Le Détective de l'Est et le Saïya-jin
Chapitre XIII
Une organisation dont les membres sont tous vêtus de noir. Leurs noms de code sont tirés de noms d'alcool. Ils étaient impliqués dans toutes sortes de crimes, mais n'étaient jamais mentionnés dans aucun rapport de police. Même avec ses liens avec les autorités, Videl doutait pouvoir trouver quoi que ce soit sur cette organisation. Mais apparemment, ce n'était pas exactement ce que Saïyaman attendait d'elle.
« Je ne voulais pas t'impliquer là-dedans, mais tu es la seule à pouvoir le faire. » avait-t-il dit. « Même si j'aide la police à combattre le crime, je n'en fait pas officiellement partie et ils ne me laisseront pas accéder à leurs dossiers. »
« Ils ont des espions partout, y compris au sein de la police. » avait-il ajouté ensuite. « Tout ce que je te demande c'est de faire savoir que tu enquêtes sur eux et ils se montreront. N'oublie pas de mentionner que c'est à ma demande que tu enquêtes ; ainsi ils s'en prendront à moi. »
« Sois très prudente, Videl. Il y a de grandes chances qu'ils s'en prennent à toi également. » avait-il dit alors, et bien que Videl ne pouvait voir ses yeux, elle devinait qu'ils reflétaient une grande inquiétude. Puis il avait soupiré, comme s'il se résignait. « Je ne voulais vraiment pas t'impliquer dans cette histoire… »
Elle avait roulé des yeux, exaspérée qu'il veuille tout le temps la surprotéger. « T'en fais pas pour moi, va. Je suis une grande fille ; je saurais me défendre. »
« J'ai l'impression que tu ne comprends pas la gravité du danger, Videl. » avait-il répliqué alors, l'inquiétude se ressentant de plus en plus dans sa voix. « Ces hommes sont très doués pour éliminer les « gêneurs » sans laisser aucunes traces. Tu ne devrais pas prendre cette affaire à la légère. »
« Qu'en est-il de toi, alors ? » avait-elle rétorqué. « Tu veux qu'ils s'en prennent à toi et tu n'as pas l'air inquiet plus que ça pour ta propre sécurité. Quoi, Monsieur le Super Héros serait-il invincible ? »
« Ne dis pas de bêtise. Je peux mourir aussi, comme tout le monde. C'est juste plus difficile de se débarrasser de moi. »
Il avait dit cela avec tant de naturel que c'en était énervant. C'était comme si le fait qu'il était plus fort qu'elle était une évidence. Videl serra les poings en y repensant. Oui, Saïyaman était plus fort qu'elle ; elle en était parfaitement consciente, même si elle détestait l'admettre. Mais avait-il besoin de sans arrêt remuer le couteau dans la plaie ?
oOoOoOo
« Tu es sûr que c'est une bonne idée de l'impliquer ? »
Gohan soupira profondément ; lui non plus, il n'aimait pas du tout l'idée d'impliquer Videl dans cette affaire. Mais c'était le seul moyen pour arriver à atteindre cette organisation.
« Kudo-kun a raison. » dit Haïbara, apportant un plateau avec des boissons qu'elle posa sur la table basse du salon du professeur Agasa. Elle porta alors son regard sur le jeune guerrier, le fixant avec sérieux. « Maintenant qu'elle est impliquée, sa vie est en danger. Toi, tu peux peut-être te défendre, mais qu'en est-il d'elle ? Est-elle à l'épreuve des balles, elle aussi ? »
« Je la protégerai. » répondit Gohan avec détermination. « De toutes mes forces, je la protégerai. Je ne laisserai rien lui arriver. »
La scientifique haussa un sourcil face à la réponse du jeune homme. Il avait parlé avec tant de détermination, de passion ; c'était comme si protéger cette fille était une affaire personnelle.
Puis les yeux de la fillette s'agrandirent alors que l'évidence la frappa.
« Tu es amoureux d'elle ? »
Elle n'avait pu s'empêcher de s'exclamer, se levant d'un bond du fauteuil sur lequel elle s'était installée.
Il ne tenta même pas de nier. Les yeux détournés, les joues légèrement roses, il fit, d'un ton presque défiant :
« Et alors ? »
« Mais tu es complètement inconscient ! S'ils s'en rendent compte, ils l'utiliseront pour t'atteindre ! Particulièrement quand ils réaliseront qu'ils n'arriveront à rien contre toi par la force ! »
Retournant son regard sombre sur Haïbara, Gohan fixa la fillette avant d'affirmer, tout aussi déterminé :
« Je la protègerai. »
oOoOoOo
Les cours de la journée étant terminés, Videl se dépêcha de quitter l'établissement avant qu'Erasa n'ait le temps de lui proposer d'aller faire les boutiques avec elle. La jeune fille ne savait pas pourquoi mais, depuis quelques temps, Erasa semblait être déterminée à changer complètement la garde robe de sa meilleure amie, qu'elle trouvait trop peu féminine. Videl, elle, elle s'en fichait pas mal, et elle détestait le shopping, alors aller faire les boutiques avec Erasa était hors de question.
De plus, elle ne pouvait pas aller au centre commercial aujourd'hui ; elle se rendait au commissariat pour une mission très importante.
Tu es peut-être plus fort que moi, Saïyaman, mais moi aussi je sais être utile.
Maintenant hors de l'établissement, Videl sortit la capsule contenant son jet copter, l'actionna avant de la lancer. Une fois le nuage de fumé dissipé, elle monta à l'intérieur et décolla vers le commissariat, ignorant que Gohan, habillé de son costume de super héros, la suivait à bonne distance.
oOoOoOo
Sans grande surprise, personne ne savaient rien sur une organisation d'hommes en noir qui avait pour nom de code des noms d'alcool.
« Ça ne vous dit vraiment rien ? »
« Non Videl-san, désolé. » lui répondit le commissaire. « Je n'ai jamais entendu parler d'une telle organisation tu es sûre qu'elle existe ? »
Videl soupira. « Oui, seulement apparemment, Saïyaman avait raison : ils sont très doués pour ne laisser aucune trace de leurs crimes. »
oOoOoOo
Cognac était un espion de l'organisation. Il avait intégré la police de Satan City depuis un bon moment déjà et était un inspecteur exemplaire ; personne ne se doutait de sa vraie nature. Son nom d'emprunt : Maeda Hoshiro. L'inspecteur Maeda.
Le bureau de Cognac n'était pas loin de celui du commissaire, aussi il n'eut aucun mal à écouter sa conversation avec la fille de Mr. Satan.
Il était surpris, tout de même, qu'une gamine comme elle connaisse leur existence. Elle avait même cité les noms de code des plus importants membres de l'organisation, tel que Vermouth, Gin, Vodka… Elle connaissait même les noms de code de Chianti, Korn, Kir…
Cette fille était dangereuse, décida-t-il. Et ce fameux Great Saïyaman également, vu qu'apparemment, c'était lui qui lui avait fourni toutes ces informations.
Il fallait qu'il en parle au boss.
oOoOoOo
En sortant du commissariat, Videl se sentait épuisée. Toutes ces heures à interroger ces policiers qui ne savaient évidemment rien sur ce qu'elle cherchait… Bien sûr, elle avait su dès le départ qu'ils ne sauraient rien, mais elle avait quand même le sentiment de n'avoir rien accompli.
Elle monta dans son jet copter et décolla, se dirigeant cette fois chez elle. Et cette fois encore, elle ignorait que Gohan la suivait, toujours dans son costume de Saïyaman. Le jeune super héros était bien déterminé à veiller à ce que rien ne lui arrive, même si cela voulait dire rester éveillé toute la nuit et faire ses devoirs dehors. Sa mère était déjà au courant qu'il ne rentrerait pas ce soir ; il l'avait prévenu le jour précédent, et même si elle avait beaucoup protesté et crié, elle n'avait rien pu faire face à la détermination sans faille de son fils aîné.
Quand Videl atterrit devant le grand manoir Satan et sortit de son jet copter, Gohan décida de se montrer et atterrit à son tour.
Alors qu'elle se dirigeait vers sa demeure, la jeune fille s'arrêta en entendant le bruit de ses bottes toucher le sol et se retourna.
« Bonsoir, Videl-san. »
Elle fronça les sourcils en le voyant, portant toujours ce costume ridicule. « Tu ne voudrais pas enlever ce stupide casque, une bonne fois pour toute ? Je te rends service ; ce serait la moindre des choses pour me remercier. »
« Tu sais que je ne peux pas, Videl-san. » répondit Gohan avec un soupir. Elle n'abandonnait jamais, hein ?
Exaspérée par son entêtement à garder ce costume débile, Videl décida de changer de sujet. « Je suppose que tu es venu pour savoir comment ça s'est passé au commissariat. »
Reprenant son sérieux, Saïyaman hocha la tête.
Videl haussa les épaules alors qu'elle se tournait pour marcher vers son immense demeure. « Ça s'est passé exactement comme tu me l'avais dit : personne ne savait rien et il n'y avait rien non plus dans leurs dossiers. »
« Tu as bien dit que c'était à ma demande que tu enquêtais sur eux, n'est-ce pas ? » demanda le super héros alors qu'il marchait après la jeune fille.
« Comme tu me l'as demandé, oui. » fit-elle en arrivant devant les grilles qui entouraient le manoir. Puis elle se tourna de nouveau vers Saïyaman et lui demanda : « Tu as besoin de savoir autre chose ? »
Il eut un silence, dans lequel Gohan observait le manoir à travers la visière de son casque.
« Saïyaman ? Tu m'entends ? » fit Videl les bras croisés, commençant à s'impatienter. Elle n'avait pas que ça à faire.
« Comment est la sécurité, ici ? »
La jeune fille cligna des yeux face à cette question inattendue. Elle répondit tout de même : « Nous avons la meilleure sécurité qui soit ; pourquoi ? »
Il se tourna vers elle. « Je veux juste m'assurer que tu ne risques rien. »
Elle roula des yeux. « Arrête de t'inquiéter et rentre chez toi. Je peux très bien me défendre toute seule. »
Sur ce, Videl déverrouilla la grille et passa de l'autre côté. Gohan la regarda s'éloigner, les sourcils froncés. Elle ne semblait pas réaliser qu'elle courrait un grand danger ; Aï avait peut-être raison, c'était peut-être une mauvaise idée de l'impliquer dans cette histoire. De toute façon, il était à présent trop tard pour faire marche arrière. Tout ce qu'il pouvait faire maintenant c'était veiller à ce qu'il ne lui arrive rien.
Et il comptait bien s'y tenir.
A suivre…
