Tenshi D Clara : Merci de ta review, votre Altesse xD

The storry of a rabbit : Merci pour ta review ! Contente de t'avoir fairerire :D

Iwachan35 : Merci de ta review, ça me fait super plaisir :D Et oui, dernier chapitre, puis Epilogue ! Je m'en doute, mais à la base c'était un OS un peu long, que j'a ipublié en plusieurs morceau pour pas que ça fasse un pavé ^^' Je suis une infidèle chronique, je peux pas faire de longue fic, je me lasse trop rapidement de tout xDDD Je fais de mon mieux mais je sais pas si j'aurais envie de me replonger dedans, mais si tu as des questions, j'y répondrais avec plaisir par MP !


Ils arrivèrent finalement non loin de l'île de RockIsle, qui méritait bien son nom puisqu'il ne s'agissait que d'un immense bloc de roc flottant, agrémenté de quelques arbres à mauvaises mines. Cette île n'avait rien pour elle, et était très pauvre : il était dur de cultiver quoi que ce soit, et la seule chose qu'il pouvait vendre aux autres îles était les minéraux nécessaires à la construction. Ça n'avait vraiment pas l'air accueillant, autant que dans son souvenir en fait. Ici, les gens étaient méfiants, pingres, et faisaient ce qu'ils pouvaient pour survivre, et la générosité n'étant pas rentable elle était rare, voir inexistante.

« Wow, c'est vraiment pas accueillant comme coin. » Fit remarquer Ace qui était accoudé à la rambarde. « Oh désolé... »

« Oh non, je t'en prie, tu peux le dire. Cet endroit craint un max ! Je suis pas vraiment née ici, je crois, c'est juste là qu'on m'a abandonnée même si je m'en rappel pas. » Répondit Nana.

Exorciser le passé par la parole était une étape qui l'embêtait un peu, mais elle savait qu'elle devait passer par là. Il fallait admettre les faits et arrêter de les nier et d'en avoir honte.

« Ici, les gens sont nuls, c'est chacun pour soit. Pas vraiment le coin où tu trouves une charmante famille d'accueil ni même un orphelinat. C'est assez triste pour les gens coincés ici en fait maintenant que j'y pense. »

Ils amarrèrent le bateau et Nana sauta à terre sans plus attendre.

« C'est pas vraiment le meilleur endroit pour faire ses courses, mais bon, faites comme vous voulez ! Je reviens plus tard ! »

Et sans plus attendre, elle prit le chemin qui menait vers le village, rapidement suivit par Marco dont elle s'accommoda fort bien puisqu'il n'essaya pas de lancer la conversation. Les mains dans les poches, elle regardait autour d'elle en essayant de tout faire coïncider avec ses souvenirs, mais elle réalisa rapidement que toute la rancune qu'elle avait pu y ressentir s'était transformé en pitié. Ça l'étonna au plus haut point. Puis elle réalisa que sa rancune était surtout portée sur ceux qui l'y avait abandonné plutôt que sur l'île elle-même. Tous ces gens vivaient dans différent degré de misère, et elle avait seulement été l'une des plus malchanceuses. Ce n'était pas sa faute si ses parents n'avaient pas voulu d'elle et n'avait pas pris leur responsabilité.

« C'est tellement minable ici... Pourquoi restent-ils à ton avis ? » Demanda-t-elle en s'arrêtant à la lisière du village.

« Hum... Je dirais qu'ils ont peur de perdre le peu qu'ils ont oi. »

« Mais ils n'ont strictement rien ! »

« Pas évident de s'en rendre compte quand on a toujours vécu comme ça oi. » Répliqua Marco.

Ça avait du sens. C'était particulièrement pathétique, mais ça avait du sens. Elle soupira et reprit sa marche. Elle ne compatissait pas avec les villageois. Ils l'avaient trop longtemps méprisé pour ça, mais au moins, elle ne leur en voulait plus. En fait, elle les trouvait vraiment... Pathétique. Les rares personnes dans la rue se dépêchèrent de rentrer se cloîtrer dans leur maison bancale en les voyants approcher et elle renifla dédaigneusement. Comment se faire rejeter par ça avait jamais pu la blesser ? En fait, c'était tant mieux qu'ils l'aient fait, par ce que sans ça elle ne serait probablement jamais partie de cette île minable. Elle s'arrêta à nouveau et se sentit soudain plus légère. En fait, les choses s'étaient passées de la meilleure façon possible pour elle. Peu importait le reste, elle était partie ! Plus rien ne la rattachait à cette île. A part peut être...

Elle avisa une queue noire disparaitre dans un coin et trottina à sa suite pour le rattraper quelque seconde plus tard. Le Boss se tenait devant elle avec son hostilité coutumière, ce qui la fit sourire. Elle n'essaya pas de l'approcher, elle tenait à ses yeux et avait décidément suffisamment de cicatrices comme ça, merci bien !

« Salut Boss, tu ne le sais pas, mais grâce à moi t'es plutôt connu en fait. » déclara-t-elle en s'accroupissant.

« Alors c'est lui Boss ? » s'esclaffa Marco derrière elle. « Hn il a une certaine prestance, c'est vrai yoi. »

« Je suis pas sûr pour ça, mais il a du caractère, ça c'est sûr. »

Une seconde plus tard, comme pour confirmer ses dires, le gros matou noir se jeta sur elle pour taillader impitoyablement son visage de ses griffes en miaulant.

« Kya ! Lâche moiiii ! » Hurla Nana en tombant sur son arrière-train en se débattant pour sa vie.

« Oy. » Fit Marco qui avait un peu de mal à en croire ses yeux, mais qui attrapa quand même le fauve par la peau du cou pour l'éloigner du visage désormais tout égratigné de l'item kawai.

Il le fixa dans les yeux, le chat lui rendit son regard, et deux seconde plus tard envoyait sa patte griffue sur son visage avec la fourberie d'un pirate avant de lancer un miaw innocent.

« Et tu as grandi seule avec ça yoi ?! » Lâcha Marco en brandissant le ça le plus loin possible de son visage sans le lâcher.

« Ouaip. Il m'a inspiré pour pas mal de truc à vrai dire. »

Maintenant qu'il y réfléchissait, il commençait à voir la ressemblance. Derrière une apparence toute mignonne et innocente se cachait une agressivité assez terrifiante s'il repensait à son expression quand elle se battait contre Akainu. Une expression qui la plupart du temps ne reflétait absolument pas son état d'esprit, et sa capacité à frapper en traitre sans le moindre remords. Et surtout, l'habitude de se débrouiller toute seule sans le moindre état d'âme. La jeune fille se releva en s'époussetant :

« Tu peux le laisser partir. » Dit-elle. « On va y aller nous aussi. »

« Tu ne veux pas le ramener yoi ? » Demanda Marco qui s'y attendait pourtant.

« Nan. S'il voulait partir, il l'aurait déjà fait. Et on n'est pas fait pour cohabiter. »

Le Phoenix eut l'impression qu'il en avait plus appris sur elle en la voyant interagir avec un chat qu'après avoir passé plusieurs jours ensemble sur un navire. Nana, quant à elle, se sentait totalement en paix avec elle-même sans comprendre en quoi revoir Boss avait une telle importance pour elle. En fait, le fait de le voir se comporter avec elle exactement de la même manière qu'avant lui donnait le sentiment que finalement, Impel Down ne l'avait pas fondamentalement transformé. Elle pouvait décider de redevenir celle qu'elle était avant, ou choisir de devenir quelqu'un d'autre. Pour la première fois de sa vie, elle avait le sentiment d'avoir le choix. Sa cherche de l'identité de ses parents avait été comme un besoin désespéré, et pas une seule fois, elle n'avait pu envisager d'arrêter. En l'ayant abandonné, ses parents avaient contrôlé sa vie plus surement que s'ils avaient décidé de la garder et de diriger sa vie.

« Bye bye ! » salua-t-elle le chat qui décampait, le cœur léger. « Bon, on y va ? Faut qu'on désinfecte tout ça ! »

Et sans y réfléchir, elle se mit à trottiner vers le bateau en lui attrapant la main au passage à la grande surprise du blond qui ne s'y attendait pas. Il s'était attendu à ce qu'elle soit au trente sixième dessous lorsqu'elle déciderait de rentrer, et pourtant, c'était presque tout le contraire. Il songea qu'elle trottinait probablement comme elle aurait dû le faire des années plus tôt en quittant son île. Ils ne croisèrent personne sur le chemin du retour, et finalement, il s'avéra que personne d'autre dans l'équipage n'avait voulu descendre sur cette île lugubre (ils jouaient aux cartes) alors ils pure mettre les voiles rapidement.

Finalement, Nana avait pu mettre à plat une partie de sa vie, celle qui était aux origines de son identité mal formée. Ce qu'elle ne réalisait pas cependant, c'est que tout ça n'avait été possible que grâce à l'équipage de pirate avec lequel elle voyageait. Sans eux, elle n'aurait jamais trouvé le courage de venir affronter ses démons. Sans eux, la petite fille triste pleurerait toujours. Cette même petite fille qui souffrait de la solitude et voulait qu'on l'aime ne comprenait pas ce qui lui était arrivé à Impel Down, pour elle, ce n'était qu'un cauchemar, quelque chose de surréaliste n'ayant jamais existé. Maintenant qu'elle avait définitivement réglé son problème d'identité, Ann se posa une question cruciale : qui était-elle ?

Ce soir-là, allongée sur son lit, enseveli de peluche en tous genre, elle fit le deuil de sa douleur. Toute cette souffrance qu'on lui avait infligée, finalement, elle avait cru qu'elle lui donnait une réalité, qu'elle participait à la construction de celle qu'elle était. Elle avait eu tort. Tout n'avait été que pur folie, rien d'autre. On ne construisait rien avec de la folie, de la douleur et de l'horreur, et ses fantômes, qui la hantaient aujourd'hui, n'était que ça. Des fantômes.

« Ils ne peuvent plus me faire de mal... » Murmura-t-elle avec étonnement.

Qui était-elle ? Qui voulait-elle être ? Toute sa vie n'avait fait que la conduire à ce jour tandis qu'elle sentait ses yeux se remplir de larmes. Depuis ce jour gris où elle avait pris les choses en main en arrêtant de pleurer, elle n'avait cessé de se protéger, d'enfiler armure par-dessus armures. Mais aujourd'hui...

« Aujourd'hui, je peux les laisser tomber... ! »

Elle se redressa avec lenteur de son lit et alla se placer devant le miroir de la salle de bains pour observer la jeune femme qu'elle voyait s'y refléter. Elle avait toujours un visage de poupée de porcelaine. Ses cheveux étaient toujours aussi roses et soyeux, ses yeux toujours d'un bleu vert lumineux. Personnes n'avait pu changer ça. Elle se déshabilla, vit son corps couvert de cicatrice se révéler. Ce n'était pas beau, son corps ne le serait surement jamais, mais maintenant ces marques faisaient partie d'elle. Elle croisa le regard de la petite fille perdue qu'elle avait été, et eut un sourire triste. Elle avait voulu lui laisser une chance, mais ce n'était plus possible, plus vraiment. Elle ne rattraperait jamais son enfance perdue, et ce n'était pas grave parce que ce qui comptait, c'était celle qu'elle pouvait être maintenant, et à l'avenir. C'était un corps de femme qui avait souffert, mais les blessures étaient refermées, et personnes ne les rouvrirait.

Elle faisait le choix du présent. Elle avait dit adieu à son passé, et Boss lui avait fait ses adieux à sa façon. Il n'y avait rien à espérer d'un temps perdu depuis longtemps, elle n'y trouverait pas les réponses à ses questions. Distraitement, elle passa une main dans ses cheveux et laissa tous ces beaux et récents souvenirs se bousculer dans sa tête. La plupart étaient liés à Marco, ce type nonchalant qui l'avait sauvé contre son grès plusieurs fois déjà. Elle se concentra sur la chaleur qui l'envahissait quand elle pensait à lui et fut songeuse un long moment. Elle finit par frissonner et fut prise d'un fou rire en réalisant que depuis près d'une demi-heure, elle contemplait son reflet nu dans le miroir.

« Ah ça pour du narcissisme ! » Reconnut-elle puisqu'il n'y avait personne pour l'entendre.

Elle se secoua : trop d'introspection ! Elle détestait avoir la tête pleine de pensée inutile parasitant son esprit ! Quitte à être nue dans la salle de bains, elle prit une douche brûlante et se mit l'équipage à dos en utilisant toute l'eau chaude restante. Si bien qu'une délégation frappât furieusement à sa porte pour se plaindre, et naïvement, Nana crut qu'ils n'oseraient jamais entrer en sachant qu'elle prenait sa douche. Elle avait surestimé cet équipage en les croyants plus civilisé qu'ils ne l'étaient. Ils défoncèrent la porte de sa chambre et elle eut à peine le temps de se jeter sur une serviette de bain et de s'en enrouler avant que la porte de la salle de bains ne subisse le même sort.

« PERVERS ! » Rugit-elle avec un grand sourire diabolique, persuadé que ça les ferait fuir.

Mais c'était sous-estimé leur détermination. Certains semblèrent mal à l'aise, mais ils ne reculèrent pas.

« Cette fois-ci, c'est trop Nana-chan ! » s'écria le chef du groupe. « Quel besoin avais-tu de vider toute l'eau chaude ?! »

« Genre, vous vous lavez ! » Répliqua Nana en tirant la langue tout en pressant sa serviette contre elle.

« Bien sûr qu'on se lave ! Tu n'es pas la seule à apprécier une bonne douche chaude ! »

« Rooh arrêtez de faire vos chochottes, d'ici deux ou trois heures, il y en aura à nouveau de l'eau chaude. Vous devriez être heureux de vous être sacrifié à mon bien-être ! » Déclara-t-elle en relevant la tête avec fierté.

L'assemblée grogna, et elle les prit de cours en prenant soudain la fuite, bousculant tous ceux sur son passage pour débouler dans le couloir comme une furie en riant comme une possédée.

« Mwahahaahaha ! Vous ne m'aurez jamais ! » s'écria-t-elle en reprenant sa course.

Elle bouscula au passage la moitié des habitants du navire, foutu de l'eau partout, dérapa une dizaine de fois alors qu'elle tentait de semer ses poursuivants, ce qui lui prit une demi-heure, mais elle parvint finalement à se cacher dans la bibliothèque et ferma la porte à clef avant de la barricader avec des meubles. Elle put enfin souffler un peu et se laissa tomber a même le sol en soupirant.

« Fiou, ils sont collants ! »

« Mais qu'est-ce que tu fiches yoi ? » Demanda une voix un peu ébahi de l'autre bout de la bibliothèque.

Nana sursauta d'un mètre avant de reconnaitre le tic. Installée à une table, bien sagement, une paire de lunettes sur le nez, le commandant de la première division la dévisageait comme si elle avait perdu la tête.

« Marco ! Non mais ça va pas de faire peur aux gens comme ça !? J'ai pas eu peur, je veux dire... Mais ça m'a surprise, c'est tout ! » se rattrapa-t-elle en comptant sur ses doigts pour une mystérieuse raison avec une expression concentrée.

En fait, quand il avait posé la question, c'était surtout pour savoir pourquoi diable se promenait-elle dans le bateau en petite tenue. Pas que la vue le gêne, au contraire, mais il n'était que très moyennement pour le fait que tout le navire en profite. En fait, il préférait même que personne d'autre n'en profite.

« Et donc ? Qu'est-ce qui t'amène yoi ? » Demanda-t-il en se concentrant sur son visage.

C'était une zone sans danger, le visage. Moins que son décolleté pour sûr. Aucun risque de perdre la tête juste à cause de ses grands yeux en amande ou de ce petit nez retrousser, ou de ses lèvres humides ou -stop ! Depuis quand se comportait-il comme un pervers en puissance ? Il n'était pas stupide au point de ne pas avoir remarqué l'attraction qu'exerçait sur lui la jeune femme mais quand même, à ce niveau-là, c'était pathétique.

« Le navire s'est ligué contre moi. C'est une tentative de Coup d'Etat ! Non, de Putch ! Quoi qu'il en soit il faut que tu fasses quelque chose Marco ! » S'écria Nana en bondissant sur ses pieds et en s'agitant avec des airs de conspiratrice.

Les yeux de Marco, pour une raison qu'elle ne s'expliquait pas, la suivaient dans tous ses gestes sans qu'il ait pour autant l'air de percuter ce qu'elle lui disait.

« Marco ? » l'interpella-t-elle avec un air vaguement inquiet devant cette absence de réaction.

Eh quoi, il ne riait même pas ! La plupart du temps, il se foutait au moins de sa tête, alors que là, silence radio. Il se releva brusquement en claquant ses mains sur la table avec un air... Contrarié.

« Oi Nana, tu me prends pour qui là ? » Fit-il d'un ton menaçant qui la fit cligner des yeux.

« Euh... mon larb- hum ! Mon chevalier servant ? » Proposa-t-elle d'une voix innocente tout en se demandant pourquoi diable, il s'énervait.

Il eut un rire lugubre et un peu grinçant qui la rendit encore plus interdite et il fit un pas vers elle en lâchant :

« Je suis ni ton père, ni ton frère yoi. »

« Euh... ouai ? Je sais ça. C'est quoi ton probl- »

Avant d'avoir eu le temps de finir, elle se retrouva plaquée contre le mur par un Marco qui avait visiblement (de son point de vue) pété un câble, grave. Elle ne comprenait absolument plus rien. Jusque-là, il l'avait toujours soutenue et brusquement, il se comportait comme si elle venait de l'insulter un foise de trop.

Pourtant, elle veillait à ne l'appeler Ananarco ou Marcocorico que dans sa tête, ou quand il n'était pas présent alors elle voyait mal ce qu'il pouvait bien lui reprocher. Devait-elle le taper et prendre la fuite ? Elle avait beau retourner la question dans tous les sens, elle ne parvenait décidément pas à se sentir en danger en sa présence. Vaguement inquiète par son comportement anormal, mais elle n'avait pas peur de lui malgré l'air sombre sur son visage.

Ce qui d'une manière ou d'une autre sembla l'irriter encore plus. Elle le regarda avec un air perplexe et Marco songea qu'il était bon pour une explication.

« Tu crois quoi à te balader comme ça au milieu d'un bateau rempli de pirate yoi ? » Assena-t-il durement.

« Bah, c'est pas de ma faute s'ils ont surgi pendant que je prenais ma douche ! J'ai fait avec les moyens du bord. » Répliqua-t-elle d'un air boudeur.

A ces mots Marco de figes et une lueur vachement flippante brilla dans son

« Bon après, j'avais un peu utilisé toute l'eau chaude, mais bon, on est d'accord qu'ils auraient pu attendre un peu pour faire leur réclamation. » Développa Nana sans trop savoir pourquoi.

Peut-être parce qu'elle s'en voudrait un peu s'il assassiner son équipage ?

« Et puis c'est quoi ton délire ? » s'échauffa-t-elle, agacée d'être aussi déstabilisée. « Tu veux quoi, que j'ai peur de toi ? Et bah c'est raté, t'as juste réussi à m'énerver ! »

« Tu réalises ta situation yoi ?! A moitié nue enfermé dans une pièce avec un homme, ça ne t'interpelle pas un peu ? »

Elle cligna des yeux et réfléchis à la situation. Effectivement, vue comme ça. Elle planta son regard dans le sien avec un air effronté. Elle n'aimait pas ses insinuations.

« Tu crois quoi ? Que je suis sans défense ? » Elle éclata de rire en rajoutant « tu te crois vraiment capable de violer ? Désolée, mais je ne marche pas. Je ne suis pas une gamine naïve, imbécile. Je sais très bien le prétendre, et j'y prends beaucoup de plaisir, mais ça ne fait pas de moi une pauvre gamine effarouchée ! Et si tu ne me fais ce numéro ridicule que pour me faire la leçon, je te conseille d'arrêter tout de suite ! »

Elle frissonna. Il venait de prendre un air vraiment... Elle n'avait pas de mot pour décrire l'effet que ça avait sur elle. Il avait de l'arrogance, de l'irritation, et cette certitude au fond de son regard qui le faisait sourire comme si elle venait de lui donner l'autorisation de faire tout ce qu'il voulait alors qu'il savait déjà qu'aucune limite ne s'imposait à lui. Pirate, oui, c'était surement le mot. Pirate sexy, foutrement excitant, mais ça Nana malgré toutes ses prétentions, elle ne pouvait le réaliser avec des mots, parce qu'elle restait quand même bien plus innocente que lui à ce niveau-là.

« Et si ce n'est pas le cas yoi ? » Souffla-t-il.

« Hein ? »

« Si ce n'est pas juste pour te faire la leçon ? »

« Quand tu dis juste ça veut dire que c'est quand même un peu le cas. » Releva Nana en fronçant les sourcils. « Mais je t'en prie développe, visiblement, je suis bonne pour y passer de toute façon ! »

Cette dernière réplique lâchée avec exaspération ne contenait aucun sous-entendu, en tout cas, elle n'y en avait laissé aucun, mais pour le pirate, c'était une tout autre affaire. En voyant son air effronté et fier tandis qu'elle ne réalisait même pas l'énormité qu'elle venait de prononcer, Marco fut pris d'un fou rire. Ce qui ne manqua pas de la vexer.

« Non mais vas-y c'est quoi ton problème ? C'est moi la folle ici, me pique pas mon rôle ! » S'écria Nana en réalisant qu'elle devait être vachement flippante quand elle se mettait à rire sans raison.

Il s'effondra sur elle et elle se retrouva avec quelque chose comme quatre-vingts kilo de muscle sur les bras, à moitié écrasé contre le mur, et résolument perdue.

« Mais arrêtes de te marrer ! » Ordonna-t-elle drapé de sa seule dignité.

Elle entreprit de le repousser, mais à ce moment-là, il se calma et elle se retrouva avec son visage à quelque centimètre du sien, la fixant d'un air calculateur, un sourire goguenard collé sur les lèvres.

« Après tout, si t'es bonne pour ''y passer'' yoi. » Lâcha-t-il. « Ça ne pose pas de problème, j'imagine. »

« Mais de quoi tu parles à la fin ?! » s'énerva nana qui n'aimait se sentir stupide.

« Je vais faire simple yoi. » Se moqua le pirate qui avait l'air de s'éclater. « A partir de maintenant, tu es à moi. Autrement dit, je vais faire absolument ce que je veux de toi, et tu sais yoi ? Tu vas adorer ça. » Asséna-t-il avec une arrogance qui avait toujours été là, mais bien caché derrière son flegme habituel.

Nana ouvrit la bouche et la referma plusieurs fois comme un poisson, l'esprit vide tandis que son corps vibrait d'excitation. Elle était totalement perdue par ses mots, et ses propres réactions. Qu'est-ce que c'était que tout ça encore ? Pourquoi ne pouvait-on pas la laisser savourer plus de deux minutes les rares certitudes qui bourgeonnaient dans son esprit ? Dès qu'elle croyait quelque chose certain, on finissait par lui balancer sans la moindre délicatesse que finalement non, elle avait tout faux. Marco s'esclaffa en voyant son air interdit :

« Je vais expliciter. » Déclara-t-il en s'emparant de ses lèvres dans un baiser torride.

Il laissa ses mains se balader sur ce corps si aimablement mis à disposition, et eut la satisfaction de réaliser qu'il ne passa même pas à l'esprit de la jeune fille de comparer cette situation à ce qu'elle avait pu vivre à Impel Down. Totalement novice en la matière, même pas sur ce qui était en train de lui arriver, la mécanique du corps répondit à sa place. Elle passa ses bras autour du cou du pirate en se pressant contre son corps en soupirant. Le baiser s'approfondit, puis se poursuivit sur ses pommettes, puis dans sa nuque, le creux de son épaule faisant à chaque fois grimper la température de plusieurs degrés. Elle gémit doucement et Marco murmura à son oreille :

« Est-ce que tu vois ce que je veux dire maintenant ? »

Elle n'en avait pas la moindre idée, mais dans le doute, elle hocha la tête positivement ce qui le fit rire. Il l'embrassa une dernière fois avant de lui ébouriffer les cheveux affectueusement.

« Parfait yoi. Maintenant allons dire deux mots à ces idiots qui se croient tout permis ! »

Passant une main possessive dans le creux de sa taille, il entraîna une Nana totalement sonnée dans les couloirs histoire de bien marquer son territoire. Quant à Nana, elle se promit de ne plus jamais se faire avoir par les airs aimables des pirates : elle ne commettrait pas deux fois la même erreur, à ça elle avait bien compris qu'il n'y avait pas d'agneaux parmi les pirates !