2. Citrouille géante et tente magique
Une lueur de détermination passa dans ses yeux et s'y encra, tandis qu'elle levait le regard vers Malefoy. Celui-ci fut plus que surpris. Ça, pour un revirement ! Que lui voulait-elle à présent ? Qu'est-ce que ça signifiait ? Il pensait depuis le début que ce serait une partie de plaisir, mais là, il avait un petit doute… Serait-elle prête à se battre ? Résisterait-elle ?
Note pour lui-même : Pousser Granger au bout.
Après avoir levé le regard vers lui, Hermione se retourna vers Ron. Pourquoi cette fouine ne laissait paraître aucune émotion ?! Seulement ce visage impassible ! Merlin ! Elle aurait tellement voulu le voir troublé, terrifié, énervé…? Au contraire, il avait l'air de prendre tout ça du meilleur côté qui soit ! Incroyable ! On aurait dit qu'il était né pour faire chier !
- Ron ? Tu n'as pas quelque chose pour se changer les idées ?, lui demanda-t-elle à voix basse, le suppliant du regard.
- J'ai un jeu d'échecs version sorcier…? Tu veux jouer ?
- Oui, tout mieux que ne rien faire !, s'exclama-t-elle (ce qui prouvait bien que ça n'allait pas du tout !).
- Et on laisse Parvati seule ?, s'enquit-il.
- Non… Parvati ?, appela-t-elle plus fort.
La jeune fille se colla plus à elle pour entendre ce qu'elle avait à dire.
- On va jouer aux échecs version sorcier, mais tu peux venir parler, tu veux ?
- Oui, avec joie ! Je commence à désespérer.
- Merlin, bienvenue au club.
Evidemment, impossible de penser que Malefoy aurait pu la boucler.
- Un jeu d'échecs ?! Haha ! Je parie que vous êtes trop nuls. Les Gryffondors en jeu de ruse, on aura tout vu.
- Occupe-toi de ton cul Malefoy, répondit nonchalamment Ron en préparant le jeu.
Hermione eut un sourire à cette vue. Il était indifférent, et elle était sûre que c'était parce que ce jeu était bien une des seules choses auxquelles il aurait pu battre n'importe qui si on le provoquait. Elle ne put s'empêcher d'avancer sa main et de la passer dans ses cheveux roux avec tendresse. Il souleva le regard vers elle, et elle lui adressa un sourire rayonnant, auquel il répondit non sans rougir jusqu'aux racines.
Au même moment, Malefoy faisait une grimace de dégout, Parvati se demandait si elle allait vraiment devoir tenir tout le temps la chandelle, Pansy réfléchissait à tous les défauts qu'elle pourrait faire circuler comme ragots dès son retour et Crabbe et Goyle les fixaient semblant ne rien comprendre, à leur habitude. Ron, de son côté, se disait qu'il avait la meilleure fille qu'il eut pu rêver comme petite amie, et qu'il l'aimait. Oui, il était dans une bonne passe en ce jour, heureusement pour Hermione !
Ils jouèrent pendant très longtemps. Evidemment ce fut Ron qui gagna, Hermione étant trop occupée à faire fuir ses pions pour qu'ils ne se fassent pas mal... Mais ça permit à la jeune fille de se changer les idées. Elle et Parvati avaient parlé d'un peu de tout, Ron se mêlant de temps en temps à la conversation.
Les remarques acerbes des Serpentards avaient évidemment fusé, mais ils avaient simplement répondu que la jalousie était un vilain défaut, et puis avaient choisi l'indifférence. Bingo ! Les Serpentards avaient parlé, puis joué aux cartes version sorcier. Heureusement que cette citrouille était grande ! Citrouille qui d'ailleurs commençait à sentir le pourri. Grande idée d'agrandir un légume ! Et le temps ça compte pas ? Elle allait tomber en morceaux ! « Merlin… » pensa pour la millième fois Hermione, exaspérée.
- Granger ?, entendit-on Pansy appeler.
Hermione leva le regard vers elle, ahurie, en signe de question.
- Est-ce qu'il t'arrive de te comporter comme une fille ?, lâcha la Serpentarde venimeuse.
- Comment ça ?, s'offusqua Hermione.
- Eh bien tu sais, te faire belle… Choisir de beaux habits… ou le fais-tu… déjà ?, continua-t-elle d'un air innocent.
- Et toi Parkinson, siffla la Gryffondor en colère, est-ce que tu n'es pas découragée de passer tellement de temps devant un miroir pour n'y voir aucun changement qui te différencie d'un phacochère ?
Ron éclata de rire et la tira vers lui par la taille, pour être sûr de garder le contrôle tout de même. Elle se laissa faire, bien trop contente de se sentir protégée par ses grands bras, et se nicha contre son torse tout en ne lâchant pas Pansy du regard. Cette dernière ouvrit grand la bouche et fronça les sourcils en signe d'indignation totale. Malefoy, étrangement, avait l'air amusé. Vraiment, les Serpentards avaient de drôles d'amitiés !
- Granger !, termina par prononcer la fille au groin, tu oses !
- Quoi ? Constater de simples faits ? Oui, je le fais même souvent.
- Je ne te permets pas…!, commença à se défendre l'autre.
- Je suis la miss je-sais-tout, tu te souviens ? J'ai toujours raison, acheva-t-elle avec un sourire malicieux. Tu m'en vois navrée, insista-t-elle avec un air faussement compatissant.
La Serpentarde piqua un fard et se retourna, hors d'elle, vers la fenêtre magique de la citrouille. Hermione, plus que fière, se blottit contre le torse du grand Ron qui la serra contre lui.
- Y'a des hôtels pour ça !, railla Malefoy avec une moue de profond dégoût.
- Oh, ça te dérange la fouine ?, s'enquit Ron avec un air prétentieux.
Le Serpentard lui jeta un air dédaigneux avant de répondre à l'affirmative, et Ron, le regardant avec un sourire sadique, prit le menton d'Hermione et l'embrassa. Il l'embrassa ! Devant tout le monde ! Elle ne savait pas si continuer ou si l'envoyer balader en Alaska… Il savait pourtant très bien qu'elle avait horreur des démonstrations aussi publiques ! Ça allait la poursuivre, Malefoy n'allait jamais la lâcher ! Mais bon, vu que c'était fait… Et que Malefoy avait l'air profondément dégouté… Elle répondit au baiser avec ardeur pour leur clouer le bec à tous. Qui d'autre ose encore la traiter de prude ? Mh ?
Lorsqu'ils se détachèrent, le souffle court, elle le regarda avec un sourire et surtout un regard spécial qui lui disait clairement qu'il allait lui payer ça. Il lui rendit un sourire contrit et resserra son étreinte en une excuse muette. Enfin, elle se tourna et vit Crabbe et Goyle le regard baissé… gênés ?!, Pansy totalement sous le choc et Malefoy dont la mine de dégout profond avait été complétée par une petite touche d'horreur. Parvati rangeait docilement le jeu d'échecs. Hermione sur le coup, fut vraiment fière, mais elle se promit de ne plus le refaire et de ne plus mettre Parvati mal à l'aise. La pauvre, après tout, elle était avec quatre Serpentards et un couple…!
Elle lança un regard vainqueur à Malefoy qui la fusilla du regard, puis se leva et alla se rasseoir à sa place de départ, côté fenêtre. Ils arrivèrent une heure plus tard, au bonheur de tous ! … Sauf qu'ils ne s'attendaient pas à arriver… là.
Là où, exactement ? Eh bien c'était bien ça le problème, tiens ! Où diable étaient-ils ? La citrouille en décomposition se crasha (plus qu'atterrit, ce qui ne serait pas vraiment réaliste) en plein milieu d'un champ en feu. Ils sortirent (ou furent catapultés, si on va par là !) tombant tous les uns sur les autres, crise de toux commune à cause de l'odeur répugnante qui sortait maintenant de la fameuse citrouille.
- C'est une blague ?, tenta Malefoy en se relevant tandis qu'ils regardaient tous les alentours.
- BON, fit Hermione bien décidée à ce que tout se passe le mieux possible. On va arrêter de se plaindre vu que personne ne viendra nous secourir de ce calvaire, et on va plutôt tous se concentrer pour trouver un indice, une issue, un hibou messager, n'importe quoi.
- Eh bien Granger, tu prends la tête du groupe ? Comme si tu en étais capable !
- Malefoy, j'ai dit TOUT le monde se concentre, lâcha-t-elle en lui lançant un regard digne de glacer un volcan en éruption.
Il obtempéra et se tut. Ce fut Pansy qui cria la première.
- Regardez la citrouille !, s'écria-t-elle.
Ils se retournèrent tous en un même sursaut, inquiets. La citrouille était en train de se transformer en tente géante, avec une lettre accrochée à l'entrée. Ils se regardèrent d'une mine entre la perplexité, le découragement et l'indignation… « Encore ?! »
Ce fut Malefoy qui s'avança pour prendre la lettre, comme les fois précédentes. On remarquait déjà que c'était Hermione qui dirigeait et lui qui affrontait tout nonchalamment, à son habitude. Ça ne semblait déranger aucun des autres membres du groupe, ce qui confirma à Hermione que si elle se battait (ce qu'elle ferait, foi de Granger !) elle serait en effet seule avec Malefoy au final. Génial. Même si elle s'était déjà fait la réflexion, à chaque fois qu'elle y pensait elle avait une brique coincée dans l'estomac. Il allait falloir qu'elle commence à s'y faire et surtout qu'elle fasse tout son possible pour que tout se passe bien. Ils ne pouvaient décemment pas se disputer 24h/24 ! Comment feraient-ils sinon ?... Et là, encore une fois, étant Hermione Granger, l'évidence lui sauta aux yeux. Ils allaient eux-mêmes se mettre hors-jeu. Merlin ! Ils allaient eux-mêmes se mettre des bâtons dans les roues si ça continuait comme ça ! Elle allait devoir avoir une conversation sérieuse avec eux. Enfin, si elle y arrivait… « Que le ciel nous tombe sur la tête, et ça ne ferait que faciliter la tâche ! », pensa-t-elle exaspérée.
Pendant qu'elle réfléchissait, Malefoy avait déjà atteint la tente et décacheté la lettre. Il lut.
- « Chers élèves, » récita-t-il, « voici une tente dans laquelle vous passerez la nuit. Vous devez sûrement être fatigués, le voyage en citrouille n'est pas de tout repos ! De plus, vous devez manger, reprendre des forces pour la suite. Le champ en feu sous vos yeux sera demain votre première étape. Rappelez-vous, esprit d'équipe ! Le frigo de la tente est largement rempli, je veux que vous fassiez un bon dîner entre vous pour apprendre à mieux vous connaître et vous préparer de la meilleure façon qu'il soit pour demain. Que la fête commence ! ».
Il referma la lettre, fronçant le nez.
- Pff, Salazar, c'est quoi encore cette histoire ?
- Malheureusement il n'y a rien de plus clair, Malefoy. Rentrons, ça ne sert à rien de rester dehors à se plaindre et risquer de nous faire carboniser ! On n'a pas le choix, mettons un peu du nôtre aussi.
- Tu rêves Granger.
- MALEFOY, finit-elle par exploser, j'ai horreur de devoir prononcer ces mots alors fais un effort ! Dumbledore dit, nous on exécute, ça s'arrête là pour notre plus grand malheur à tous certes, mais c'est ainsi ! Alors allons tous dans la tente et faisons notre possible pour ne pas provoquer de catastrophe avant d'avoir ne serait-ce que commencé ! Ce serait con qu'on se court-circuite nous-mêmes ! Vous êtes Serpentards et nous sommes Gryffondors ! On peut le faire ! On va les battre tous et se concentrer sur la victoire pour oublier un peu la haine, pour montrer que ce vieux ne nous intimide pas ! Compris ?
Devant tant de détermination Malefoy se tut et l'observa longuement. Elle voulait se concentrer sur la victoire, c'était une battante ! Une vrai Gryffondor, bien sûr, mais cette force, cette détermination était tout simplement incroyable. Il resta un moment ébahi par la force de la lionne, qui semblait par dehors bien la miss je-sais-tout mais plutôt celle des livres, de la bibliothèque, sans grand intérêt, puis parla (sachant que durant tout ce temps il avait gardé son masque impassible, ce qui fit que toutes ses réflexions sont restées pour lui uniquement… radin !).
- Tu nous demande de nous unir là ou je rêve, Granger ?, lança-t-il narquois.
- Ou au moins de faire semblant !, s'exaspéra-t-elle en voyant sa tête moqueuse. Je déteste passer pour faible, et nous n'avons aucune raison de l'être, alors ON RENTRE.
Elle joignit le geste à la parole et s'élança vers la tente dans laquelle elle entra, laissant sans possibilité de réponse tout le groupe qui l'écoutait attentivement. Les trois autres Serpentards l'admiraient assez secrètement. Quelle force ! Ron semblait très fier et lui emboita le pas (non sans lancer un regard suffisant à Malefoy), Parvati les suivit regardant droit devant elle et le pas décidé. Les quatre serpents regardèrent les lions si gracieux disparaître dans la tente. Mais ils comptaient se battre, eux aussi ! Pas intérêt à les laisser les ridiculiser ! Ils pouvaient les égaler sans aucun problème ! Eux avaient la ruse ! Ils allaient voir !
Malefoy fixa la tente et se dirigea d'un pas conquérant vers l'entrée, pour montrer qu'ils ne l'intimidaient pas, ce qui donna évidemment le courage à ses disciples qui le suivirent dignement. Lorsqu'ils rentrèrent, ils furent ébahis. La tente était bel et bien agrandie magiquement, mais elle était magnifique et en même temps petite. Le vieux l'avait fait exprès pour qu'ils soient obligés de rester toujours tous ensemble ! Quelle plaie ! Leurs lits étaient séparés par chambre de filles ou de garçons. (Pauvre Ron !)
Hermione se tenait déjà devant une bibliothèque bien remplie avec les yeux pleins d'étoiles. Drago eut la sagesse de se demander à quoi ça leur servirait mais décida de ne pas lancer de piques maintenant, plus prudent. Parvati était déjà en train d'explorer le frigo.
- Hermione, tu m'aides ? Pansy ?
- Bien sûr !, s'exclama Hermione en se dirigeant vers le frigo.
Pansy grommela quelque chose dans sa barbe, d'où ressortait clairement le mot « domestiques ! » mais suivit le chemin tout de même, non sans lever les yeux au ciel, pour la forme. Arrivées au frigo, elles remarquèrent que les garçons ne bougeaient pas alors Hermione sut qu'elle devait encore prendre la parole.
- Vous croyez vraiment qu'on va tout faire ?, interrogea-t-elle.
Pas de réponse, ils la regardèrent simplement. Ron se dirigeait déjà vers la cuisine, docile et surtout habitué aux travaux ménagers. Malefoy le regarda, méprisant.
- Vous venez tous ici, peut-être qu'on n'a pas confiance pour vous confier la cuisine, mais vous préparerez le reste !, s'énerva Hermione.
- Tu parles de la table ?, demanda Malefoy faussement innocent, sans se départir de son air narquois.
- Eh bien oui, tu crois que je parle du pape ?
- C'est qui le pape ?, s'enquit Ron.
Hermione roula des yeux. Moldu. Elle n'arrivait jamais à faire la différence à temps ! Malefoy allait encore se moquer d'elle, magnifique.
- C'est un moldu Ron, trop long à expliquer. Bref, bougez-vous !
Malefoy agrandit son sourire et tandis qu'elle se retournait il la rappela pour qu'elle le regarde à nouveau.
- Granger ?
- Quoi encore Malefoy ?, dit-elle en soupirant fortement.
Il leva sa baguette et quelques gestes plus tard la table s'était agrandie, comportait tous les plats, les couverts, les verres et même les serviettes et la nappe dont elle avait besoin. Hermione regarda la nouvelle table avec des yeux ronds, puis remonta son regard vers Malefoy, toujours aussi stupéfaite. Il rit ouvertement d'elle, puis s'exclama.
- Voilà ! Appelez-nous quand le dîner sera prêt les filles.
Intérieurement, elle explosa comme un feu d'artifices meurtrier. On aurait presque vu la fumée sortir de ses oreilles et de ses narines, c'est tout dire ! Mais elle garda le silence et se retourna hargneuse vers la cuisinière. Ron, lui, était totalement émerveillé par ce que Malefoy venait de faire.
- Hermione, vint-il lui souffler discrètement à l'oreille, tu crois que si je lui demande…
- Ron, tu rêves ou quoi ?!
- Non, t'as raison, dit-il apitoyé. Dommage…!
Elle roula des yeux, exaspérée, et continua à préparer la nourriture. Pansy râlait mais ne disait rien et elle l'en remercia intérieurement. La haine ne s'oubliait pas en un instant mais elle eut la décence de garder ses pensées sombres pour elle et lorsqu'elle se retourna vers Hermione cette dernière lui fit un sourire éclatant et tellement sincère qu'elle en désarma la Serpentarde qui se figea. Hermione qui n'exigeait en aucun cas la pareille continua sa tâche, histoire de la laisser s'habituer à voir qu'elle pouvait aussi être sympathique, enfin, dès qu'on ne la provoquait pas !
Ils mangèrent en silence ce soir-là. Il était vrai qu'ils étaient tous très fatigués, mais ils ne savaient surtout pas quoi dire. Ils n'allaient pas parler chacun de leur côté, et s'insulter aurait viré au cauchemar ! Apparemment, chacun avait accepté ce qu'Hermione avait dit et elle en était vraiment heureuse. Le seul qui ne contribuait pas était Malefoy, ça ne l'étonnait pas vraiment, même si ça avait le don de l'irriter. Elle se dit qu'elle pourrait établir une relation « neutre » avec les autres Serpentards. Pas d'amitié, ça c'est sûr ! Elle frissonna à cette idée. Mais pouvoir entretenir une conversation sans se tuer, mais également (faut pas rêver !) sans non plus rire. Sauf avec Malefoy évidemment, qui ne cesserait jamais d'être sujet d'une haine profonde.
Il s'amusait à lancer des regards méprisants, suffisants et même amusés à toute la table, surtout aux Gryffondors. Il prenait grand plaisir à intimider Parvati qui rougissait et ne savait plus où se mettre, et à Ron qui avait du mal à ne pas avaler de travers à chaque fois qu'il croisait les perles grises. Et puis quoi, ce n'est pas si facile de manger avec cette vue immonde ! Comment voulez-vous manger normalement avec une fouine à table ? Tout bonnement impossible. Les animaux domestiques dehors !
Il ne put évidemment pas s'empêcher de lancer des remarques acerbes durant le dîner, mais Hermione y répondait sèchement (si possible avant Ron, sinon il ne se contrôlait pas), coupant court à la conversation.
Lorsqu'ils finirent, Hermione profita du fait de pouvoir donner un ordre à Malefoy, au moins une fois dans sa vie. Il fallait lui rendre la pareille ! Il s'était ouvertement moqué d'elle lorsqu'elle lui avait demandé de mettre la table !
- Malefoy ?, appela-t-elle.
Celui-ci se retourna, étonné qu'elle lui adresse la parole. Si on va par-là, et même si on y va pas, son air nonchalant et distrait pour le coup le faisait ressembler à un ange vulnérable. Quelle blague ! Un ange, Malefoy ! C'est pas parce qu'il est blond que c'est une raison ! Et vulnérable ? Fais-moi rire. Les apparences sont bien trompeuses ! Il l'interrogea d'un regard redevenu impassible. Elle sourit malicieuse, et reprit.
- Je te laisse le soin de débarrasser la table !
Il se figea, choqué, puis lui lança un regard meurtrier avant d'afficher à nouveau son sourire suffisant et, toujours en la fixant, sans un regard pour la table, il tendit la baguette en sa direction, la fit pivoter quelques fois sans un mot, et sans avoir lâché Hermione des yeux tout était aussi propre qu'à leur arrivée. « Voilà ! », lança-t-il d'un air indifférent. Elle lui lança un regard exaspéré bien que glacial tandis qu'il affichait un air vainqueur, tourna les talons et alla vers Ron.
- Ron ?
- Oui ma puce ?
- Je ne sais pas si je vais tenir, c'est tout bonnement impossible, par Merlin !
- Tu rigoles ? Tu t'en sors comme une chef Hermione ! Tu n'as pas vu comment tu les as cloués sur place tantôt ?! Ça va aller, je te le promets !
Elle lui sourit faiblement, un peu rassurée par ses paroles.
- J'ai besoin de ton soutien, tu sais. Je peux me montrer forte mais depuis tout à l'heure je sens que je vais péter un câble…
- Oh non ! Et Merlin sait qu'Hermione qui pète un câble c'est tout simplement ingérable ! Horreur ! Je promets d'éviter ça !, fit-il d'un air faussement terrifié.
Elle lui frappa affectueusement l'épaule.
- Arrête de te moquer de moi !
- Mais pas du tout…, fit-il en lui souriant et la ramenant vers lui par la taille.
On entendit un « Pff » s'échapper d'une des personnes (on se demande bien qui !) mais n'y prêtant pas plus attention que la première fois il l'embrassa, et cette fois-ci elle fut amplement ravie qu'il le fasse. De toute façon, ils n'allaient avoir aucune intimité pendant trois mois, et elle n'allait pas pouvoir se retenir si longtemps non plus ! Au moins le matin et le soir… Et puis ça a le don de dégouter Malefoy, c'est pas si mal !
Lorsque leurs lèvres se décollèrent, elle sourit béatement et plongea son visage dans son cou.
- Je t'aime, lui chuchota-t-elle en déposant un baiser à la base de son cou.
- Moi aussi, souffla-t-il en la serrant contre lui.
- Bonne nuit tout le monde, dit-elle plus fort en se dirigeant vers la chambre.
- Tu vas déjà te coucher ?, demanda Parvati, étonnée.
- Bien sûr, elle a besoin de ses heures de sommeil la petite Granger, elle est fragile !, s'exclama Malefoy narquois.
- En fait je vais lire dans mon lit, mais je ne compte pas revenir ici avant demain.
De ce fait, elle se dirigea vers la chambre en faisait léviter sa valise devant elle et s'y enferma. Evidemment, personne n'avait répondu à son « bonne nuit » mais elle s'en fichait comme d'une guigne. Parvati la rejoignit bien vite, elle avait tout juste eu le temps de se mettre en pyjama et de passer par la salle de bain.
- Parvati !, fit-elle avec un grand sourire. Tu veux qu'on s'entraine ensemble pour les sorts qu'il nous faut connaitre ?
- Oh oui c'est une bonne idée !, répondit celle-ci, heureuse de faire quelque chose de constructif avec quelqu'un de sympathique.
Elles passèrent toute leur soirée à s'exercer aux sorts. A la fin, elles étaient déjà plutôt douées, avaient réussi à les faire tous au moins une fois et surtout connaissaient le sort qui pourrait ramener leurs « amis » (ou coéquipiers, devrons-nous dire ?) sains et saufs à Poudlard. Elles étaient sûres qu'aucun des Serpentards n'aurait pris la peine de l'étudier ! A 23h, elles s'arrêtèrent pour pouvoir se reposer avant la première journée de défis. Elles allèrent au lit le sourire aux lèvres d'avoir pu parler et rire tranquillement pendant ces quelques heures... Tout allait bien se passer. On ferait avec le reste !
