Chapitre 6 – Voici mon histoire

Elle venait de se transformer en dragon. Tenant fermement Harold entre ses pattes avant, elle volait lentement dans les airs, leur évitant une collision brutale avec le sol. Intérieurement elle était heureuse. Elle savourait pour la première fois cette liberté. Celle de rejoindre le monde, et aussi de libérer pleinement ses ailes. Quant à Harold, il avait cru perdre la raison quand il l'avait vu se transformer. Mais en réalisant qu'il était tenu par les pattes d'un dragon et qu'ils n'avaient pas heurté la terre, il se ressaisit, à demi paniqué de flotter ainsi dans les airs.

- HE ! REPOSE MOI ! FAIT MOI DESCENDRE ! TOUT DE SUITE ! hurla-t-il

Cassandra l'entendait, même sous sa forme draconique. Soupirant, et avec une crainte immense, elle plana vers le sol et le déposa délicatement sur la terre ferme. Harold recula avec hâte, la respiration haletante. Sa blessure au torse le lançait toujours et il évita d'y toucher. Avec des yeux ronds, il ne lâchait pas le dragon des yeux qui regagnait à son tour le sol. Progressivement, elle redevenait la jolie jeune fille qu'il venait de délivrer du donjon. La regardant avec incompréhension, il n'aurait jamais pu se douter qu'une fille comme elle pouvait devenir... une créature redoutée des hommes ! lui qui espérait un jour en voir un, il était servi !

Une autre question soulevait sa curiosité et n'arranger pas son état. Est-ce que le roi savait qu'elle pouvait devenir ainsi ?! son voyant ne le lui avait pas dit ou quoi ?! ou peut-être que lui-même ne le savait pas ? ou alors le roi le savait et n'avait pas voulu lui dire ? mais quel intérêt ? Harold se prit la tête dans ses mains et serra les dents, tellement il croyait que son cerveau allait exploser face à toutes ces questions!

Cassandra était redevenue elle-même, et regardait le jeune homme, les lèvres pincées et une crainte dans ses yeux. Elle jouait nerveusement avec ses doigts et osait pas trop prendre la parole face à l'air tortueux de son sauveur.

- Euh... Harold ?

Harold leva son regard vers elle, et la regardait sans rien dire. L'effarement et l'incompréhension dominaient son visage, ce que la jeune fille remarqua. Elle tenta alors de le rassurer

- Écoute Harold... je... n'ai pas peur. Je ne te ferais rien.

- Comment tu... tu... tu était... co... comment t'arrives à... bafouilla-t-il d'une voix légèrement aiguë

Cassandra grimaça et serra les dents en l'entendant parler avec cette voix. Les mains en avant, elle tenta de se justifier

- Ecoute, je sais que ça peut paraître... très effrayant, mais... n'ai pas peur, je...

- Mais j'ai pas peur. Rétorqua-t-il soudain avec calme

- Ah... ah bon ? s'étonna-t-elle

Un espoir commença à naître en elle. Rien n'était peut-être encore gâché ! Harold s'expliqua.

- Bah oui. Si tu étais une mauvaise personne où... dragon, tu m'aurais déjà tué dans le donjon. Et puis tu ne m'aurais pas sauvé la vie tout à l'heure. Dit-il simplement

- Alors tu... tu me crains pas ? dit-elle en s'avançant

Mais Harold recula d'un pas, encore un peu choqué. Cassandra avait vu son geste et était peinée.

- Apparemment, si... Dit-elle

- Cassandra, comprends-moi aussi, je...

Harold éclata.

- Puis merde quoi ! tu étais un dragon ! un dragon noir ! tu... tu volais !

- Ben oui, un dragon... ça vole. Confirma-t-elle en jouant nerveusement avec une mèche de cheveux

- Mais... comment c'est possible ?! ce n'est pas donner à tout le monde de pouvoir faire ça!

- Hum, ça, je confirme. Ajouta-t-elle en faisant des mimiques nerveuses avec son visage

Harold vit qu'elle était nerveuse et inquiète. Il n'aimait pas la voir comme ça, mais s'il la connaît depuis peu. Elle lui avait déjà montré un visage joyeux et il préférait largement la voir comme ça. et même en connaissant son... pouvoir, il n'avait pas peur d'elle. Pas plus qu'il ne devrait l'être. Certains se seraient enfuis en hurlant, d'autres auraient chargé sur elle pour la tuer. Mais pas lui. il savait qu'il pouvait lui faire confiance. Et puis un de ses rêves se réaliser, et son histoire l'intrigué beaucoup.

- Cassandra. Je suis convaincu que tu es une bonne personne! je suis juste encore... sous le choc. Alors le temps que je me calme et que je me soigne, explique-moi juste... comment tu peux faire ça ?

- Tu veux que je t'en parle ? ça t'intéresse ? s'étonna-t-elle

- Oui. Raconte-moi ton histoire, s'il te plaît. Demanda-t-il avec un sourire en s'asseyant sur l'herbe

- D'accord ! fit-elle plus joyeuse et soulagée

Elle s'essaya à son tour par terre, mais pas trop proche de lui. Harold lui fit une gentille réflexion un peu moqueuse.

- Est-ce que je sens si mauvais que ça pour que tu sois éloignée ?

- Non mais... comme tu m'as dit que tu étais choqué, je...

- Je n'ai pas peur de toi Cassandra. Approche. Insista-t-il avec le sourire

Son sourire s'intensifia, et rampant presque comme un bébé, elle se rapprocha de lui, et s'installa, les jambes en tailleur. Son comportement l'amusa et le rassura.

- T'est bien là ?

- Oh que oui ! assise dans l'herbe, au grand air, la chaleur du soleil sur mon visage...

Elle ferma les yeux, sereine, et inspira longuement

- Quel bonheur ! je sais enfin ce que c'est !

- Qu'entends-tu par « enfin » ? tu n'as jamais fait ça ?

- Non.

- Pourquoi ?

- C'est assez long à expliquer en fait...

- J'ai du temps devant moi. Le temps que je soigne ça... grimaça-t-il sur la fin

- D'accord. Alors par où commencer... alors déjà, j'ai toujours été comme ça. Depuis que je suis née, je suis sous l'emprise d'une malédiction jetée par une sorcière qui en voulait à mes parents. Et pour me protéger du monde et des mauvaises personnes, ils m'ont laissé la bas, à contre coeur. J'ai vécu ainsi toute ma vie, toute seule, pouvant me transformer en ce monstre quand je voulais, avec pour seul espoir qu'on vienne me sauver...

- Mais comment tu sais tout ça si tu étais seule depuis ta naissance ? s'étonna Harold, tout en grimaçant de la douleur de ses soins

- Parce que ma... mère m'a laissé une lettre dans la couverture qui m'enveloppé. Regarde, je vais te la lire.

De sa robe, elle prit une feuille de papier légèrement abîmé et la déplia soigneusement. Elle hésita un instant à lire le contenu exact de la lettre. Elle se mit à réfléchir très vite et trouva finalement quoi faire. Lire sa version, tout en conservant certains paragraphes d'origine. Avec un léger sourire, mais le coeur coupable, elle commença sa lecture.

« Ma précieuse Cassandra.

Il y a tant de choses que je voudrais te dire. Et la première c'est... je suis désolée.

Désolée de t'avoir abandonné dès les premiers jours de ta naissance. Désolée de ne pas pouvoir te voir grandir, désolée de ne pas avoir le bonheur de te prendre dans mes bras, de te consoler, de jouer avec toi, de t'enseigner ce que j'aurais aimé t'apprendre, de ne pas pouvoir te coiffer, te bercer, te coucher chaque soir, te couvrir de baisers...

Comme tu peux le lire, j'ai trop de regrets. Mais par le biais de cette lettre, je peux te révéler les raisons de cet abandon et de cette solitude qui t'accompagne depuis tout ce temps...

Il faut que tu sache que tu es sous l'emprise d'un maléfice, jetée par une horrible sorcière qui désirait se venger de moi et de ton père, le roi et la reine du Royaume de l'est. Ce qui fait de toi la princesse légitime de notre royaume.

Voulant à tout prix trouver le moyen de te protéger de ton sortilège, nous sommes aller voir l'ancien du village. Un homme qui possède une vaste connaissance sur la magie, bonne ou mauvaise. Lui seul détenait la solution. Cependant, le prix à payer était trop grand et nous brisé le coeur...

Pour te protéger du monde et de la cruauté des humains envers ce que tu es, nous devions t'abandonner dans cet effroyable donjon, qui est devenu ta demeure, et un moyen d'éloigner efficacement les intrus malveillants. Pour te protéger davantage, il t'a lancé un sort de protection qui t'empêche de quitter ces lieux et d'affronter le monde extérieur. Voilà pourquoi tu n'as jamais pu aller au-delà des murs de ta prison.

Cependant, l'ancien nous a révélé comment briser le sort de protection, et comment tout s'arrangera. Et cela nous a donné l'espoir, que tu dois absolument garder au fond de toi !

Il nous a prédit que quand tu seras plus grande, quand tu auras 18 ans, un jeune homme à l'armure d'ébène et aux yeux verts te trouvera. Il pourra alors t'emmener loin d'ici, et veillera sur toi. À ses côtés, tu retrouveras le chemin de la maison et là-bas, quelqu'un pourra briser ton sortilège. Car d'après l'ancien, cette personne ne pourra y parvenir que dans 18 années.

J'aurais tant aimer t'écrire plus, mais le temps nous fait défaut. Sache aussi que j'aurais aimé rester auprès de toi plus que tout au monde, même en connaissant l'ampleur de ton sortilège. Mais si je l'avais fait, je serais morte à l'instant où tu aurais posé les yeux sur moi. La sorcière nous a infligé ceci à moi et à ton père, en plus de ce qu'elle a déjà osez-te faire...

Nous nous sommes donc résigné à te laisser seule, dans l'espoir de te revoir un jour, libéré grâce à ce jeune homme. Cet espoir nous permet de nous maintenir en vie.

Je me languis que ce jour arrive, mon ange. Malgré l'injustice de ton sort, reste forte, patiente et courageuse ! tout s'arrangera et nous serons de nouveaux réunis ! sache que moi et ton père t'aimons de tout notre coeur. À bientôt ma princesse...

Ta mère, la reine Oriane. »

Harold avait écouté attentivement, et en avait abandonné ses soins. Il eut de la peine pour elle. Ainsi donc, c'était une princesse victime d'un maléfice? Elle avait été séparé des siens à cause de ça et avec vécue toute seule, avec pour seule explication une lettre laissée par sa mère ?

De par sa solitude, il comprenait mieux son excentricité, sa façon de parler... pas étonnant quand on vit 18 ans toute seule ! l'attitude « normale » à avoir ne lui était pas familier. en même temps, il aimait bien ce petit côté inhabituel. C'est ce qui lui donnait sa force et son caractère. Fallait pas qu'elle perde ça. Il l'a trouvé aussi très courageuse. Accepté ce sortilège et apprendre à le maîtriser aussi toute seule, ça demande beaucoup de courage. Surtout depuis le berceau...

Il commençait aussi à comprendre certaines choses. Notamment ce que l'ancien lui avait raconté. Les pièces s'assemblaient légèrement dans sa tête. L'ombre noire... n'était en fait qu'elle sous sa forme dragon. Les hurlements que les gens entendaient étaient ses lamentations. Tout. Tout ce qui se rapportait à ce « mal »... c'était elle. C'était le dragon. La jeune fille et le dragon n'étaient qu'une seule et même personne. Simplement perçu différemment par les voyageurs.

Et voilà donc pourquoi elle avait ce drôle d'air quand il l'avait entraîné vers la sortie et qu'il lui avait dit qu'il l'emmenait loin du donjon. Son sort de protection. Personne d'autres pouvait le briser, et la faire sortir. Harold comprit aussi l'importance de son propre rôle. Les yeux verts, son armure noire... C'était lui, et lui seul. Personne d'autre.

Lui qui avait tant rêvé de liberté et de voyage depuis des années, il se rendit compte que Cassandra devait rêver encore plus fort de tout ça. Il la regarda alors avec un sourire triste et compatissant. Cassandra enchaîna ses explications tandis qu'elle rangeait soigneusement sa lettre.

- Je n'ai jamais appris à lire, mais mes pouvoirs m'ont donné cette chance de savoir ce qui était écrit. Je n'ai pas d'autres explications. Tu te dis que j'aurais pu la détruire accidentellement quand j'étais bébé et que je ne contrôlais pas pleinement mon pouvoir, mais aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours senti cette lettre auprès de moi. je savais que c'était quelque chose d'importante. Et puis elle avait un parfum, probablement celui de ma mère. Ça lui donnait une plus grande importance à mes yeux. C'est ce que je comprenais. Je suppose que mon pouvoir m'a donné une intelligence plus... vive que les autres personnes. Sans te vexer bien sur.

Elle jeta rapidement un coup d'oeil sur sa blessure.

- Tu veux que je m'en occupe ?

- Nan t'inquiète. Et oui, si tu veux. Répondit-il d'un sourire

- Ok. Souriait-elle

Elle s'approcha et commença à nettoyer les vilaines griffures peu profondes.

- Dis-moi...

- Oui ?

- Comment t'a fait pour survivre ? je veux dire... pour te nourrir ? et même pour te vêtir ! cette robe ne viens pas de toi, si ?

- Hin. Disons que... en ce qui concerne la nourriture, si. J'ai dû apprendre à chasser le gibier qui passe dans le donjon. J'ai agrandi volontairement certains murs pour les attirait et les laisser entrer. Expliqua-t-elle avec sérieux

- Ah.

- Mais le plus souvent, je trouvais un panier de provisions prés de la porte. Je n'ai jamais vraiment su qui me l'apporter. Tout ce que je sais, c'est que ces personnes étaient encapuchonnées.

- Enca...

Harold pensa directement au vieillard. Était-ce une coïncidence ? avait-il un lien avec elle ?

- Je pense même savoir qui ça pouvait être.

- Ah oui ?

- Oui ! je suis sure que c'était mes parents ! qu'ils veillaient sur moi, mais à leur manière ! c'est surement ça ! et comme je savais que je ne devais pas croiser leur regard, je veillais toujours à être cachée. Ainsi, jamais ils ont su que je les voyaient ! expliqua-t-elle avec enthousiasme

- Oui, sans doute. Aie !

- Oops pardon ! je suis tellement contente de raconter tout ça à quelqu'un... désolée... s'excusa-t-elle avec un sourire timide

- Ce n'est rien... sourit-il

- Hihi... et pour ma robe, elle était un jour dans un des paniers qu'ont me laisser. Ces gens ont veillé à ce que je ne manque pas de certaines choses.

- Mais tu faisais quoi de tes journées ? tu devais t'ennuyer à mourir !

- Bah... un peu. Mais la plupart du temps, je m'entraînais à maîtriser mon pouvoir comme je pouvais. Du moins pour savoir me transformer. Ce qui me prenait pas mal de temps. Et quand j'y arrivais, je m'entraînais à faire toute sorte de chose sous ma forme reptilienne. Après en tant qu'humaine, je jouais, je chassais, je lisais les livres qu'on me donner, j'imaginais plein de chose du monde extérieure, je chantais...

- Tu chantais ? l'interrompit Harold

- Euh... Oui... Une chanson que j'ai moi-même inventée pour celui qui réussirais à me faire sortir. Avoua-t-elle timidement

- Vraiment ? je peux l'entendre ?

- J'ai... hihi. j'ai jamais chanté devant quelqu'un...

- Oh aller Cassandra ! d'après les rumeurs, ta voix est mélodieuse ! je peux l'entendre pour de vrai ?

- On a dit ça ?

- Oui. allez s'il te plaît !

- Bon d'accord... hihi...

Elle se racla discrètement la gorge, nerveuse, et chanta sa chanson tout en continuant de soigner Harold, qui lui, l'écouter avec le sourire et attention.

J'attends que tu viennes, toi mon chevalier

À l'armure d'ébène, pour me délivrer

Et que tu m'emmènes, loin de cette prison glacée

Et que j'obtienne ma liberté

Par delà les collines et les forêts

M'attend un monde étranger

Que je découvrirais avec toi

Sans regret de quitter cet endroit

À jamais je ... je...

Elle s'arrêta, les joues rouge. Encore une fois, elle réfléchissait. Sa chanson ne se terminer pas là. Il y avait encore un autre couplet, mais qu'elle ne pouvait pas chanter devant lui. Et ça, pour les mêmes raisons qui l'ont poussée à ne pas lui lire la lettre entièrement. Elle conclut sa phrase par un silence dissimulé dans un petit rictus amusée. Harold s'en étonna.

- Bah pourquoi tu t'arrêtes ?

- Parce que je n'arrive pas à trouver une suite à ma chanson. À chaque fois je bloque sur ces paroles. Voilà tout !

- Ah ? bah dommage. Sinon, les gens avaient raison. C'était un plaisir de t'entendre chanter.

- Oh c'est vrai ?! s'enthousiasma-t-elle merci Harold ! c'est bien la première fois qu'on me fait un compliment ! enfin... si on peut dire ça...

- Ne t'en fais pas. quand tu retrouveras ta famille, tu en auras certainement d'autres de leur part !

- Ça doit être fantastique d'avoir une famille ! parle-moi de la tienne !

- Euh... eh bien, je vis seul avec ma mère. Quant à mon père, il est mort y'a longtemps au combat. Je n'ai pas d'oncle, de tante, de cousin et de cousine. Et... je suis fils unique. Voilà.

- Oh. Je suis navrée pour ton père...

- Je l'ai connu assez longtemps pour me souvenir de lui et de ce qu'il m'a appris d'essentiel. Heureusement, j'ai encore ma mère. Elle est tout pour moi. Elle est tout ce qui me reste comme famille. Sans elle... je suis seul.

- Oh...

Elle le regardait avec une certaine envie. Elle qui n'avait eu personne pendant de nombreuses années, qu'aurait-elle pas fait, ou donnée, pour avoir ne serait-ce que sa propre mère, son père ou n'importe qui pour lui tenir compagnie ? et puis, il n'avait pas énoncé le nom d'une personne cher à son coeur, du moins le nom d'une fille qu'il aime. Curieuse de savoir, elle posa une autre question.

- Quand tu dis seul... tu veux dire... qu'il n'y a personne d'autre pour qui tu tiens en particulier ? comme... une amoureuse ?

- Euh...

A vrai dire, pour Harold, le sujet était assez flou. Il avait Astrid. De toutes celles au village, il n'y avait qu'avec elle qu'il avait des liens. D'amitié du moins. Surtout depuis qu'il lui avait sauvé la vie. En revanche, pour Astrid, elle semblait ressentir autre chose que de l'amitié. Le baiser qu'elle lui avait donné le soir de son départ en témoigner. Elle comptait pour lui, et elle avait l'air de tenir également à lui. et puis quand elle l'avait embrassé, ça ne l'avait pas laissé indifférent sur l'instant, même s'il n'avait rien dit tellement c'était surprenant. Et puis sur la route, il n'y avait pensé que peu de temps avant de laisser sa quête submerger son esprit.

Mais maintenant qu'on lui posait la question, ça l'intriguait. Bon. Il n'y avait rien entre lui et Astrid. Mais s'il devait faire un choix pour se marier avec quelqu'un, se serait avec elle, si elle, elle voulait bien de lui. Et vu les regards et les sourires qu'elle lui accorder, en plus de ce baiser, une réponse négative de sa part n'était pas envisageable. Et il savait que sa mère serait enchantée de l'avoir comme bru. Mais est-ce qu'il ressentait de l'amour pour Astrid ? ça restait un mystère pour lui dans la mesure où il ne c'était jamais intéressé à ce sujet. Inconsciemment, il devait en ressentir.

Il repensait alors à ce qu'elle lui avait dit, juste après l'avoir embrassé.

- Ça c'est pour... t'encourager à revenir plus vite...

Son air timide, son regard fuyant, ses joues rouges... tous ces détails lui trottait en tête. Un léger dilemme se présenta alors à lui.

À son retour, devra-t-il aller de l'avant envers Astrid ? le destin semblait lui indiquer que oui.

Il recroisa le regard intrigué de Cassandra, qui attendait patiemment une réponse.

- Eh bien... on peut dire que... quand je dis seul, ça veut dire sans plus aucun membre de ma famille issue du mariage entre mes parents. Mais sinon, oui, j'ai quelqu'un. Elle s'apelle Astrid.

- Oh... Fit-elle apparemment déçue de la réponse

- Ça va pas ?

- Hein ? oh, si ça va. c'est juste que... je ne sais pas ce que c'est que l'amour. Et ce de n'importe qu'elle manière. Donc... je t'envie aussi pour ça. d'avoir... quelqu'un que tu peux aimer...

Harold eut de la peine pour elle. Voyant alors le regard peiné de celui qui venait de lui offrir la liberté, et ne supportant pas de voir ce sentiment dans ces beaux yeux verts, elle secoua légèrement sa tête et retrouva vite sa bonne humeur.

- Bon. Et toi ? tu me disais tout à l'heure que... tu étais envoyé par ton roi pour... me sauver et m'emmener quelque part ?

- En effet. Je...

- Mais comment vous avez su où je me trouvais au fait? le coupa-t-elle subitement

Harold devait faire attention à ce qu'il allait lui dire. Si elle apprenait les vraies raisons de son sauvetage, elle ne voudrait alors pas le suivre et les aider contre la menace de guerre. Et sa mère payerait surement très cher. Et puis de toute façon, Drago lui avait dit qu'il donnerait lui-même la vraie raison à la jeune fille

- Euh... je ne sais pas comment ils ont su. on me l'a pas dit.

- Ah bon ?

- Oui. On est juste venue me chercher, et on m'a dit d'aller jusqu'ici chercher une jeune fille en détresse et de l'emmener jusqu'à mon royaume.

- Ton royaume ? mais... pourquoi tu ne m'emmènerais pas plutôt jusqu'au château de mes parents puisqu'on sait qu'il est à l'est ?

- Disons que... je n'aurais pas le stock de nourriture nécessaire pour un tel voyage. Ce que je te propose, c'est de me suivre jusqu'au château de mon souverain, de lui expliquer ton cas, et nous pourrons alors t'emmener là-bas plus rapidement.

- Rapidement ? Hin. Harold, je suis un dragon. Je suis sans aucun doute plus rapide que des chevaux ! affirma-t-elle avec fierté

- J'en doute pas, mais dans ce monde, les dragons sont mal vus. Si on te voit, ont te tireras dessus et on voudra ta mort, te prenant pour ... une menace...

Le dernier mot de sa phrase fut dite sur un murmure. Il venait de comprendre. Le roi devait savoir pour son pouvoir et voulait s'en servir contre l'ennemi ! surement pour les effrayer ou pire, pour les massacrer.

- Harold ? ça va ?

- Oui oui. bon. Euh... je te remercie pour les soins au fait.

- Mais je vous en prie messire !

- Hé non ! pas messire j'ai dit ! Ria t-il

- Hihi. Alors... nous y allons ?

- J'allais te le proposer.

- Alors en route ! s'exclama-t-elle joyeusement en se relevant

Harold la regardait avec amusement, avant de se lever à son tour, aider par celle qui sera sa compagne de route.