La plupart des prisonniers, après avoir jeté un coup d'oeil au nouvel arrivant, ne se sentir pas franchement concerné et reportèrent leur attention sur leurs assiettes.
En revanche, Takao et Kise manifestèrent un intérêt plus flagrant envers leur nouveau colocataire. Yukio pensa que le dénommé Oreki faisait de même mais n'était pas sûr à cent pour cent de à quoi celui-ci ressemblait. Akabane Kohei n'avait pas l'air violent, ni cruel, il avait plutôt l'air profondément embêté d'être ici mais Kasamatsu avait décidé de ne plus se fier aux apparences. Aussi quand le responsable s'avança vers lui, le nouvel arrivant à ses côtés, le visage emprunt d'un sourire inqualifiable, Yukio s'attendait au pire.
«-Hey! Le nouveau est dans une des cellules dont tu t'occupes. Donc, tu sais ce qu'il te reste à faire. Par contre, fais gaffe à lui, il est un peu... spécial.»
Il hocha la tête sans conviction, peu rassuré par les paroles de son supérieur. Il jeta un coup d'oeil au jeune homme. Il n'avait pas l'air dangereux, c'était le moins qu'on puisse dire, il était mince, à la limite du maigre, de taille assez normale et il avait un teint cadavérique et des cernes que sa grosse monture noire ne dissimulait qu'à moitié.
Non, décidément, il n'avait pas l'air violent ou problématique. C'est ce qu'il confia discrètement à Aoki, en prenant garde à ce que Kohei ne l'entende pas, quand leur supérieur fut parti. Celui-ci réfléchit un instant et dit :
«-Peut-être qu'il est sociopathe, ou psychopathe... des trucs du style. Ou alors il a des fétiches bizarres, ou des troubles de la personnalité ou alors il est bipo–
-Aoki, on est dans une prison, pas un hôpital psychiatrique. Sympa de me rassurer, au passage.»
Il sourit gentiment et se leva afin de débarrasser son plateau. Kasamatsu fit de même, puis il fit signe à Akabane de le suivre, lui ainsi que les autres détenus. Takao, fidèle à lui même, essaya tout de suite de sympathiser avec le nouvel arrivant, mais Yukio lui fit un signe de tête lui indiquant de le laisser respirer pour le moment. Ils arrivèrent à la cellule 128.
«-Bon, eh bien, Akabane Kohei, voici ta cellule et tes co-détenus. Les effets personnels qui te sont autorisés ont été déposé sur ta couchette. Je reviens dans quelques minutes pour faire le point avec toi, ok?
-Hm hm.»
Yukio grimaça à la réponse complètement indifférente mais ne dit rien et continua son travail.
Comme promis, il revint pour donner des explications au jeune homme. Il trouva celui-ci en grande conversation avec Takao. Ou plutôt, il trouva Takao qui faisait un long monologue ponctué par quelques hochements de têtes maussades.
«-Kasamatsucchi!»
Inutile de préciser qui avait lancé cette exclamation.
Le nouveau ne fit aucun effort pour retenir son étonnement et afficha un visage interrogateur. Takao ricana et lui dit:
«-C'est un type sympa! On l'aime bien, surtout Ki–
-Takao!» retentirent deux voix en choeur, qui étaient évidemment celles de Ryôta et de Yukio. L'interpellé sifflota d'un air innocent.
«-Bref, c'est un type sympa, tu peux lui faire confiance. Et si tu veux l'embêter, tutoies le!»
Le prisonnier sourit presque imperceptiblement. Enfin une expression sur son visage blasé, pensa Yukio. Puis il pensa soudainement à Oreki, il ne l'avait pas du tout entendu. Il leva la tête en direction de son lit et vit qu'il dormait profondément. Kise comprit et lui assura qu'il avait le sommeil tellement lourd que les bavardages l'importaient peu.
«-Bon, reprenons, Akabane. Le matin, je vous réveille à 6:30, à 7:00 le dimanche, vous allez prendre votre douche, et on va manger. Ensuite, je vous ramène, ensuite pause du matin, puis déjeuner à 12:00, ensuite l'après midi, vous avez du temps libre, même si au final vous ne pouvez pas faire grand chose, puis pause de l'après-midi et finalement dîner. Des questions?
-Non. Enfin si, il y a des divertissements?
-Ah... Il y deux-trois livres que vous pouvez me demander si vous voulez, mais j'ai peur que ça n'aille pas plus loin. En même temps, c'est pas l'hôtel ici! Ah oui, aussi, tu peux essayer de travailler pour t'occuper, il y a la buanderie, le ménage, la cuisine aussi, je crois–
-Ça ne m'intéresse pas...»
Il avait l'air particulièrement déçu.
«-Tu aimes lire, Kohei?
-Kohei?
-Ça te dérange que je t'appelle par ton prénom? On est potes!
-Ah euh oui, si tu veux...
-Donc tu aimes lire?
-Entre autres...
-Ouah, que de mystère!
-Bon, Akabane, si jamais tu as une autre question, je pense que tu peux t'adresser à tes camarades de chambre. Je passerais vous prendre pour la pause de l'après-midi.»
Kohei hocha la tête, Takao fit un salut militaire, Kise un signe de main et un sourire (qui ne laissèrent pas le visage de Yukio exempt de rougissement) et Oreki compléta par un ronflement des plus appropriés. À la salle des gardiens, Kasamatsu trouva comme d'habitude Aoki discuter avec Akihito avec Tsubaki qui regardait.
«-Alors? Il est comment?
-Pas bavard, c'est le moins qu'on puisse dire.
-Je me demande ce qu'il a fait pour être ici!»
Akihito les interrompit.
«-Je suis aller voir le docteur, je crois que c'était...
-Midorima.
-Ah oui. Il allait bientôt partir. Il m'a dit de te remercier, bien que je n'ai pas compris pourquoi. »
Yukio grommela quelque chose qui ressemblait à un «Peut pas dire merci tout seul ou quoi...»
C'est là que Tsubaki choisit de sortir de nulle part avec des cafés pour tout le monde. Kasamatsu sursauta tandis qu'Aoki pouffait. Le brun lui lança un regard noir qui ne fit que redoubler les éclats de rire du jeune homme.
«-Rah, c'est bientôt l'heure de la pause, je file.» dit Tsubaki, marchant en direction de la porte en bois claire.
Yukio fit de même et alla chercher les détenus qui lui étaient attribués. Quelle ne fut sa surprise quand il arriva à la cellule 128, Kohei et Kazunari en grande conversation, qui était cette fois-ci sans monologue. Il crut entendre les noms One Piece et Naruto, des mangas dont il avait dû lire un ou deux tomes à l'occasion. Kohei semblait ravi et parfaitement concentré. Oreki était dans un état quasi comateux et Kise, lui, semblait complètement perdu et boudait un peu dans son coin. Cependant, quand il vit Yukio, il lui adressa un regard reconnaissant.
«-Enfin! Ces deux-là ne font que parler de mangas. Je crois que Akabane est un otaku...»
Yukio grimaça au mot otaku, il n'avait jamais compris l'intérêt de s'enfermer dans une passion ou des mondes irréels, de se couper de la réalité et des autres individus. Pour lui, la vie réelle et le contact avec les autres était le plus important. Il fut cependant intrigué par l'implication de Kazunari dans la conversation.
«-Ah... Takao aussi? Il n'a pas l'air.
-Non, il n'est pas un fan inconditionnel de mangas non plus, mais ça lui arrive d'en lire.
-Tu n'en lis pas toi?
-Comme tout le monde, j'en ai lu un ou deux étant jeune, mais maintenant, ce n'est plus vraiment possible!» dit-il en se passant une main dans les cheveux.
Quand ils arrivèrent dehors, Kohei et Kazunari n'avaient pas relâché leur conversation. Aussi, au lieu de leur habituelle conversation en trio, Kise et Kasamatsu se retrouvèrent à deux, avec une atmosphère assez gênante qui planait.
«-Hum... Donc, sinon ça va?
-Euh oui oui...»
Le cerveau de Yukio lui hurlait de trouver un sujet de conversation potable et léger. Il sortit une des premières choses qui lui passa par la tête.
«-J'ai vu Aomine!
-Aominecchi? Il était comment?
- Il n'avait pas l'air très bien, mais j'ai essayé de lui remonter le moral...
-C'est vrai? Merci beaucoup!
-Pas besoin de me remercier, c'est quelque chose de normal, j'ai des responsabilités en tant que gardien.»
Kise pouffa et Yukio rougit.
«-Qu'est ce qu'il y a de drôle?
-Takaocchi et Aominecchi ont raison, vous vous prenez vraiment au sérieux mais vous êtes quelqu'un de super sympa au fond. C'est mignon!
-Arrête ça tout de suite! Je ne suis pas mignon!» renchérit Yukio, les joues en feu.
Ryôta eut un petit rire.
«-Je n'ai jamais dit que vous étiez mignon, j'ai dit que votre comportement l'était...»
Kasamatsu était sur le point de tomber à la renverse tellement il était gêné.
«... mais ça ne veut pas dire que vous ne l'êtes pas!» ajouta-t-il, tout sourire.
«-Arrête de dire des choses embarrassantes!
-Mais c'est la vérité! Vous l'êtes!»
Yukio avait très envie de s'énerver, mais il se retint. Après avoir tout de même asséner à Kise un coup dans le dos, il dit quelque chose qui le fit rougir encore plus.
«-Hum... Tu sais... Tu pourrais me tutoyer non?»
Sous l'air ahuri de Ryôta, il ajouta précipitamment :
«-Enfin, je veux dire... Takao me tutoie et Akabane risque de le faire sous son influence, alors... Mais seulement si tu veux!
-Je pensais que ça vou-, pardon, te dérangeait?
-C'est encore un peu le cas, mais bon... Ça me semble bizarre que tu sois le seul à me vouvoyer.
-Comme v-tu veux alors!»
Il lui adressa un sourire radieux. C'est le moment que Takao et son nouvel ami choisirent pour revenir, leur conversation sur les mangas étant certainement arrivée au point mort, selon Yukio.
«-Regarde comme ils sont mignons!
-Takao ferme-la.
-Roh ça va... Akabane, parle à Kise de ce manga sur le basket!
-Tu aimes le basket Kise?
-Oh... J'en ai fait étant plus jeune, mais je me suis blessé au pied et j'ai arrêté.
-Aucune importance, vas-y!» insista le tatoué, en poussant Ryôta vers Kohei. Interloqués, les deux concernés s'interrogèrent du regard et s'éloignèrent légèrement.
«-Takao, tu es au courant que ce n'était absolument pas discret?
-Pas grave.
-Bon, tu veux me dire quoi? Je te préviens, si c'est pour me parler de Kise, je-
-Ça te dérange d'en parler? Que c'est mignon! Mais désolé, de te décevoir, ce n'est pas ça.
-Quoi alors?
-C'est au sujet de Kohei. Je m'inquiète un peu pour lui. Tu as sûrement dû le remarquer, c'est un otaku*, et un vrai. Ne fais pas cette tête. C'est pas un mal d'être comme ça. 'Fin bref, le problème, c'est qu'il est vraiment vraiment accro, et je sais pas comment il va faire ici. Je veux dire, lire un ou deux mangas, ça devrait être faisable mais... Et en plus, il n'est pas habitué à avoir des amis, je pense. Il a pas mal parlé avec moi parce que je lui ai montré qu'on avait les mêmes centres d'intérêt mais avec les autres... Tu comprends?
-Il s'en remettra non?
-Ne sois pas si dur! On dirait Shin-chan sauf qu'à toi ça ne te va pas.
-Ah? Et je suis comment?
-Un gentil nounours qui se donne des airs de grizzli.»
Yukio prit un air complètement blasé face à cette comparaison qui était absolument ridicule. Takao sourit malicieusement et le gardien sentit que la conversation allait prendre un tournant qui ne lui plairait que moyennement.
«-Sinon, avec Kise ça avance?»
Kasamatsu déglutit et répondit d'un voix peu naturelle:
«-Je ne vois absolument pas de quoi tu parles.
-Ohhh je pensais que tu avais passé le stade de l'acceptation de tes sentiments... Ceci dit, ça fait combien de temps que tu es là? Trois semaines? Un mois?
-Un mois. Et il n'y a rien entre Kise et moi.
-Rien que des rougissements, des bafouillements et des regards en coin... Pas grand chose en somme.
- Takao, arrête ça.
-Il me semble que tu m'as beaucoup dit ça aujourd'hui!
-À raison!
-Assume tes sentiments pour Kise! Je te garantis que tu as toutes tes chances.
-Je n'ai pas besoin d'un entremetteur! Ça te plairait que je me mêle de ta relation avec Midorima?»
Oups, c'était sorti tout seul.
«-Comment tu sais?
-Ah j'avais vu juste!
-Pas complètement...» répondit évasivement Kazunari.
«-Mais ce n'est pas le sujet! Je vais vous aider toi et Kise! Tu verras!
-Takao, arrête ça.»
Il n'eut comme réponse qu'un clin d'oeil tandis qu'il s'éloignait, de sorte que Yukio ne puisse pas répliquer. Bien que celui-ci était un peu énervé, les paroles de Takao l'avaient en quelque sorte encouragé et lui avaient fait affirmer un peu plus ses sentiments.
IL N'Y A PAS DE MOT POUR EXPRIMER MA PROFONDE DÉSOLATION.
Je suis vraiment vraiment désolée et même Sakurai ne pourrait pas le dire assez. J'avais dit que malgré mes examens je posterais mais je ne l'ai pas fait, je reviens avec un chapitre que je n'aime pas vraiment e-et *fiou*.
Je sais bien que je n'ai aucun comptes à vous rendre (enfin un peu quand même, mais vous m'avez comprise) et que ça ne va pas changer votre vie si je ne poste pas mais je culpabilise assez facilement et là, JE CULPABILISE. Mea culpa.
Bref, la relation entre Kise et Kasamatsu avance lentement et on découvre un peu plus Kohei. À part ça il se passe pas des masses de trucs. Je parle beaucoup pour rien dire, donc à la prochaine! (j'espère bientôt, je vous promets que j'essaye) Et s'il vous prend l'envie de mettre une review, aussi courte soit-elle, lâchez vous! Ça fait toujours super plaisir et ça permet de s'améliorer. (on le dit tout le temps, mais c'est important!)
*Ah oui, très important, quand je dis otaku, c'est dans le sens japonais du terme, c'est à dire un sens assez négatif, qui n'est pas le même qu'en Europe. Au Japon, un otaku est quelqu'un qui a une passion (pas seulement les mangas, ça peut être les comics, les jeux-vidéos, les livres etc.) dévorante et qui a tendance à se renfermer sur lui même.
Je tiens aussi à préciser que bien que ce soit mon personnage, je ne partage absolument pas le point de vue de Yukio sur tout ça ^-^
Auf Wiedersehen!
