos de l'enfant et l'attira une nouvelle fois contre lui et caressait son dos pour le réconforter.

-Le rat ne va pas gagner, ni les Dursley, on va réussir à te garder près de nous. Et bien sûr qu'on est inquiet Sirius et moi, tu es notre enfant, on a peur que tu partes, qu'on t'enlèves à nous, ça nous déchirerait le coeur et on sait combien ça serait douloureux pour toi, surtout retourner auprès de ces horribles personnes. Mais si on ne trouve pas Pettigrow on trouvera un autre moyen, je ferai tout pour te garder près de moi, quitte à être hors la loi, quitte à partir loin pendant les vacances, à être recherché, je m'en contre fou, le plus important c'est toi, ça à toujours été toi.

-C'est vrai ? Demanda le brun plein d'espoir.

-Bien sûr mon loup.

Harry se serra plus fort contre son oncle, un sourire aux lèvres, heureux et ému des paroles de Remus. L'adulte savait qu'il se répétait, qu'il avait déjà fait un ou plusieurs discours similaires mais son neveu avait besoin d'entendre cela, il avait besoin d'être rassuré.

-Et pour Drago, de quoi parles-tu ?

-Le professeur Rogue m'a dit la vérité sur son état, je savais qu'il allait mal mais je ne pensais pas que c'était aussi grave. Remus, il est mon meilleur ami et il va tellement mal qu'il est enfermé dans son esprit. Il n'est plus là. Je pensais que le fait de jeter des sorts aux élèves montrait qu'il était toujours là, qu'il restait le même mais je me suis trompé. Il va mal, terriblement mal.

-Avec Sirius on ne voulait pas te le dire, on ne voulait pas te blesser mais on aurait dû, c'était à nous de te l'apprendre.

-Oui tu aurais dû, c'est mon ami j'aurais dû le savoir. Mais je le sais c'est le plus important. Mais qu'est-ce qu'on peut faire pour qu'il revienne ? Et si il reste toujours comme ça ?

-On ne sait pas, il a vécu des choses graves. Mais si on reste à ses côtés, si on lui montre que des gens l'aiment, qu'on sera toujours à ses côtés, ça pourra l'aider à revenir parmi nous. Ca va prendre du temps mais il n'est pas seul donc il y a toujours de l'espoir.

-Tu penses ?

-Oui Harry je le pense. Dors un peu petit loup.

Harry se décolla de Remus et s'allongea sur le lit, le lycanthrope sortit sa baguette, jeta un accio et un livre arriva dans ses mains, il s'assit contre la tête de lit et se concentra sur son lit en jetant de temps en temps des coups d'oeil à Harry pour savoir si il dormait.

-Moony, Moony, mais ils sont où tous ?

Remus sourit, ouvrit la porte grâce à un sort.

-Ah Amour t'es là, je retrouverais personne.

Sirius apparut devant la porte.

-Il est là aussi, je le cherchais, impossible de le trouver et après pareil pour toi.

-Il est là, donc fait attention à ce que tu dis.

-Il dort t'en fait pas. Il est venu te voir pour quoi ?

-Severus lui a dit la vérité pour Drago.

-Quoi ? Comment il a pu ? Il n'aurait pas dû, cette chauve-souris grasse il va voir.

-Non ! Il a bien fait, Harry était heureux de savoir, de connaitre la vérité. C'est mieux pour lui, lui cacher des choses n'est pas bon.

-Donc on doit lui dire pour nous.

-Je ne sais pas Sirius.

-Moony tu viens de le dire.

-Je sais mais il doit déjà porter le fait que je sois un loup-garou et maintenant en plus que je suis en couple avec toi.

-Il est assez fort pour supporter tout ça. Puis tu l'as dit toi même, c'est mieux pour lui de connaitre la vérité.

-Joues pas sur les mots Siri.

-Je ne répète que ce que tu dis amour, dit-il avec un grand sourire.

-Idiot.

-Alors tu es d'accord ? Bien sûr que tu l'es, tu veux crier sur tous les toits que tu as un merveilleux petit-ami, le plus beau, le plus intelligent, l...

-On doit pas parler de la même personne, dit Remus en riant.

Sirius le regarda offusqué avant d'éclater de rire à son tour.

-Chut, doucement, Harry dors, dit Remus.

Les deux adultes se calmèrent pour laisser leur enfant dormir tranquillement. Remus reprit sa lecture alors que Sirius sortit pour aller s'amuser avec Fred et George.

Harry se réveilla une heure plus tard, son oncle se trouvait toujours à ses côtés en train de lire. Le brun s'assit doucement et sourit à Remus. Ce dernier se renseigna sur l'état du jeune garçon, quand il fut rassuré il lui demanda ce qu'il voulait faire. Une fois choisit, ils partirent dans la chambre de George et Fred, en ouvrant ils trouvèrent Sirius les cheveux multicolores et tellement longs qu'ils touchaient le sol, George avait une longue barbe qui lui arrivait aux genoux, quant à Fred, celui-ci était maintenant noir de peau. Remus et Harry éclatèrent de rire, ce qui poussa les trois farceurs à lever la tête de leur parchemin.

-Oui ?

-Vous êtes très sexy, rit Harry.

-Moony me trouve toujours sexy.

-Si ça te fait plaisir d'y croire Pad, dit Remus avec un sourire.

-Vous en pensez quoi de ces inventions ?

-Pas mal, dirent en même temps l'oncle et le neveu.

-Bon par contre on ne sait pas encore combien de temps ça dure, dit George.

-On verra, il suffit d'attendre, s'exclama Fred.

-Moi je trouve ça drôle, je suis sûr que je peux attacher la chose grasse avec mes cheveux.

-Sirius laisse Severus tranquille.

-Mais Moony...

-Non tu le laisses tranquille, tu l'as déjà assez embêté pendant ces vacances. Et non je ne veux rien entendre.

Sirius se mit alors à bouder ce qui fit rire les jumeaux et Harry, Remus souriait, amusé. Une heure après, Molly les appela pour manger. Arthur, Ginny et Ron se mirent à rire en voyant la paire Weasley et Sirius, Molly leva les yeux au ciel, désespérée, quant à Severus il regarda l'animagus avec dégoût.

Après le diner, fort en amusement dû à l'accoutrement des trois Gryffondor, Harry et sa famille allèrent dans la salle de jeu. Sirius et Remus échangèrent un long regard puis le chatain hocha la tête et ils regardèrent alors Harry.

-Harry il faut qu'on te dise quelque chose, s'exclama Remus.

Le concerné retint un sourire, comprenant que ses oncles allaient enfin lui parler. Il décida toutefois de les embêter un peu.

-Je n'ai rien fait, je vous jure. Vous n'allez pas me punir ?

-Non Harry bien sûr que non ! Tu n'as rien fait, dit Remus.

-Vous... vous ne voulez plus de moi c'est ça ?

-Quoi ?! Mais non c'est pas ça ! dit Sirius surpris.

-Alors c'est quoi ? Pourquoi vous avez l'air aussi sérieux ? J'ai fait quelque chose qui vous a déçu ?

-Tu ne nous as jamais déçus.

-Oh c'est parce que je suis avec Fred, vous... vous désapprouvez ? Je... je suis désolé. M'en voulez pas.

-Harry..., commença Remus avant d'être coupé par Harry.

-C'est parce que je suis à Serpentard ?!

-Non... dit Sirius, ne pouvant ajouter un mot.

-Vous ne m'aimez pas ? Vous ne voulez plus de moi ? Je... vous ne voulez plus qu'on cherche le rat pour ne plus avoir à vous occuper de moi ? Vous voulez plus vivre avec moi ? Oh non vous voulez plus du tout me voir ! Je suis désolé je...

-Je couche avec Remus, s'écria Sirius.

Harry referma la bouche et retint les mots qu'il avait voulu dire, puis se mit à sourire.

-Je m'attendais pas à ce que tu le dises comme ça, mais ok.

-Oh tu le savais ! Tu l'as fait exprès sale Serpentard ! dit Remus amusé.

-Bien sûr que je le savais, vous étiez loin d'être discrets. Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi vous ne m'avez rien dit.

-Au début on ne savait pas comment tu allais réagir, on sait combien c'est mal vu par les moldus.

-Mais je suis avec Fred.

-C'est de ma faute après, je ne voulais pas que tu es trop de choses à porter, tu savais déjà que j'étais un loup-garou, je ne voulais pas qu'en plus tu portes sur tes épaules notre couple.

-Moony, ton problème de fourrure ne gêne que toi et les autres abrutis qui n'aiment rien. Et ouais tu es gay, Sirius aussi, moi aussi et ? Ca ne change rien.

-Je me demande comment on a eu la chance d'avoir un enfant si parfait, dit Remus en souriant.

-Pourquoi ne pas nous avoir dit que tu savais ? Demanda Sirius.

-C'était à vous de me le dire, j'attendais que vous soyez prêts.

Remus envoya un sourire tendre à Harry et Sirius ébouriffa ses cheveux avec un grand sourire.

-Tu nous as bien eus quand même, tu m'as fait peur stupide serpent, dit Sirius.

-C'était tellement drôle de voir vos airs paniqués et toi qui crie à la fin que tu couches avec Remus.

Remus se mit à rougir alors que Sirius éclata de rire. On frappa à la porte et celle-ci s'ouvrit sur Fred.

-Q'est-ce qui se passe ?

-Oh rien, ils m'ont enfin avoué qu'ils étaient ensemble.

-Vous étiez ensemble ? Oh en fait c'est pas si surprenant, après tout vous dormez dans la même chambre. J'aurai du comprendre.

-Mais t'es un gryffon, ils ne sont pas connus pour réfléchir.

-Harry, mon grand, tu es entouré de gryffon donc fait gaffe à toi, dit Remus.

-Pas faux, enfin en attendant un Serpentard n'aurai jamais crier "je couche avec Remus".

Remus se remit à rougir, Harry et Fred éclatèrent de rire, surtout quand ils virent Sirius faire un petit sourire d'excuse à son compagnon. Le roux s'installa dans le canapé.

-Bon si vous nous racontiez comment vous êtes tombés amoureux, dit Harry.

-C'est compliqué. Sans James on en serait pas là, dit Remus.

-Heureusement qu'il était là et Lily aussi, sinon ce vieux loup-garou serait en plus un vieux grognon, rit Sirius.

Ils expliquèrent alors qu'ils avaient toujours eu une relation particulière, Sirius était la personne la plus proche de Remus, la seule personne qu'il autorisait à le toucher, à être si près. Ils étaient très proches, Sirius rassura Harry en disant qu'il était aussi proche de James, que c'était son frère mais qu'avec Remus c'était différent, leur complicité n'était pas la même qu'avec les autres. Beaucoup de gens les prenaient pour un couple car il n'était pas rare de voir Sirius faire un massage à Remus pendant qu'il lisait ou encore de voir le brun allongé, la tête sur les jambes de son ami et celui-ci jouant avec les cheveux du jeune Black. Seul Remus arrivait à le faire travailler, à faire de lui ce qu'il voulait juste en disant "pour me faire plaisir", il était le seul capable de le calmer, de lui faire entendre raison, pas pour tout, mais pour beaucoup de choses. Quand l'héritier des Black était avec Remus il était plus calme, il se défoulait avec James mais quand il se retrouvait seul avec le lycanthrope il devenait plus modéré, plus posé. Ils lisaient ensemble, Sirius se mettant souvent derrière son ami pour lire en même temps, le même livre, ils préparaient des blagues contre James et Peter ensemble, ils faisaient des plans pour mettre Lily et leur ami ensemble, ils se promenaient dans le parc. Bien sûr quand les Maraudeurs étaint ensemble c'était plus bruyant, on les entendait rire, les blagues fusaient contre toute l'école mais le lien entre les deux canidés étaient différent, cela se voyait, Sirius défendait Remus contre tout le monde, si ce dernier faisait une bêtise, le brun se dénonçait à sa place alors qu'il était prêt à dénoncer James pour ne pas se faire avoir, il faisait tout pour que Remus rit, soit heureux, et il le faisait rire, tout le temps, avec un rien. Sirius faisait son maximum pour que son ami oublie sa condition, c'était d'ailleurs lui qui eut l'idée de devenir anigamus pour aider le loup-garou.

Le premier à se rendre compte de ses sentiments fut l'animagus, en cinquième année, il déprima et James s'en rendit compte et réussit à le faire parler, après ça il sortit avec encore plus de filles et garçons de Poudlard pour oublier Remus, celui-ci mit du temps à s'en rendre compte car il ne faisait pas attention à cela, pour lui il ne méritait pas d'être aimé ni de tomber amoureux à cause de sa condition.

Ce fut Lily qui lui fit comprendre que son amitié avec Black était plus qu'une amitié. Il mit du temps pour comprendre et pour accepter mais Lily et James, qui comprit rapidement, l'aidèrent à accepter cela, à accepter cette autre différence et son amour. Sirius fit le premier pas, peu de temps avant les vacances. Il avait la tête posée sur l'épaule de Remus, il l'avait relevée, lui avait prit le visage et l'avait embrassé, le châtain l'avait regardé, surpris, et le brun lui avait avoué qu'il l'aurait regretté si il ne l'avait pas fait, quitte à perdre leur amitié car il était tombé amoureux de lui, alors Remus l'avait embrassé à son tour.

Harry et Fred avaient un grand sourire pendant que Sirius et Remus racontaient l'histoire en se regardant dans les yeux et ils billaient d'amour, de joie, de bonheur.

-Vous étiez têtus quand même, Sirius tu as presque couché avec tout Poudlard car tu avais peur que Moony t'aimes pas et toi Remus tu étais tellement concentré sur ta condition que tu en oubliais ce que tu ressentais.

-On doit tout à tes parents, dit Remus.

-Et puis on leur a rendu la pareille puisque c'est grâce à nous qu'ils se sont mis ensemble.

-Heureusement qu'on a pas été aussi longs nous, dit Harry à Fred.

-Si ça avait été aussi long je t'aurais déjà sauter dessus.

-Pardon ? Dit Remus d'une voix menaçante.

-Euh je ne voulais pas dire sauter dessus, je l'aurai déjà euh... enfin. Bon si je lui aurais sauter dessus.

-Le courage des Gryffondor, souffla Harry dépité.

Sirius et Remus se mirent à crier sur Fred, qui devint tout rouge et qui était légèrement effrayé par leurs menaces.

-Stop, s'écria Harry. Je ne l'aurai pas laisser faire déjà, et vous vous calmez, à ce que je sache Sirius t'a presque sauté dessus pour t'embrasser donc gardez vos menaces pour des personnes qui ne savent pas votre passé. Bon maintenant si on jouait à la bataille explosive ? Et Pad tu triches pas, ne nie pas, je te connais. Fred tu peux aller chercher Georges et ton jeu.

Fred hocha la tête et se dépêcha de sortir.

-Pourquoi tu nous as arrêtés ? C'était drôle de le voir effrayé.

-Sirius tu aurais dû aller à Serpentard.

-Oh je te permets pas.

Harry lui fit juste un petit sourire qui fit tout oublier à Sirius. Ils jouèrent ensemble et furent rejoints par Ginny et Ron. Ils allèrent se coucher après minuit et le firent discrètement pour que Molly n'en sache rien.

Ils profitèrent de leur dernier jour de vacances pour être avec leur famille, la famille Weasley le passa à parler, faire des jeux ensemble. Remus, Sirius et Harry étaient dans la salle de jeu et s'amusaient ensemble ou écoutaient Remus leur faire la lecture.

Le dimanche ils eurent du mal à quitter Sirius, mais ils n'avaient pas le choix. Drago retourna à Poudlard avec Severus, Harry avec Remus alors que les Weasley prirent le Poudlard Express. Le brun alla à son dortoir et trouva Drago assit sur son lit, fixant un point devant lui. Il fit un sourire triste, son ami n'allait pas mieux et le temps n'améliorait rien. Il se mit devant son ami.

-Tu iras mieux, je ferai mon possible pour que tu te sentes bien, pour que tu reviennes parmi nous.

Mais rien ne se passa, le regard de Drago resta toujours désespérément vide. Harry souffla et donna donc un livre à son ami.

A l'heure du diner, il enleva avec douceur des mains du blond le livre et ils allèrent dans la grande salle. Pansy leur fit un sourire, Blaise un signe de tête et Théo prit Harry dans ses bras et fit un grand sourire à Drago. A table ils échangèrent des banalités, rirent doucement des bêtises de Théodore et allèrent dans leur dortoir. Pansy s'assit sur le lit de son petit-ami et celui-ci alla derrière elle.

-Vous m'avez trop manqué, dit Pansy.

-Hé hé devinez quoi ? Je ne suis plus puceau, je me suis tapé un de ces canons en plus, dit Théodore avec fierté.

-Vu que nous n'avons pas la même définition de canon je préfère ne rien demander, dit Blaise.

-A mon avis c'était une meuf laide qui a eu pitié de lui.

-J'aurai pensé à une prostituée.

-Une quoi ? Demanda Blaise.

-Chez les sorciers y'a en a pas bébé, rit Théodore, et c'était une sorcière donc je l'ai pas payée.

-C'est quoi une prostituée ? Demanda Pansy.

-Une femme ou un homme -mais c'est plus rare- qui vend son corps contre de l'argent. Elle attend sur un trottoir et un homme ou une femme, le client, vient la chercher en voiture ou à pied, le client la choisit parmi d'autres personnes et ils vont coucher ensemble ailleurs.

-Mais c'est horrible, dit Pansy horrifiée.

-C'est courant chez les moldus, les personnes qui n'ont rien pour vivre font ça et ne dorment pas dans la rue grâce à ça. Je ne dis pas que c'est bien, mais c'est comme ça.

-Donc mon histoire tout le monde s'en fou ?

-C'est exactement ça Théo, s'exclama Pansy.

-Comment il va ? Demanda Blaise en regardant Drago.

-Et nous sort pas l'excuse que tu as dite à Hermione, on le connait mieux que ça, il ne signe plus depuis quelques temps, ce n'est pas normal, expliqua Pansy.

-Il s'en prend toujours aux autres donc ça nous rassure un peu sur son état mais on s'inquiète quand même qu'il ne communique plus, dit Blaise.

-Ca va, il a connu mieux mais ça va.

Ils hochèrent la tête et se mirent à parler de leurs vacances, Harry leur dit que Remus et Sirius avaient enfin décidé de lui dire la vérité sur eux, ce qui fit rire les Serpentard. Ils parlèrent également des autres écoles présentes dans Poudlard, se moquèrent des filles et garçons qui faisaient tout pour attirer l'attention de Krum.

Le matin suivant, le premier réveillé fut le brun, suivit de Blaise et de Théo. Harry leur dit d'aller rejoindre Pansy, qu'il s'occupait de Drago, il attendit que ses amis partent pour ouvrir le rideau du lit de son ami.

-Drago on doit y aller, on a cours.

Mais le blond ne bougea pas, ses yeux restèrent fixés sur le plafond, Harry continua de l'appeler mais toujours aucune réaction. Il décida alors de s'approcher, à peine fit-il un pas que le bouclier de Drago s'activa, celui-ci se tourna, ses rideaux se fermèrent. Le brun fut blessé que le bouclier se soit activé face à lui mais il comprit aussi que sa magie souhaitait que le garçon ne bouge pas, se repose, alors il descendit, dit à ses amis que le blond ne voulait pas se lever et ils partirent prendre leur petit déjeuner.

Après ses cours il abandonna ses amis et partit voir son professeur de potion, il frappa à sa salle de classe et entra après l'autorisation de Severus.

-Oui Harry ? Comment va Drago ? Pourquoi n'est-il pas allé en cours aujourd'hui ?

-Je l'ai réveillé mais il ne bougeait pas, quand j'ai voulu le toucher pour qu'il remarque ma présence, son bouclier s'est activé et après ses rideaux se sont fermés. On doit faire quelque chose, il doit y avoir un moyen pour l'aider.

-A part entrer dans son esprit et l'aider à en sortir je ne vois pas. Mais on ne peut pas, à cause du sort qu'il a jeté pour proteger son esprit.

-Il m'avait dit que seul celui qu'il autorisait pouvait entrer dans son esprit, peut-être que je peux essayer ?

-Tu ne sais pas comment faire cela et c'est trop risqué pour toi, pour lui.

-Professeur je dois essayer, c'est mon meilleur ami, je vous en supplie, apprenez-moi comment faire, sans lui faire mal. Je sais que vous êtes inquiet pour lui aussi et vous savez aussi que c'est la seule solution et que je suis celui qui a le plus de chance de rentrer dans son esprit sans revoir mes pires souvenirs, celui que son esprit acceptera plus facilement. Et puis c'est vous qui m'apprendrez et le jour ou je serai prêt, je ne le ferai pas sans vous dans la pièce pour que vous puissiez intervenir au moindre problème.

Harry vit son professeur réfléchir mais ils savaient l'un comme l'autre que le brun avait raison, et celui-ci savait que Severus ne pouvait réfuter aucun de ses arguments.

-Et tes gardiens ?

-Ils penseront que je continue l'occlumencie, dit-il avec un sourire très Serpentard.

-D'accord, je t'apprendrais la legilimancie. Le mercredi je continuerai de tester tes barrières d'occlumencie et ensuite je t'enseignerai la legilimancie, ça te va ?

-Oui, merci professeur, dit le brun en souriant.

Il retourna à la salle commune des Serpentard, s'allongea sur le reste du canapé occupé par Blaise et Pansy et posa sa tête sur les jambes de cette dernière.

Le mercredi il participa à son premier cours pour entrer dans les esprits des autres. Severus lui expliqua tout ce qu'il avait à savoir sur cette pratique. Leurs premières leçons étaient théoriques et ils passèrent à la pratique quand le jeune Serpentard comprit tout ce qu'il y avait à savoir. C'était difficile et épuisant mais Rogue était patient avec lui.

Sinon le vendredi, avec tous ses amis, il s'entrainait toujours avec Remus et parfois Sirius et le dimanche était consacré à Aérin et la magie elfique. Il était assez occupé entre les cours, les devoirs, plus les cours supplémentaires, et il s'occupait aussi de Drago, il faisait en sorte que son ami ne reste pas à regarder un point fixe. Lui et les autres Serpentard servaient toujours le blond à table, lui faisaient ses devoirs.

D'ailleurs maintenant ce n'était pas rare que leur ami reste au lit toute la journée, dans ces moments Harry ne pouvait jamais se tenir à proximité, un bouclier l'en empêchant à chaque fois et seul le brun osait s'approcher. Il n'était pas rare également que Severus, après les cours ou pendant le week-end, soit dans le dortoir des cinquième année, avec son filleul, rideaux tirés, sort jeté dessus pour que personne n'entende et que personne ne puisse les tirer, il lisait à haute voix, faisait son maximum pour occuper Drago. Mais l'état du garçon resta au même point, qu'importe les efforts de son parrain, ceux d'Harry ou de ses amis. Pourtant cela encouragea davantage le jeune Potter à faire encore plus d'efforts en legilimancie.