Chapitre 4
Elle entendit une voix qui lui sembla étrangement familière et descendit les escaliers pour s'assurer que ses oreilles ne lui jouaient pas des tours. En effet, c'était bien Gregory House qui était devant sa porte, en pleine discussion avec Esther. Cette dernière était bien trop proche de lui au goût de Lisa… Elle s'éclaircit la gorge de manière plus ou moins discrète et s'approcha de sa sœur et son interlocuteur.
« House ? Qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Ravi de te voir également ! » ironisa le jeune homme. Cette remarque fit sourire Esther ce qui énerva inexplicablement Lisa.
« Sérieusement. » insista t-elle. Son regard avait capté celui de House et elle fit de son mieux pour masquer son trouble. Ses yeux auraient fait défaillir n'importe quelle personne normalement constituée.
« Tu m'accompagnes au match de basket ce soir. »
« Ah bon ? Heureuse de l'apprendre ! »
« Moi je peux venir si tu v… » commença Esther, pleine d'espoir.
« Esther, laisse nous tranquilles, OK ? »
La concernée ouvrit la bouche pour répliquer mais sa sœur la fusilla du regard et elle marmonna qu'elle allait dans sa chambre avant de s'en aller.
« Mignonne ta frangine. »
« Elle n'est même pas majeure. » fit remarquer Lisa.
« Ça ne m'a jamais déran… Aïeuh ! » La jeune femme venait de lui asséner une tape sur l'épaule et ses yeux lançaient des éclairs. Il sourit en voyant son expression.
« Pourquoi est-ce que tu es venu chez moi ? » demanda t-elle, les sourcils froncés.
« Si jeune et déjà atteinte de troubles de la mémoire… » soupira House d'une manière qui se voulait dramatique. Devant le regard insistant de Lisa il soupira et songea qu'il valait mieux qu'il s'explique s'il voulait sortir indemne de cet entretien. « Je t'ai dit, je voudrais que tu viennes avec moi au match de ce soir. »
« Pourquoi ? »
Il haussa les épaules.
« Je sais pas moi. Ça te ferait sortir un peu, je suppose que tu as l'intention de réviser tout le week-end alors… »
« C'est gentil de ta part. » fit remarquer Lisa, un brin suspicieuse.
« Je suis quelqu'un d'un naturel très altruiste ! »
La jeune femme ne put s'empêcher de sourire et un « pourquoi pas ? » envahit son esprit. Après tout, elle ne tenait pas tant que ça à revoir ses anciens amis et il était hors de question qu'elle reste cloîtrée toute la soirée en compagnie de sa sœur et de sa mère. Elle était persuadée que House avait des arrières pensées et qu'elle avait de grandes chances de le regretter mais… Qui ne tente rien n'a rien non ?
« Bon, OK. Par contre, je te laisse te débrouiller pour m'obtenir une place ! »
« J'ai déjà tout prévu ! Je passe te rechercher à 18 heures 30. Sois présentable et à l'heure ! » Sur ce, il lui fit un clin d'œil et s'en alla. Elle resta un instant accoudée au chambranle, le regard dans le vide. Trent allait lui faire une de ces scène…
« Vas-y, ne demande pas surtout… » marmonna Lewis en voyant House engloutir le donut qu'il s'apprêtait à manger.
« On est jamais mieux servi que par soi-même ! »
Lewis secoua la tête et saisit sa brique de jus d'orange avant que House n'ait pu l'atteindre.
« Qu'est-ce que tu as fait ce matin ? »
« J'ai traversé la galaxie sur le dos d'une autruche. » répondit le futur diagnosticien, le plus sérieusement du monde.
« Tu es obligé de t'exprimer continuellement par messages codés ? »
« C'est ce qui fait mon charme. Je suis allé voir quelqu'un. »
Lewis sourit malgré lui et but une gorgée de jus de fruit.
« On est dans une ville depuis à peine un jour et tu trouves déjà le moyen de draguer. Tu m'impressionnes de plus en plus chaque jour, Greg. »
« Ma réputation de séducteur me colle à la peau, c'est carrément insupportable ! Je suis allé voir une… amie. »
« Une amie ? » répéta Lewis, hébété. « Tu veux dire… Quelqu'un avec qui tu n'as pas encore couché ? »
« L'importance de ta phrase réside dans le mot « encore » ! »
« Pendant une seconde, j'ai cru que tu étais devenu quelqu'un de bien. » ironisa le jeune homme en sacrifiant la fin de son jus d'orange à House.
« C'est qui ? Comment il s'appelle ? »
Lisa soupira face aux questions posées par sa sœur. À la seconde même où House était parti, elle avait débarquée et l'assommait de question.
« Ça ne te regarde pas. »
Il en fallait bien plus à Esther pour lui clouer le bec.
« Il est bien plus mignon que Trent ! À ta place je… »
Lisa claqua la porte de sa chambre, mettant fin à la discussion. Elle se laissa tomber sur son lit et se perdit un instant dans la contemplation du plafond. Bon, il fallait qu'elle éclaircisse la situation. Elle s'apprêtait à sortir avec quelqu'un que son petit ami ne pouvait pas voir en peinture. Il fallait ajouter que cette personne l'avait embrassée sans lui demander son avis lors de leur première rencontre. Génial, ça n'avait pas du tout l'air malsain… se dit-elle. Elle pouvait toujours annuler mais… Elle ne savait absolument pas où joindre House. Et elle n'avait aucune envie d'éplucher l'annuaire pour téléphoner aux 140 hôtels des environs… Bon, et bien il ne lui restait plus qu'à se rendre à ce match de basket et à rentrer dés que possible afin de limiter les dégâts. Elle se maudit de s'être fourrée dans une situation aussi impossible et se leva pour ouvrir son placard, à la recherche de vêtements potables.
House grimaça et essuya la goutte de sang qui perlait le long de son cou. Il n'avait jamais été franchement doué pour se raser et il se dit qu'il n'aurait bientôt plus de peau s'il ne faisait pas plus attention à ce qu'il était en train de faire. Le miroir de l'hôtel était passablement opaque, si bien que son nez était à quelques centimètres de la glace, sans quoi il ne voyait pas ce qu'il faisait. Il passa une dernière fois la lame sur sa joue, souhaitant arrêter le massacre. Il se rinça le visage et se demanda ce qu'il attendait vraiment de cette soirée. À la seconde même où il avait vu Lisa, il avait compris qu'il lui serait difficile de « l'avoir » et cette pensée le motivait étrangement. Trent était un imbécile et il ne comprenait pas pourquoi elle perdait son temps avec lui. Non pas qu'il se croyait supérieur à qui que ce soit, mais Trent n'avait vraiment rien à offrir. Il enfila rapidement un tee-shirt noir et un vieux jean avant de sortir de la salle de bain.
« Je te préviens, tu n'as pas intérêt à ramener ta copine ici ce soir ! »
« J'en avais pas l'intention. »
Lewis lui lança un regard étonné et faillit s'étouffer avec son chewing-gum quand il remarqua que son ami s'était rasé.
« Ooooh tu as sorti le grand jeu ! Tu la demandes en mariage quand ? »
« Imbécile ! Cette barbe commençait à me gratter, c'est tout. Et puis je n'ai aucun compte à te rendre. »
Lewis eut un sourire et en coin et se dirigea à son tour vers la salle de bain. House s'assit sur la chaise en bois placée devant un bureau qui bougeait dangereusement. Il était 18 heures et il fallait qu'il parte dés maintenant s'il ne voulait pas arriver en retard. Mais… Depuis quand se souciait-il d'être à l'heure ? Il soupira et constata amèrement qu'il faisait des efforts pour plaire à Lisa et il n'avait absolument pas l'habitude de faire quoi que ce soit… En temps normal, il suffisait qu'il décoche à sa « proie » un de ses sourires charmeurs et le tour était joué ! Il enfila sa veste en cuir et quitta la chambre d'hôtel.
Lisa se regarda une dernière fois dans le miroir, plissa sa jupe qu'elle trouvait décidément trop courte et prit son sac à main. Sa mère avait fini par accepter qu'elle puisse sortir, mais elle avait cru qu'elle n'arriverait jamais à la convaincre. Esther était verte de jalousie et elle avait passé l'après-midi à maudire sa sœur. Lisa grimaça en faisant quelques pas avec ses talons, peu habituée à porter ce genre de chaussures. Il faut souffrir pour être belle, se dit-elle avec un sourire ironique. Elle sortit de chez elle et s'arrêta un instant sur le trottoir. Pas de House à l'horizon. Un ballon arriva à ses pieds et elle le ramassa pour le renvoyer à son propriétaire, un petit blondinet d'à peine six ans.
« T'es jolie Lisa dis donc ! »
« Merci Rob'. Tu ne devrais pas rentrer chez toi ? »
« Maman est malade, je préfère rester dehors. »
Lisa eut un léger pincement au cœur. Les problèmes d'alcool de Mary Chase n'était un secret pour personne et le petit Robert se retrouvait souvent livré à lui-même malgré son jeune âge. Il arrivait au petit garçon de venir passer du temps avec Lisa et elle était toujours surprise de voir à quel point il était sage pour son âge. Il ne touchait jamais à rien et il ne parlait que si on lui posait une question.
« Ne va pas trop sur la route, c'est dangereux. » dit doucement Lisa avec un sourire.
« Oui, je sais, tu me l'as déjà dit. »
Elle fut tentée d'ébouriffer les cheveux du garçon mais se rappela à quel point elle détestait ça, quand elle était petite. Elle le regarda courir vers son jardin.
« Hey ! »
Elle se retourna et découvrit Gregory House, les mains dans les poches, les cheveux en bataille et… Bon sang, il était rasé ?
« Hey. »
« Bon, on y va où tu as l'intention de faire du baby-sitting toute la soirée ? »
« Pas besoin d'être désagréable, j'arrive. »
House siffla de contentement en observant la tenue de Lisa et elle se sentit immédiatement rougir.
« Très jolie tenue. » se contenta t-il de dire, gardant ses remarques salaces pour lui même.
« Merci. Il faut prendre le bus pour aller au stade. »
« Je te suis, c'est toi le guide ! »
Lisa se dit que la soirée commençait plutôt mal quand elle fut contrainte de payer le bus, House ayant malencontreusement oublié son portefeuille. Il se dépêcha de se mettre sur la dernière place assise, la laissant debout entre un homme à la corpulence impressionnante et une dame d'un âge avancé qui tenait son chien dans ses bras.
« Viens sur mes genoux ! » proposa House, un sourire aux lèvres.
« C'est ça. Continue de rêver ! »
Furieuse, elle fut tentée de descendre au prochain arrêt mais des yeux bleus pétillants d'amusement l'en dissuadèrent. Bon, elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui tienne la porte mais tout de même… La place à côté de House se libéra finalement et elle s'assit à côté de lui, faisant bien attention à fuir son regard. Son cœur manqua un battement quand elle sentit son bras autour de ses épaules. Vite, il fallait qu'elle réagisse !
« Si tu ne veux pas te retrouver manchot, je pense que tu ferais mieux de dégager ton bras immédiatement. »
« Oooh c'est une menace ! Tu ne serais pas capable d'écraser une araignée paraplégique. »
« House ! »
« Ok, ok… »
Il enleva son bras, à regret. Ça allait être encore plus difficile que prévu, se dit-il.
TBC…
Merci pour vos commentaires
Haaan mais avouez qu'il devait être trop choupinet Chase à 6 ans !
Désolée pour l'attente et ça va pas aller en s'améliorant parce que je pars à New-York puis en Allemagne pendant les vacances…
