Chapitre 4 – Les rumeurs

La nuit était tombée. Il faisait déjà bien noir. Valka s'étonnait que son fils ne soit pas encore rentré. Elle ne lui imposait pas d'heure en général. Mais là, il était déjà bien tard et son inquiétude ne cessait d'augmentait. Mais quand on frappa à sa porte, elle s'en étonna en premier mais fut soulagée. Elle ôta du feu son ragoût de mouton et alla ouvrir. Mais au lieu de voir son fils, elle vit un soldat du roi.

- Madame Haddock ?

- Oui ? fit-elle avec étonnement

- Je vous apporte des nouvelles de votre fils.

- Mon fils ? que... est ce qui lui est arrivé quelque chose ? s'inquiéta-t-elle

- Rien madame. Je suis juste venue vous prévenir de son départ. Sur ordre du roi, il est parti en mission.

- Son départ... ? pour...? mais... il ne m'a rien dit ! s'étonna-t-elle

- Le roi lui a demandé de partir tout de suite. Votre fils reviendra bientôt madame, soyez sans crainte.

- D'accord... merci beaucoup.

- Bonne soirée à vous madame.

Le soldat inclina légèrement la tête par respect envers une dame, et s'éloigna de la maison. À peine eut-il fait trois pas qu'il croisa Astrid, la salua brièvement, et poursuivit sa route. Astrid se rendait au même moment chez la mère d'Harold, la mine triste et inquiète. Quand elle aperçu Valka, elle lui adressa un sourire réconfortant.

- Bonsoir madame.

- Bonsoir Astrid... dit-elle avec une petite voix

- Il est venue vous avertir du départ d'Harold c'est ça ? devina-t-elle

- Comment tu le sais ? s'étonna-t-elle

- Puis-je entrais avant?

Valka fit donc entrer la blonde chez elle, curieuse de savoir ce qu'elle savait. Une fois la porte fermait et rassurait d'être qu'a d'eux, Astrid lui avoua ce qu'elle savait.

- Je viens de le voir.

- Ah bon ? ou ça ?

- Vers le côté ouest du château. Il portait une tenue de voyage et m'a dit qu'il partait en mission pour le roi.

- Le garde m'a dit ça aussi. Mais... quel genre de mission le roi lui a confié pour qu'il parte maintenant et ne puisse rien me dire ? ni même me dire au revoir ?

- Justement, j'ai un message de sa part pour vous.

- Vraiment ?

- Oui. Il me demande de vous tenir compagnie en son absence, car ça l'ennuie de vous laisser seule. Il voudrait aussi que vous sachiez qu'il est désolé de ne pas avoir pu vous prévenir.

- Oh, Harold... merci Astrid. C'est gentil de m'avoir dit ça.

- De rien madame.

- En mission donc ? hum... Je me demande qu'est ce que le roi lui a demandé de faire. Et quand il reviendra ? Le garde m'a dit qu'il reviendrait bientôt mais... c'est trop vague comme durée...

- Harold m'a dit qu'il sera de retour dans 1 semaine.

- 1 semaine ? tu sais autre chose ?

- C'est tout ce que je sais. Mais comme nous le savons toute les deux, il nous a demandé de ne rien dire à qui que ce soit. Sauf si quelqu'un u village demande ou il est passé, on doit juste leur dire la raison fourni par le soldat.

- Entendu. bon. Euh... tu restes dîner ? je n'ai pas le coeur à dîner seule ce soir. Avoua-t-elle

- Avec plaisir.

- Oh merci Astrid ! pour ce soir, j'ai fait du ragoût de mouton ! il est tout chaud ! et il en restera encore pour demain ! dit-elle avec bonne humeur

- Muuhh ! quelle chance ! souriait-elle

Valka lui souriait et commençait à mettre la table. Dès qu'elle eut le dos tourner, Astrid perdit son faux sourire et grimaça discrètement. La dernière phrase qu'elle venait de lui dire était un mensonge, car elle savait que la cuisine de Valka, surtout ses plats à base de mouton, était une torture à avaler et à digérer ! elle soupira alors discrètement en pensant à Harold

- Reviens vite Harold... reviens vite... je ne supporterai pas de manger du mouton pendant toute une semaine...

oO*Oo

À la base, Harold marchait plutôt vite. En à peine trois heures, il avait déjà fait un bon bout de chemin, s'arrêtant justes cinq minutes par-ci par-là pour souffler et boire un peu d'eau. Mais quand vient l'heure de s'arrêter pour camper, voila qu'il se mit à pleuvoir des cordes ! le jeune aventurier dut alors se trouver en vitesse un abri avant d'être trempé et tombé malade. Au pas de course, il trouva refuge sous un grand arbre solitaire et se protégea avec la couverture fournie dans son sac. Assez bien protéger de la pluie, et grelottant à moitié, il s'essaya, ramena ses jambes contre lui et en profita pour se restaurer. Repas modeste. Morceau de pain et porc salé.

La pluie ne cesser hélas pas de tomber. Harold n'eut pas d'autre choix que de rester sous son arbre avec deux options. Soit attendre qu'il arrête de pleuvoir pour se trouver un meilleur abri, soit rester là et s'endormir. Contre son gré, la deuxième option fut malheureusement choisie.

oO*Oo

Elle était là, tapie dans l'ombre, aussi discret qu'un chat guettant une malheureuse souris. Sauf que ce qu'elle fixe était bien plus gros, plus conséquent, plus alléchant qu'une minuscule souris. Perdue dans ce dédale aussi sombre que la nuit, le pauvre animal avançait encore, encore, et encore. Il ne savait pas qu'il était observé, ni qu'il venait de se condamner, jusqu'à se faire surprendre et que ses propres yeux se voilèrent.

oO*Oo

Le lendemain, le soleil était déjà levé et ses rayons orangés se refléter partout, faisant étinceler chaque goutte de rosé comme des perles d'or. Spectacle que seuls ceux qui savaient se lever tôt pouvaient apprécier. Ce qui était le cas d'Harold, lui qui était habitué à se lever de bonne heure. Baillant et s'étirant de tout son soul, Harold profita d'admirer ce spectacle d'un œil à moitié endormi, un léger sourire sur les lèvres.

- Au moins... ce voyage m'offre de beaux souvenirs. Se dit-il en se frottant les yeux.

Il se releva et grimaça légèrement car, fallait l'avouer, dormir de cette façon n'était pas habituel pour lui.

- Aie... la nuit prochaine, je me trouve un meilleur endroit... bon aller. Je mange un truc vite fait, et je continue.

Sortant de quoi déjeuner, il s'installa plus confortablement par la suite. Prenant ensuite sa carte, il établissait un aperçu de la distance parcouru et de celle encore à faire.

- Bon. D'après mes calculs... je suis là. Ce qui veut dire qu'en 4 heures de route... j'ai au moins parcouru une bonne petite distance. Et vu que je dois me rendre la... si je continue à ce rythme, j'arriverais peut-être avant le temps prévu à ce... donjon.

En pensant à sa destination, il fronça le regard, tout en mangeant son bout de pain.

- Un donjon. Ouais... Un donjon. Mais quel genre de donjon ? un château ? une tour ? ils m'ont même ne pas donné plus de détails là-dessus ! mais peut-être qu'ils n'en avaient pas eux-mêmes...

Puis ses pensées se tournèrent vers la mystérieuse clé de leur victoire.

- Et cette fille ? je me demande vraiment en quoi elle pourrait régler toute cette histoire ? a-t-elle un lien avec notre ennemi ? serait-elle magicienne ? Non. Non je crois pas.

Et comme pour le coup des informations manquantes sur le donjon, Harold eut un léger rire nerveux.

- Et encore une fois... ils m'ont même pas donné d'indices sur elle ! comme son nom ou comment elle est physiquement! je fais comment pour revenir avec la bonne personne moi ?!

Envisageant la possibilité de revenir avec la mauvaise personne, il se pinça les lèvres d'angoisse.

- La vache... si je me trompe, ma mère risque d'en subir les conséquences... comment ils n'ont pas pensé à ça !? Nan c'est genre « débrouilles-toi tout seul Harold ! » rageât-il par la suite.

Secouant sa tête de droite à gauche d'un air blasé, il se résonna lui-même.

- Bah de toute façon, quand j'aurais trouvé ce fameux donjon, il ne devrait pas y avoir des milliers de jeunes filles à l'intérieur ! allez. Assez discuter. Le temps presse et j'ai encore de la route à faire.

Rangeant toutes ses affaires, il reprit ensuite la route, l'esprit en proie à de nombreuses interrogations. Mais face à la beauté du monde au petit matin, il retrouva vite le sourire. Contrairement à ce qu'il redouté, le voyage ne fut pas gâché par le danger, des bandits, etc. Pendant les trois premiers jours qui ont suivi son départ, ça se résumer presque à de la randonnée !

- Remarque, ce n'est pas plus mal ! pas de soucis sur la route signifient que je reviendrais plus vite. souriait-il

Plusieurs heures de route plus tard, le début d'après-midi était là. Se retrouvant à quelques kilomètres de sa destination finale, Harold remarqua de loin que le décor, le paysage et l'ambiance changée. Faisant une pause pour se désaltérer et reposer ses jambes, il observait avec attention et contrariété ce qu'il voyait.

Au coeur d'une montagne d'apparence ordinaire et visiblement pas dur à arpenter, se trouver un petit fort à demi délabré et sombre, c'était le cas de le dire. Pas de muraille blanche et gris clair comme le château du roi Drago. Peu de végétation aussi. Y'avais bien des arbres feuillus et assez beaux, mais comparé à tous ceux qu'Harold avait croisés sur sa route, ceux-là n'avaient pas de beauté particulière. Ils étaient justes là, comme ça, pour faire plus ou moins joli dans le décor. En observant avec attention, Harold ne percevait aucune ambiance de vie là-bas.

- Mais qu'est-ce qu'elle ferait la dedans ? ça a l'air d'être plus désert qu'inhabité ! Nan vraiment, je comprends pas trop.

Son regard se tourna ensuite sur les alentours du domaine. Se fiant à sa carte, son regard se fronça quand il analysa un autre détail.

- Et puis... cet endroit est loin de tout ! la ville où village le plus proche est à deux jours de marche ! comment fait-elle pour vivre ? qu'on ne va pas me dire qu'il y a de quoi se nourrir dans ses montagnes ! ni de quoi boire je suppose. Et puis...

Son regard se tourna cette fois-ci vers la droite.

- Pour que je me rende là-bas, y a pas tellement de chemin accessible. La montagne empêche apparemment tout accès par les autres cotés. Le seul passage pour moi, c'est de traverser la forêt.

Il soupira, repris son sac et se donna du courage.

- Allez. On y est presque.

Contournant la montagne par le côté Est, Harold arriva enfin prés de la forêt. A vu d'oeil, elle n'avait pas l'air dangereuse. Mais en s'approchant de plus en plus, il remarqua la présence d'une personne encapuchonnée. Elle était assise sur un rocher, ne bougeait pas et s'agripper fermement à un vieux bâton de bois. Se rappelant les consignes du capitaine au sujet des personnes étrangères, Harold continua d'avancer, l'air neutre.

En l'observant avec plus d'attention, Harold nota que c'était un vieillard. Vieillard qui ne leva même pas le regard vers le jeune homme, et qui garda la tête baissé. Mais quand Harold passa devant lui, l'homme se manifesta d'une voix faible.

- Jeune homme... eurf eurf...

Se disant qu'il ne risquait rien, Harold se retourna vers lui.

- Oui ?

- Mon garçon... eurf. aurais-tu un peu d'eau et une miche de pain pour un pauvre vieillard ?

- Euh... bien sur. Tenez.

Il lui donna sans méfiance ce que l'homme venait de lui demander.

- Merci mon garçon. Tu es bien généreux. Surtout envers un étranger... ce qui n'est pas le cas de tout le monde dans ce pays.

- De rien. dites ? je peux vous poser une question ?

- Je t'écoute. qu'est-ce que tu voudrais savoir ? lui dit-il avec le sourire tout en commençant à manger et boire

- Ben... qu'est ce que vous faites là ? je veux dire... tout seul et... sur votre rocher ?

- Aaah... ça ? question intéressante, en effet. Vois-tu... je devais me rendre de l'autre côté de la forêt pour rejoindre la ville qui se trouve plus loin. Mais à cause d'un souci de santé, je me suis retrouvé là.

- Qu'est-ce que vous avez ?

- Rien de grave, mais qui peut être très embêtant. Je suis à court de vivre. Et de ce fait, je ne peux pas m'avancer dans la forêt. Je suis donc resté assis depuis un moment en cherchant une solution.

- Vous pouvez pas... ? mais attendez... la forêt regorge de denrées comestibles qui vous aurez permis de reprendre vos forces et atteindre votre destination non ?

- Hin... tu n'es pas du coin toi hein ?

- Non pas vraiment. Sa saute tant que ça aux yeux ?

- Si tu étais du coin, tu saurais que cette forêt est habitée, selon ce qu'on dit... par un mal qui s'attaque aux gens faibles.

- Aux gens faibles ? répéta Harold intrigué

- Oui. à cours d'eau et de nourriture, je me mets à tousser. Problème lié à l'âge et à ma santé. Donc si je rentre dans cette forêt en toussant allègrement, qui sait ce qui m'arrivera ?

Décidément, cette quête englober un sacré mystère à elle toute seule ! un donjon visiblement inquiétant, une résidente intrigante, et voila qu'on lui parle d'une forêt mystérieuse !

- Euh... ok mais... pourquoi vous empruntez pas un autre chemin ?

- Me vois-tu faire un long détour avec mon age et dans mon état de santé ? demanda calmement le vieil homme

- Non pas vraiment. Désolé. Question bête. S'excusa Harold

- Hin. Au moins ça me fait un brin de causette. Ria t-il amusait. Donc comme je disais, je pourrais m'aventurer dans cette forêt. Mais je peux pas, je tousse ! planté sur mon rocher, je cherchais donc une solution, et tentez par la même occasion de contrôler ma toux. Et puis... par je ne sais quel grâce du ciel, te voilà, et tu réponds avec générosité à une personne en détresse. Merci mon garçon.

- Bah. De rien.

- Au moins, grâce à toi, je vais pouvoir enfin continuer ma route sans craindre les bois.

- J'suis content pour vous. Bon eh bien... au revoir. Et reposez-vous bien. Salua-t-il avec amabilité

Deux pas en avant, et le vieux revient à la charge.

- Mais dis-moi mon garçon... tu te rends aussi dans cette forêt non ?

- Euh... en effet, mais... hésita-t-il

- Serais ce le donjon qui t'a poussé à quitter ton foyer pour un lieu dont tu ne connais même pas les rumeurs ? demanda-t-il avec un sourire en coin

- Euh...

Aie ! Ça sentait pas bon ça ! un vieux trop curieux qui se trouve bingo là où Harold devait passer ! mais combien de chance y avait sur terre pour que ça arrive précisément à lui ? et si proche du but en plus ?! bon, dans le pire des cas, si le vieux voulait trop en savoir, Harold n'aurait qu'a... l'occire ? peu habituel et contradictoire vu ses principes ! et puis il n'avait jamais eut à faire ce genre de chose ! mais pour la sécurité de sa mère, il n'hésiterait pas. Il usa plutôt d'un mensonge pour se sortit d'un éventuel guêpier.

- En effet. Même si a la base, je suis parti de chez moi en quête de liberté et de voyage. Et c'est justement sur mon chemin, que j'ai entendu une histoire sur ce donjon inexploré. Je suis donc venu mettre ma curiosité et mon courage à l'épreuve.

- Que sais-tu sur ce donjon, fils ?

- Eh bien...

Là, fallait savoir mentir. Vite, et efficacement.

- J'ai entendu dire... qu'un ogre monstrueux y aurait élu domicile. Et que seul le plus brave oserait s'aventurer sur ces terres, le mettre à terre et revenir dans la ville voisine avec la preuve de son exploit.

- Vraiment ? s'étonna l'homme avec un léger sourire

- Oui ! et même qu'à la clé, il y a une forte récompense ! parfait pour quelqu'un qui veut voyager loin. Conclut-il

Le vieil homme se mit à rire légèrement en guise de réponse. Son rire étonna Harold. comme si son mensonge n'avait servi à rien.

- Un ogre dis-tu ?

- Oui, un ogre. D'après ce que j'ai entendu.

Il se remit à rire.

- Mon pauvre garçon. Tu ne devrais pas te fier à des « on dit ».

- Et pourquoi ça ?

- Parce que les vraies rumeurs au sujet de cet endroit sont bien plus intrigantes et terrifiantes que celle sur un... monstrueux ogre. Répondit-il sans cacher son sourire

- Essayez-vous de vous moquer de mon courage ?

Autant jouer la comédie, là. Et en profiter pour avoir des informations manquantes sur ces lieux !

- Pas du tout mon garçon. Et c'est même très honorable pour un jeune de ton âge. Moi c'est plus le cas depuis... pfou ! bien longtemps. Seulement, si tu tiens à ta vie et continuer de voyager, tu devrais écouter ce que j'ai à t'apprendre sur ce donjon.

- J'écoute.

- Eh bien... à vrai dire, ce ne sont que des rumeurs. Même que j'ai l'habitude de passer par ce chemin pour mes nombreux aller-retour, jamais je n'ai vu de mes yeux ce qu'ont à si souvent dit.

- Et qu'a-t-on dit ? s'impatienta calmement Harold

- Eh bien... l'endroit serait habité par quelque chose de plus... énorme et effrayant qu'un ogre. Mais ce qui l'habite ne se manifeste que rarement. Vois-tu... La plupart du temps, tous les alentours sont plongés dans le calme. Et parfois, comme ça, on entend comme des hurlements horrifiques.

- Des hurlements ?

- Oui. Personne n'a su mettre un nom ou une description physique sur ce phénomène. Ceux qui ont tenté de gravir ces montagnes et s'approcher au plus prêt du fort ne sont pas redescendu. Sauf certains, plus chanceux. Et par chance, ou par démence, ils ont pu faire partager leurs impressions. Et tous disent la même chose.

- Qu'ont-ils dit ?

- Ils avaient l'impression d'être en permanence surveillé. Et de partout à la fois ! des sifflements, des ombres qui défilent, des bruits inquiétants, des éclats dans l'obscurité... et une ambiance de plus en plus pesante qui réussi à vous faire entendre votre propre battement de coeur... énuméra-t-il avec mystère comme s'il racontait une histoire

- Eh ben...

- Heureusement pour eux, ils ont vite pris leurs jambes à leur cou. C'est comme ça qu'on sait ce qu'il y a plus ou moins le haut.

- Erreur, puisque personne ne le sait, vous l'avez dit !

- Si ! c'est même une chose véridique !

- Ah oui ? et qu'est-ce que c'est ?

- L'envie de redescendre, pardi ! conclut-il soudainement.

Il fixait Harold du regard, attentif à sa réaction. Le jeune homme, lui, le regardait sans trop réagir. En vérité, Harold ne s'attendait pas à apprendre ce genre d'information ! est ce qu'au moins le roi le savait ? non mais quand même... le roi ne lui aurait pas ordonné d'aller dans un lieu dangereux sans le prévenir d'un truc pareil ! c'était pas dans la réputation du souverain. Non. y'avais un truc qui collait pas dans cette histoire. Qui croire alors ? son roi ? ou un vieillard ?

- Vous vous moquez de moi, là ? fit-il

- Pas du tout. ce que je dis est vrai, petit. Ne me reproche pas de vouloir mettre en garde un homme généreux !

- Mais... Tout ce que vous me dites... c'est insensé !

- Tu crois ça ?

- Oui ! il... il doit simplement y avoir quelque chose qu'un... ogre ou votre phénomène horrifique doit garder, et que personne n'arrive à avoir ! ou je sais pas moi ! s'emporta Harold, toujours lancé sur son mensonge

Le vieil homme retrouva alors son air sérieux et reprit ses déclarations mystérieuses.

- Eh bien... maintenant que tu soulignes ce détail, il y a une autre rumeur liée à ce fort.

- Pff. Une version différente c'est ça?

- Non. une rumeur en plus de celle que je viens de te parler.

- Ah bon ? et ça dit quoi cette fois ?

- À ce qu'on dit, quand le donjon est dans... « ses jours calme », certains de ceux qui sont revenu auraient juré avoir entendu une voix.

- Une voix ? quel genre de voix ? s'étonna-t-il à nouveau

- Une voix mélodieuse. Celle d'un enfant ou d'une jeune fille. Même lors de nuits sombres, ils l'ont entendu chanter, sans once de peur dans sa voix.

- Je vois. Et comme pour l'autre rumeur, personne ne l'a vu? Ils l'ont juste entendu c'est ça ?

- Oui.

- D'accord. Et que dit-elle cette voix?

- Certains ont parler d'incantation. D'autres disent que c'est une complainte. Certains en sont même jusqu'à aller dire que cette voix attirait de façon hypnotique les prochaines victimes de l'ombre, et qu'elle viendrait s'en prendre à eux par la suite, sans qu'il ne se souffre !

Ces rumeurs avaient de quoi te faire rebrousser chemin dis donc ! si Harold n'avait pas était envoyé là-bas dans le but de sauver son royaume d'une guerre sans victoire, jamais il n'y serait ! il le pensait vraiment. Pas par peur. Mais y'avais de quoi soulevaient de plus en plus de questions ! ses rumeurs étaient-elles vraiment fondées ? Harold pouvait-il croire ce que cet étranger venait de lui dire ? qui prouve que rien n'est un piège de sa part ?

Ne pouvant perdre plus de temps que ça, il décida d'approuver et d'accepter tout ce qu'il venait de savoir et de vite reprendre la route.

- Eh ben ! ce sont... de bien étranges rumeurs je dois dire. Mais je vous remercie de m'en avoir parler monsieur. À présent, je dois y aller. Au revoir. Conclut-il poliment l'entretien

- Tu tiens donc à monter la haut ?

- Oui.

- Rien de ce que je t'ai dit ne te fera changer d'avis ?

- Non.

- Et bien soit. Bonne chance mon garçon. Que ton courage reste la plus brave de tes armes.

- Merci. Fit-il en plus d'un salut de la tête.

Le vieux resta sur son rocher, finissant tranquillement sa collation. Il suivait du regard et avec un léger sourire le jeune forgeron qui venait de s'engouffrait dans la forêt.

- Peut-être réussira-t-il là où ils ont tous échoués, Oriane. Peut-être est-ce finalement... lui. Se dit-il