Musique : Top of the world - The Carpenters
Je veux croire – Anaïs Delva
Chapitre 7 – Un monde qui s'ouvre
Au château, le roi n'était pas bien. Il ne dormait plus trop, car son esprit était obnubilé par les images de ce dragon noir. Il n'arrêtait pas de ce demander pourquoi cette jeune fille avait un quelconque lien avec une créature aussi puissante. Imaginant toutes les explications possibles sans en avoir une réponse valable, et ne trouvant plus le sommeil, ni de paix, il retourna auprès de son miroir nouvellement acquis.
Cet objet commençait aussi à exercer sur le roi un étrange mal. Drago commençait à ne plus savoir penser, réfléchir ou ordonner sans avoir auparavant consulté le miroir. Beaucoup commençaient à s'en apercevoir, mais n'osaient rien dire. Seul le capitaine avait émis a son roi cette constatation. Mais Drago avait détourné la conversation, tout en affirmant qu'il se faisait des idées et qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Le capitaine avait donc accepté l'excuse, mais rester méfiant sur un futur sombre qu'il sentait progressivement venir...
Debout devant son miroir, Drago le regardait avec silence. Son reflet lui offrait la vision d'un homme en manque de sommeil et tirailler par les innombrables questions qu'il se posait à lui-même, comme l'en témoigner ses yeux creuser et cerner, ainsi que son air plus sombre. Ayant pris le soin de s'enfermer dans la salle où l'objet enchanté se trouvait, et c'être assuré d'être seul, il prit alors une profonde inspiration, les yeux clos et formula sa question.
- Miroir... apaise mon esprit tourmenté. Dévoile-moi toute la vérité au sujet de cette jeune fille et de ce dragon...
Le reflet du roi épuisé disparut alors. le miroir lui offrit alors de nombreuses images qui se suivait lentement dans un ordre chronologique.
Un roi et une reine qui fêtait joyeusement la naissance d'une petite fille... Une sorcière qui faisait interruption dans la chambre de l'enfant et qui lui lançait le sortilège sous les yeux de ses parents avant de disparaître grâce à sa magie noire... Les parents inquiets qui allaient voir un vieux sage pour demander de l'aide... Le vieux sage qui indiquait quoi faire sous le regard des parents qui acceptait tristement... Les parents qui abandonner l'enfant dans le donjon... La reine qui pleurait... Le bébé qui grandissait et qui se changer en petit dragon noir... L'enfant qui grandissait et qui jouait... Qui pleurait recroquevillé sous sa couverture... l'enfant qui regardait une feuille de papier avec le sourire et un regard empli d'espoir... l'enfant qui chanter une douce chanson en fixant le ciel... L'adolescente qu'elle était devenue qui se changer en un dragon noir plus grand et plus puissant, et qui chasser un pauvre sanglier égaré...
Les visions s'arrêtèrent sur ses images sanglantes. Drago regardait à présent son trésor avec un regard perplexe, la bouche entrouverte. Il respirait fortement, et se murmurer ses propres constatations.
- Le dragon... c'est elle ? oui... c'est elle... Elle peut se changer ainsi par... magie... ? une malédiction donc... ça me paraît logique en effet... bon sang, c'est juste... incroyable...
Drago fronça légèrement le regard, et eut une autre question en tête.
- Miroir, où se trouve la personne qui a jeter le maléfice sur cette fillette ?
Le miroir lui indiqua alors ou se trouver la sorcière. Drago la voyait dans sa tanière cachée, occupait à concocter une étrange mixture dans son vieux chaudron. Le regard du roi devint alors un peu plus sombre et un léger sourire se dessinait sur ces lèvres, alors qu'il continuait de murmurer.
- Elle est toujours vivante... Et je sais où elle se trouve... Parfait... Il faudrait que je la fasse venir ici. Mais comment neutraliser ses pouvoirs une fois qu'elle sera ici et que j'aurais ce que je veux ? hum... le vieux sage...
Son regard dévia de nouveau sur le miroir. Inconsciemment, il posa sa question d'une voix plus grave et plus sévère
- Miroir ! indique-moi le lieu où se trouve le vieux sage, qui a indiqué aux parents de la jeune fille où la cacher !
Comme pour la sorcière, il lui indiqua ou se trouvait le vieil homme. Dans un royaume situé à l'Est du sien.
- Le royaume du roi Henri et de la reine Oriane. Ainsi donc... ce sont eux les parents de cette petite. Et bien grâce à moi, ils auront de nouveau leur précieuse fille après qu'elle soit venue me rendre une petite visite. Miroir ! où se trouvent Harold et la princesse ?
Il lui montra à nouveau une image. Celle du jeune homme et de la princesse qui marchaient côte à côte, tout en souriant et discutant. Ils se trouvaient à trois jours de route de son château.
- Il revient. Et avec elle. Il a donc réussi. Excellent... il me reste donc trois jours pour faire venir cet homme et cette femme.
Il fit demi-tour et sortit de la pièce, la referma à clé, la rangea dans l'une de ses poches et murmura encore une fois ceci à lui-même, accompagné d'un rictus inquiétant.
- Au travail...
oO*Oo
Comme l'avait montré le miroir, le forgeron et la princesse avançaient donc sur le chemin du retour. Cassandra s'émerveillait du paysage et de tout ce qu'elle voyait et découvrait. Elle appréciait aussi la chance de pouvoir se dégourdir les jambes. Tout cela en discutant de tout et de rien. Elle savourait aussi le fait d'avoir pour la première fois une vraie conversation avec quelqu'un. Harold était plus sous l'effet de l'amusement que de l'exaspération. L'enthousiasme et les sourires de la jolie blonde l'amuser beaucoup. Et ça ne le dérangeait pas de répondre à ses questions. En retour, il en avait pour elle, et elle lui répondait joyeusement. La conversation était donc équitablement partagée.
- Il est loin ton château ? il doit être plus grand que mon donjon ! et plus beau aussi ? non ?
- Hin. Ah ça oui qu'il est grand. Avec plein de tours et de murailles blanche et grise. Et nous l'atteindrons à 3 jours de route.
- 3 jours ? hum... Je suis sur qu'à vol de dragon, on y serait déjà avant la tombée de la nuit! Affirma-t-elle avec entrain
- Cassandra... soupira Harold
- Je vole très vite tu sais ! du moins je suppose vu que je n'ai pas pu voler librement durant 18 ans... et y'avais pas assez de place pour déployer librement mes ailes... mais si je pouvais vraiment le faire, crois- moi, tu serais étonné ! argumenta-t-elle
- J'en doute pas. Mais c'est à éviter. Je tiens à te ramener vivante et pas... transformer en passoire.
- Je sais bien Harold. Je sais bien...dit-elle avec une moue triste
- Cass...
- Bon. Changeons de sujet ! le coupa-t-elle soudainement avec une gaieté retrouvée.
Harold était par moments déconcertés de son changement brutal d'émotion ! en quelques secondes elle pouvait passer de la tristesse à la joie !
- Alors... euh... est ce que tu sais à quoi ressemblent mes parents ? est ce que tu as déjà eu l'occasion de les rencontrer durant un de tes nombreux voyages ? ils doivent être gentil ! tout comme ton roi, non ? et...
- Cassandra. Dis-Harold dans le vent
- ... tu crois que je ressemble à ma mère ? ou à mon père ? oh la la ! de qui je...
- CASSIE ! s'exclama-t-il en lui attrapant soudainement les épaules
Elle ne s'arrêtait plus, et il fallait qu'il la stoppe. Il n'avait pas prévu de la stopper ainsi, ni de lui crier dessus en l'appelant par un diminutif. La jeune fille le regardait avec la bouche entrouverte de surprise, et sans plus rien dire.
- Cassie. Calme toi, s'il te plaît. Formula-t-il gentiment avec un léger sourire
- Je suis calme ! pourquoi tu me crie dessus ?! et pourquoi tu ma appeler comme ça ?! Cassie ! je m'appelle Cassandra ! je t'appelle pas... euh... Haro, que je sache ! s'emporta-t-elle avec étonnement
- Quoi ? je te crie pas dessus enfin ! et puis Cassie, c'est un diminutif !
- Un quoi ?
- C'est... une façon d'appeler ceux qu'on aime bien par un prénom... amical, mignon et plus court. Et c'est plus sympa, non ?
- Ooh ? tu m'as donné un diminutif ? parce que tu m'aime bien ? comprit-elle avec joie
- Ben disons que... je te trouve vraiment sympathique et... je trouve que ça t'allait bien. Mais si tu veux pas... je continuerais à t'appeler Cassandra.
- Non, non, non ! au contraire ! je l'adore ! c'est... c'est la première fois qu'on m'en donne un ! et puis certainement que ma mère me l'aurait aussi donné si... commença-t-elle avec joie
Et de nouveau son visage changea d'expression.
- ... si j'étais resté auprès d'elle... termina-t-elle tristement
Elle croisa de nouveau le regard vert du forgeron. Elle y aperçu de nouveau de la tristesse et de la peine. Elle ne supporter vraiment pas ce sentiment !
- Je... pardon Harold. Au lieu d'être toujours triste sur le passé, je devrais me réjouir du présent et de la chance que j'ai. Grâce à toi, je vais enfin pouvoir les voir, les connaitre... et avoir tout ce que je n'ai jamais eu, ni connu...
- Ne t'en fais pas. tout s'arrangera très vite. je te promets que tu auras enfin droit au bonheur que tu attends.
- Tu... me le promets ? vraiment ?
Harold eut un leger rire amusé. Il s'agenouilla au sol, le poing sur le coeur, en tout bon acteur pour faire le serment du chevalier. Cassie le regardait avec étonnement et un sourire amusée
- Sur mon honneur, Princesse Cassandra, je vous promets de tout faire pour vous amener jusqu'à vos parents, et que vous accédiez au bonheur et à vos rêves.
- Hihi... relevez-vous mon preux chevalier ! votre princesse vous... l'ordonne...
Son regard semblait alors plongé dans la réflexion.
- Cassie ? ça va ? s'inquiéta Harold en se relevant
- Princesse... c'est vrai... j'en suis une... dit-elle plus sérieusement
- Et ça te fait quoi de savoir ça au fait?
- Je n'en sais rien... je dirais... Bizarre. Y'a beaucoup trop de choses que je ne sais pas et... en ce qui concerne ma... royauté, j'ai peur de ne pas être à la hauteur de ce qu'on pourrait attendre de moi. Une princesse. C'est pas rien ! c'est comme les rois et les reines ! c'est important ! répondit-elle
- Sans aucun doute.
- Dis... Tu crois que mes parents m'aimeront quand même ? malgré... ce que je suis ?
Harold fronça gentiment le regard et lui adressa en sourire sincère tout en lui prenant ses mains.
- Écoute-moi Cassandra. Il t'aime depuis ta naissance. Ils ont tout fait pour te protéger. Je ne vois donc aucune raison pour que ça ait changé au bout de toutes ces années. Ils seront ravis de te retrouver. Quand ton sortilège sera lever, tout s'arrangera.
- Quand tu me dis tout ça de cette manière Harold, tout semble si facile... si convaincant. Tu sais quoi ? je vais garder en tête cet état d'esprit ! je te promets en retour de ne plus désespérée et de ne plus être triste jusqu'à la fin du voyage !
- Merci Cassie. Parce que je dois bien t'avouer que je n'aime pas te voir triste. Je préfère quand tu souris.
- Merci. Allez, continuons.
Elle lui posa une nouvelle question, alors qu'ils reprenaient tout juste la route.
- Mais dis-moi ? pourquoi tu a... crié tout à l'heure ? j'avais fait quelque chose de mal ? s'inquiéta-t-elle
- Heu... non, mais... comment dire... ce n'est pas méchant, et ça peut se comprendre, mais... tu n'arrêtais pas de me poser des tas de questions à la fois, et je n'avais même pas le temps d'y répondre que tu m'en reposais déjà d'autres !
- Oh ? oops... désolée Harold... s'excusa-t-elle
- Ce n'est pas grave. Mais... dans une discussion, on pose une question et dès qu'on a la réponse, on en pose une autre. C'est comme ça que ça marche. Tu comprends ?
- Oui Harold. Alors... euh... bah je sais plus quoi demander du coup ! Ria t-elle embarrassait
- Je peux déjà répondre aux questions que tu m'as déjà posé. Alors... non, je n'ai jamais rencontré tes parents et je ne sais rien sur eux. Mais je suis sur qu'ils doivent être de bons souverains, à l'égard du mien. Ensuite... je suppose que tu dois ressembler à ta mère. Et...
- Euh... désolée si je te coupe, mais pourquoi plus à elle qu'a mon père ?
- Les filles ne ressemblent-elles pas plus à leurs mères qu'à leurs pères ? bon après, ce n'est ce que les gens disent en général. Moi je n'ai pas eu de sœur. Donc voilà. Et... quant à mes voyages, sache que celui-là est mon tout premier.
- Ton premier ? tu n'as donc... aucune expérience du monde extérieure aussi ?
- En un sens... oui.
- Mais alors... pourquoi ils t'ont envoyé toi et pas quelqu'un qui... avait déjà l'habitude de voyager ? non pas que je soit déçue de mon sauveur, mais... ça m'intrigue assez.
- Humpf. Sans le savoir, je devais avoir les compétences qu'il fallait pour faire cette quête. Bon allez. Assez marcher pour aujourd'hui... on s'arrête pour camper. Déclara-t-il
Le soleil commençait à se coucher, et dans trois heures environ, ils feraient nuit. Ils étaient dans un endroit assez calme, prés d'un arbre au tronc et feuillages imposant, idéal pour être protéger de la pluie. Le tout sur une légère colline plate. Cassandra s'étonna de ce qu'il venait de dire, le regard curieux.
- Camper ? oh ! tu veux dire... dormir dehors ? autour d'un feu ? à regarder les étoile et se raconter des histoires avant de s'endormir?! Énuméra t-elle avec enthousiasme
Harold riait discrètement. Il la connaissant pas beaucoup et depuis peu, mais il savait déjà un truc. Même plusieurs. Elle était très curieuse, elle adorait sourire, et apparemment détester être triste, s'enthousiasme pour un rien, et sembler être l'innocence à elle seule quand il lui énoncer des choses simples.
- Oui. en gros c'est ça. tu sais ça grâce aux livres que tu as lu c'est ça ? devina-t-il en posant son sac
- Oui ! dans les livres, les héros campaient souvent dans leurs aventures ! répondit-elle
Harold riait gentiment, complètement amuser tout en déballant ses affaires. Il lui demanda de s'installer confortablement le temps qu'il prépare le terrain et qu'il sorte la nourriture. Cassandra obéit donc, assise confortablement en tailleur sur l'herbe fraîche, un immense sourire aux lèvres. Mais en voyant le pain et le porc salé qu'Harold lui donna, elle eut de léger yeux rond face à ce « repas », puis elle s'excita soudainement comme une puce !
- Harold, si tu veux, je peux aller chasser quelque chose de bien plus conséquent ! je suis doué à la chasse ! en moins de cinq minutes grâce à mes sens de dragon, je peux nous ramener un bon gros sanglier, ou... un loup ! ou... euh...
- Non non Cassie. Ça ira. Je ne peux pas prendre le risque de te laisser courir un danger.
- Tu te moques de moi là? Si y'a bien un danger pour les autres, c'est moi ! hi hi !
- Cassie. Sous ta forme humaine, personne ne se douterait que tu es un... dragon noir.
- Oh aller quoi ! un bon gros sanglier contre un dragon ! que veux-tu qui m'arrive ? insista-t-elle amuser
- Crois-moi, c'est plus prudent de rester sur nos gardes et d'être discret. Conseilla-t-il
- Bon, bon d'accord Bouda-t-elle
Son regard se posa alors sur une branche morte à terre. Son sourire revient aussitôt, ainsi que son enthousiasme incontrôlable. Elle la prit à deux mains et se tourna vers Harold, sautillant à moitié sur place.
- Et un feu ?! oh aller ! je peux allumer un feu ?! s'il te plaît ! s'excita-t-elle
- Tu veux à tout prix me faire voir tes talents de dragon hein ? comprit-il avec un sourire en coin
- Dans le mille ! hi hi. Allez s'il te plaît, dis oui... le supplia-t-elle en joignant ses mains en prière prés de son visage
- Bon aller... c'est d'accord. Éblouie moi ! accepta-t-il avec un haussement d'épaules et les yeux au ciel
- Ouais ! C'est comme si c'était fait ! hi hi !
Cassandra ramena donc de quoi faire un bon feu, ne cessant de rire à chaque branche ramassée, puis de courir vers la prochaine. Ne tenant plus en place, elle était heureuse d'avoir enfin l'occasion de montrer ses talents ! après avoir disposé le tout correctement, et ne bougeant plus, elle le fixait, pleinement concentrée. Elle commença progressivement à se changer en dragon, sa robe se liant comme par magie avec la peau écailleuse du dragon noir. Voilà pourquoi elle n'était pas dénudée quand elle était redevenu elle-même la première fois. Harold, qui était assis sur l'herbe, la regardait sans peur, mais avec la plus grande curiosité. Voir un humain devenir une créature redoutable n'était pas courant. C'est ainsi qu'il vit enfin, de prêt, et dans de meilleures conditions, le dragon noir. Imposante bête entièrement noire. Seuls ses yeux étaient verts. Le même vert que ceux de Cassandra. Et même que c'était un dragon qui se trouvait devant lui, il n'avait pas peur. Il en était tout simplement fasciné.
- Wouah... murmura-t-il
Cassandra, a travers ses yeux reptiliens, regardée un instant Harold. Elle ressentait du soulagement quand elle vit de la confiance dans le regard du jeune homme. Il n'avait pas peur d'elle. Il ne la considérait pas comme un monstre. Si un autre était venu la délivrer à sa place, qui sait ce qui se serait produit ? déjà, elle n'aurait pas pu sortir de cet endroit sombre, et il aurait tentait de la tuer. refoulant ses idées noires, elle reporta son regard sur le tas de bois, et cracha une petite boule de plasma qui incendia d'un coup le tas de bûches. Une belle lueur orangée se propagea rapidement et les deux amis se regardèrent. Toujours sous les traits du dragon noir, elle émit un drôle de rire qui fit rire Harold en retour.
- Ok. j'avoue. Ça m'impressionne. Déjà de te voir ainsi, et... de tout le reste.
Cassandra se mit à rire de nouveau, puis ferma ses yeux pour redevenir elle-même. Elle lui adressa par la suite un immense sourire qui allait jusqu'à ses oreilles, avant de revenir s'asseoir à ses côtés. Ils commencèrent donc à se restaurer, Cassandra se régalant allègrement.
- Huuum... c'est bon ! ... ça vaut pas un bon sanglier ou du poisson, mais ça fait tout aussi bien l'affaire ! miam ! pourtant j'ai déjà mangé ce genre de chose dans le panier qu'ont m'apporté, mais je sais pas... le voyage et le gout de la liberté on du me donner encore plus d'appétit ! je me régale trop !
- Je vois ça. constatait Harold.
La princesse gloussait, puis but une gorgée d'eau.
- Aaaaah ! que ça fait du bien ! j'ai bien mangé et je suis bien reput ! hi hi...
Elle se laissa tomber sur l'herbe, les mains jointent sur le ventre et regarder avec un tendre sourire les étoiles.
- C'est joli hein ? fait comme moi et regarde comme c'est beau !
Harold fit donc pareil qu'elle et regarda dans la direction qu'elle lui indiquer de sa main levée. Elle pointait en fait le ciel avec son doigt, comme pour décrire quelque chose.
- Regarde ! la... moi je vois un petit lapin, et ça ... ce sont ces oreilles ! c'est drôle hein ?
- Mouais, en effet. Euh... Cassandra ?
- Oui ?
- Est-ce que je peux te poser quelques questions sur... ton apparence quand t'est un dragon ? ça m'a toujours intrigué d'un voir un, et... je me demande ce que tu peux ressentir quand tu te transformes. Ça te dérange pas de m'expliquer ?
- Oh ! bien sur que non ! au contraire ! ce serait avec plaisir ! hi hi... alors... euh... quand je me transforme, déjà je n'ai pas mal. Je sens juste que tout change. Que tout s'intensifie. Je me sens... plus forte et tout mes sens sont développés ! j'entends ce qui se trouve assez éloigné de moi, je suis plus rapide, mes réflexes sont plus intensifiés. Oh ! et quand je crache mes flammes bleues, je ne sens même pas de douleur ! ça ne brûle pas ! heureusement d'ailleurs... hi hi ! sinon je ne pourrais jamais utiliser mon pouvoir a ma guise ! ensuite... que pourrais je dire d'autre... ah si ! quand je vole. Aaaah la la... le peux que j'ai pu faire, c'était incroyable... même que je suis énorme de par mon poids en dragon, je me suis senti si... légère... libre...
- Ça doit être merveilleux de se sentir libre. je me suis toujours demandé depuis que je suis gosse ce que les dragons ressentaient quand ils étaient la haut... tout doit être. plus vivant, plus intense... plus merveilleux.
- Sans aucun doute. Hin. C'est drôle, mais... ce soir, les étoiles me semblent plus belles et plus proches que jamais... aaaah... si je pouvais voler jusqu'au ciel pour les atteindre... sentir les nuages... voir la beauté du monde depuis le ciel... d'ailleurs, si je pouvais voler librement, juste une fois... soupira-t-elle
Harold se pinça les lèvres, hésitant. Il voulait avant tout la protéger, éviter qu'elle se fasse repérer par les humains et qu'ils lui fassent du mal. Mais d'un côté, il voulait lui faire plaisir et lui donner l'occasion de vivre cette expérience qu'elle semblait tant vouloir vivre. Et puis... en regardant autour de lui, il n'y avait aucune civilisation aux alentours et ils n'avaient croisé personne. la voie était libre. Juste pour cinq minutes. Que risquaient-ils ?
- Cassie.
- Oui ? dit-elle en se tournant vers lui
- Envole-toi. dit-il en faisant de même, mais avec un léger sourire
- Q... quoi ? qu'est-ce que t'a dit ? que je... m'envole ? mais... tu as dit...
- Je sais ce que j'ai dit. J'y ai bien réfléchi et... on ne risque rien. Du moins pour cinq minutes. Qu'est-ce que tu en dis ?
- C'est plus qu'il n'en faut ! oh Harold... merci beaucoup ! s'exclama-t-elle folle de joie en se relevant d'un bond
- De rien. vole aux alentours, et au moindre danger, redescend vite et rejoint moi. ok ? recommanda-t-il avec le sourire
- Entendu ! mais... pourquoi tu ne viendrais pas avec moi ? je veux dire... tu grimpes sur mon dos, et tu pourras découvrir et ressentir ce qu'on ressent la haut, et tes rêves d'enfant seront exaucés ! non ? proposa-t-elle
- Je... suis pas très sur mais... au fond, pourquoi pas ! allons-y.
Avec bonheur, elle se transforma à nouveau en dragon noir. Lentement, Harold s'approcha d'elle, avec des yeux fascinés, tandis qu'elle le regardait patiemment, les yeux grand ouvert. Dans les yeux du dragon, il ressentait et voyait la même sympathie que dans le regard de la princesse. Levant une main, il l'approcha de sa tête et sourit en sentant la surface écailleuse, mais douce et lisse, sous ses doigts. Cassandra ronronna gentiment en fermant ses yeux, et Harold sourit encore plus. Il grimpa ensuite sur son dos, toujours fasciné, mais légèrement mal à l'aise. La peur de quitter la terre ferme sans doute. Mais son sentiment s'intensifia quand le dragon déploya ses ailes. Donnant avec courage le signal à Cassandra pour qu'elle s'envole, cette dernière décolla en douceur pour pas trop effrayé son cavalier, mais aussi pour elle vu qu'elle n'avait jamais pu le faire durant des années.
Au décollage, Harold senti un nœud dans son estomac et se cramponna fermement au dragon, tout en serrant les dents et fermant ses yeux. Il croyait qu'il allait vomir ou la supplier de redescendre, mais comme elle volait lentement et en ligne droite, cette peur s'envola bien vite. il put alors apprécier la beauté du ciel et tout ce qu'il voyait, avec un sourire aux lèvres. En effet, tout paraissait plus beau...
Quant à Cassandra, elle revivait les mêmes sensations qu'elle lui avait décrites tout à l'heure, mais en mieux et plus intense ! Heureuse, elle avait fermé ses yeux reptiliens et semblait sourire de bien-être. Dans son coeur, elle constatait que voler c'était ce qu'il y avait de mieux pour un dragon. La liberté était encore plus belle et plus précieuse que tout à ce moment là !
- C'est carrément cool... c'est... démentiel... murmura Harold en pleine admiration
Il se pencha prudemment vers l'oreille du dragon et lui murmura ceci avec gratitude
- Merci de m'offrir ça... merci.
Le dragon ronronna de joie en guise de réponse. Mais soudainement, le ciel devient plus sombre et l'air plus frais. Des grondements sourds commençaient à se faire entendre, et les deux amis savaient ce qui se préparer. Un orage. le dragon commençait à tourner sa tête dans tous les sens, et Harold pouvait réussir à ressentir l'angoisse de Cassandra à travers son apparence reptilienne.
- Euh... Cassie ? qu'est-ce qui... WOH !
Un éclair venait de retentir violemment dans le ciel. Assez fort pour faire sursauter le dragon et son cavalier, mais surtout faire paniquer le dragon qui se hâta de vite rejoindre la terre ferme. À l'orage, se mêler progressivement une pluie froide dont les gouttes mordaient la peau et faisaient ressentir davantage le froid de la nuit. Harold s'agrippait comme il pouvait au dragon avant de se faire éjecter, le faisant atterrir au sol sur une longue roulade. Heureusement que l'armure qu'il portait avait atténué l'atterrissage. À terre et un peu étourdi, il vit la jeune fille redevenir elle-même et vite se réfugier en courant sous l'arbre où ils campaient. La rejoignant à son tour avec inquiétude, il la vit assise par terre, les jambes recroquevillées et le visage terrifié. Elle avait mis sur sa tête la couverture qu'Harold avait sortie et ne cessait de tremblait comme une feuille, son regard virevoltant partout.
- Cassie ? qu'est-ce qui y'a ? demanda-t-il en s'agenouillant auprès d'elle
- Le ciel... le ciel... il m'en veut ! il... il est fâché contre moi ! balbutia-t-elle morte de trouille
- Quoi ? mais... pourquoi tu dis ça ?
- Parce qu'il y a quelque chose la haut... qui n'aime pas ce que je suis et qui me le reproche Harold! A... à chaque fois... le ciel est en colère ! et il me gronde dessus ! expliqua t-elle
Harold ne se moqua pas un seul instant de ce qu'elle venait de lui dire. Il trouvait ça normal qu'elle pense ce genre de chose après avoir vécu recluse du monde aussi longtemps. Avec un sourire sincère et réconfortant, il lui expliqua qu'elle avait tort.
- Cassandra. La foudre... c'est un élément naturel du ciel qui survient régulièrement. Il n'a en aucun cas de lien avec toi, et n'est en aucun cas fâché pour ce que tu es.
- Mais...
- Tu n'as pas à en avoir peur. Tu verras. Quand...
CHBAM ! un autre éclair venait de retentir, effrayant de nouveau la princesse.
- AAAAAAAAAAAAH ! Cria-t-elle en se cachant davantage sous la couverture
Harold soupira discrètement, releva la couverture et la voyait pleurer. C'est avec une attention naturelle qu'il alla s'asseoir à ses côtés et qu'il la prit dans ses bras pour la calmer. En entendant un autre éclair, la blonde sursauta en poussant un autre cri, et se réfugia contre lui, cachant son visage entre lui et ses propres cheveux.
- Cassie... dit Harold en lui caressant les cheveux
- J'ai... j'ai peur Harold... j'ai peur de l'orage ! avoua-t-elle en sanglots
Elle pleurait. Elle avait peur. Il se demandait comment elle avait géré cette crainte toute seule, sans personne pour la consoler. Et surtout quand elle était bébé ! il trouvait ça affreusement cruel. Il se demandait aussi quelles étaient les raisons pour que cette sorcière lui lance ce sort ? qu'avait donc commis sa famille pour qu'elle s'en prennent à un nourrisson ? ses parents ne l'avaient pas précisé dans la lettre. Ce sera alors une des choses qu'il faudra découvrir quand elle les retrouvera. Mais en attendant, c'est lui qui veillera sur elle et qui la consolera.
Saisissant délicatement son menton, il ramena son visage vers le sien et put voir les larmes ravagées son visage d'ordinaire si joyeux. Continuant de lui sourire, il chassa ses larmes de sa main et lui murmura ceci.
- Tout va bien Cassie. Je suis là. Et tant que je serais auprès de toi, je ne permettrais pas qu'il t'arrive du mal, ou que tu as peur. Je te le promets.
- Harold...
Il lui adressa un autre sourire, qu'elle lui rendit, avant qu'Harold ne la ramène tendrement dans ses bras pour la consoler. Il continuait de lui caressaient les cheveux, et la berçaient doucement comme si c'était une petite sœur. Petit à petit, la crainte de la jeune fille s'estompait, et ses cris et ses sursauts face aux prochains éclairs diminuaient aussi. Elle tomba alors endormie dans les bras de son sauveur, un sourire apaisé sur son visage.
