Le Détective et le Saïya-jin
Chapitre V
Il était difficile de se concentrer dans son déjeuner quand il y avait deux demi Saïya-jin qui mangeaient assez pour nourrir une armée devant soit. Le riz entre les baguettes de Mitsuhiko tomba sur ses genoux, alors que ses yeux, ainsi que de tous ceux qui regardaient Goten et Trunks manger, étaient aussi ronds que son assiette. Comment est-ce que des garçons si petits pouvaient manger plus de six fois leurs poids ?
Les assiettes et bols vides empilés sur la table, les deux petits Saïya-jins s'adossèrent sur leurs chaises, se frottant le ventre de contentement. Puis ils regardèrent les assiettes encore pleines de leurs camarades, complètement ignorant leurs regards incrédules.
« Vous ne comptez pas manger ? » demanda Goten innocemment.
Les Détectives Boys repoussèrent simultanément leurs assiettes, même Genta avait perdu l'appétit. Le visage des deux garçons s'illuminèrent, et ils finirent joyeusement les déjeuners de leurs amis. Une grosse goutte de sueur se forma sur l'arrière de la tête de Conan alors qu'il les regardait manger encore. À croire qu'ils avaient un trou à la place de l'estomac.
Goten s'étira. « J'ai bien mangé ! »
Trunks regarda sa montre. « Ça va bientôt sonner. »
Comme pour confirmer les paroles du jeune prince, la sonnerie retentit. Goten regarda son meilleur ami s'éloigner, puis rejoint ses nouveaux amis qui avaient déjà commencé à retourner dans leur classe.
« Vraiment, comment pouvez-vous manger autant ? » demanda Genta. « Même moi j'en suis incapable ! »
Goten se frotta l'arrière de la tête. « C'est un truc de famille. »
Conan leva un sourcil. « Trunks et toi êtes cousins ? »
« Euh… oui. »
Ce n'était pas vraiment un mensonge ; ils étaient tous les deux des Saïya-jins, après tout.
Quelques heures plus tard, les cours étaient terminés, et les écoliers attendaient patiemment qu'on vienne les chercher pour les ramener chez eux. Goten et Trunks étaient en train de se raconter leur première journée à l'école primaire quand soudain ils tournèrent leurs têtes simultanément, recevant des regards interrogateurs.
Le visage de Goten s'illumina. « Gohan-niichan est arrivé ! »
Les Détectives Boys regardèrent autour d'eux, cherchant le grand frère de Goten, puis ils se regardèrent en clignant des yeux. De quoi parlaient Goten ? Ils ne voyaient Gohan nulle part, eux.
Quelques instants plus tard, pourtant, ils virent qu'effectivement, Gohan était arrivé. Conan fronça les sourcils. Comment Goten avait pu le savoir avant même qu'il n'arrive ?
Goten sauta dans les bras de son grand frère adoré, celui-ci rigola en lui ébouriffant les cheveux affectueusement.
« Alors, ta première journée s'est bien passé ? » demanda Gohan.
Goten hocha vigoureusement la tête. « C'était génial ! Mais les cours étaient un peu ennuyants, on devait rester assis pendant des heures ! »
Gohan sourit, puis se tourna vers Conan. « Alors, surpris ? »
« C'est sûr que je ne m'y attendais pas. » répondit l'enfant.
Gohan se tourna alors vers Trunks. « Tu viens, Trunks-kun ? Ta mère m'a demandé de te ramener aussi. »
Trunks courut le rejoindre, disant au revoir à ses amis. Toujours dans les bras de Gohan, Goten leur fit des grands signes.
« Au revoir, les enfants. » fit Gohan.
Conan les regarda s'éloigner en fronçant les sourcils. Il y avait définitivement quelque chose d'étrange dans cette famille.
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Gohan déposa Trunks devant Capsule Corp, puis s'envola avec son petit frère qui lui racontait toujours sa journée. Ils arrivèrent devant leur petite maison dans les montagnes peu de temps après, et y entrèrent.
« On est rentré ! » cria Gohan, déposant son petit frère sur le sol.
Goten alla dans sa chambre pour se dépêcher de finir ses devoirs, pour pouvoir ensuite jouer dehors, et Gohan entra dans la cuisine, où sa mère était la plupart du temps. Il la trouva en train de lire un vieux journal. Gohan inclina légèrement la tête sur le côté.
« Pourquoi tu lis ces vieux journaux ? » demanda-t-il. « Ils datent de presque qu'un an. »
Chichi leva la tête de son journal pour regarder son fils aîné. « Oh, tu sais que j'aime bien relire les vieux articles, ça me rend un peu nostalgique. »
Gohan regarda pardessus son épaule. Il y avait un article sur un détective lycéen qui avait été une aide précieuse pour la police lors d'une enquête. Gohan fronça les sourcils en lisant le nom.
Kudo Shinichi.
Il se tapota le menton. Où avait-il entendu ce nom ? Kudo, Kudo… Soudain, son visage s'illumina, et il frappa son poing dans sa main.
Bien sûr ! Il se souvenait maintenant, ce qu'avait dit la fillette, Haïbara Aï, à Conan, dans le parc…
« On dirait que tu as de la concurrence, Kudo-kun. »
Elle l'avait appelé Kudo-kun, et il lui avait de ne pas le faire en public… Kudo-kun, pas Conan-kun, ou même Edogawa-kun. Kudo-kun.
Comme Kudo Shinichi.
Ses sourcils se froncèrent. Qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? Conan n'était tout de même pas… Il secoua la tête ; c'était ridicule ! Ce Kudo Shinichi était un lycéen, et Conan n'était qu'un écolier de sept ans. Il regarda la photo du grand détective de l'Est, comme il était nommé dans l'article. Sa ressemblance avec Conan était plus que troublante. Pouvait-il s'agir d'une coïncidence ? Non, définitivement. D'une quelconque manière, Conan avait quelque chose avoir avec ce Kudo.
Il allait devoir menait une sérieuse enquête.
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Gohan regarda nerveusement l'immense Manoir Satan. C'était vraiment impressionnant, et il se demandait s'il était plus grand que Capsule Corp. Il secoua la tête, ce n'était pas le moment de penser à ces futilités, il avait quelque chose d'important à faire.
Il sonna à l'interphone, espérant que ce ne soit pas Mr Satan qui répondrait. Il attendit un moment, puis sonna une nouvelle fois quand il n'eut pas de réponse, plus insistant, cette fois. Après quelques instants, il entendit la voix familière de Videl crier :
« QUOI ! »
Il grimaça un peu au volume de sa voix, et déglutit. Elle n'avait pas l'heure de bonne humeur.
« Euh… Videl-san ? » dit-il timidement.
Il eut un bref moment de silence.
« Go… Gohan-kun ? »
Celui-ci se frotta nerveusement la nuque. « Oui, c'est moi. Euh… Tu peux m'ouvrir ? »
« Euh… Oui, bien sûr. Entre. » dit Videl.
Le portail s'ouvrit, et Gohan se dirigea vers la porte d'entrer, impressionné par toutes les statues de Mr Satan qu'il y avait. La porte s'ouvrit avant qu'il n'ait le temps de frapper, révélant Videl qui le laissa entrer.
Elle le conduisit jusqu'à sa chambre, faisant attention à ne pas rencontrer son père en chemin ; elle n'avait aucune envie de perde du temps à expliquer la présence d'un garçon chez eux.
Gohan entra nerveusement dans la chambre de Videl. C'était la première fois qu'il y entrait, ce qui était normal, étant donné que c'était la première fois qu'il était chez elle.
Videl s'assit sur son lit, et lui dit de faire de même. Il eut un moment de silence, dans lequel Gohan gardait ses yeux fixés sur ses poings serrés sur ses genoux. Après un moment, Videl commençait à s'impatienter.
« Alors ? Pourquoi es-tu venu ? » demanda-t-elle.
Gohan se frotta nerveusement la nuque. « Je… J'ai un service à te demander. »
La jeune fille haussa un sourcil. « Tiens donc ? Et qu'est-ce que c'est ? »
Il leva sa tête et la regarda intensément, la faisant rougir très légèrement.
« J'ai besoin que tu fasses une enquête sur Kudo Shinichi, ainsi que sur Edogawa Conan. » dit-il.
Videl inclina légèrement la tête sur le côté d'une façon que Gohan trouva très mignonne. « Kudo Shinichi ? Ce n'est pas ce lycéen qui se prend pour un détective ? C'est vrai qu'on entend plus parler de lui depuis longtemps… Tu sais ce qu'il est devenu, toi ? »
Gohan sourit. « J'ai ma petite idée, mais je ne suis pas sûr. Comme tu as des contacts avec la police, je me suis dit que tu pourrais m'aider. »
« Et pourquoi ce Edogawa Conan ? » demanda-t-elle.
Gohan fronça légèrement des sourcils. « C'est un garçon qui m'intrigue. »
Un sourire espiègle étira les lèvres de Videl. « Je veux bien t'aider, mais à une condition. »
Gohan se mordit la lèvre inférieure. Il s'était douté qu'elle lui demanderait quelque chose en échange de son aide, il espérait seulement que ce n'était pas ce qu'il pensait…
« Dis moi qui est Saïyaman, je sais que tu le sais. »
Il n'eut pas cette chance. Poussant un profond soupir, il passa nerveusement une main dans ses cheveux hérissés.
« Écoute, Videl-san, je ne sais vraiment pas qui c'est. » mentit-il.
« Tu ne sais décidément pas mentir, Gohan-kun. » dit-elle. « Si tu veux mon aide dans ton enquête, il va falloir m'aider dans la mienne. »
« Videl-san… S'il te plait, c'est très important. Demande moi ce que tu veux sauf ça. »
Le sourire de Videl s'élargit. Alors il sait vraiment qui c'est, j'avais raison ! pensa-t-elle. Je suis maintenant sûre que c'est lui, il n'y pas de doutes possible !
« Très bien, j'accepte de t'aider. » dit-elle.
Le visage de Gohan s'illumina. « Vraiment ? Merci, Videl-san, tu es la meilleure ! »
Videl rougit furieusement quand il la prit dans ses bras, mais ne fit rien pour le repousser. Si cela avait été un autre garçon, elle l'aurait étranglé pour avoir osé s'approcher d'elle, mais étrangement, avec Gohan…
Elle ne put que répondre à son étreinte. Elle se sentait si bien dans ses bras.
Gohan cligna des yeux, se rendant compte de se qu'il faisait, et sentit ses joues lui brûler intensément. Pourtant, il ne fit rien pour se dégager, et resserra son étreinte à la place. L'avoir dans ses bras semblait tellement naturel. Et c'était agréable, aussi.
Après un moment, ils se séparèrent, les joues en feu, et un peu gênés. Gohan se frotta la nuque, fuyant Videl du regard.
« Bon euh… Je ferais mieux d'y aller… » dit-il, se levant du lit.
Videl se leva aussi, l'accompagnant jusqu'au portail. Ils restèrent un moment sans rien dire, puis Gohan l'embrassa sur la joue avec hésitation. Il se mordit l'intérieur de la joue, anxieux de ce qu'allait être sa réaction.
Elle cligna plusieurs fois des yeux, puis, lentement, un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle se mit ensuite sur la pointe des pieds et l'embrassa sur la joue à son tour, le surprenant par son geste.
Gohan rougit furieusement, et bégaya un « Au revoir. » avant de s'en aller d'un pas assez maladroit. Videl le regarda s'éloigner, effleurant sa joue avec ses doigts.
Étrange. Pourquoi son cœur battait si vite ?
À suivre…
