A nouveau je me suis réveillée la première.
Comme la veille, il avait passé son bras sur mes hanches, et m'avait collée à lui.
J'ai senti venir la crise d'angoisse, alors j'ai de nouveau fermé les yeux et me suis fabriqué le même rêve que la veille au soir: je n'étais pas son otage, mais
sa petite amie.
J'ai senti mon coeur se calmer.
La manière dont il me tenait était totalement dénuée d'agressivité.
Je me doutais qu'il prenait cette position dans son sommeil, parce qu'il avait plus l'habitude de dormir avec une copine qu'avec une otage.
Il a grogné à un moment et m'a serré beaucoup plus étroitement contre lui.
Son odeur m'enveloppait.
Il avait une odeur musquée, très masculine, très sensuelle.
Les yeux toujours fermés , je me suis auto persuadée que cette situation était complètement normale.
Ça a marché, parce que j'ai sommeillé à nouveau.
J'ai été réveillée par des caresses sur ma poitrine.
Encore dans les brumes du demi sommeil, j'ai soupiré de bien être en sentant des mains chaudes et visiblement expertes caresser mes seins par-dessus mon tee
shirt. J'ai gémit et me suis inconsciemment déplacée vers lui.
Immédiatement j'ai senti son sexe chaud et dur contre ma hanche et cela m'a réveillé totalement.
Mon cœur s'est emballé.
J'étais choquée, j'étais excitée, mais je n'avais pas peur.
Il était impossible d'avoir peur de lui à ce moment là.
Ses gestes étaient trop doux, trop agréable.
J'ai risqué un oeil vers lui: il dormait toujours.
J'ai attendu la suite des événements.
Dans ma tête, je me répétais, comme une litanie:
« c'est ton petit ami, tu aimes être avec lui, il est très gentil avec toi, jamais il ne te fera de mal »
Il a grogné plus fort et m'a plaquée contre le matelas. Il s'est allongé sur moi.
Il pesait lourd mais c'était incroyablement agréable. Il a relevé mon tee shirt à tâtons et j'ai soufflé , ne sachant plus si je voulais que ça s'arrête ou que
ça continue. Je tremblais de tous mes membres.
Je criais presque dans ma tête:
« tu es amoureuse de lui! C'est normal tout ça! C'est normal! »
Il a gémit plus fort et a ouvert un œil .
Il ne faisait pas suffisamment nuit dans la pièce pour qu'il puisse me confondre avec qui que ce soit.
Il a bondit tellement vivement hors du lit qu'il est tombé par terre.
Il s'est relevé et m'a dévisagée, profondément ahuri.
Il ne portait qu'un tee shirt et un boxer, et j'ai pu voir la bosse provoquée par son érection.
Je me suis sentie devenir brûlante. J'ai tourné les yeux et j'ai attendu de voir ce qu'il allait faire.
Il a finit par se rallonger à coté de moi.
Je n'ai pas bougé.
Je me suis mise à compter, parce que j'étais complètement perdue.
Compter occupait mon esprit.
J'avais conscience de sombrer dans la folie.
Il a reposé sa main sur ma hanche.
J'ai cessé de compter.
Il s'est approché de moi et m'a collée à lui, mon dos contre son torse.
Il n'était plus aussi dur qu'auparavant mais il a bougé son bassin contre mes fesses et je l'ai senti grossir et durcir contre moi.
Au début j'ai moi aussi lentement bougé les hanches, mais j'ai arrêté en me rendant comptez que cela provoquait chez lui une réaction un peu trop vive…
Mon esprit s'est emballé.
Je ne voulais plus.
C'était trop.
Trop rapide, trop intense.
Je me suis mise à pleurer.
Il a soupiré mais n'a pas bougé.
J'ai essayé de lui échapper et il m'a laissé m'éloigner un peu de lui.
Peu à peu j'ai repris mes esprits.
Je me suis fait horreur.
J'avais flirté avec lui L'homme qui m'avait enlevée!
Qui me retenait prisonnière!
Et moi…Moi je m'étais laissée caresser, pire j'y avais prit du plaisir, pire encore, j'avais provoqué le rapprochement…
Il s'est assis dans le lit:
« tu es vierge? »
Je n'ai pas répondu.
C'était la première fois qu'il m'adressait la parole autrement que pour me crier dessus ou me menacer.
« hé oh! Je t'ai posé une question! Tu es vierge? »
« en quoi ça vous regarde?! »
« donc c'est oui! Tu as quel age? »
« 16 ans. 16 ans, deux mois et 4 jours pour être exacte! »
« c'était agréable? »
Je savais parfaitement à quoi il faisait allusion. Sa voix était moqueuse.
Je n'ai pas répondu, je sentais la colère monter.
« donc, c'est que ça l'était! »
J'ai serré les poings de rage et ça ne lui a pas échappé.
Il a eu un petit rire très bref.
« c'est normal tu sais…Pas de honte à avoir. Néanmoins, inutile de me chercher trop longtemps pour me trouver, alors fais bien attention à ta petite fleur. Tu me plais déjà bien assez comme ça. Si en plus tu m'allumes dans mon sommeil, je ne réponds pas de mes actes bien longtemps. Des tiens non plus d'ailleurs…Mais de nous deux c'est moi qui maîtrise la situation, ne l'oublie pas! Même si on couche ensemble ça ne changera rien, ne compte pas m'amadouer!, encore moins me manipuler! »
J'ai prit une grande inspiration:
« ça ne change rien pour moi non plus! Si je peux m'en aller je le ferai! »
J'ai immédiatement regretté d'avoir dit ça.
Ça allait contre mes propres plans. Je me suis mordue la lèvre.
Mais il s'est contenté de se lever , il a prit des vêtements propres et m'a attrapée par la main pour m'emmener à la salle de bains.
Je me suis habillée et préparée rapidement.
Quand j'ai eu finit il m'a confiée au blond et nous sommes descendus ensemble à la cuisine.
J'ai constaté avec surprise qu'il y avait des sacs et des valises dans le couloir.
J'ai refusé de manger.
Le blond, qui comme lui, avait tendance à se mettre facilement en colère a grogné que je devais avaler quelque chose.
« je n'ai jamais faim le matin! »
J'ai relevé la tête, provocante.
Jamais je ne m'étais comportée comme je le faisais ces dernières heures.
Jamais non plus je ne m'étais retrouvée confrontée à une telle situation…
Le blond a marmonné quelque chose et j'ai remporté la partie.
On est partis.
J'ai eu un coup au cœur en sortant. J'ai reconnu le van noir qui avait servi à mon enlèvement, et la nausée m'a tordu le ventre. Mais le brun était en train de le rentrer dans le garage.
Il y avait un autre van, blanc celui-là, et une voiture, une Volvo gris métallisé.
Il est arrivé, et, sans me regarder m'a poussée vers le van blanc, en posant samain au creux de mes reins. J'en ai eu une décharge électrique.
Je me posais des questions, tout en regardant autour de moi.
La maison était blanche, mais elle n'avait rien de particulier.
Il n'y avait personne dans la rue.
J'ai comprit qu'on partait, et la peur m'a serré le ventre. Ou allait-on?
J'ai entendu aboyer et le chien m'a sauté dessus.
Je l'ai serré contre moi, heureuse de le voir.
Ce chien était gentil avec moi, il ne savait rien de mon histoire, il voulait juste des caresses.
Il m'a fait monter dans le van blanc.
Il y avait 3 séries de sièges, et il m'a poussée vers le fond.
Je me suis assise contre la tôle, et il s'est installé à coté de moi.
Les sièges devant nous étaient encombrés de sacs et valises, et le blond s'est installé au volant, avec la petite brune.
Le brun et la blonde ont prit la volvo.
Le chien, qui, visiblement appartenait à la brune, est monté avec nous et j'ai souri quand il est venu s'asseoir sur mes genoux.
C'était un chien de taille moyenne, aux courts poils noirs et blancs.
Il portait un foulard rouge autour du cou.
Je l'ai caressé et j'ai demandé:
« comment s'appelle-t-il? »
Je m'étais adressée à la brune, mais c'est lui qui m'a répondu:
« c'est une chienne. Elle s'appelle Alaiena… »
Il n'y avait pas de fenêtre ,j'étais installée à coté de la tôle.
Les sièges juste devant nous avaient des fenêtres. J'ai comprit qu'ils voulaient éviter qu'on puisse me voir, ou que je tente quoi que se soit.
Il était tout contre moi.
Sa cuisse touchait la mienne.
Je me suis concentrée sur la chienne, la caressant doucement, tandis qu'elle s'endormait sur moi.
On a démarré et on a suivit la volvo.
On a roulé longtemps, vers le sud.
En fin de matinée,je n'ai plus reconnu les noms des villes que l'autoroute longeait.
J'ignorais ou on allait.
A l'avant,la brune et le blond riaient et parlaient ensemble.
De temps en temps, il leur adressait la parole,et la brune le taquinait souvent.
Ils avaient l'air de bien s'entendre, de beaucoup s'aimer.
Ils avaient l'air tellement normal. Des amis, une famille même…Qu'Est-ce que je faisais là?!
A un moment je me suis même demandé si tout cela n'était pas une énorme farce…
Vers 11H00 du matin, on s'est arrêté sur une aire de repos, presque vide.
Mon cœur s'est mit à battre à toute allure.
Mais la blonde et la brune sont venues me chercher. La blonde a passé un bras autour de mes épaules, dans un geste qui devait paraître amical.
Elle m'a murmuré à l'oreille:
« baisse la tête! »
J'ai obéit, relevant les yeux de temps à autre.
Mis personne n'a fait attention à moi.
Je n'ai eu aucune occasion de tenter quoi que ce soit…
Elles sont prit les toilettes entourant la mienne et se sont lavés les mains juste à coté de moi.
De retour à la voiture, la blonde m'a poussée vers ma place.
Je ruminais ma déception.
Le brun est venu s'asseoir à coté de moi pendant que les quatre autres se rendaient dans la boutique de la station.
De tous, c'était lui qui avait l'air le plus doux.
Sa carrure était imposante, mais la façon dont il me regardait me donnait à penser qu'il me plaignait.
J'ai tenté ma chance:
« ou on va? »
« dans le sud. On a trouvé une maison ou tu pourras avoir plus de liberté! »
« pourquoi il m'a enlevée? »
« il s'appelle Edward tu sais, et moi c'est Emmett. Je ne sais pas pourquoi il t'a enlevée, il a agit sur une impulsion Tu dois lui plaire! »
Il a rit.
Il était amical, vraiment.
J'ai joué les pleureuses.
« écoute, je n'ai que 16 ans! Je ne vous connais pas! Vous ne m'avez pas fait de mal…Laisse moi partir, juste avant que…qu'il ne m'enlève, je me suis disputée avec mon père. C'est pour ça que je suis sortie faire un tour si tard. J'ai crié à mon père que je retournais vivre avec ma mère, qui est en Floride en ce moment, alors il doit penser que j'ai fugué! Je dirais que j'ai essayé de la rejoindre en stop, il me croira! Je t'en prie, je vous gêne plus qu'autre chose! »
Il a hésité, visiblement.
Je me suis accrochée à son bras:
« Emmett! Vous n'allez pas pouvoir me garder indéfiniment! Si ça dure trop on va me rechercher pour de bon! »
Il a secoué la tête:
« tu vas t'habituer. Tu vas être notre petite sœur! On te traitera bien, tu seras bien avec nous! »
Il essayait visiblement de se convaincre lui-même.
J'ai joué le tout pour le tout:
« Rosalie ne m'aime pas! Ma présence la dérange je le vois bien! Elle serait plus heureuse si je n'étais pas là ,tu le sais bien! Ça complique votre vie! »
Il a sourit:
« notre vie n'a jamais été simple Bella. Et tu es avec nous maintenant ,tu es l'une des notre,que tu le veuilles ou non. Je sais que tu t'habitueras, tu t'habitues déjà »
Il avait raison. Je m'habituais déjà un peu. Je n'avais plus vraiment peur. Je me disais qu'ils m'auraient déjà tuée ou battue si telle avait été leur intention.
Emmett aimait bien parler, visiblement.
« Alice m'a dit que vous étiez des voleurs, c'est vrai? »
« oui. »
Il a hésité. J'ai insisté:
« vous volez quoi? »
« de l'argent bien sur! Tu connais le gang des vampires? »
« bien sur! On en parle partout depuis des mois! »
Il m'a fait un clin d'œil.
J'ai comprit d'un coup et je suis restée sous le choc.
Le gang des vampires!
J'étais dans les mains du gang des vampires!
Je ne savais pas si je devais avoir peur ou au contraire être soulagée
Tout le monde savait que leur signature était de donner de l'argent à une personne dans la banque. Certains de mes camarades de classe les comparaient à Robin des bois.
Les autres sont revenus, chargés de boissons et de beignets.
J'ai mordu dans le beignet qu'il m'a donné.
Ma curiosité était en partie assouvie.
Mais je me posais d'autres questions.
Pourquoi faisaient -ils cela?
Ils paraissaient si jeunes, ils étaient adultes, tous, mais ils ne devaient guère avoir dépassé la vingtaine.
Je me suis tournée vers lui. Il me regardait:
« tu as quel age? »
« 22 ans. »
« et les autres? »
« Emmett en a 24, Jasper et Rosalie 22 comme moi, ils sont jumeaux, et Alice 20 »
« tu es le seul à ne pas être en couple? »
« je crois que tu as déjà ta réponse »
J'ai décidé de le pousser dans ses retranchements:
« je sais ce que tu es »
« quoi? »
« tu es un vampire! »
Il m'a regardée, se demandant visiblement si j'étais devenue folle.
« c'est sur que le vie de braqueur de banque ne doit pas faciliter les rencontres »
Il a changé de visage et m' attrapée par le poignet:
« qui t'a dit ça? »
« c'est Emmett! »
Il avait l'air furieux, mais pas après moi.
Alice s'est retournée vers nous, tandis que Jasper criait à Edward de se calmer:
« Edward! Arrête! De toute façon elle l'aurait su un jour ou l'autre! »
Il a soufflé puis m'a dévisagée:
« tu es forte pour manipuler les gens on dirait. Mais tu ne m'auras pas, moi »
Je l'ai fixé, droit dans les yeux.
Nous nous sommes affrontés du regard un long moment.
Il a finit par détourner le regard, toute sa colère revenue.
« tu devrais dormir, on va rouler encore pendant des heures! »
J'ai jubilé.
Il avait baissé les yeux le premier.
J'avais plus de force en moi que je ne le soupçonnais.
J'avais comprit qu'ils ne me libèreraient pas, et que j'aurai bien du mal à m'enfuir, mais j'ai décidé de me battre petit à petit. En tout premier lieu, je voulais pouvoir rassurer mon père.
C'est la première des choses que je voulais obtenir.
Ils n'étaient pas de vrais méchants.
Beaucoup de gens les trouvaient même sympathiques.
Il a posé sa main sur ma cuisse.
Je n'ai pas bougé.
« n'oublie pas que je peux faire de toi ce que je veux. Tout ce que je veux! »
Il essayait visiblement de reprendre le contrôle.
« je n'ai pas peur de toi. Tu ne me feras pas de mal. »
Il m'a fixée, et sa main est venue se poser sur ma joue,dure et exigeante,et il a chuchoté:
« c'est moi qui vais te mater! J'ai dit que je ne te ferai pas de mal, mais je ne considère pas le sexe comme faire du mal à quelque un… Je suis sacrément en manque, et tu es tout à fait à mon goût. Quand je t'aurai initiée aux joies du sexe, tu me mangeras dans la main Bella! »
Mon cœur s'est emballé:
« ou le contraire! »
Il a éclaté de rire.
« j'ai un peu plus d'expérience que toi ,ne compte pas trop là-dessus! »
Il a passé son bras autour de mes épaules et j'ai réfléchit.
Étais-je prête à coucher avec lui pour avoir une chance de retrouver ma vie?
Bien sur que oui.
J'ai regardé la route défiler par la fenêtre devant moi.
J'étais trop jeune, j'étais perdue, j'étais dans une situation délirante.
Mais j'avais comprit que j'allais vivre.
Et j'allais tout faire pour m'en sortir.
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Bella n'est pas folle, ce n'est pas non plus une fille facile. Ses réactions sont en fait dictées par l'instinct de survie. Son inconscient lui dit que sa meilleure chance est de jouer le jeu d'Edward, alors elle le fait. Elle est encore jeune, influençable, aussi, et puis, elle est avec Edward Cullen ,hein...^^
