chapitre de transition.

Le comportement d'Edward, celui des autres Cullen, leur passé, sera expliqué plus tard. Bella est bien sur victime du syndrome de Stockolm, mais cela ne vient pas du jour ou lendemain...

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Quand je me suis réveillée pour de bon, il était déjà habillé.

Je me suis assise dans le lit, encore confuse, sans doute à cause du comprimé avalé la veille.

Il m'a tendu mes vêtements, ceux que je portais la veille, quand il m'avait enlevée.

Ils sentaient le propre, une marque de lessive que je ne connaissais pas.

Je suis allée dans la salle de bain, guidée par son bras.

Il avait toujours l'air en colère.

Je me suis habillée et me suis brossée les cheveux et les dents le plus vite possible.

Je suis sortie, frissonnante. Il m'avait rendu mes sous vêtements, mon jean et mon tee shirt à manches longues mais pas mon gilet.

Il m'a tendu un pull noir, lui appartenant sans doute.

J'ai comprit qu'ils avaient lavé mes affaires et les avait mis au sèche linge, mais n'avait pas pu y mettre mon gilet qui devait être encore mouillé.

Je l'ai enfilé, et j'ai retourné les manches, plusieurs fois.

Le pull descendait jusqu'à mes cuisses.

Il m'a fait descendre à la cuisine.

La petite brune m'a regardée, l'air inquiet.

J'ai bu le café que le bond m'a donné.

Mes idées se sont un peu éclaircies et j'ai pensé à mon père.

La veille je n'avais pensé qu'à moi, et à ma situation désespérante.

Mais ce matin j'imaginais son angoisse.

J'ai fondu en larmes sans pouvoir me contenir.

Il a violement reposé sa tasse sur la table et m'a crié d'arrêter de pleurer.

« mon père…je veux voir mon père! Il doit être fou d'angoisse! »

« tu ne peux pas le voir, arrête de chouiner comme ça, c'est crispant je te jure! »

La brune l'a invectivé:

« ça suffit! C'est normal qu'elle pleure! Ne la secoue pas comme ça! Va donc commencer à te préparer, Jazz et moi on la surveille! »

Il a quitté la pièce en grognant.

La brune m'a alors serrée contre elle.

J'étais paumée.

Désespérée.

Le pire était de ne pas savoir, ni pourquoi il m'avait enlevée, ni ce qu'ils allaient faire de moi.

La brune était celle qui me faisait le moins peur, alors je me suis lancée et j'ai dit, très vite:

« je ne sais pas pourquoi vous m'avez enlevée, mais mes parents n'ont pas d'argent, ils ne peuvent pas payer de rançon, ma mère est institutrice, mon père shérif, ils n'ont pas d'informations confidentielles ni rien de ce genre! »

Elle m'a caressé les cheveux:

« on ne t'a pas enlevée pour de l'argent! En fait, on n'avait jamais enlevé personne. On est des voleurs, mais pas des meurtriers ou quoi que ce soit. Je ne sais pas pourquoi Edward t'a fait ça. Aucun de nous ne comprend, pas même lui. Il a agit sur une impulsion »

« qu'Est-ce que vous allez me faire? »

« rien, rien de spécial. On ne peut pas te relâcher, alors on te garde avec nous. Mais on ne te fera pas de mal. »

Le blond nous écoutait, il a tendu la main et a caressé la tête de la brune:

« ça suffit Alice, ne lui dit rien de plus, c'est à Edward de se débrouiller avec elle »

Mais je ne pouvais pas contenir mes questions:

« me garder? Mais combien de temps? «

« le temps qu'il faudra pour que tu t'habitue »

« que je m'habitue? Mais à quoi? Je…Je dois aller à l'école! Je suis en première, je ne veux pas rater de cours! Et je ne veux pas que mes parents s'inquiètent! »

Le blond m'a regardé, il était calme, mais j'ai vu de la colère dans son regard:

« ça suffit. Ne pose plus de questions. On verra au fur et à mesure! »

Je sentais l'hystérie me gagner.

« je veux aller à l'école! Je ne veux pas rester ici avec vous! Je n'ai rien ici! Rien à moi! Je veux ma chambre! Je veux mes livres, mes vêtements! Je veux mon père, ma mère! Ma-maman! MAMAN!!! »

La douleur morale me faisait me tordre et la brune m'a serrée contre elle.

Le blond a hurlé:

« EDWARD! Viens t'en occuper! Assume tes conneries! »

J'ai senti deux bras m'enlacer et me soulever de terre.

Il m'a serrée entre le mur et lui, attendant que ma crise d'hystérie se calme.

Mais j'ai mit longtemps à arrêter de hurler et de me débattre.

Hier, ce matin en me levant, la terreur prédominait, à présent c'était la colère.

Je ruais, le rouant de coups de pieds.

Il tenait mes bras, et son corps plaquait le mien contre le mur.

Je ne regardais pas vraiment son visage, mais je voyais quand même qu'il était furieux.

Au bout d'un long, très long moment, mes forces ont lâché, et je me suis sentie glisser contre le mur.

Il m'a alors assise sur ses genoux, tandis que mes sanglots se faisaient plus calmes.

Je ne voulais pas qu'il me réconforte.

Surtout pas lui.

Mais je n'avais pas vraiment le choix.

Quand j'ai eu finit de pleurer, j'ai regardé autour de moi.

La brune pleurait silencieusement. Le blond lui tenait la main, l'air totalement perdu.

Et mon cauchemar personnel avait l'air d'avoir avalé une pelotte d'épingles.

Je l'ai dévisagé, cherchant sur son visage parfait une explication:

« pourquoi? Pourquoi tu m'as fait ça? »

Il a secoué la tête.

« je ne sais pas… »

Je me suis tournée vers la brune:

« il est fou? »

Elle a eu un faible sourire:

« contrairement aux apparences, non. »

Le brun et la blonde sont arrivés à ce moment là.

Le brun m'a regardé, et j'ai vu dans son regard de la compassion.

La blonde évitait de croiser mes yeux.

J'étais épuisée.

Je n'avais plus de forces.

Il m'a fait allonger sur le canapé.

Ma tête tournait.

Le blond est arrivé, il tenait un verre d'eau et un comprimé, le même que la veille au soir.

J'ai refusé de le prendre.

J'ai secoué la tête avec énergie, mais il a commencé à me crier dessus:

« tu fais ce qu'on te dit, tu as comprit? Prends ce foutu caché! MAINTENANT! »

Mais le blond l'a poussé vivement, et a pausé sa main sur mon épaule:

« le temps passera plus vite si tu dors. On est en train de s'organiser, alors soit tu prends le comprimé et tu dors tranquillement, soit on doit t'attacher au lit , tu choisis quoi? »

J'ai prit le comprimé en hoquetant.

J'ai attendu qu'il fasse effet.

Il s'est assis à coté de moi, me surveillant sans cesse.

J'ai sommeillé, me réveillant de temps en temps, hagarde.

Je sais qu'à un moment j'ai du aller aux toilettes, et qu'il m'a aidé, avec la blonde.

Ils étaient ceux qui me faisaient le plus peur.

Plus tard, sans doute en fin d'après-midi, je me suis réveillée vraiment, assoiffée.

Il était sans doute tout prêt parce qu'il m'a instantanément attrapée par les épaules et m'a amené à la cuisine, j'ai bu encore et encore.

Il a ensuite posé devant moi un sandwich au poulet et une assiette d'haricots verts.

J'ai refusé de manger.

Ses traits se sont crispés.

J'ai vu qu'il essayait de se contrôler:

« écoute…Tu ne vas pas te laisser mourir de faim…Tu es vivante, tu es en bonne santé, alors tu vas te nourrir! Mets-y du tien! »

J'étais encore sous l'effet des médicaments et j'étais moins terrorisée que si j'avais été dans mon état normal.

Alors j'ai secoué la tête.

Il s'est approché de moi, menaçant et m'a attrapée par le cou. Il a prit le sandwich dans sa main et l'a mit devant ma bouche:

« mange…Sinon je te jure que je te nourris de force. Ce sera pas un sandwich et tu risques de pas aimer ma méthode! »

J'ai pesé le pour et le contre. Jusqu'à présent je n'avais pas été battue. Pas maltraitée, j'avais pu me laver, on m'avait laissé répondre à mes besoins primaires. On m' avait fait prendre des somnifères mais en me prévenant. J'avais conscience que ça aurait pu être pire. J'avais dormit dans le même lit que lui, et il ne m'avait rien fait.

J'ai décidé de manger un peu, pour ne pas m'attirer d'ennuis.

Je ne savais pas qui ils étaient, ce qu'ils voulaient, mais je commençais à comprendre qu'ils n'étaient de vrais méchants. Pas des sadiques, en tous cas.

J'ai prit une bouchée. C'était bon, vraiment. Je me suis rendue compte que j'étais affamée.

J'ai dévoré le sandwich et les haricots.

Sans un mot, il m'a regardée manger, puis s'est levé et m'a préparé un nouveau sandwich, au thon et aux crudités cette fois. Je l'ai avalé tout aussi rapidement. Il m'a alors tendu une banane et un pot de yaourt à la fraise.

J'ai commencé par le yaourt.

Il m'observait. Tout le temps.

Son regard n'était pas agressif. J'ai mit longtemps à le comprendre, mais j'ai finit par mettre un nom sur son expression: il était soucieux.

Au moment de manger la banane, j'ai commencé par la peler, puis j'ai mordu dedans. Il a sourit et j'ai comprit que la situation était équivoque. C'était la première fois que je le voyais sourire.

J'ai rougit et j'ai rompu la banane en plusieurs morceaux.

Une fois que j'ai eu finit de manger j'ai attendu. La peur était toujours là, mais moins présente, moins forte. Elle ne faisait plus bourdonner mes oreilles et palpiter mon cœur. Elle était devenue une compagne silencieuse, en arrière plan, mais bien sur toujours prête à se raviver, et avec violence...

Cela ne faisait pas encore 24h00 que ma vie avait basculé dans l'horreur, mais, déjà, je m'habituais.

Un peu.

Un tout petit peu, mais suffisamment pour être capable de réfléchir plus calmement. Pour me projeter dans l'avenir.

Pour avoir envie de vivre, de me battre.

Je savais que c'est face à l'adversité que l'on montre sa vraie personnalité. Jusqu'à présent j'avais été une jeune fille timide, assez passive. Facile à vivre sans doute. Je n'étais ni combative ni extravertie. J'aimais la tranquillité, j'aimais me fondre dans la masse. J'avais été heureuse, avant. Je ne m'en rendais compte que maintenant.

Il avait l'air en colère.

Encore.

Toujours.

Ses magnifiques yeux verts me détaillaient avec fureur.

Mais ,quand il m'a adressé la parole, sa voix n'était pas agressive:

« qu'Est-ce qui te ferait plaisir? »

Je l'ai regardé en silence, à la fois incrédule et implorante.

« à part ça… »

« je voudrais un livre! »

Il s'est levé et m'a fait signe de le suivre.

Il y avait une bibliothèque dans un coin du living.

J'ai rapidement regardé les titres.

J'ai attrapé « Roméo et Juliette » et je suis retournée m'assoir sur le canapé.

Il a branché l'ordinateur qui se trouvait sur un bureau à l'opposé du canapé ou j'étais installée et il a longtemps pianoté.

J'ai plongé dans le livre comme on aspire de l'air après être resté plus longtemps qu'on en est capable sous l'eau: goulument.

Je me suis évadée.

J'ai, pour la première fois en 24h00, échappé à ce qui m'entourait.

A ma situation.

J'ai pleuré à un moment, je m'étais toujours identifiée à Juliette. Elle était mon personnage de fiction préféré. A présent je lui reprochais de ne pas avoir cherché à prendre sa vie en main.

J'ai décidé de ne pas penser à mes parents.

Pas du tout.

Sinon, je ne tiendrai pas. J'ai réussit à repousser leur souvenir au fond de ma mémoire. Je devais m'accrocher. Ne pas laisser mes pensées être parasitées par la souffrance.

Je voulais m'en sortir.

M'évader.

Et pour cela je devais les amener à me faire confiance. Qu'ils me croient naïve, effarouchée, pas assez courageuse pour tenter quoi que ce soit.

Vers 22h00 la petite brune s'est assise à coté de moi.

Elle m'a sourit et m'a demandé de la suivre dans la salle de bain.

La blonde nous y attendait.

La brune m'a dit qu'elles allaient me couper les cheveux.

Je me suis assise, vaincue.

Elle a œuvré, babillant sans cesse. Ni la blonde ni moi n'avons desserré les dents.

Elle était douée.

Je n'étais pas défiguré. J'étais même plus jolie. Je faisais moins gamine.

Elle m'avait fait un carré dégradé, qui adoucissait les traits de mon visage.

Puis, le blonde a sorti une flacon de teinture.

J'étais châtain au naturel.

Quand elle en a eu finit avec moi, j'étais beaucoup plus brune.

Je me suis regardée, surprise mais relativement conquise.

J'étais reconnaissante, après tout, elles auraient pu se contenter de me raser le crane…

La blonde s'est assise sur ses talons et a attendu.

La brune m'a proposé un bain.

J'ai accepté.

Je me suis mise nue devant elles, mais cela n'avait plus vraiment d'importance.

L'eau chaude m'a fait du bien.

J'ai demandé à pouvoir me raser les jambes.

La blonde s'est tendue.

Elle m'ont quand même donné un rasoir mais elles m'ont surveillée tout le temps ou je l'utilisais.

Alors un drôle de sentiment s'est emparé de moi, quelque chose qui ressemblait à de la fierté:

« je n'ai pas l'intention de me suicider! »

La blonde m'a fixé:

« enfin une remarque intelligente! »

La brune l'a poussée, mécontente:

« j'espère bien. Ne tente rien de stupide Bella. »

Je suis sortie et j'ai nettement senti le regard de la blonde qui me détaillait.

Je me suis sentie rougir, et elle a eu un petit rire:

« t'es mignonne, un vrai petit bonbon! Mais t'es quand même vachement jeune! »

J'ai haussé les épaules.

J'ai enfilé le même pyjama que la veille.

Puis, elles se sont lavées, chacune leur tour.

J'ai évité de les regarder.

La blonde était superbe, et je n'avais pas envie d'avoir des complexes pour le restant de mon existence. La brune était tout aussi belle, dans un autre genre.

Je me suis assise et j'ai juste attendu.

Elles n'ont pas été très longues.

On a mangé sur le canapé.

Ils étaient tous là, tous les cinq.

Le blond, le brun et la brune lisaient.

La blonde consultait une carte routière. Et lui, il était toujours sur l'ordinateur.

Un peu avant minuit on a mangé des hot dog.

Ils étaient bons.

On est tous monté ensemble.

Il m'a dit de me coucher et de lui tourner le dos.

J'ai obéit de suite.

Il s'est allongé derrière moi, sans me toucher.

Je savais parfaitement qu'il dormait avec moi pour me surveiller.

J'ai fermé les yeux très fort, et je me suis fabriqué un rêve ou je ne serai plus son otage, mais sa petite amie. Ca me faisait moins peur.

Tellement moins peur.

Je ne pensais pas pouvoir dormir de la nuit, puisque j'avais sommeillé une bonne partie de la journée, mais en fait j'ai sombré très vite, dans un sommeil agité, et peuplé de cauchemars.

J'ai rêvé que la petite brune était morte.

Je la voyais, couchée par terre, dans une grande flaque de sang. Je pleurais, je voulais m'approcher d'elle, mais je glissais et dérapais, sur une matière qui ressemblait à du verglas, mais qui était rouge vif. Quand, enfin, j'ai pu m'approcher suffisamment du corps, j'ai constaté que ce n'était pas la petite brune qui était morte, c'était lui.

Et j'ai alors vu que je tenais à la main un couteau taché de sang.

J'ai hurlé.

Dans mon rêve, et pour de vrai.

Il m'a secouée.

Je grelottais. Il m'a secouée plus fort:

« tu as fais un cauchemar! Allez c'est finit! Tout va bien! »

Tout va bien.

Tu parles…

Mais j'ai juste hoché la tête et je me suis à nouveau roulée en boule, le plus loin possible de lui.

Demain serait un autre jour.