Chapitre 3 :
Coups et Enfermement
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Je cours le plus vite et le plus loin possible de la cafétéria, mais rapidement je me retrouve à bout de souffle. Mon corps gras, sans muscle, m'empêche de tenir le rythme. Derrière moi j'entends des pas de course se rapprocher de plus en plus, et je devine sans mal que Castiel me poursuit toujours. La peur de ce qu'il pourrait me faire me fait tenir encore quelques secondes, mais je n'en peut vraiment plus. En dernier recours je me réfugie dans les toilettes des hommes et m'enferme dans une cabine vide.
Mon souffle haletant me brûle la gorge et j'ai l'impression qu' un point de côté me déchirer les entrailles. Mais je n'y prête que très peu attention, je suis terrifier par l'arrivé imminente de Castiel. La porte des toilettes s'ouvre et vient claquer contre le mur. Je sursaute puis me met à trembler en entendant la voix furieuse du rebelle aux cheveux rouges m'aboyer de sortir. Je crois que je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie.
Je n'ose pas répondre aux hurlement de l'autre taré, je l'entends donner des coups de pieds dans les portes des cabines, cherchant celle qui est occupée, la mienne. Je sais que quand il arrivera à ma porte le verrou ne tiendra pas longtemps, vu la violence de ses coups. Qu'ai-je fais pour qu'il soit autant énervé ? J'ai juste renversé mon plateau sur lui sans faire exprès, et lui veut me tuer !
Un coup contre ma porte me fait faire un bond et je me mords la langue sans même m'en rendre compte.
- Sort de là ! hurle Castiel.
Je ne dis rien et un nouveau coup vient faire trembler la pauvre porte d'un vieux bleu écaillé. Elle ne tiendra pas plus longtemps. Un autre choc et le verrou se brise. La porte s'ouvre presque au ralentit, laissant apparaître la silhouette furibonde du démon. Il prends le temps de me fusiller du regard avant d'attraper mon col et de me projeter en dehors de la cabine.
Mon dos se cogne contre les lavabos et je tombe à genoux en gémissant douloureusement tandis que mes lunettes tombent sur le carrelage sale. Mais Castiel n'en a pas fini avec moi, j'ai à peine le temps d'attraper l'une des branches de mes lunettes avant qu'il m'attrape par les cheveux et les tirent pour me forcer à me relever. Je le supplie de me lâcher mais il n'en a rien à faire.
-Ne vient plus emmerder Ema sale monstre !
Il me donne un coup de genoux dans le ventre et je me plie en deux sous la douleur, enfin j'aimerais mais il tire de nouveau sur mes cheveux et m'oblige à me redresser. Je ne pense même pas à me demander ce qu' Ema vient faire dans tous cela.
Je penche la tête en arrière pour essayer de soulager la douleurs que je ressent dans mon cuir chevelu mais ça ne change rien, ça me fait juste mal au cou en plus. Je vois flou, je ne comprends plus trop ce qui ce passe. Je sert mon poing sur ma paire de lunette, comme si je voulais me raccrocher à elle pour oublier que j'ai mal.
Au bout de ce qui me parait une éternité, Castiel me lâche enfin les cheveux. Je recule de quelque pas pour m'éloigner de lui, pensant qu'il en a enfin terminé avec moi. Mais ce n'est pas le cas.
-Tes cheveux sont dégeulasse, dit-il d'un ton dégoutté. Ça t'arrive de les laver ? Attends je vais t'aider.
-Q-quoi ? Euh n-non.
Il ne tient pas compte de mes piètres bégaiements et m'attrape par la nuque. Il crispe ses doigts sur ma peau puis me force à me pencher en avant. Je vois vaguement un des lavabos entrer dans mon champs de vision limité par la perte de mes lunettes, puis brusquement ma tête se cogne contre le bord blanchâtre d'un des évier. Je cri de douleur, j'ai mal au front et j'ai l'impression que ma lèvre vient d'exploser sous le choc.
J'entends Castiel donner un coup dans un objet métallique, puis je sens tout à coup l'eau couler et venir me tremper les cheveux. En quelques secondes ils sont totalement mouiller et un filet d'eau coule le long de ma nuque pour venir tremper mon pull. Mon nez et mes lèvres, dont je sens le sang s'écouler, sont plaqués contre la céramique de l'évier et je lutte contre l'eau pour pouvoir continuer à respirer sans l'avaler.
Après ce qui me semble une éternité, Castiel relâche enfin la pression sur ma tête et je peut me redresser. Je tousse à cause de l'eau au goût métallique du sang que j'ai du avaler. Je sens, à défaut de pouvoir le voir clairement, car je n'ai toujours pas remis mes lunettes, le regard méprisant de Castiel sur mon corps tremper.
-C'est mieux comme ça, fini t-il par déclarer comme fière de lui.
Je le vois vaguement s'avancer à nouveau vers moi. Je tente de reculer mais rapidement le mur m'en empêche. Il m'agrippe par la capuche trempée de mon pull et me tire sans dire un mot à l'extérieur de la salle de torture.
A cette heure-ci le couloir est encore vide puisqu'il est interdit aux élèves de traîner dedans pendant la pause de midi. Il n'y a donc personne pour assister au spectacle lamentable que je donne. Castiel me tire avec brusquerie, je manque de trébucher à chaque nouveau pas. Il ne va pas très loin, heureusement, et me plaque contre le mur de casier métallique. Je retiens un autre grognement de douleur. Il lâche mon pull quelques secondes le temps d'ouvrir la porte d'un casier
Je n'ai pas le temps de me demander ce qu'il veux faire, qu'il attrape de nouveau mon sweet et me tire brusquement avant de me faire basculer en arrière. J'entends un claquement d'une porte en métal qu'on referme et je me retrouve dans le noir.
Il me faut plusieurs minutes avant de réaliser ce qui vient de ce passer : Castiel vient de m'enfermer dans un casier.
Mon premier réflexe est de remettre mes lunettes, même si maintenant que je suis dans le noir ça ne sert à rien. Ensuite je me met à frapper contre la porte en lui demandant de m'ouvrir mais je n'entends aucune réponse. Il doit déjà être loin.
Je soupire longuement, ma vie est un enfer. J'abandonne l'idée qu'il puisse revenir me sortir de là et me laisse retomber contre l'arrière du casier. Heureusement, enfin tout est relatif, grâce à mon nouveau corps, je suis assez petit pour que je puisse me tenir droit en étant assis, je n'ai pas besoin de courber la tête pour éviter le haut du casier. Mes jambes, par contre, son repliées contre moi, je sais pas si je vais pouvoir tenir longtemps sans avoir trop mal.
Je passe une main sur ma lèvre ensanglantée pour constater les dégâts et finalement ce n'est pas si mal. Elle est juste ouverte en plusieurs endroits, sûrement à cause des gerçures qui ont beaucoup fragilisés la peau. Je me masse ensuite le front et ne suis pas étonné de découvrir une bosse assez grosse sous mes doigts, Castiel n'y ai pas allé de main morte. J'ai moins mal au dos, c'était surtout sur le coup, par contre mon ventre me fait pas mal souffrir. Je ne peut pas le voir, à cause de la faible luminosité, mais j'ai, à coup sûr, un énorme bleu.
Le noir n'est pas complet, de mince rayon de lumière filtre à travers les interstices de la porte en métal mais ils trop mince pour me permettre d'y voir à travers. Je sais que personne ne passera dans le couloir avant la fin de la pause, soit d'ici près d'une heure, et puis même si quelqu'un passait, me sortirait-il de là en sachant que c'est Castiel qui m'y a enfermé ? Je soupire de nouveau.
-Je vous détestes tous.
