Yukio travaillait en tant que gardien depuis maintenant plus d'une semaine et avait appris de nombreuses choses, comme par exemple que Kise était employé pour les tâches ménagères et que c'était en partie à lui qu'on devait les salles de douches presque impeccables ou que les prisonniers avaient la possibilité de recevoir des visites une fois toutes les deux semaines ou encore d'autres choses qui auraient pu sembler insignifiantes mais qui du point de vue de Yukio étaient importantes pour exécuter du bon travail. Il s'était, à son grand étonnement, plutôt bien habitué à ce quotidien. Habitué à se lever tôt, à boire le mauvais jus d'orange du petit déjeuner, à la bonne humeur permanente d'Aoki, au professionnalisme froid mais efficace de Tsubaki, à s'occuper des prisonniers.

D'ailleurs parlons-en des prisonniers; les plus importants étant, vous l'aurez compris, Takao et Kise avec qui Yukio parlait souvent (bien que le manque de politesse de Takao à son égard n'avait pas fini de l'agacer). Mais évidemment, ce qui importait surtout le gardien, c'était le blondinet. Sans que Yukio s'en rende compte, celui-ci était devenu une part importante de son quotidien. En effet, même s'il ne l'admettra sans doute pas de si tôt, le sourire et la joie de vivre de Ryôta, illuminaient les journées somme toutes assez répétitives de Kasamatsu. Si Yukio avait été honnête avec lui même et un tant soit peu romantique, il aurait dit que Kise était le soleil de sa vie, mais ç'aurait sans doute été un peu trop guimauve, voire nian-nian.

Pour parler un peu des autres, la plupart d'entre eux s'étaient finalement habitués au comportement qui leur avait d'abord semblé étrange de Kasamatsu et semblaient plutôt l'apprécier, à part quelques exceptions telles que Shinohara ou Aomine, qui ne montrait d'ailleurs pas grand chose à part de l'indifférence et du je-m'en-foutisme total.

Mais aujourd'hui, le basané semblait avoir oublié son air indifférent et blasé habituel. Il paraissait même à la limite de se mettre à sautiller et à distribuer sa joie de vivre au monde entier. En imaginant un Aomine gambadant au milieu des arcs-en-ciel, une grimace apparu sur le visage du gardien. Il se promit de ne plus avoir de visions de ce genre et se rendit dans la cour, afin de surveiller la pause des détenus.

Là encore, il retrouva Kise et Takao. Effectivement, une sorte de routine s'était installée entre eux en même pas quelques jours, à chaque pause de matinée, ils se retrouvaient vers le milieu de la cour et bavardaient.

« -Bonjour !

- Ohhh, ça va on est potes maintenant, pas besoin d'être aussi poli ! » répondit Takao, avec un ton légèrement moqueur.

Yukio grommela mais ne répliqua pas, il avait peut-être raison au fond.

Heureusement, Kise s'écria :

« -Salut ! Comment ça va?

- Plutôt bien et toi?

-Oui, oui ! Depuis que Kasamatsucchi est intervenu, Shinohara m'embête beaucoup moins qu'avant!

-Kise, si tu pouvais arrêter de m'appeler Kasamatsucchi, ce serait bien...

-Oh mais non, ça vous va bien! »

Le blondinet récolta un léger coup sur la tête mais ne broncha pas. Au fond, pour Yukio, c'était une manière d'exprimer son affection, aussi tordue soit-elle. Et puis, d'ailleurs, il était heureux d'avoir pu protéger un peu Ryôta, c'était une satisfaction autant personnelle que professionnelle.

Évidemment, bien qu'il ne fit pas de commentaire, Kazunari (Yukio avait appris son prénom peu de temps auparavant) était en train de pouffer, comme à son habitude. Le gardien choisit de l'ignorer et changea de sujet :

« -Enfin, à part ça, Aomine a l'air de sacrément bonne humeur aujourd'hui, c'en est presque flippant.

-Ah, ça doit être parce que Satsuki vient lui rendre visite! »

Takao acquiesça.

« -Euh, et sans indiscrétion, qui est cette Satsuki?

-Momoi Satsuki. La fiancée de Daiki. Enfin Aomine, je veux dire, Daiki est son prénom. »

Yukio essaya de s'imaginer à quoi pouvait bien ressembler la fiancée d'une brute indifférente... Car même si ses deux amis lui avaient dit que ce Daiki était quelqu'un de bien au fond, il n'en était pas convaincu.

« -D'ailleurs, ne va pas le crier sur les toits, mais c'est pour elle qu'il s'est retrouvé ici. »

Yukio hocha la tête, l'incitant à continuer.

« -Bon, je ne connais pas les détails, parce qu'il est pas très bavard, mais en gros, Satsuki se serait faite agressée dans la rue alors qu'elle rentrait chez elle et notre justicier qu'est Aomine n'aurait pas trop apprécié et aurait, pour faire simple, décider de rendre la pareille à ses agresseurs, en, pour reprendre son terme, "leur pétant la gueule". Enfin bon, fin et minutieux comme il est, il avait toutes les preuves contre lui et il s'est retrouvé là. Il pensait que Satsuki l'aurait laissé tomber, mais c'est tout le contraire, elle vient dès qu'elle peut et Aomine est toujours de très bonne humeur ces jours là. Si tu l'accompagnes au parloir, tu pourras peut-être la voir un jour.

-En prison par amour, quel romantisme!

-Plaisante pas avec ça, Aomine va te défoncer ! » rit Takao.

Il se reprit et ajouta avec un sourire malicieux :

« -Mais en parlant d'amour, tu as une petite amie? »

Yukio rougit légèrement et secoua la tête.

« -Dommage... Enfin, Kise non plus n'a personne !

-Takaocchi!

-Takao! »

Tous deux avait très bien compris ce que sous-entendait Takao, avec son sourire en coin.

« -Oh, ça va!

-Bon, je dois quand même un peu surveiller moi, donc j'y vais!

-À plus tard!

-Salut! »

Yukio était parti, gêné et ne sachant pas vraiment comment réagir. Sur le moment, il avait eu très envie de frapper Takao, mais ça aurait sans doute été très suspect de réagir aussi fortement. Mais depuis quand s'inquiétait-il d'avoir un comportement suspect? Ce n'était qu'une blague habituelle de Kazunari...n'est-ce pas? Kasamatsu n'en était pas si sûr, après tout, en quelques jours, le jeune homme aux yeux perçants avait enchainé ce genre de blagues douteuses, qui les concernait presque toujours de près ou de loin, lui et Ryôta. Il réfléchissait trop, pensa-t-il. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être comme ça. Il chassa ces pensées de son esprit et s'appliqua à la, ô combien gratifiante, tâche de surveiller les prisonniers et au passage engueuler deux ou trois d'entre eux.

Comme d'habitude, il sépara Shinohara d'un autre détenu, qui pour une fois n'était pas Aomine, qui devait être dans sa bulle de bonheur. Comme d'habitude, celui-ci lui adressa un regard noir et l'insulta. Comme d'habitude, Yukio l'ignora royalement et repris sa surveillance. Il se dit qu'en seulement une semaine, il avait pris beaucoup d'habitudes, pour quelqu'un qui était très réticent au début et qui pensait ne jamais pouvoir être à l'aise dans cette prison.

Mais la vérité était là, il aimait ce boulot, ce qu'il impliquait, et –presque– tout ce qui le composait; les détenus (surtout Kise et Takao), les gardiens, la nourriture (aussi douteuse soit-elle), les rondes... bref, presque tout. À l'exception du jus d'orange bien sûr.

Ces choses étaient sûrement positives, mais Yukio avait aussi cette impression de guimauve, de vie toute rose qui ne lui plaisait décidément vraiment pas. Manquerait plus qu'il vive une romance impossible avec un prisonnier.* Pourquoi pensa-t-il à un prisonnier (à un blond en particulier d'ailleurs)? Parce que s'il est une chose que nous avons oublier de préciser à propos de notre jeune gardien, c'est qu'il aime les hommes. Ce qui explique aussi le fait qu'il soit venu travailler ici, en dernier recours et en vitesse, s'étant fait presque renié par ses parents, en particulier par son père, qui n'avait malheureusement pas bien pris la nouvelle et sa mère, elle, lui avait servi le typique «Mais j'aimerais bien des petits-enfants moi!» sur le ton de la plaisanterie, avant de comprendre que son fils était très sérieux et de le regarder d'un air déçu. Yukio n'aimait pas spécialement larmoyer sur son passé mais il devait avouer que la réaction de ses parents, en particulier celle de son père, l'avait beaucoup attristé.

Oh, c'est la fin de la pause, constata-t-il avec suprise en regardant sa montre. Il fit signe aux détenus de se ranger en file et de le suivre pour regagner leurs cellules. Les prisonniers respectaient un peu plus Kasamatsu qu'au début, car ils appréciaient sa bienveillance, même si celle-ci était aussi chargée de fermeté et de sévérité. C'était d'ailleurs une chose dont le gardien n'était pas peu fier, il avait en effet su gagner le respect d'une bonne partie des détenus en peu de temps, et même si certains exprimaient encore de la méfiance, il considérait ceci comme un accomplissement professionnel.

Oui, vraiment, la vie ici n'était pas aussi terrible qu'on aurait pu le penser au premier abord.


*Ahhhh Yukio, si tu savais…

Sinon, j'aimerais répondre ici à un guest qui s'appelle… Guest oui x)

Guest :Helloo, merci pour ta review et tes avis positifs ! Oui, je pense aussi, que Takao doit être très sexy comme ça xD Et bien, voici le prochain alors !

Bref, voilà un nouveau chapitre ! (toujours pas très long ') Je n'ai pas l'impression qu'il se passe grand chose mais j'ai beaucoup aimé décrire les pensées de Yukio, et ses habitudes prises !

Vous aimez la raison pour laquelle Aomine est ici ?

Moi beaucoup, parce que le AoMomo est un des mes OTPs et je trouve ça adorable !

Bon bah, comme d'habitude, n'hésitez pas à laisser des reviews, positives ou négatives !

Sur ce, b'slama ! (aujourd'hui, en arabe)