Chapitre 1 :
Laideur et Déchéance
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Une semaine. Ça fait une semaine que cette sorcière m'a jeté cette malédiction. Sept jours je ne suis pas sortis de ma chambre et que j'évite le miroir accroché à côté de la porte. Je sais que je suis devenu horrible, je le sens, ma peau me brûle et j'ai l'impression qu'on a essayé de m'arracher les lèvres ou de me les taillader aux ciseaux. Et puis rien qu'à voir mes mains rouges et en mauvaises états, je me fais déjà une idée de mon visage. Mes yeux aussi on changés, avant je voyais très bien et maintenant c'est a peine si je peut distinguer la forme des meubles de ma chambre. Au moins si je reste loin du miroir, je ne peux pas voir mon affreux reflet.
Le deuxième jour d horrible lunettes rondes dont branches fines et vertes sont en opposition aux verres très épais, sont apparus sur ma table de chevet. Je suis obligé de les porter sinon ça me donne un mal de tête horrible.
Ça fait une semaine que je ne sors presque plus de ma chambre mais je sais que je vais devoir sortir et affronter la réalité en face : je suis devenu un monstre.
Mes parents, même s'ils me comprennent pas pourquoi je suis resté enfermer ne m'ont rien dit pendant tous ce temps. Mais hier mon père est venu me parler à travers la porte en bois qui séparent ma chambre plongée dans le noir du reste du monde. Il m'a clairement fait comprendre que, quoi qu'il m'étais arrivé, je devais agir comme un homme et faire face. Et que ce n'étais pas une raison pour abandonné mes études. Il fallait que je retourne au lycée.
Je n'ai donc pas le choix, je déverrouille donc la porte de ma chambre pour me rendre à la salle de bain me préparer. Et là je dois affronter ma plus grande peur depuis quelques jours. Un immense miroir couvre l'un des mur au carrelage bleu, je suis obligé de passer devant pour aller dans la douche. Je l'ai éviter pendant une semaine mais je dois maintenant affronter mon reflet.
La personne qui me fait face est affreuse. Son visage est rougit, pelés , couvert d'horribles boutons. Ses lèvres sont gercés presque déchiquetées et blanches de peaux mortes. Ses yeux vert autrefois si beaux sont maintenant vides, déformes par ses affreuse lunettes qui lui donne un air idiot ou d'attardé mental. Et ses cheveux bruns, ternes et gras retombent lourdement sur son front en une masse informe et moche. Elle ce tient voûté ce qui lui fait perdre plusieurs centimètres et ont voit à ses joues joufflu qu'il est gras. Je porte une main à ma joue et la personne face à moi fait de même. Je frisonne, dégoûté, en sentant ma peau boutonneuse sous mes doigts abîmés et retire ma main. Brusquement comme si je venais de me brûler. Je grimace et les lèvres gercés ce tordent dans ce qui ressemble à un horrible sourire.
Je n'arrive pas à croire que c'est mon reflet. Je suis si hideux que ça a l'intérieur ?
Je tourne vivement la tête, ne voulant pas en voir d avantage. Je suis horriblement laid, je me dégoûte.
Je me déshabille en prenant soin de ne pas regarder mon corps déformé. Je sais que j'ai perdu tous mes muscles et que la graisse les a remplacés. Je me douche le plus vite possible et sort tout aussi rapidement. Je retourne dans ma chambre et m'habille avec les premiers vêtements qui me passe sous la main. Un vieux t-shirt d'un noir délavé et un jean informe sûrement de mauvaise qualité. C'est un effet secondaire de la malédiction, tous mes beaux vêtements de marques ce sont transformés en bouts de chiffons affreux. A croire qu'en étant laid je ne peux pas m'habiller bien.
Je rajoute par dessus mon t-shirt un gros pull à capuche noir pour pouvoir cacher mon visage. Une fois habillé j'inspire un grand coup, sors de ma chambre et descend l'escalier. En bas mes parents m'attende. Mon père me juge du regard et hoche brièvement la tête tandis que ma mère me sourit gentiment. J'ai remarqué, les rares fois où ils sont venus dans ma chambre cette semaine, qu'ils n'étaient pas choqués par mon apparence. La sorcière a du modifier leurs mémoire pour qu'ils croient que j'ai toujours été comme ça. Les pauvres, ils doivent avoir honte d'avoir un fils aussi horrible.
Je me demande si le lycée aussi ne ce souvient moi de mon moi d'avant. Non de mon vrai moi. [i]Ça[/i] ce n'est pas ma véritable apparence, je me resterais pas comme ça pour toujours. Mais pour inverser le mauvais sort, la sorcière m'a dit qu'il fallait un baiser d'un amour véritable. Et je sais par expérience que l'amour n'existe pas. C'est juste un mot que les gens on inventer pour justifier le fait de vouloir une personne dont on a l'exclusivité sexuel. Je suis sortie avec des dizaines et des dizaines de fille et je ne suis jamais tombé amoureux.
Alors je suis condamné à garder cette apparence pour toujours ? Non je ne peux pas vivre comme ça ! Il faut que je trouve un autre moyen. Et pour ça il faut que je retourne la sorcière qui m'a jeté ce maléfice.
C'est avec cet objectif en tête que je pars pour le lycée. La capuche du sweet rabattu sur ma tête pour cacher mon affreux visage, je tire sur les manches pour faire disparaître mes mains abîmés à l'intérieur. Je me dirige vers l'arrêt de bus et attends dans le froid qu'il arrive enfin.
Après une dizaine de minutes de trajet durant lequel j'évite le regard des autres, je descends devant le lycée. Il est situé au centre de la ville et ses murs gris ternes emprisonnent les centaines d'élèves qui viennent s'ennuyer dans les classes.
Je me repli sur moi même en me cachant sous ma capuche et avance vers le portail d'entrée au milieu des autres élèves. C'est la première fois que j'arrive sans me faire remarquer. Avant je fessais partir de cette catégorie rare de personnes appelée populaire, des cris de filles annonçaient mon arrivé au lycée et tout le monde ce pressaient pour venir me dire bonjour et avoir la chance de me serrer la mains.
Mais maintenant que j'ai changé personne ne me remarque. Et heureusement, je ne supporterais pas que les autres me regarde alors que j'ai cette apparence si laide.
Je file vers ma salle de classe et m'assois à ma place habituelle: 3ème rang, 3ème colonne. Le milieu de la classe. Je suis seul pour le moment mais très vite d'autre élèves ne tarde pas à arrivé. Certains me lance des regards étonnés ou dégoûtés mais la plupart m'ignore.
Un groupe de garçons arrive dans la salle quelques minutes avant que la sonnerie ne retentisse. L'un des trois est blonds tandis que les deux autres sont bruns. Je les reconnais, ce sont pour moi des amis, enfin plutôt ce qui s'en rapproche. Je n'ai jamais eu vraiment d'ami, les gens restaient avec moi pour profiter de ma popularité pas pour être mes amis. Le blond, Stef me remarque et sourit en me voyant. Pendant un instant je me dis que cette histoire de malédiction n'est qu'un mauvais rêve, que j'ai toujours ma vrai apparence et que comme tous les matins Stef et les autres vont me saluer et commencer à discuter, comme d'habitude.
Sauf que rien n'est comme d habitude. Et le sourire carnassier qu affiche Stef en s'avançant vers moi me le confirme. Il s appuie sur ma table et se penche vers moi, plongeant ses yeux dans les miens. Par habitude je soutiens son regard, ce qui a l'air de l'énervé si on en croit le froncement de ses sourcils.
- Et bien, ça fessait un moment qu'on ne t'avais pas vu Ken.
Ken ? Je n'ai jamais entendu ce surnom avant. Ça fais très barbie quand même.
- Oui Ken, reprends un de ses acolytes.
-Euh..je..
Stef tape brusquement ses poings sur la table, interrompant ma phrase, son faux sourire ce tordant de colère.
- Qui t as autorisé à nous répondre, s exclame t-il. T as cru qu être absent pendant une semaine aller te donner le droit de nous parler ?!
Il se redresse et me regarde de haut et je baisse les yeux, comme par réflexe. Il fait un signe de main et un des deux bruns m'attrape par le col et me balance au fond de la classe. Je suis projeter contre le mur et tombe au sol.
- Reste derrière, avec les chiens comme toi, qu'on ne voit pas ton visage.
Il éclate de rire suivit des deux bruns puis du reste de la classe. Beaucoup on des rires forcés, sûrement on t-il peur qu'ils leurs arrivent la même chose s'ils ne suivent pas le mouvement.
Je me relève en grimaçant. Mes muscles me font mal, normalement j'encaisse plutôt bien les coups, mais ce corps là n a pas l'air très résistant. Je ne dis rien pour ne pas empirer les choses et m'assois à une place au fond près du mur. Je baisse la tête, rabattant la capuche sur ma tête, elle a glissée quand je me suis cogné contre le mur. Je croise mes bras sur la table et appuie mon front contre mes poignets, ainsi personne ne peut voir mon visage.
Je sais pas ce qu'il est le pire, se faire menacer par d'anciens amis ou se rendre compte qu'ils ne sont pas aussi sympathique qu'on le croyait. Je n'avais jamais remarqué avant, ou peut être que je m'en fichais. Mais maintenant je crois me rappeler, qu'ils étaient déjà comme ça avant, à martyrise les plus faible. Et moi … Moi je les regardais faire sans réagir, ou en me moquant des autres. En fait je ne pensais pas que c'était si terrible que ça. Je fessais ça pour rigoler sans penser à l'impact de mes gestes ou de mes paroles. Mais maintenant que je me retrouve de l'autre côté, je me rends compte que c'est horrible, je n'ai presque rien eu pour l'instant, ils m'ont juste balancé contre un mur, mais j'ai déjà peur. Peur de ce qu'il pourrait arriver ensuite.
Je déglutis tandis qu'autour de moi les derniers élèves arrivent. Le cour commence dans le brouhaha habituel, mais pour la première fois je n'en fais pas partie. Je sers les poings et espère que les cours ne s'arrêteront pas, jamais. Car je sais qu'après, quand la pause commencera, je vais souffrir.
