Bella PDV

La terreur enflait dans ma tête.

Ça allait trop vite.

Mon cerveau enregistrait les informations mais n'avait pas le temps de les analyser.

Je regardais les événements, comme si mon esprit était dissocié de mon corps.

Je savais que je tremblais.

J'étais recroquevillée contre la paroi du van.

J'avais été heureuse, quelques minutes plus tôt

J'aimais les animaux j'avais toujours eu envie d'avoir un chien.

Et le propriétaire était le plus bel homme que j'ai jamais vu.

Il m'avait parlé gentiment.

Je n'avais que 16 ans, et le fait qu'un homme me parle autrement que dans le cadre scolaire était rare.

Et puis…

Kidnappée.

Voilà.

Il m'avait enlevée.

Ce qui n'arrive que dans les films, ou dans les histoires pour faire peur aux enfants, venait de m'arriver.

A moi. Pour de vrai.

Et la réalité n'avait rien à voir avec la fiction. C'était cent fois pire.

Je savais que je pleurais.

J'allais sans doute mourir.

J'avais si peur que je souhaitais que le mort arrive vite.

Je ne voulais pas souffrir.

J'ai senti qu'on m'attrapait par les poignets et il m'a hurlé dessus:

« mais tu vas te taire! Mais tu vas arrêter de brailler!!! »

J'ai enfoui ma tête entre mes genoux, parce que j'étais incapable de cesser mes pleurs.

J'ai prit sur moi, refoulant mes sanglots, calmant un peu le volume de mes cris.

Au bout de quelques minutes j'ai prit conscience qu'il y avait une femme à l'avant, qui conduisait.

Je ne pouvais pas la voir ,mais elle et celui qui m'avait enlevée criaient et se disputaient.

« mais qu'Est-ce qu'on va faire d'elle Edward? Ça c'est la chaise électrique ! T 'es complètement dingue!!! »

« ferme la Rose! C'est moi qui me charge d'elle t'as comprit! »

« on est tous impliqués! TOUS! Que tu le veuilles ou non!!! »

Ils ont continué à crier pendant de longues minutes.

Il me tenait toujours par les poignets, et il me serrait si fort que le sang ne circulait plus.

C'est devenu si douloureux que j'ai finit par le supplier de me lâcher.

Il m'a regardé, a fixé mes poignets puis m'a brusquement lâchée.

Je me suis alors roulée en boule, passant mes bras autour de mes genoux repliés sur ma poitrine, enfouissant ma tête entre mes bras.

Presque aussitôt j'ai senti sa main sur mes cheveux.

Il m'a soulevé la tête en tirant sur mes cheveux, me faisant crier.

Ses yeux verts m'ont fixé, avec une intensité qui m'a fait frémir:

« on arrive. Tu fermes ta bouche et tu fais tout ce que je te dis, t'as comprit? »

J'ai aquescié, à nouveau totalement terrorisée.

Il faisait nuit noire quand il a ouvert les portes.

Il m'a obligée à me lever, a passé un bras autour de mes épaules, a posé son autre main sur ma bouche et m'a fait descendre avec lui.

Mes jambes se sont dérobées sous moi quand j'ai touché la terre ferme.

Elles étaient engourdies et la terreur me faisait perdre mes moyens.

Il a juré et m'a saisie par la taille.

La fille, celle qui conduisait , est venue m'attraper par l'autre coté.

Ils m'ont entraînée jusque dans une grande maison.

J 'étais à moitié dans les vaps.

A peine le seuil franchi, des cris de surprise, puis de colère ont retenti.

« mais qui c'est? »

« qu'Est-ce que c'est cette histoire? »

« Edward? Rosalie? Expliquez vous! »

La fille, celle qui s'appelait donc Rosalie a crié; folle de rage:

« il est devenu dingue! Il l'a enlevée! Je sais pas ce qu'on va en faire! »

Il me tenait toujours par la taille et il a crié plus fort que les autres:

« fermez là! Je vais m'en occuper! Pour le moment taisez vous! Elle ne doit rien entendre! »

Il m'a entraînée et à ce moment là j'étais plus inconsciente qu'autre chose.

J'ai senti qu 'il me soulevait et me portait.

On a monté des escaliers t il m'a déposée sur ce qui devait être un lit.

J'étais incapable de bouger.

Il m'a retiré mon manteau, et mes bottes.

Puis j'ai senti qu'il attachait mes mains aux montants du lit.

J'ai brièvement ouvert les yeux, et j'ai croisé ses yeux verts. La colère et la rage y brillaient.

Je me suis évanouie pour de bon.

J'ai été tirée de mon état léthargique, sans doute au bout de quelques minutes, par une sensation fraîche et humide sur mon front.

J'ai ouvert les yeux, et j'ai vu, penchée sur moi, une fille brune qui me passait une serviette humide sur le front.

Ses yeux, immenses et gris, étaient inquiets.

« ça va? »

J'ai gémit pour toute réponse.

« comment tu t'appelles? »

« B-Bella »

Elle a soupiré.

« quel age tu as? »

« 16 ans… »

Elle a secoué la tête.

La nausée m'a prise d'un coup.

Mes mains étaient toujours attachées, alors j'ai tourné la tête sur le coté, pour vomir sur le sol une bile acide qui m'a brûlé l'œsophage et la bouche.

La fille brune a crié en me voyant vomir ainsi, et presque aussitôt un grand blond est arrivé en courant.

Il s'est précipité sur la petite brune et l'a serrée contre lui.

Je crevais de peur, et de honte en plus à présent…

Le blond a rugit:

« EDWARD! Putain! EDWARD! »

L'homme qui m'avait enlevé est arrivé et a hurlé dès qu'il m'a vue vomissant à nouveau.

« mais c'est pas vrai! Mais je le crois pas!!!

La brune l'a agressé:

« arrête de lui hurler dessus! Elle est terrorisée! Elle pense peut-être qu'on va la tuer! »

Mes sanglots ont redoublés.

La brune m'a alors dit:

« on ne te fera aucun mal Bella! Du calme! »

Puis elle s'est adressé à lui:

« détache là! Elle doit se laver! »

Il s'est approché de moi et j'ai crié.

Il a détaché les foulards qui entravaient mes mains et il m'a tirée sans douceur pour me mettre sur mes jambes.

En relevant la tête j'ai vu que la blonde était de retour, avec un grand brun.

Il me regardait avec une espèce de pitié sur le visage.

La brune s 'est approchée de moi:

« viens! Tu mérites une bonne douche! »

J'ai titubé pour la suivre et la blonde nous a emboîté le pas.

Elles ne m'ont laissée seule dans la salle de bain que le temps d'utiliser les toilettes.

Elles m'ont aidée à me déshabiller.

La brune était douce, gentille, mais la blonde était visiblement exaspérée.

Je me suis retrouvée nue devant elles, et l'incongruité de la situation m'a fait pleurer encore.

La blonde m'a poussée sous la douche.

L'eau chaude m'a fait du bien.

Le shampoing aussi. Je ne voulais pas m'attirer leur foudres, alors j'ai fait le plus vite possible.

Je me suis séchée et elles m'ont donné une brosse à dents neuve.

Le goût de bile a disparu de ma bouche.

J'ai ensuite enfilé un pantalon de pyjama gris clair, une chemise écossaise à carreaux rouge et verte et un gilet noir.

Je tremblais en sortant de la salle de bains.

Les trois hommes nous attendaient sur la pallier.

Je n'osais regarder personne.

La brune m'a demandé:

« tu as faim? »

J'ai secoué la tête.

« il te faut manger un peu, tu te sentiras mieux après:! »

Je n'ai pas osé répliquer.

Je les ai suivit dans une cuisine très spacieuse.

Je me suis assise là ou on m'a dit de le faire.

Ils ont également pris place autour de la table et on a déposé des lasagnes devant moi.

J'ai fait beaucoup d'efforts pour y toucher.

J'ai même réussit à en manger une bouchée ou deux avant d'être à nouveau prise de nausées

J'ai réussit à ne pas vomir cette fois, et personne n'a plus insisté pour que je mange.

J'ai bu par contre, plusieurs verres d'eau fraîche

Ils ne parlaient presque pas. La tension entre eux était palpable.

Je ne pouvais pas m'empêcher de trembler.

J'étais assise entre lui et la brune.

J'essayais de me faire toute petite, le plus possible.

A la fin du repas, la brune m'a parlé avec douceur:

« Bella. Personne ne te fera de mal. Edward n'aurait pas du te faire ça. Mais tu ne risques rien ici avec nous, je te le promets. »

Je ne pouvais pas la croire. Il m'avait déjà fait du mal: mes poignets étaient encore douloureux.

Il m'a attrapée par le bras et m'a ramenée en haut.

J'ai demandé à utiliser les toilettes.

Quand je suis ressortie , il m'a amenée à la chambre que je connaissais.

La blonde nous y attendait.

Elle m'a tendu un verre d'eau et un petit cachet bleu.

J'ai hésité.

Il a soufflé, exaspéré.

« prends ça! Et ne discute pas! »

La blonde m'a dit:

« ça va t'aider à dormir »

Je ne savais pas si je voulais dormir ou pas, mais j'ai prit le cachet, pour ne pas m'attirer à nouveau ses foudres.

Il m'a fait allonger sur le lit, et il s'est assis de l'autre coté.

J'ai comprit qu'il attendait que je m'endorme.

J'ai essayé de lutter, mais très vite mes paupières se sont faite trop lourdes pour que je puisse résister et j'ai sombré dans un sommeil artificiel et sans rêves.

Je me suis réveillée alors que le jour pointait à peine à travers les rideaux.

J'avais terriblement envie d'uriner.

J'ai mit quelques minutes à retrouver mes esprits, et à me souvenir des événements de la veille.

J'ai senti les larmes couler sur mes joues. Une vilaine boule s'est formée dans ma gorge.

J'étais encore groggy, mais j'ai senti quelque chose de chaud derrière moi. Et il y avait quelque chose de lourd posé sur ma taille.

J'ai comprit qu'il était couché derrière moi.

J'ai reconnu son odeur.

Il dormait,et je sentais la chaleur de son corps dans mon dos.

Son bras me retenait prisonnière.

J'ai hésité entre me faufiler à la salle de bains sans rien dire et le réveiller.

Mais il me tenait trop prêt de lui pour que je puisse me libérer et ma vessie menaçait d'exploser alors je l'ai réveillé.

Je l'ai poussé doucement et il a sursauté.

« j'ai envie de faire pipi »

Il a soufflé et m'a emmenée à la salle de bains.

Il m'a ensuite ordonné de l'attendre et il est lui aussi entré quelques instants dans la salle de bains.

Ensuite il m'a ramenée à la chambre et il a fermé la porte à clé.

Je me suis recouchée, lui aussi, le plus loin possible l'un de l'autre.

Au bout de quelques instants des gémissements et des bruits sont parvenus de la chambre à coté.

Malgré ma totale inexpérience sexuelle, je savais parfaitement qu'un des couples était en train de faire l'amour dans la pièce à coté. Les bruits n'étaient ni très fort ni très explicites, mais c'était très gênant quand même.

Alors j'ai mit mon oreiller sur ma tête et j'ai réussit à me rendormir.